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Jusqu’où ira le refinancement des banques auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) ? A la date du jeudi 05 juillet 2018, les banques ont pioché dans le trésor de la BCT plus de 15 Milliards de dinars, un seuil jamais atteint. A titre indicatif, on en était “seulement” à 10,1 Milliards DT à la même date l’an dernier.

Quant aux causes de cette envolée qui donne le tournis, et bien ce sont toujours les mêmes : Les banques tapent frénétiquement à la porte de la BCT pour s’acheter des devises afin de couvrir les transactions extérieures des opérateurs économiques. Toujours ces importations, à un niveau trop élevé alors qu’elles sont censées baisser… En tout cas les décisions avaient été prises dans ce sens. Qu’est-ce qui cloche alors ?

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Les agents économiques à capacité de financement, y compris les OPCVM (Organismes de Placements Collectifs en Valeurs Mobilières) obligataires, sont aujourd’hui de plus en plus intéressés par l’investissement dans des produits de taux de court terme, relevant du marché monétaire que dans des valeurs mobilières de long terme relevant du marché financier (obligations privées et Bons du Trésor)“. C’est ce qui ressort d’une analyse de la nouvelle donne monétaire, réalisée par Moez Hadidane, enseignant, chargé de cours Gestion de Portefeuille à IHEC Carthage.

Dans cette analyse publiée dans le 2éme numéro de la newsletter trimestrielle de l’Association des Intermédiaire en Bourse (AIB), sous le titre “Quand le Monétaire évince le Financier, c’est toute l’économie réelle qui est menacée”, Hadidane explique que “dans un contexte de liquidité très tendue des banques, l’industrie des OPCVM obligataires fait face à une concurrence très vive des banques. Les ressources financières (excédents de trésorerie des agents à capacité de financement) sont de moins en moins, drainées par les véhicules traditionnels d’investissement de moyen long terme, notamment les OPCVM, (SICAV, Fonds communs de placement en valeurs mobilières), les structures de capital risques (Fonds communs de placement à risque, Fonds d’amorçage, SICAR) et les institutions de Micro-finance”.

Toujours selon lui, “l’offre de rendement des OPCVM obligataires se limite aujourd’hui à une moyenne de la place de 4,5% loin des taux offerts par les banques, adossés sur les placements à échéances autour de “TMM + 2” et “TMM + 3”, soit des taux de rendement net de 6,5% et 7,3%. Les placements à échéances (au plus pour une année) auprès des banques offrent ainsi un surplus de rendement par rapport aux OPCVM obligataires de 200 points de base au moins“.
Bien que les actifs sous gestion des OPCVM obligataires aient augmenté durant les cinq premiers mois de l’année 2018, de 160 millions de dinars, soit de 4,2%, une analyse d’un historique plus long dévoile que les OPCVM drainent de moins en moins de capitaux, menaçant toute l’industrie des OPCVM obligataires.
Aujourd’hui, les OPCVM obligataires de la place offrent un rendement annualisé moyen pondéré, net d’impôt et de frais de 4,5% alors qu’un placement bancaire en DAT (Dépôt A Terme) ou en CD (Certificat de Dépôt) offre un rendement brut de plus ou moins TMM +2, voir TMM + 3. Compte tenu d’un TMM moyen des six premiers mois de l’année 2017 de 6,13%, les placements à échéances offrent une rémunération nette de 6,5% voire 7,3%. Ces derniers offrent ainsi un surplus de rendement par rapport aux OPCVM obligataires de 200 points de base au moins“, lit-on encore dans la même analyse.

Hadidane a souligné “qu’investir aujourd’hui dans un produit monétaire auprès d’une banque, pour une durée proche d’une année, rapporte un rendement brut supérieur à celui d’une obligation privée de maturité 5 ou 7 ans. Mieux encore, la banque offre une rémunération sur un placement court, à un taux largement supérieur au coût de refinancement de cette même banque dans le cadre d’un emprunt obligataire de 5 ou 7 ans“.
Mobiliser une grande partie des ressources des excédents de cash des agents à capacité de financement au profit des produits bancaires à échéance, rémunérés à des taux proches de celui offert par une obligation de long terme, entache le processus d’allocation optimale des ressources et affaiblit l’efficience des marchés financiers et par conséquent toute la machine de création de richesse et de croissance économique“, a-t-il conclu.

TAP

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Le Forum annuel du Club des dirigeants de banques et établissements de crédits d’Afrique a été organisé ce lundi 25 juin 2018 pour la première fois en Tunisie, sur le thème «Le rôle des banques africaines dans l’intégration du continent».

Lors de son intervention, Aissata Koné Sidibé, présidente du club et DG de Coris Bank International au Mali, a affirmé que la coopération entre le continent africain et la Tunisie en la matière est très importante afin d’assurer l’intégration et les échanges entre les banques des deux parties.

Elle a précisé que les efforts de la Tunisie sont consentis afin de nouer des partenariats avec des pays africains ; l’objectif de ce forum est de proposer des moyens et mécanismes novateurs pour un partage d’expériences et une coopération sud-sud.

A noter que le forum en question a été marqué par une grande présence de hauts responsables africains et tunisiens opérant dans divers secteurs économiques.

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La dernière hausse du taux directeur de la BCT, expliquée par la logique du «Tout sauf l’inflation» qu’on retrouve en filigrane du communiqué de la BCT en date du 14 juin 2018, fait encore polémique et ses détracteurs mettent surtout l’accent sur les répercussions de cette seconde hausse en quelques mois sur l’investissement.

Africanmanager croit pourtant savoir, de sources financières concordantes, que la négociation pour cette hausse avec les équipes du FMI qui auraient estimé que la situation financière tunisienne est aujourd’hui accommodante plus que par le passé malgré les pressions budgétaires, était sur la base de 300 à 500 points de base. Ce seuil est jugé nécessaire par le principal bailleur de fonds international de la Tunisie, pour réussir à casser définitivement la spirale de l’inflation, assécher les crédits à la consommation et arrêter les importations non nécessaires, tous sources d’inflation. A l’instar du bombardier qui lance des contre-mesures, les autorités tunisiennes mettent en place depuis peu une batterie de mesures pour adoucir les effets de la hausse du TMM sur l’économie réelle.

  • Guichet PME, fiscalité de croissance et bonification

Et à ceux qui proposaient la mise en place de taux d’intérêt différenciés selon l’utilisation et des taux multiples, les sources financières d’Africanmanager ont estimé que les institutions financières n’y ont pas droit et agissent donc par le biais du refinancement du secteur bancaire auprès de la BCT.

En effet, pour cause de problèmes de liquidité et manque de ressources en épargne, les banques s’adressent à la BCT pour se refinancer, et nous croyons savoir que la Banque centrale de Tunisie mettra bientôt à leur disposition ce qui est déjà convenu d’appeler le «guichet PME », lequel devrait entrer en activité d’ici la semaine prochaine au plus tard. On leur permettra ainsi l’accès à une facilité préférentielle de refinancement proche de 6,75 %, sur une période de 6 mois, mais seulement au titre du financement des PME, obligeant ainsi les banques à ne financer que la petite et moyenne entreprise et donc à financer la production et la création de l’emploi et non plus la consommation ou les situations de rente.

