La France, un des rares pays européens avec lequel la balance commerciale tunisienne est excédentaire, avec un taux de couverture des importations (7.515 MDT) par les exportations (10.516 MDT) de 140 %. Une France, amie, dont le nombre de touristes n’avait cessé de baisser depuis 2011, passant de 1,385 million à 571 mille l’année dernière. Une France amie de la Tunisie, dont le stock d’IDE représentait à la fin 2017 quelque 16 % du total des IDE en Tunisie, avec 3.355 MDT pour 1.410 entreprises et 138.408 emplois. C’est Emmanuel Macron, président de cette France, qui est attendu, mercredi à Tunis pour une visite d’Etat de deux jours, en passage pour le Sénégal.
Selon un communiqué standard de la présidence de la République, «cette visite vient traduire la volonté qui anime les deux pays de renforcer la coopération bilatérale et d’en diversifier les domaines. Elle vient aussi à consacrer la tradition de concertation politique entre les deux pays autour des questions d’intérêt commun».
Cette visite sera le premier déplacement du jeune Macron en Tunisie, depuis son investiture à la magistrature suprême en mai 2017. Il y rencontrera le président de la République, Béji Caïd Essebssi, le chef du gouvernement, Youssef Chahed et le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur.
Macron prendra part, avec Chahed, au Forum économique tuniso-français. Il s’agit là d’une rencontre d’affaires, organisée par la Chambre tuniso-française de Commerce et d’Industrie (CTFCI) et les Conseillers du commerce extérieur de la France. Le 1er février, Emmanuel Macron prononcera un discours lors d’une séance plénière extraordinaire à l’ARP.
La visite du président français sera ponctuée par la signature d’une série d’accords de coopération dans des domaines prioritaires, apprend-on de même source. Il sera accompagné par de nombreuses personnalités dont des ministres, des parlementaires, des universitaires, des hommes d’affaires et de médias, lit-on dans le même communiqué.
En fait, selon nos informations, qui est déjà venu à Tunis pour y faire campagne auprès des Français avant même l’officialisation de sa candidature à la présidentielle, devrait voir la signature de pas moins de 8 protocoles et conventions financières, d’un montant global de 200 M€, dont une partie pourrait être en dons.
On y retrouverait notamment le complément d’une ligne de financement des PMI-PMI tunisiennes, une conversion d’une seconde tranche de dettes, d’un montant de 30 M€, en projets de développement. Mais aussi un financement pour améliorer les conditions de vie des populations dans 146 quartiers de zones urbaines défavorisées, un possible fonds destiné au financement de projets de proximité portés par de jeunes compétences tunisiennes. On parle également de la création d’une Université franco-tunisienne pour l’Afrique et la Méditerranée. Tout cela sans oublier d’autres intentions pour un renforcement de la lutte contre le terrorisme, le financement du terrorisme et la radicalisation.
Notons enfin qu’une vingtaine d’entreprises françaises opérant dans les secteurs de l’industrie, l’énergie, les infrastructures, l’environnement, les services, la santé et l’agriculture accompagneront Emmanuel Macron, sous la houlette de l’Agence « Business France ». Ces entreprises souhaiteraient développer et renforcer leurs activités en Tunisie, selon un communiqué publié, mardi 30 janvier, par l’Ambassade de France en Tunisie.
Pour le Directeur du Bureau Business France de Tunis, Olivier Pradet, «l’accroissement des échanges commerciaux avec les pays de l’Union Européenne et l’ouverture vers l’Afrique permettra à la Tunisie de s’imposer progressivement comme un hub régional à partir duquel les entreprises françaises, souvent en partenariat avec des entreprises tunisiennes, pourront se développer vers l’Afrique».
Rappelons, tout de même, qu’en ouverture de la conférence «Tunisia 2020» qui s’était tenue en décembre 2016 à Tunis, l’ancien Premier ministre français Manuel Valls avait pris l’engagement de «soutenir massivement la Tunisie» et même dit «l’an dernier, notre pays avait annoncé le plan d’assistance d’un milliard d’euros d’ici à 2020. Nous voulons aller plus loin. Dans les années à venir, l’Agence française de développement investira au minimum 250 millions d’euros chaque année en Tunisie». Il avait ajouté ceci : nous mettrons «toutes nos forces dans la bataille pour que le parcours exemplaire que vous menez depuis 2011 soit aussi synonyme de sécurité, de développement, de croissance, de prospérité et de justice sociale». Une année plus tard, Macron apporte 200 M€ dans ses bagages !









