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Banque au DG à plus de 3 mDT/J, elle passe sous le peigne fin de la CNSS

La plus marocaine des banques de Tunisie n’arrête pas de gagner de l’argent, et chaque année encore plus. En 2021, année de toutes les crises, son PNB haussait de 35,356 MDT, son résultat d’exploitation de 5,542 MDT supplémentaires par rapport à 2020, et la banque marocaine de droit tunisien engrangeait 28,33 MDT de plus que l’exercice antérieur. Grand bien lui fasse !.

Et c’est ce qui arrive à la banque mère et ses filiales qui tirent aussi des subsides de la filiale tunisienne. En effet, et c’est sur convention qu’ Attijari a comptabilisé 5, 080 MDT pour la mère « Wafabank » pour assistance technique, 1,080 (Passif de 7,295 MDT) pour « Attijari IT Africa », 0,63 MDT pour « Attijari Salaf »,  et 1,146 MDT pour Attijariwafa Europe. C’est-à-dire presque 8 MDT qui ont été facturés  au titre de 2021, sans compter les sommes en passif en rémunération pour toutes ces institutions filiales de la banque mère. Notons-le, la question des conventions ne concerne cependant pas que cette banque.

–          Une banque qui prend beaucoup et donne peu

Banque de droit tunisien à participations marocaines, les engagements de financement émis par Attijari, présentaient à fin 2021 un solde de 268, 727 MDT. En face, les garanties reçues s’élèvent à 2, 954 975 Milliards DT au 31 décembre 2021. C’est-à-dire que les garanties prises représentaient plus de 9 fois le montant des engagements donnés. Cela, au moment où les PME tunisiennes se plaignent du peu et difficile accès au financement bancaire. Avec de tels niveaux de garanties, certainement demandés, on les comprend aisément. Cela aussi, ne concerne pas que cette banque.

C’est également connu, la banque fonctionne avec l’argent de ses clients. En 2021, les dépôts et avoirs de la clientèle chiffraient plus de 8,5 Milliards DT, des ressources très peu ou prou rémunérées. Comparé au 0,268 Milliard DT donnés en engagements de financement, cela  fournit un autre angle d’analyse sur une partie d’un système financier qui fait son beurre, beaucoup de beurre, sur le dos des clients.

–          Après le contrôle fiscal, voici le contrôle social

Mais Attijari est aussi une banque qui traîne une vérification fiscale depuis 2019. Elle avait, en effet, reçu un avis de vérification fiscale portant sur les périodes allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2018. Le rapport des commissaires aux comptes pour l’exercice 2021 ne dit rien de l’issue de ce redressement fiscal.  

Pour l’exercice 2021, par contre, « nous estimons utile d’attirer votre attention sur la note « Notification contrôle social » aux états financiers, se rapportant à une notification de contrôle social reçue en octobre 2020. Les procédures liées à ce contrôle étant toujours en cours par les services compétents de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, l’impact définitif ne peut être estimé de façon précise à la date du présent rapport ». C’est ce que font remarquer les CC de la banque dans le dernier bilan pour l’exercice 2021.

–          Un DG à 3.350 DT, certes bruts, par jour

En attendant le résultat de ces contrôles, remarquons que chez cette banque, ce sont 188,134 MDT en brut distribués en rémunérations et salaires pour 1717 collaborateurs actifs. Un peu plus de 2,557 MDT vont  au staff de premier rang, comme les 12 membres du CA, tous de déjà hauts responsables et hommes d’affaires, le DG et ses adjoints et les 14 autres membres des différents comités, dont plus de 1,222 MDT représentant un peu plus de 4 millions de dirhams marocains (4.022.867,44 DT selon convertisseur) en brut pour le seul DG qui est le Marocain Saïd Sebti.

Par ailleurs, le Président du Conseil d’Administration, rémunéré à plus de 32 mille DT par mois ou plus de mille DT en brut par jour par décision du même conseil d’administration, bénéficie d’une voiture de fonction et de la prise en charge des frais de téléphone.

La rémunération et avantages accordés au DG et qui correspondent à un traitement de 3.350 DT en brut par jour, sont composés d’une indemnité fixe et d’un bonus annuel variable selon la réalisation des objectifs. Cela, en plus d’une voiture de fonction avec la prise en charge des frais d’utilité, des frais de téléphone, des frais de scolarité, des frais de logement et de billets d’avion.

–          Des risques, clairement identifiés par ses CC

L’audit des comptes a par ailleurs identifié certains risques, et les a placés en point clé. Premier et plus important risque identifié par les commissaires aux comptes (CC), celui relatif à l’évaluation des provisions pour dépréciation des engagements sur la clientèle. « La banque est exposée au risque de contrepartie aussi bien sur son portefeuille d’engagements directs que sur les engagements par signature donnés à la clientèle. Ce risque, inhérent à l’activité bancaire, constitue une zone d’attention majeure compte tenu des montants en jeu, du processus de classification, et des modalités de détermination des provisions pour risque de crédit (…). Au 31 décembre 2021, la valeur nette des créances sur la clientèle s’élève à 6 344 685 mDT (6,344 Milliards DT), représentant 62 % du total de bilan, et les provisions constituées pour couvrir le risque de contrepartie s’élèvent à 327 988 KDT (sur les engagements bilan et hors bilan) », dixit les CC. Par simple calculette, on apprend que la banque n’a couvert ces créances qu’à un très faible niveau. C’est ce qui nous semble, à moins que la banque nous réponde comme elle l’a toujours refusé.

Autre risque identifié par les CC, celui relatif à la prise en compte des intérêts, commissions et agios en produits. Ce risque est estimé, au 31 décembre 2021, à 671 159 mille DT qui  représentent 82 % du total des produits d’exploitation bancaire. Les CC disent que « bien que la majeure partie de ces revenus soit générée et comptabilisée automatiquement par le système d’information de la banque, nous avons néanmoins considéré, vu le volume important des transactions, que la prise en compte des intérêts et commissions constitue un point clé d’audit ».

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1 COMMENTAIRE

  1. les marocains sont connus pour payer bien leurs dirigeants pour payer moins des charges fiscales à l’Etat tunisien c’est la faute des clients tunisiens qui leur donnent plus de garanties financières qui ce qu’ils reçoivent en crédits d’investissement ils puisent le peu de richesse du pays sans vraiment participer au developpement du pays . c’est dommage

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