On rappelle à ce sujet qu’à l’initiative de lAPTBEF, la hausse du TMM épargnera les crédits de logement et que la nouvelle «fiscalité de croissance» devrait être annoncée à l’occasion de la prochaine LF complémentaire, pour une mise en œuvre à partir de l’exercice 2019. On devrait ainsi s’acheminer, sans impact budgétaire notable, vers l’institution de 3 taux de l’IS, c’est-à-dire 35, 25 et 13 % et affirmer que ces taux ne seront pas changés après 2019.

Nos sources évoquent aussi une ligne de crédit de 200 MDT sur 5 ans, dont 20 à 25 MDT serviront à la bonification de 2 points, pour les crédits aux PME et aux entreprises en difficulté. Ces ressources seront soit d’origine internationale à travers un pool financier dont ferait partie l’AFD et qui pose le problème du risque de change qui crée un problème au ministre des Finances, soit dans le budget de la prochaine loi de finances complémentaire. Couplée au resserrement du financement pour qu’il aille dans le secteur productif, la mesure pourrait avoir un bon effet sur l’économie tunisienne et endiguer le crédit à la consommation,lequel baissera beaucoup.

  • Inflation & Prévisions 2018

Sous l’effet des deux dernières hausses du taux directeur de la BCT, la Tunisie escomptait une baisse de l’inflation au 4ème trimestre 2018, n’eut été la hausse du prix de baril de pétrole. Les autorités espéraient ainsi terminer l’année en cours à 7,2 % d’inflation, on la terminera peut-être à 8,2 % d’inflation, selon des sources financières concordantes, la baisse restant la première des priorités de la BCT.

Force est de constater qu’il faut désormais que les Tunisiens s’habituent au fait que si l’inflation augmente, le taux directeur suivra. Ancrer l’anticipation de l’inflation, devrait aussi être une ligne directrice majeure dans l’intervention de la BCT en matière de politique monétaire. Certains experts estiment même que La BCT avait géré l’instabilité politique et avait quelque peu retardé des hausses qui devaient être faites. Elle devrait ainsi désormais faire montre de son indépendance et agir sur le taux directeur, dès que l’inflation montera.

L’ARP devra aussi laisser passer le projet de loi sur l’amnistie fiscale et l’amnistie de change. L’Etat devra frapper un peu plus fort sur le secteur informel par le biais de la Douane. Il faudra aussi que toute la classe politique et tous les partenaires sociaux intègrent le coût de la non-réforme et de la non-prise de décisions dans leurs calculs, politiques et économiques.

La marge de manœuvre devenant de plus en plus restreinte, une certaine maturité se développe à l’ARP. On le constate comme pour la question des NPL et le passage des 3 DG de banques publiques devant les députés, et qui devrait faire que plus d’une réforme passera comme celle des caisses sociales.

  • Ce que la Tunisie aura et ce qu’il lui faudra faire

Il faudra aussi faire pression sur les circuits de distribution pour baisser les prix. Il faut encore bien étudier l’impact de l’inflation sous-jacente, hors prix administrés et produits frais, qui tire les prix vers le haut. S’occuper aussi des situations de rente de certains hommes d’affaires et tout mettre en œuvre pour recréer les conditions de la résilience et y pousser tout le monde, pour ne pas arriver à un scénario de rupture si rien ne change dans la conjoncture et le refus de toute transition économique. Il faut savoir se confronter à nos propres démons et y réussir.

Sauf complication politique qui brouillerait la visibilité politique pour les bailleurs de fonds qui l’ont ainsi signifié aux autorités financières et monétaires tunisiennes, la Tunisie devrait recevoir, le 26 juin 2018, 500 MDT en appui budgétaire de la Banque Mondiale au rebours de tout ce qui se dit de contraire en Tunisie et recevoir aussi les 250 MDT du FMI en juillet prochain suite à la conclusion de la dernière Revue.

A Tunis, on reste malgré tout optimiste et on escompte terminer 2018 avec un déficit budgétaire en baisse d’un point. «On est à 6.2 et on devrait terminer à 5.2 », assure une source financière à Africanmanager. On devrait aussi assister à une nouvelle hausse des prix de l’essence et des carburants en général, dont l’électricité et le gaz avant la fin 2018 aussi.

La Tunisie devrait également, sauf nouvelle hausse du prix du baril ou complication sécuritaire, terminer avec un taux de croissance de 3 %, malgré la prévision de seulement 2.5 du FMI, après 2.5 sinon plus pour le second trimestre 2018, ce qui confirmera un maintien de la croissance. C’est ce qu’affirment nos propres sources.

  • Remettre les pendules à l’heure de la priorité économique absolue

Jusqu’ici, le politique a primé sur l’économique et même les bailleurs de fonds, comme le FMI et la BM, s’étaient laissé aller à cet état des choses, ne mettant pas assez de pression sur la Tunisie et même bloquer les aides dès 2012, pour pousser le pays à réaliser les réformes qui deviennent désormais, non plus urgentes mais vitales.

En ces temps-là, on était bien soutenus par nos partenaires, comme les deux garanties américaines de 500 M$ du temps d’Obama, car tout le monde pensait que la transition politique s’achèverait en 2014 et que le pays s’occupera dès lors de réussir sa transition économique. Le pétrole coûtait alors moins cher et une entrée, dès 2014, dans les programmes de transition énergétique aurait pu sauver la situation. Ce reproche a été fait aux bailleurs de fonds, qui en sont conscients et l’acceptent amèrement, mais n’entendraient plus s’y plier, ce qui explique par exemple le durcissement des conditions du FMI lors de la dernière Revue et sa menace même, non officielle, de renvoyer la Revue au mois d’octobre 2018 et donc le décaissement d’une nouvelle tranche du crédit, si la stabilité politique venait à être ébranlée par un nouveau changement de gouvernement.

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Le chef du gouvernement Youssef Chahed s’est entretenu, mercredi à la Kasbah, avec le président de L’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et Etablissements Financiers (A.P.T.B.E.F) Ahmed Karam.

L’entretien a permis de passer en revue la conjoncture économique et les moyens de renforcer la croissance économique ainsi que le rôle du secteur bancaire et financier dans le financement de l’économie et l’encouragement de l’épargne, précise un communiqué de la présidence du gouvernement publié, mercredi 20 juin 2018.

Chahed et Karam ont également évoqué l’apport du secteur bancaire en matière de maîtrise de l’inflation et d’octroi des crédits logement, ajoute la même source.

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Humaniq, une plateforme financière décentralisée pour les non bancarisés, annonce aujourd’hui qu’elle étend les opportunités offertes par son application à cinq autres pays africains. L’application, qui compte actuellement plus de 180 000 téléchargements depuis Google Play (https://bit.ly/2wAO3uh), lance son application de portefeuille et de messagerie pour les populations non bancarisées du Kenya, du Côte d’Ivoire, du Botswana et du Ghana, offrant un accès équitable aux services financiers, et des programmes sociaux à dix pays africains au total. S’appuyant sur une ICO réussie qui a recueilli plus de 5,1 millions de dollars, Humaniq pénètre également des marchés tels que l’Afrique du Sud afin de développer un écosystème mobile compétitif.

