La Tunisie a ordonné aux intermédiaires en bourse de suspendre la cotation des valeurs mobilières de 123 entreprises comprenant notamment la banque d’investissement Shuaa Capital, basée à Dubaï et les sociétés mères d’au moins deux entreprises cotées en bourse à Tunis.
Les entreprises figurent dans une liste confidentielle émise, fin février, par les autorités financières tunisiennes pour tenter de desserrer la mainmise des proches du président déchu Ben Ali sur l’économie du pays.
« On nous a demandé de ne pas laisser ces entreprises investir ou retirer des fonds de leurs comptes d’exploitation. Leurs comptes sont gelés», a indiqué un intermédiaire en bourse basé à Tunis à l’agence Reuters.
La liste, comprenant en majorité des entreprises privées tunisiennes, a établie par le Conseil de Marché Financier.
La banque Shuaa Capital, une des institutions étrangères majeures inclues dans la liste, a refusé de dire si elle est au courant de l’existence de cette liste.
« Shuaa Capital n’a pas eu par le passé des relations avec l’ancien président tunisien, pas plus qu’elle n’en entretient actuellement», a affirmé une porte-parole de Shuaa Capital à Reuters.
La liste, dont Reuters a obtenu une copie, comprend également BINA Corporation, actionnaire majoritaire de Carthage Cement ainsi que Princesse Holding qui détient des participations dans la société Ennakl Automobiles et la Banque Zitouna.
Y figure également la holding tunisienne Investec, contrôlée par le gendre du président déchu, Marwan Mabrouk, qui détient une participation dans l’opérateur mobile Orange Tunisie.
«Nous avons reçu une liste de 123 entreprises … en vue de geler les comptes des sociétés liées à des proches de Ben Ali», a déclaré un autre courtier à Tunis.
BINA Corporation, Princesse Holding et Carthage Cement n’ont pu être joint pour s’expliquer sur le sujet, tandis que Ennakl s’est refusée à tout commentaire.
Jeudi, le gouvernement provisoire tunisien s’est approprié la participation de 51 pour cent détenue par Investec de Mawan Mabrouk dans Tunisie Orange.
Contactés, la Banque centrale de Tunisie et la CMF se sont refusés à tout commentaire.
Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement intérimaire avait annoncé qu’il gèlerait les avoirs de 112 personnes proches du président déchu en attendant la conclusion des enquêtes diligentées sur la corruption.








