Youssef Chahed donne le coup de grâce à Tunisair. «Flous, Bahh» !

Youssef Chahed donne le coup de grâce à Tunisair. «Flous, Bahh» !

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En 2016, la compagnie nationale tunisienne de transport aérien, Tunisair, était déficitaire de 156,481 MDT. Un déficit qui avait plus que doublé par rapport à 2015, presqu’autant que les -157,890 MDT de 2011 et après le bénéfice de 2,341 MDT de 2010 et les +65.146 de 2009.

Le chef du gouvernement ne sera pas d’accord avec cette approche du poids de la masse salariale dans une entreprise publique, qu’il applique pourtant bien à la fonction publique et à tout le budget de l’Etat, mais les charges salariales de Tunisair en 2010 étaient de 148,294 MDT. Un an après, ce sont 168,154 MDT. Cinq années plus tard, en 2016, elles sont de 220,190 MDT.

  • Le coup mortel, malgré lui de Yassine brahim en 2011

Cette masse était déjà l’un des points faibles de Tunisair, lorsque le 1er gouvernement de ladite révolution, impose à l’ancien ministre du Transport Yassine Brahim (du 27 janvier au 17 juin 2011) de l’aggraver en lui imposant la décision de re-filialiser (l’accord a été signé le 3 février 2011 au ministère du Transport où Brahim n’avait que quelques jours) les différentes entreprises du groupe Tunisair en handling, technique, Tunisair Express et autres. Depuis, la compagnie ne s’était jamais relevée. Ses plans de redressement se modifiaient au gré des changements de sa direction générale et sont rarement passés en revue aux conseils des ministres des différents gouvernements depuis 2011. Des PDG très rarement aussi, soutenus par ces gouvernements, face à une pression syndicale qui étrangle l’entreprise, jusqu’à engendrer des querelles, en avions, entre les différents corps syndiqués. Un syndicat qui n’a jamais voulu ratifier les plans sociaux, remède qui pourrait avoir un effet, s’il avait été appliqué avant la gangrène et la métastase des maux, sociaux, économiques et financiers de Tunisair. Seule la Cour des comptes s’en occupera, en 2018 et sans que son terrible rapport ne convainque le chef du gouvernement de lui consacrer une réunion.

Hichem Ben Ahmed en avait promis un en avril dernier. L’idée ne semble pas encore séduire le chef du gouvernement, car il sait qu’il faudra pour cela qu’il fasse comme le Maroc qui avait alors injecté 150 M€ dans le capital de la RAM qui était en 2011 au bord du gouffre.

Chahed n’a pas l’argent nécessaire et il le disait clairement et crûment, la semaine dernière, à l’occasion du dialogue national sur le transport. «Lorsqu’on me dit que Tunisair nécessite 1,5 ou 1,2 MDT, il faut savoir de quoi on parle», dit-il d’un sourire moqueur. «C’est comme si on les avait et qu’on ne voudrait pas les donner pour remettre Tunisair d’aplomb», assène-t-il d’un air désolé et avec le ministre du Transport qui fait quelques fois office de souffleur. «Il faut comprendre les finances publiques (…) », explique-t-il encore. En mars dernier, le PDG de Tunisair évoquait un plan de redressement de plusieurs millions DT. D’autres PDG en avaient préparé avant lui. La réponse du chef du gouvernement est un niet sans appel. «J’ai vu les plans de redressement et je vous le dis. Ce ne sont pas de bons plans et plus des plans sociaux que de relance et de développement (…) des plans qui manquent de vision et pas assez ambitieux». Et d’ailleurs, Chahed ne voulait pas d’un plan de redressement avec plan social.

  • Le coup de grâce de Chahed en 2019

Et le chef du gouvernement qui faisait grief à la compagnie de parer au plus pressé qu’est la saison touristique, de lui couper les ponts et tout espoir d’un soutien gouvernemental et de lui asséner le coup de grâce. «Je vous le dis, dès maintenant. Il n’y aura pas les 1.200 MDT», dit-il à l’adresse des dirigeants de Tunisair, dont on ne voyait pas le PDG derrière lui dans le parterre, en levant les deux bras, les mains en signe de «pas un sous» («Le Flous Bahh»). A ses côtés, Hichem Ben Ahmed lui jette un regard résigné genre «il l’a dit».