Les premiers membres de la communauté Humaniq des cinq pays lancés en décembre – Ouganda, Sénégal, Zimbabwe, Tanzanie et Rwanda – ont réagi positivement aux fonctionnalités actuelles de l’application Humaniq: messagerie sécurisée avec cryptage E2E, bio-identification, chat en direct et portefeuille numérique, le tout sur une Blockchain Hybride, permettant aux utilisateurs d’Humaniq de faire de petites transactions avec des frais de proches de zéro. Maintenant, des personnes de cinq autres pays africains qui sont actuellement exclus des services financiers du 21ème siècle bénéficieront des services d’Humaniq à vocation sociale conçus pour résoudre les problèmes quotidiens de ces derniers.

L’expansion intervient alors que l’Afrique subsaharienne est confrontée à des défis financiers importants: le manque d’infrastructures a freiné la situation économique de ces pays. Pourtant, dans les trois années à 2021 (http://gfs.eiu.com), son économie devrait croître à un rythme beaucoup plus rapide que la moyenne mondiale: l’utilisation des téléphones mobiles continue d’augmenter, et l’internet couvre actuellement près de 35,2% (https://bit.ly/2HcddEr), tout ceci témoigne des changements qui envahissent le continent. Humaniq travaille pour exploiter la technologie de telle manière que tout le monde en tire profit- mais l’équipe d’Humaniq est bien consciente que la technologie ne peut pas simplement être exportée vers ces pays sans comprendre comment l’économie locale fonctionne actuellement.

C’est pourquoi l’application Humaniq a été lancée suite aux études sur le continent afin de mieux comprendre la vie et les besoins des personnes non bancarisées, qui ont révélé les causes de l’isolement financier, et ont aussi aidé à définir les façons dont la technologie Blockchain peut améliorer la vie de millions de personnes. Humaniq a organisé un «Global Challenge» pour des projets de Start-ups afin de faciliter le développement de nouvelles solutions d’inclusion financière visant à aider la population mondiale non bancarisée. Environ 450 participants ont participé aux projets spécialement conçus pour la plateforme Humaniq, et trois gagnants ont été sélectionnés pour une expédition au Kenya, pour rencontrer les personnes susceptibles de bénéficier de nouveaux services, afin de tester et adapter les plans d’affaires émergents basés sur l’écoute des citoyens, ce qu’ils veulent et leurs besoins.

« Humaniq se développe extrêmement vite et nous sommes maintenant au seuil d’une nouvelle étape prometteuse. Les premiers mois de l’application montrent que l’Afrique devient un leader dans l’adoption du modèle transactionnel de paiement mobile. Notre équipe de développement est enthousiaste à l’idée de fournir des solutions d’inclusion financière aux 2,5 milliards de personnes non bancarisées et nous espérons inspirer de nouveaux utilisateurs et gagner leur confiance en les initiant à un nouveau monde sûr de divers services financiers gratuits », a déclaré Anton Mozgovoy. , CTO Humaniq.

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L’encours des crédits bancaires destinés à la consommation a atteint, à la fin de décembre 2017, 22,5 milliards de dinars contre 10,7 milliards de dinars en décembre 2010, soit une hausse de 110%, selon les indicateurs de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

De son coté, l’Institut national de la consommation (INC) a indiqué, vendredi, sur son site web que ces crédits représentent environ 29% du total des crédits injectés par les banques de la place dans l’économie.

Les crédits sont répartis entre 10,2 milliards de dinars pour l’achat d’un nouveau logement (soit 49,7% du total des crédits), 9,1 milliards de dinars pour l’amélioration du logement, 2,9 milliards de dinars crédits de consommation à courte durée, 317 millions de dinars de crédits automobiles et 4,5 millions de dinars crédits universitaires.

L’INC a fait savoir que le volume des crédits à la consommation représente 50,3% du total des crédits accordés par les banques aux familles tunisiennes.

Ce type de crédits a enregistré, entre décembre 2011 et décembre 2017, une progression de 71%. Ceux dédiés à l’achat d’un nouveau logement sont en hausse de 11,1%.

A noter que le taux d’intérêt des crédits à la consommation varie entre taux moyen du marché monétaire (TMM) +5 et TMM +7. Le taux d’intérêt sur les prêts consacrés à la construction de logement et aux crédits immobiliers varie entre TMM +3,25 et TMM+9.

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Plus de 100 exposants, dont huit banques seront présents à la première édition de Maskan expo, qui se tiendra à la Grande Arche de la Défense“, a indiqué Emna Limam, organisatrice de la première édition du salon tunisien de l’habitat et de la finance bancaire, qui aura lieu du 31 mars au 2 avril 2018, à Paris.

Des offres spéciales seront proposées lors du salon Maskan Expo“, a déclaré jeudi après-midi, le coorganisateur de “Maskan Expo“, Sadok Chiboub lors d’une conférence de presse tenue à la Maison de Tunisie, à Paris.

Chiboub a précisé que les professionnels de l’immobilier proposeront à la diaspora tunisienne en France des offres pour l’achat d’appartements, de villas, de commerces et de terrains. Il a ajouté que “des offres de crédits financiers seront également, proposées par les banques durant Maskan Expo“.

De son côté, le directeur technique du salon, Mohamed El Idrissi, a précisé que “la vocation du salon est de réunir en un même lieu, des professionnels de l’immobilier pour présenter des produits variés“.

Un espace d’animation sera aménagé et des billets d’avion pourront être gagnés lors du salon, annoncent les organisateurs. Après Paris, “Maskan expo” sera organisé à Doha (Qatar) du 10 au 12 mai prochain.

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L’augmentation des concours bancaires à l’économie a dépassé la croissance du PIB, de 10 fois en 2017, dans un contexte économique difficile. L’universitaire et président du cercle des financiers tunisiens (CFT), Abdelkader Boudriga, explique dans une interview accordée à l’Agence TAP les performances réalisées par certaines banques de la place, par “l’essor des crédits aux particuliers, le relèvement des marges d’intermédiation, la hausse du rendement des bons du Trésor, mais également par la défaillance de tout le cycle économique, qui contraint les entreprises à recourir aux banques, à des conditions très avantageuses pour ces dernières“.

Boudriga propose des solutions à même de résoudre les difficultés rencontrées par les petites banques et les banques publiques.

Comment expliquez-vous les performances réalisées par certaines banques de la place, malgré la morosité de la conjoncture économique et financière ?

Depuis quelques années, les banques les plus performantes continuent à enregistrer une forte croissance de leur produit net bancaire (PNB), souvent à deux chiffres et ce malgré une conjoncture économique morose.

L’amélioration de la performance des banques tunisiennes s’explique en premier lieu par l’augmentation soutenue des concours bancaires à l’économie, atteignant un taux de croissance de 20% en 2017, qui dépasse le taux de croissance du PIB (10 fois, en 2017). Ceci traduit une dépendance accrue de l’économie des financements bancaires, qui s’explique en partie par les besoins de financement accrus des entreprises, souffrant de difficultés de trésorerie, résultant de défaillances liées à la gestion des investissements et des dépenses publiques (retards de paiement et reports d’exécution).

