Au moment où les professionnels du tourisme mettent les bouchées doubles en vue de préparer la prochaine saison, plusieurs voix se sont élevées à l’ANC, ces derniers jours, pour dénoncer l’entrée des pèlerins juifs, en invoquant la criminalisation de la normalisation.
Une position qui continue de faire des vagues dans un contexte particulier après un hiver mi-figue mi raisin, obligeant les professionnels à mettre le cap la saison d’été avec quelques tendances qui se dessinent notamment chez les tour-opérateurs étrangers qui laissent entrevoir une note d’espoir, et ce malgré une conjoncture délicate pour ne pas dire catastrophique.
Mehdi Jomaa, chef du gouvernement et la première responsable du tourisme, Amel Karboul n’ont pas manqué d’affirmer que la réussite de la nouvelle saison reste tributaire de celle du pèlerinage de la Ghriba dans la mesure où elle va fournir les premiers indices sur la réussite de toute la saison. Karboul, s’appuyant sur les lois en vigueur, a affirmé qu’il n’existe pas d’ordres écrits ou de textes empêchant les Israéliens de venir en Tunisie.
La position de décideurs du gouvernement était aussi approuvée par plusieurs partis politiques. C’est le cas d’Ennahdha qui a rappelé que le pèlerinage des juifs en Tunisie n’est pas quelque chose de nouveau appelant à ce que cette saison de pèlerinage soit à l’abri de toute politisation et de tout tiraillement.
Africanmanager a jugé utile de contacter quelques professionnels opérant à Djerba , la zone touristique où se concentrent les hôtels qui s’alignent le long de Sidi Mahrez pour connaître la position de quelques hôteliers.
Aucun conflit musulmans-juifs
Adel Fguiri, directeur de l’hôtel « Andalous », s’est interrogé sur les motifs réels des personnes qui sont derrière cette polémique.
D’après lui, ces personnes ignorent la contribution du pèlerinage de la Ghriba, un événement d’envergure, dans le domaine touristique, mettant en garde contre son échec qui serait un coup dur non seulement pour le tourisme, mais aussi pour l’économie qui fait face à une multiplicité des défis. « C’est une aubaine pour les hôtels qui font actuellement face à plusieurs difficultés financières », a assuré Frigui avant d’ajouter qu’ « il s’agit d’un baromètre pour les tours opérateurs pour les convaincre quant à l’importance de cette destination ».
Il a, dans ce cadre, jugé utile de mettre fin à ces surenchères pour pouvoir relever ce défi de taille.
L’impact touchera les flux touristiques et l’image de marque de la Tunisie
Skander Ben Ali Kacem, ex- secrétaire général de la Fédération des hôteliers de Djerba, s’est adressé, de son côté, à certains députés de l’ANC, les exhortant à arrêter de faire de la polémique qui a un impact négatif sur l’économie.
« Arrêtez de faire de la surenchère qui ne mène nulle part », a-t-il dit précisant qu’il s’agit d’une forme de campagne électorale précoce, mais coûteuse pour une économie déjà en berne.
Pour Skander Ben Ali Kacem, la situation économique difficile de la Tunisie ne supporte pas de telles surenchères politiques, pointant du doigt les répercussions de cette polémique sur les flux touristiques ainsi que l’image de marque de la Tunisie de manière générale. Il a encore prévu qu’« on va avoir une campagne négative sur la Tunisie alors qu’on a commencé à espérer une prochaine saison touristique « favorable ».
Un avis partagé par Anis Chemli, directeur général de l’hôtel Iberostar qui a appelé les politiciens à aider les professionnels du tourisme à mieux se préparer à la prochaine saison. C’est une condition sine qua non, selon ses dires, pour séduire les touristes et assurer l’entrée de devises. « Le défi peut être relevé surtout avec une ministre compétente qui multiplie les efforts pour réussir ce challenge », a t-il conclu.
Wiem Thebti