Le chef du gouvernement qui ne peut rien donner, se permet pourtant de demander à Tunisair d’améliorer le taux des retards de ses avions, comme elle a pu lutter contre les vols de bagages, en lui opposant l’image du pays.

A Youssef Chahed, il ne restera qu’à envoyer un de ses conseillers à l’aéroport, sur le macadam pour les bagagistes et dans la tour de contrôle pour les retards, pour veiller à l’image de la Tunisie. A René Trabelsi, il ne restera qu’à revoir ses comptes et ses attentes de 9 millions de touristes pour 2019.

A la direction de se débrouiller financièrement pour trouver de quoi payer ses 1,065 Milliard DT de dettes et ses 229,245 MDT de salaires, avoir de quoi louer des avions et surtout, comme le voulait le chef du gouvernement, de quoi restaurer la compagnie et la développer, tout en clôturant positivement le bilan 2018. A Tunisair, il ne restera alors que les yeux de ses employés pour pleurer. A ses syndicats, il ne restera que leurs ceintures à serrer, leurs grèves à mettre en veilleuse et leurs manches à retrousser et le manche à bien tirer haut pour bien voler.

1 COMMENTAIRE

  1. Pour sauver Tunisair c’est simple comme bonjour.
    IL FAUT ARRETER LE GASPILLAGE ET LE GACHIS qui caractérisent la gestion actuelle de la compagnie.

    Il faut d’abord remettre en service tous les appareils disponibles de la compagnie , dont une part importante est clouée au sol sur le tarmac de Tunis-Carthage. , en pleiene période de reprise du trafic aérien et du tourisme.

    Il faut également clairement se lancer dans le long-courrier , pour lequel notre compagnie nationale a plusieurs décennies de retard.
    Il faut des vols vers New York , bien sûr , mais aussi Pékin , Shanghaï , Hong Kong , Bangkok , Tokyo , Singapour , Djakarta , Kuala Lumpur , Hi Chi Minh Ville (Saïgon) , Mumbaï ( Bombay) , Delhi , Sao Paulo , Rio de Janeiro , Buenos Aires , Johannesbourg.
    Tunisair dispose actuellement de 2 airbus A330-200 , qu’elle devrait affecter à ce genre de vols avant qu’ils ne vieillissent , vu qu’actuellement ils sont la plupart du temps affectés à des vols moyens-courriers largement dans le rayon d’action des A320 et des 737 , je rappelle que la valeur unitaire de ces appareils est de plus de 700 millions de dinars , soit 700 milliards de dinars de millimes !!!.
    En plus Tunisair possède 3 A300-600 un peu plus agés mais encore en parfait état et qui sont au sol depuis des années.
    Ces avions pourraient également opérer des vols longs-courriers.
    A raison de 5 rotations hebdomadaires par appreil , avec 5 appareils , voilà la possibilité d’exploiter 25 vols hebdomadaires répartis sur 8 , voire 9 destinations , sans avoir à acheter de nouveaux appareils.
    La Tunisie espère attirer plus de touristes chinois par exemple , mais il n’y a aucun vol direct entre les deux pays , alors que les compagnies chinoises et leurs concurrentes ont multiplié les liaisons directes avec une multitude de villes chinoises , nos concurrents nous damant ainsi le pion chaque jour un peu plus., et c’est le même schéma pour tous les continents .
    Ce raisonnement est également valable pour le commerce et les affaires , sachant que le commerce extérieur entre la Chine et la Tunisie s’élève à plusieurs milliards de dinars par an , et même en dollars , ou en euros !!!.
    Même le réseau moyen-courrier , colonne vertébrale de la compagnie , pourrait être un peu plus développé.
    Avec plus de vols sur les principales villes européennes comme Francfort , Londres , Madrid ,et il faut ouvrir de nouvelles lignes vers d’autres villes importantes , etc….
    En 2 ou 3 ans beaucoup pourrait être fait pour donner plus de travail aux effcetifs surdimensionnées , accroître le chiffre d’affaires et les bénéfices , et donc résorber la dette , tout en contribuant plus au développement du pays tout entier.

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