D’un autre côté, les banques ont toujours financé les crédits aux particuliers (crédits de consommation ou immobiliers) considérés pendant longtemps comme étant le segment le plus performant et le moins risqué. Ce segment a bénéficié durant les 6 dernières années d’un essor remarquable porté par les augmentations salariales et les recrutements massifs dans la fonction publique. C’est l’une des raisons pour laquelle ces grands groupes bancaires réalisent de bonnes performances.

En plus du segment particulier et professionnel, le système bancaire a massivement financé le déficit public, à travers les bons du trésor, à des taux très généreux qui ont dépassé l’an dernier 7,2% pour les dernières sorties, des taux alléchants à un risque très faible.

Cette augmentation traduit également, une amélioration des marges d’intermédiation expliquée par une hausse des risques des débiteurs.

La forte dépendance du financement bancaire résulte du cycle économique proprement dit et des difficultés trouvées par l’Etat, à honorer ses engagements avec certaines entreprises, dans le cadre des marchés publics.

En d’autres termes, l’économie est aujourd’hui en difficulté, en raison de la défaillance de tout le cycle économique. Si l’Etat peine à se financer, c’est à cause notamment de son incapacité à collecter l’impôt, des déficits cumulés par les entreprises publiques, mais aussi, des fortes augmentations des salaires de la fonction publique. L’Etat se trouve dans l’incapacité d’honorer ses engagements avec les entreprises, les contraignant ainsi à recourir aux banques, à des conditions très avantageuses pour ces dernières.

S’agissant du secteur bancaire dans son ensemble, il faut faire la distinction entre trois réalités ou sous-groupes. Il y a d’un côté les grands banques privées qui sont assez performantes et assez solides, et de l’autre les banques publiques dont la réalité est différente mais qui commencent toutefois à réaliser des performances assez positives. Enfin, il y a les petites banques avec des parts de marché inférieures à 1%, dont certaines ont enregistré de grandes pertes ces dernières années. Paradoxalement, les secteurs les plus risqués sont toujours financés par les petites banques, qui sont à la recherche de parts de marché dans un contexte très concurrentiel.

Vous avez évoqué le financement de l’Etat par les banques, à travers les bons du trésor. Trouvez-vous normales ces ponctions faites par l’Etat, sur l’argent disponible chez les banques ?

L’arbitrage n’est pas facile à faire entre le financement de l’Etat, à partir du marché local ou de celui international. La première option, crée une sorte d’effet d’éviction parce qu’il s’agit d’une ponction sur la liquidité disponible dans le système bancaire, et qui devrait normalement, servir à financer les entreprises et l’économie. Mais en même temps, cette option préserve des variations du taux de change parce que les sorties sur le marché international avec les perspectives de dépréciation du dinar, entraînent une forte augmentation de l’encours de la dette publique, et partant du service de la dette.

Le vrai paradoxe en Tunisie, c’est que le budget de l’Etat qui doit normalement croître à des taux proches de celui de l’inflation, a enregisté, annuellement, durant les 7 dernières années, une croissance avoisinant les 10%, alors que l’inflation évoluait autour de 5%. Le problème c’est que ce différentiel de croissance, ne résulte pas d’une augmentation des programmes d’investissements mais, plutôt, de l’augmentation des salaires.

Le trend haussier rapide de l’endettement de l’Etat a servi à couvrir ses dépenses. Cette situation est d’autant plus inquiétante, que les banques se refinancent auprès de la Banque centrale, pour prêter à l’Etat.

Ne voyez-vous pas en cela une sorte de financement déguisé de l’Etat, par la Banque centrale ?

Légalement, la Banque centrale a le statut de prêteur de dernier ressort. Elle ne peut pas refuser à une banque une demande de refinancement qui répond à toutes les conditions légales. Tout ce qu’elle peut faire, c’est durcir les conditions de refinancement pour limiter ses niveaux et je pense que la dernière augmentation du taux directeur s’inscrit dans cette logique.

On ne peux donc, pas tout reprocher à la Banque centrale dans cette question de refinancement des banques. C’est à l’Etat de définir les conditions de son financement mais aussi, ses priorités.

Certains analystes estiment que l’économie tunisienne s’est transformée en économie de rente, sapant tout espoir de création de valeur. Qu’en pensez-vous ?

La transformation de l’économie tunisienne en économie de rente, ne date pas d’aujourd’hui. Après une période de totale dominance par l’Etat des rouages de l’économie, durant les années 60, ce système a commencé à montrer ses limites, au début des années 70.

L’expérience d’ouverture économique a été entamée sous Hedi Nouira, à travers la loi 72 et la création de banques de développement, pour accompagner les nouveaux promoteurs. Mais l’Etat a toujours gardé un rôle prépondérant, jusqu’au changement politique de 1987, qui s’est inscrit dans l’esprit du ” consensus de Washington ” fondé sur la limitation de l’intervention de l’Etat, aux activités stratégiques.
En 2006 et 2007, les limites de ce système ont commencé à se faire sentir avec l’émergence d’une véritable économie de rente, profitant aux acteurs économiques proches du pouvoir, laquelle est caractérisée par une faible valeur ajoutée et une distribution inéquitable des richesses.

Ce contexte économique n’a pas permis à de nouveaux champions nationaux de voir le jour. Les banques ne prêtant qu’aux entreprises performantes ou aux activités non productives, notamment le secteur immobilier.

Cette logique de rente renforcée par une législation favorable à une certaine catégorie d’entrepreneurs, souvent en situation de monopole, a fait que pratiquement, tous les grands groupes ont adopté des stratégies d’intégration horizontale, en diversifiant leurs activités dans les secteurs les plus rentables (santé, immobilier, hôtellerie, services financiers…).
Verrouillé et fermé à toute nouvelle initiative, le système économique est dès lors devenu incapable de créer la valeur et les emplois.

Pourtant, la croissance et le développement économique passent inévitablement, par le renforcement et la promotion de nouvelles entreprises, et tant que nos politiques publiques et notre réglementation ne vont pas dans ce sens, sortir de cette logique de rente sera difficile.

On ne peut pas, à ce titre, reprocher aux banques d’être réticentes à financer les entreprises et l’économie, car les banques sont au final des entités économiques dont l’objectif est de maximiser la valeur. Si on leur demande de financer des entreprises qui ne sont pas viables parce que l’écosystème global ne le permet pas, elles ne vont pas le faire. Le vrai problème n’est pas à au niveau du financement bancaire, mais au niveau l’écosystème rentier qui étouffe les nouvelles initiatives.
Sortir de cette philosophie de rente reste tributaire d’une véritable volonté politique de lancer des stratégies de promotion de la création de valeur.

Pensez-vous que les performances réalisées par les banques reflètent leur bonne santé, ou est-ce juste des performances conjoncturelles ?

Pour les banques les plus performantes de la place, qu’il s’agisse de groupes privés tunisiens ou de banques affiliées à des groupes internationaux, leurs indicateurs financiers positifs reflètent une certaine maîtrise de l’industrie financière et une volonté de suivre les standards internationaux.

