En réponse du ministère du Transport à une question écrite du député de Raoued Halim Boussema, portant sur la situation de la compagnie publique de transport aérien, Rachid Amri qui était précis dans son intervention, a rappelé « la décision n° 7 issue du Conseil ministériel restreint tenu le 31 janvier 2025, relative à la poursuite de l’activité de la compagnie et qui prescrivait au ministère du Transport d’élaborer un plan de restructuration et de le soumettre au Conseil des ministres au plus tard en mars, et dans un souci de respect des délais et des engagements vis-à-vis des différentes autorités de tutelle et des divers services de l’État, Tunisair a transmis le programme de restructuration approuvé par son Conseil d’administration le 27 mars 2025 aux services du Ministère, afin qu’ils le soumettent à la Présidence du Gouvernement dans les délais impartis ». Une réponse du genre, « ce n’est pas moi qui l’ai décidé, c’est le Conseil des ministres !
– Des experts, pour un 5ème plan de restructuration après 4 qui n’ont pas été exécutés !
Et le ministre de dire ensuite au député, comme s’il voulait signifier que c’est l’affaire de tout le ministère et pas seulement la sienne, que « en conséquence, le ministère du Transport a invité Tunisair à faire appel à des experts spécialisés dans la restructuration des compagnies aériennes civiles, afin de finaliser le programme de restructuration selon une vision renouvelée, conforme aux lois et réglementations en vigueur, aux contraintes budgétaires croissantes et permettant de proposer des mesures et procédures opérationnelles pour améliorer la gouvernance de la compagnie et optimiser sa gestion, en s’inspirant des meilleures pratiques et expériences internationales. Les services concernés de la compagnie ont entamé ce processus en lançant un appel d’offres pour la sélection des experts qui seront chargés de cette mission ». Autant dire, comme le dicton local, que la « poule pourra attendre que le grain lui parvienne de Béja (إستنا يا دجاجة حتى إجيك القمح من باجة).
– Un AO, le 5ème, pourquoi faire et pour faire quoi ?

Selon Amen Invest qui donne quelques détails sur l’AO pour experts internationaux (Ndlr : ça va coûter cher en devises pour un pays qui les compte chaque jour pour vivre) dont parlait le ministre, « Tunisair a lancé l’élaboration d’un cahier des charges pour recruter un cabinet d’expertise international spécialisé dans la restructuration aérienne. Cette initiative, issue des décisions d’un conseil ministériel de janvier 2025, vise à présenter un plan de redressement global afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la compétitivité de la compagnie. En s’appuyant sur les meilleures pratiques internationales en matière de gouvernance, ce programme doit concilier les exigences juridiques nationales et les contraintes budgétaires de l’État pour assurer une transition pérenne ».
– Un énième plan de restructuration, à écrire par des experts étrangers
Et on rappelle cependant au ministre Amri que pas moins de 4 plans de restructuration avaient déjà été faits. Un plan en 2013, un autre en 2015, un 3ème en 2018 et le dernier en 2022. Il n’en avait certainement pas entendu parler à l’ISET de Radès où il officiait. Sinon on lui aurait certainement précisé que ce sont des projets qui ont été présentés par les différentes Directions générales qui se sont succédé depuis ladite révolution, mais qui n’ont abouti à aucune décision. Or, tous les responsables de Tunisair, anciens et nouveaux, savent que le problème de la compagnie est d’abord un problème d’argent, ou de quoi dégraisser ses effectifs, diminuer ses charges, renouveler sa flotte sans crédits supplémentaires, et déployer ses ailes en Afrique notamment où le ciel est très rentable pour elle. Et tout le monde sait que tous les gouvernements, à commencer par celui de Youssef Chahed, lui ont toujours refusé le cash dont elle avait besoin.
– Pas d’argent pour Tunisair, disait un ancien chef de gouvernement. Cela a-t-il changé ?
En l’an 2019, il disait, « Je vous le dis, dès maintenant. Il n’y aura pas les 1.200 MDT ». Ce montant représentait, alors, l’estimation officielle des besoins de Tunisair pour voler au-dessus du marasme financier qui l’accablait. Et n’importe lequel des experts vous dira que ce montant a certainement plus que doublé désormais, et ce qu’on pouvait faire, il y a 6 ans, avec 1 Mds DT, coûte désormais plus, et sera même plus difficile à faire. Et un ministère qui parle d’une extension, à 3 Milliards DT, de l’aéroport Tunis-Carthage (qui fait déjà saliver plus d’un entrepreneur) en parlant encore d’un nouveau plan de sauvetage à définir, on ne sait trop quand, pour sauver la compagnie porte-étendard du pavillon tunisien qui va officier dans l’aéroport à étendre, ne semble pas assez sérieux pour le Tunisien lambda qui demande trop à une compagnie à laquelle personne ne veut rien donner !








