AccueilLa UNETunis : La fable de «Jomaa-Baba», le mendiant au trésor.

Tunis : La fable de «Jomaa-Baba», le mendiant au trésor.

Il y avait une fois, un 5ème chef de gouvernement provisoire, dans la Tunisie de l’après Ben Ali qui subitement s’en alla. Travailleur et rassasié parmi les voraces de son pays, le bon «Jomaa-Baba » fut un jour prié de prendre les rênes de l’Etat que tout le monde négocia. Moins d’un mois pour découvrir le très mauvais état des caisses, laissées vides à la cave, lui suffira. Les «40 ministres » sont déjà passés par là, mais cela, il ne le dira pas. Un 3 mars, son premier discours à la Nation, il fera. Un trou de 10 milliards DT, beaucoup de salaires et trop peu de travail, à son peuple il annoncera. Son désespoir de trouver comment colmater ce trou, au peuple il déclarera. Dans les différentes poches du budget de l’Etat, il fouillera. Un trou de 7,5 milliards DT, il découvrira. 2,5 milliards DT à trouver, il ne trouvera pas. Le bon «Jomaa-Baba», seul se débattra et aucune aide, ni de l’opposition, ni du Quartet dont un membre est un frère-ennemi, il ne trouvera. Depuis, «Jomaa-Baba» son bâton de pèlerin prendra. Mers et terres, il franchira. Au pays de l’Oncle Sam il s’arrêtera, mais la poule aux œufs d’or il ne trouvera pas.

Ici s’arrête la fable et commence l’amère réalité d’un Etat dont le pays est riche et l’Etat est pauvre et endetté. La Tunisie compterait en effet, 6.500 millionnaires et 70 milliardaires selon le «New World Wealth». La Tunisie est aussi le pays dont les particuliers thésaurisent plus de 30 tonnes d’Or.

L’aide, Mehdi Jomaa n’en trouvera pourtant pas beaucoup pour un peuple qui travaille trop peu, fait trop de grèves et consomme énormément pour ses ressources. Dans une étude sur les défis de la productivité et de l’emploi dans le cadre de la transition économique publiée en 2012, de tous les 18 pays ayant fait l’objet de cette étude, la Tunisie réalise la productivité la plus faible avec un taux de productivité totale inférieur à 2%, et ce, loin derrière la Roumanie, l’Egypte, l’Inde, la Chine et bien d’autres.

L’Etat dispose, pourtant, d’un petit trésor de guerre. Il n’est pas totalement sien, mais confisqué. Dans ce tableau, nous récapitulons les plus importants lots de ce trésor de guerre que les 3 derniers gouvernements successifs n’ont pas pu liquider. Des entreprises confisquées qui perdent chaque année un peu plus de leur valeur, tout comme le grand lot de voitures de l’ancien président tunisien. Mais des centaines de lots de terrain qui acquièrent chaque année plus de valeur et que le gouvernement Jomaa semble enfin décidé à vendre, selon nos dernières informations. Le bon «Jomaa-Baba» ne semble pourtant pas trop croire à la fable du trésor de «Ben Ali-Baba» et ses «140 voleurs». Un dernier rapport de la prestigieuse Banque Mondiale, vient, en effet, de faire tomber dans l’eau toutes les théories d’une immense fortune, volée par Ben Ali dans les caisses de l’Etat, et qui pourrait résoudre tous ses problèmes. A quelques exceptions près, nombre des 400 entreprises (SA, Sarl et Suarl) des familles de Ben Ali, ne valent plus grand chose. Le reste est criblé de dettes ou frappé du manque de passe-droits qui les faisaient fonctionner du temps de l’ancien président. Notre liste de biens des anciennes familles est, de l’avis des connaisseurs, la seule capable d’apporter quelques millions de Dinars à l’Etat tunisien. A l’image du pays, c’est un petit trésor. Mais c’est moins que rien en ces temps de vaches maigres !

Khaled Boumiza

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