Quelles sont les solutions possibles aux difficultés que rencontrent les petites banques ?

Je pense que le réel problème pour ces banques, c’est que notre système bancaire a toujours été fortement protégé par l’Etat, qui a permis de maintenir ces banques en vie, malgré tous leurs dysfonctionnement.
Aujourd’hui, le régulateur a changé de vision et les petites banques ne peuvent plus survivre de la sorte. Il va y avoir inévitablement, des mouvements de fusion, de regroupement de ces banques pour avoir une taille qui leur permet de faire face à la concurrence mais aussi de se conformer aux nouvelles exigences de l’industrie financière. Il y aura peut-être, également, des mouvements de rachat de certaines de ces banques, par les grandes banques dans les 5 années à venir. Autrement, ces banques seront condamnées à disparaître.

Et pour les banques publiques ?

Les banques publiques sont une réalité à part, elles sont en train de se transformer et je pense que l’Etat gagnerait à clarifier sa position envers elles. Politiquement et socialement parlant, il sera difficile d’envisager une privatisation de ces trois banques : STB, BNA et BH.
Il ne s’agit pas uniquement d’un problème de mode de gestion, de flexibilité et d’autonomie de décision. Tant que l’Etat et les ministères de tutelle ont la mainmise sur les conseils d’administration et la nomination de directeurs généraux et tant que les banques publiques sont soumises aux règles de passation de marchés, de recrutement… , alors qu’elles opèrent dans un environnement de concurrence, elles continueront à avoir des problèmes.

A mon avis, l’issue possible pour ces banques serait non pas de les privatiser, mais de faire passer la propriété de l’Etat sous les 50%, à 49%. Ainsi, ces banques ne seront plus soumises au cadre réglementaire contraignant de passation de marchés, de fonctionnement et de gestion publics, ce qui leur donnera les moyens d’être plus efficaces.

Cette solution permettrait de faire de ces banques, de vraies locomotives de développement avec tout le patrimoine dont elles disposent. C’est un changement de paradigme qui impactera toute la physionomie du paysage bancaire mais qui demande une réelle volonté politique.

TAP

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Ahmed Karam, président de l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF), a appelé ce vendredi 16 mars 2018, sur Express fm, à la création de sociétés privées d’accompagnement de PME établies dans toutes les régions du pays et qui disposent des expertises nécessaires pour assurer cet accompagnent.

D’après lui, 80% des PME qui ont été financées par les banques n’arrivent pas à survivre ; et il faut, à côté du financement, leur offrir l’encadrement et l’accompagnement.

En outre il a souligné que pour lutter contre l’économie informelle, il faut rendre le secteur formel plus attrayant.

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A en croire l’économiste Ezzedine Saïdane, les finances publiques seraient plus mal en point qu’on ne le croit. Il a affirmé, ce mardi 13 mars 2018 sur Shems FM, que l’Etat a été contraint de s’endetter auprès des banques tunisiennes (publiques notamment), à un taux d’intérêt de 6%, pour honorer le paiement des salaires du mois de mars 2018. Il a ajouté que si les banques font des bénéfices en Tunisie, elles le doivent aux prêts contractés par l’Etat, mais c’est aussi ce qui les prive des ressources pour financer les investisseurs et les entrepreneurs du pays. «Les banques en Tunisie sont devenues des établissements de rentes», souligne l’expert.

Au sujet de la première grande décision du nouveau gouverneur de la BCT, Marouane Abassi – la hausse du taux directeur -, Saïdane a indiqué que cette opération était le seul outil à la disposition de l’institution pour tenter de juguler les contrecoups de l’inflation en Tunisie.
L’économiste, comme la BCT, espère que cette mesure produira les résultats qu’on en attend sur l’épargne, dont la valeur a fondu de 12% ces dernières années. «Le Tunisien n’a tout simplement plus les moyens de mettre de l’argent de coté», a-t-il indiqué.

S’agissant de la proposition d’enterrer la séance unique, émise par le gouverneur de la BCT, il est d’avis que le problème n’est pas tant le nombre d’heures passées au bureau que le rendement du fonctionnaire et de l’employé en général dans son lieu de travail…

عز الدين سعيدان : نزلنا من 84 إلى 77 يوم من التوريد بصفة فجئية

الخبير اقتصادي عز الدين سعيدان ضيف الماتينال :✔ الترفيع في سعر الفائدة المديري من طرف البنك المركزي هو السبيل الوحيد للحد من التضخم الذي من الممكن أن يوصل إلى 8%✔ المشكل الكبير هو إنهيار القدرة على الإدخار حتى من طرف الدولة✔ تعدينا من 22% إلى 10% فيما يخص قيمة الإدخار في الإقتصاد✔ هذا دليل على تضرر الموازنات وضرورة الإلتجاء للإقتراض الخارجي✔ الزيادة هذي ماهياش الأولى وماهياش بش تكون الأخيرة✔ مع هذا سعر الفائدة الحقيقي سلبي✔ لابد من إيجاد حل للتشجيع على الإدخار✔ دور أي بنك مركزيو هو الحفاظ على قيمة العملة✔ القطاع البنكي يتحول تدريجيا إلى قطاع ريعي والسبب هو الدولة التونسية التي تقترض بصفة كبيرة من البنوك✔ الشهر الفارط الدولة إقترضت على 3 أشهر بفائدة 6% 600 مليار لتسديد الجرايات✔ الآن إعادة تمويل البنك المركزي للبنوك ب13،5 مليار دينار في بضعة أشهر✔ نزلنا من 84 إلى 77 يوم من التوريد بصفة فجئية✔ خسارة إحتياطي العملة هو خطير جدّا✔ العمل بالحصة الواحدة في الصيف ورمضان تجاوزه الزمن لكن هذا النداء لا يحل الأزمة وهو ليس من دور البنك المركزي

Publié par La Matinale – Shems FM sur mardi 13 mars 2018

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Après une analyse approfondie de l’évolution des agrégats monétaires et des données macroéconomiques, ainsi que des indicateurs avancés de la conjoncture nationale, le Conseil d’Administration de la BCT (Banque centrale de Tunisie) en réunion périodique le 5 mars 2018 a décidé d’augmenter le taux directeur de la BCT de 75 points de base le portant ainsi de 5% à 5,75% l’an.
L’annonce est intervenue le même jour que la publication par l’INS du nouveau chiffre de l’inflation en Tunisie. En février 2018, l’inflation augmentait de 0,2 points, dépassant pour la première fois depuis décembre 2016 le seuil de 7% pour atteindre 7,1 %. Un seuil qui semble avoir inquiété le nouveau gouverneur, dont beaucoup attendaient au contraire une politique monétaire plus expansionniste. Ce qu’aurait découvert Marouane Abassi sur la réalité des fondamentaux économiques de la Tunisie semble en tout cas l’avoir tellement inquiété quant aux perspectives de l’impact sur le pouvoir d’achat et de l’inflation galopante, qu’il décide même de frapper très fort.

On savait que l’ancien Gouverneur Chedli Ayari prévoyait depuis janvier dernier déjà d’augmenter le taux directeur et on s’attendait à une hausse de 25 à un maximum de 50 points de base. Son successeur ira plus loin et plus fort, vers 75 nouveaux points de base d’un seul trait.

  •  Le remède de cheval d’Abassi

A la BCT, on explique que cette action «est décidée pour faire face à des risques réels d’une poursuite de l’inflation en 2018, ayant déjà atteint 7,1% au mois de février contre 4,6% au même mois de l’année 2017 et 5,3% en moyenne en 2017 (…), en relation principalement avec la forte progression de l’indice des prix à la consommation (IPC) en janvier 2018 de 1,1% (contre 0,4% en décembre 2017)».

Et le communiqué du CA de la BCT de rappeler que «en prévision de cette accélération de l’inflation, le Conseil d’Administration a déjà décidé à fin décembre 2017 d’élargir le corridor à 100 points de base de part et d’autre du taux directeur de la BCT, donnant lieu à un taux de facilité de prêt marginal de 6%. Suite à cette action significative sur le corridor, le TMM a augmenté à 5,61% au mois février 2018, ce qui appelle un ajustement du taux directeur en vue d’assurer une cohérence des taux sur le marché monétaire».

Le conseil d’administration de la BCT explique aussi que «un certain nombre d’indicateurs conjoncturels avancés, en particulier l’envolée probable des prix internationaux des produits de base et surtout de l’énergie, prédisent des pressions inflationnistes supplémentaires au cours de la période à venir». Le décor était ainsi planté, pour une institution dont la mission principale est de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et de «favoriser les conditions d’une croissance saine dont les prémices commencent à se dessiner en ce début 2018».

C’est par tout cela que la BCT motive une «action proactive par le resserrement de la politique monétaire en se basant sur le taux d’intérêt en tant qu’instrument privilégié pour une meilleure allocation des ressources financières».

Réagissant à chaud sur les réseaux sociaux, le commissaire aux comptes Walid Ben Salah fait remarquer que «le communiqué de la BCT ne précise pas si le corridor à 100 points de base décidé en décembre 2017 est maintenu ou non. S’il est maintenu, le TMM pourrait grimper à plus de 6,5% dans les prochains mois». Et la BCT de répondre, de manière certes non officielle, que «s’il n’y a pas de mention contraire, il est maintenu… mais les 100 pts sont une limite, tout dépendra de la demande sur le crédit». Les dés sont ainsi jetés et l’impact de cette hausse de 75 points de base devrait être total.

  • Ça fait mal et ce n’est pas bon pour les banques

«75 points de base, plus le maintien du corridor de 100 points de base, c’est trop et ça fait mal», estime le spécialiste de salle de change de l’Amen Bank, Hatem Zaara, qui croit expliquer cette 1ère décision après seulement 10 jours à la BCT par le fait que le nouveau dirigeant de l’institution est effrayé par la mauvaise situation économique dont Marouane Abassi aurait pris connaissance de visu. «Je pense que les anticipations n’évoquaient certainement pas un aplatissement de l’inflation dans les prochains mois. Le taux d’enfer est devenu de 6,75 % et le coût du crédit pour les banques, en levée de ressources, va être exorbitant. Cela frappe directement la marge d’intermédiation et ça remet en cause tout le business modèle des banques tunisiennes, uniquement basé sur l’activité de crédit».

Pour l’expert de l’Amen Bank, «ce n’est pas une bonne chose. C’est une décision pour limiter l’accès au crédit à la consommation qui est aujourd’hui une manne pour les banques et il n’est pas exclu qu’on revienne prochainement aux restrictions en matière de crédit à la consommation. Il faut néanmoins dire qu’une telle décision anticipative se veut aussi correctrice des erreurs de politique monétaire des derniers mois». Et Zaara de conclure, amèrement, que «la BCT a joué son rôle, de gardien de l’inflation, mais la mesure est douloureuse. Elle a certainement des arguments très défendables, pour agir de cette manière forte, mais le Gouverneur devrait s’en expliquer publiquement». Cela, selon nos informations, ne saurait tarder.

  • La politique budgétaire actuelle ne donnait aucune marge de manœuvre !

Comme Zaara, l’expert Achraf Ayadi, expert bancaire et financier résident à Paris, estimait au micro d’Africanmanager que «c’est très probablement une mesure pour ancrer les anticipations, dans un contexte d’inflation forte, voir en accélération. Cependant, l’impact potentiel sur le TMM pourrait rendre les mensualités des emprunteurs particuliers plus onéreuses lorsque les crédits ont été contractés à taux variable. Le financement de la trésorerie des entreprises devient plus cher aussi, ce qui ne manquerait pas d’agripper les projets d’investissement et de pousser les chefs d’entreprises organisés vers l’informel. Il est indispensable de maîtriser notre politique budgétaire et d’avancer plus vite dans l’effort de réformes. La politique monétaire menée par la BCT ne peut pas à elle seule proposer des solutions à tous les problèmes. Il faut assainir l’environnement des affaires, faire revenir la confiance et montrer des résultats tangibles pour les citoyens comme pour les bailleurs de fonds internationaux dont nous dépendons désormais, avec le niveau de devises alarmant qu’est le nôtre. La politique budgétaire actuelle ne donne aucune marge de manœuvre à la politique monétaire».

Pour le DG de la BVMT, Bilel Sahnoun, «si ça limite à surpayer le taux de refinancement des banques auprès de la BCT, cela va certainement réduire l’appétit des banques pour les BTA. Si ça se traduit par un renchérissement du TMM, cela va rendre le crédit plus cher, impacter la consommation et maitriser un peu l’inflation, mais par ricochet réduire aussi l’accès des investisseurs au crédit. Sur la bourse, cela pourrait avoir un impact positif sur le bilan des banques, un secteur qui représente 50 % de la Capitalisation boursière, dont les marges d’intermédiation s’amélioreront. Cela renforcera aussi la concurrence des produits monétaires par rapport au placement sur le marché boursier, avec un effet d’éviction des investisseurs en bourse vers les placements monétaires». Mais peut-être parlait-il en méconnaissance de l’information du maintien du fameux corridor qui, au contraire, érode les marges des banques, selon d’autres analystes. De son côté, le président de la BVMT,

Mourad Ben Chaabane estime, que «une telle décision devrait alléger la pression sur les marges d’intérêts des banques. En termes de retombées boursières, nous pensons que cette hausse aura un effet indirect, avec une orientation des investisseurs encore plus vers les valeurs bancaires notamment, et qui représentent plus de 50% de la capitalisation boursière totale. Normalement chaque relèvement de taux impliquerait une baisse au niveau des actions mais en Tunisie vu la faible dynamique du marché obligataire et notamment secondaire, les investisseurs tunisiens ne font pas cet arbitrage».

  •  Tout sauf l’inflation !

Pour l’homme d’affaire Badreddine Ouali qui disait il y a quelques semaines que la BCT est une prison, «le gouverneur a annoncé la couleur au Parlement. Deux priorités : la balance des paiements (la balle est dans le camp du ministre du Commerce) et l’inflation et là c’est la BCT. D’où la décision logique d’augmenter le taux directeur. C’est indispensable pour le Tunisien qui va faire ses courses et pour qui le coût de la vie flambe. L’inflation est le pire mal que peut connaître une économie. Mais sans une action vigoureuse sur le commerce extérieur, on restera dans la merde ». Et lorsqu’on lui demande si ce qu’il pense est valable même si le coût élevé de l’argent impacte l’investissement et donc la création de l’emploi, l’investisseur qui vient tout récemment de racheter une entreprise anglaise rétorque sans ambages que «C’est vrai. Mais tout sauf l’inflation»

Reste à remarquer que cette nouvelle, mais attendue, mesure monétaire intervient alors que des équipes d’agences de notations internationales sont à Tunis en prévision de la prochaine sortie sur le marché international pour une nouvelle dette. Elle intervient aussi alors que le niveau des réserves en devises chutait à 80 jours et que la Tunisie attend avec fébrilité le déblocage de la 3ème tranche du crédit du FMI. Un lien à faire ?

Khaled Boumiza

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Les créances accrochées sont concentrées en Tunisie dans le secteur des services, et principalement dans le tourisme et le commerce de détail. Le risque lié au crédit bancaire restera élevé, bien que se stabilisant, en 2018“, souligne l’Agence de notation, Moody’s, dans son rapport sur le système bancaire en Tunisie qu’elle vient de publier.

Et de prévoir “que les créances improductives représenteront environ 15% des prêts en 2018, contre 15,6% à la fin de 2016, en raison de la mise en œuvre des nouvelles règles d’amortissement et la croissance élevée des prêts“.

Pour l’agence, “la croissance des prêts reste menacée, si les pressions inflationnistes augmentent et si les autorités décident de resserrer la politique monétaire, soit au moyen de taux directeurs, soit en réduisant l’accès au financement de la banque centrale de Tunisie (BCT)“.

La BCT en surchauffe !

Elle souligne que la dépendance vis-à-vis du financement de la BCT augmente (8,4% du financement total). Les prêts progressent plus rapidement que les dépôts, les déficits commerciaux persistants et l’augmentation des émissions de dette publique ces dernières années ont alimenté les problèmes de liquidité dans l’économie tunisienne, un défi qui devrait se poursuivre en 2018.

Pour 2018, l’agence de rating prévoit “une croissance des crédits d’environ 8% à 10%, contre 15% en 2017, légèrement supérieure à la croissance du PIB nominal. Cette croissance a été principalement soutenue ces dernières années par des prêts personnels et des facilités de fonds de roulement pour les entreprises“.

Les besoins de financement ont augmenté au cours des dernières années en raison de la baisse de l’épargne intérieure, à environ 57% des dépenses nationales en capital en 2017, contre 70% en 2014 et de la faiblesse des flux d’IDE, bien inférieurs aux niveaux d’avant 2011.

Toutefois, Moody’s estime que la reprise de l’activité économique permettra de financer davantage les dépenses du gouvernement, mais que l’accès au financement reste difficile étant donné que le système bancaire est relativement fragmenté.

L’agence se montre néanmoins optimiste : “nous nous attendons à des améliorations d’un certain nombre de réformes planifiées qui soutiendront la croissance du crédit, telles que l’ouverture du premier bureau de crédit, en 2016, en Tunisie, lequel aidera les prêteurs à obtenir des données complètes sur les emprunteurs potentiels“.

A ce niveau, “il faut prévoir d’augmenter le plafond actuel des taux d’intérêt et, plus tard, fixer un seuil en fonction du profil de risque des emprunteurs et renforcer le financement de la microfinance et des PME“, recommande-t-elle.

La réglementation bancaire traine les pieds

Une réglementation faible et une mauvaise gouvernance ont accru les risques du système bancaire tunisien“, souligne Moody’s tout en relevant que “le gouvernement et l’autorité de régulation du système bancaire s’attaquent à ces problèmes“.

Et de rappeler que “la Tunisie accuse un retard par rapport aux pays similaires dans la région, tels que le Maroc et l’Egypte dans l’adoption des normes internationale en matière de capitalisation des banques. Ces dernières continuent de déclarer les ratios de fonds propres en vertu de “Bâle I”, tandis que le régulateur suit un plan quinquennal pour appliquer “Bâle II et III“.

L’Agence estime qu'”une restructuration complète des banques du secteur public sera limitée jusqu’à ce que les problèmes de prêts puissent être considérablement réduits… Les banques publiques devraient être autorisées en 2018 à abandonner les réclamations sur les créances accrochées, à l’instar des banques privées… Les autorités doivent encore trouver une solution pour restructurer complètement les portefeuilles des dettes accrochées, qui représentaient environ 22% du total des prêts des banques publiques en décembre 2016, contre environ 10% pour les banques du secteur privé“.

Les banques publiques doivent se couper un bras

Selon Moody’s, “les créances improductives continueraient de baisser légèrement en 2018, principalement en raison de la croissance soutenue des prêts reflétant la reprise économique et en cas d’alignement des politiques d’abandon des créances entre les banques publiques et privées“.
Et de préciser que “cette amélioration sera concrétisera en partie, si les autorités cessent leur politique conciliante concernant les créances accrochées du tourisme“.

L’Agence de notation indique que “les autorités tunisiennes ont abandonné leurs projets de création d’une société de gestion de la dette douteuse. Pourtant, une telle mesure aurait eu un impact positif immédiat sur les risque liés à la gestion des actifs des banques, bien que cela puisse aussi s’avérer coûteux pour les finances publiques“.

Les banques tunisiennes dans la cour des petits

Les banques tunisiennes sont modérément rentables, relève Moody’s, avec un rendement estimé des actifs d’environ 1% et un retour sur les capitaux propres de 11% en 2017, globalement stable depuis 2014.

Les dépôts sont la principale source de financement des banques tunisiennes, représentant 66% du financement non participatif en Novembre 2017.

Les dépôts sont bien diversifiés dans le commerce de détail (53%), les entreprises (24%), l’institutionnel (10%) et les clients non résidents (13%). Les comptes courants contribuent à hauteur de 40% des dépôts, les comptes d’épargne à 30%, les dépôts à terme à 24% et les certificats de dépôt à 6%.
Nous prévoyons une croissance annuelle des dépôts d’environ 10% 2017 (+ 8,6% en 2016 et + 4,6% en 2015), en-dessous de la hausse de 15% des prêts sur la même période“.

Les prêts nets étaient égaux à 122% des dépôts au Novembre 2017 (99% en 2009), d’où une comparaison négative avec les pays similaires de la région MENA. Nous nous attendons à voir les prêts continuer à croître plus rapidement que les dépôts et les besoins de financement des banques rester élevés“, fait savoir l’Agence de notation.

Des difficultés de liquidité croissantes

Les banques nationales ont un accès limité aux marchés internationaux des capitaux et leur recours à la banque centrale a augmenté à cause de leurs besoins de financement croissants, une situation qui ne changera pas à court terme, relève Moody’s qui indique que “le déficit de liquidité du système bancaire a entraîné une hausse des taux du marché monétaire“.

Le recours au financement de la BCT s’est élevé à environ 7,6% du total financement en 2017 contre 5,7% en décembre 2016. Les besoins de financement des banques ont atteint le niveau historique de 11 milliards de dinars en janvier 2018, contre 7 milliards de dinars un an plus tôt, en partie tirés par les besoins en devises dans le contexte d’un déficit du compte courant en hausse et de l’émission des emprunts publics (12,5 milliards de dinars en janvier 2018, contre 11,6 milliards un an, auparavant.
Bien que la BCT ait plafonné son intervention dans le marché monétaire intérieur à 7 milliards de dinars, elle a augmenté d’autres formes d’intervention au moyen de swaps de devises à trois mois nouvellement créés et prêts au jour le jour aux banques.

“Nous prévoyons que le gouvernement soutiendra de grandes banques nationales, au besoin, jusqu’à ce qu’un mécanisme de résolution crédible soit mis en place. Cependant, des contraintes budgétaires croissantes pourraient l’amener à devenir plus sélectif dans son soutien aux petites banques“, affirme l”agence de rating.

Et de souligner que “la récente loi bancaire (…) fournit un certain nombre d’outils permettant à la banque centrale d’intervenir rapidement et de manière décisive lorsque les banques sont en difficulté“.

TAP

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Le monde arabe est dans une situation douloureuse et a besoin d’une complémentarité économique pour garantir le financement de son développement et attirer l’investissement, sauf que cette complémentarité demeure tributaire de la décision politique“, a indiqué Moez Labidi, professeur universitaire d’économie.

Aujourd’hui, de grands groupements économiques ont été créés dans le monde, en dépit des différences des orientations économiques, alors que le monde arabe ne reflète que la précarité économique, l’éparpillement et le non respect des règles de la gouvernance et de la transparence“, a précisé l’universitaire dans son intervention prononcée à la clôture du Congrès de la complémentarité économique arabe (28 février-1er mars 2018).

Et de poursuivre : “Les pays arabes ont besoin d’une complémentarité économique pour tracer des politiques de financement communes, car l’opération de développement est coûteuse et requiert des investissements et des financements lourds“.

Certes la langue arabe constitue un facteur commun qui unit les pays arabes, toutefois, les différences au niveau économique sont énormes, ce qui rend difficile la réalisation de la complémentarité économique. Ces écarts apparaissent aux niveaux des taux d’inflation et soldes budgétaires et commerciaux enregistrés dans ces pays, dans la mesure où il y a des pays qui souffrent d’un déficit, alors que d’autres bénéficient d’un excédent. Certains enregistrent une inflation qui dépasse les 10%, alors que d’autres ont un taux de moins de 5%…“, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le climat d’investissement dans les pays arabes n’est pas attractif, à cause d’une présence limitée des fonds de financement dans ces pays par rapport aux pays européens, d’une instabilité politique et des législations fiscales, d’une hausse des moyennes d’inflation ainsi que d’une non solidité du secteur financier et des fluctuations des cours de changes qui sont encore accompagnées par des glissements. Le décollage vers la complémentarité économique qui est une oeuvre progressive commence par le lancement de réformes pour lutter contre la corruption, la mise en place de la bonne gouvernance et l’application de la loi“, a relevé Labidi.

Je pense que le catalyseur de la complémentarité économique est le secteur financier qui doit être solide“. Cette solidité, a-t-il dit, favorisera la création de groupements bancaires ayant leur poids dans les pays arabes et encouragera par conséquent le commerce et l’investissement bilatéraux. Au niveau des affaires, l’universitaire a appelé à unifier les règles de communication financière et de gouvernance ainsi que les législations douanières et bancaires, ce qui est à même d’encourager les banques à s’installer dans la plupart des pays arabes.

S’agissant des marchés financiers, il a recommandé d’unifier les conditions d’introduction des valeurs mobilières sur une bourse arabe à créer, d’autoriser davantage l’appropriation d’actions sur l’ensemble des marchés arabes, de créer des indicateurs pour les actions des plus importantes sociétés de la région arabe ainsi qu’un indicateur boursier des pays arabes et l’élimination progressive des restrictions sur la mobilité des capitaux.

Labidi a proposé, au niveau macro économique, d’exiger des critères dans la fixation du rendement économique, par exemple en ce qui concerne l’endettement (70% du PIB), le déficit budgétaire (3% du PIB) et l’inflation, de fixer des cours des changes entre les pays arabes ou bien, dans une étape ultérieure, une devise unifiée et une Banque centrale arabe.

TAP

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Le nouveau gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane Abassi, tâte le terrain en convoquant, lundi 26 février 2018, les dirigeants des banques de la place, fait savoir la BCT dans son site officiel ce mardi. Ahmed El Karam, président de l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF), était de la partie.

Les responsables des banques ont évoqué les gros obstacles du secteur, surtout «le resserrement de la liquidité bancaire et les conditions de refinancement des banques. Ils ont également évoqué l’importance de la digitalisation des services financiers, du paiement par mobile et de la mise en œuvre de toute mesure de nature à diminuer l’utilisation du cash pour le règlement des transactions», indique le communiqué.

Abassi a rétorqué que l’institution planche en ce moment même sur ces dossiers et a argué “la nécessaire compréhension commune des questions importantes, et ce, afin de trouver des solutions conjointes appropriées dans les délais les plus courts».
Le nouveau gouverneur a annoncé qu’il a programmé des rencontres thématiques entre la BCT et l’APTBEF pour accorder les violons autour d’une feuille de route comportant des décisions et actions concrètes, à appliquer rapidement, de manière à solutionner les problèmes identifiés…

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Bassam Loukil, à la tête du Groupe éponyme et de TABC (Tunisia-Africa Business Council), commente en ces termes le niveau des réserves en devises, l’attitude des banques et la responsabilité de l’ancienne direction de la BCT dans les difficultés actuelles : “La situation des réserves en devises vient à nouveau confirmer la nécessité de mettre les bouchées doubles pour promouvoir les exportations. Cela étant dit, on constate qu’avec un dinar à son plus bas niveau historique, une croissance économique ne dépassant pas les 1,9%, un déficit budgétaire de la balance commerciale jamais atteint, un taux de chômage avoisinant les 17%, le constat des performances historiques réalisées par plusieurs banques est troublant.

Les bénéfices réalisés au titre de l’exercice 2017 ont connu une croissance exponentielle. Au moment où ces « Sur-performeurs » du marché voient leurs bénéfices s’envoler (multipliés par 3 et 4 en une année !!!), ces derniers refusent de financer les contrats à l’export, les PME, les start-ups, les nouveaux projets industriels, le développement régional et l’agriculture… Bref, la seule réinjection de cash envisagée est la remontée des dividendes aux actionnaires. Heureusement d’ailleurs qu’il y a quelques banques qui font l’exception.

En réalité, ces mêmes bénéfices proviennent du financement agressif de la dette publique ainsi que de l’absence de toute politique macroéconomique et de toute vision internationale de l’ancien Gouverneur de la Banque Centrale.

Conséquences ? Absence de liquidités sur le marché financier, augmentation des taux d’intérêts, une économie réelle laissée aux abois car jugée, par les banques, à risque.

Complètement asphyxiée par les banques, avec la complicité de l’ancienne direction de la Banque Centrale, l’économie se retrouve progressivement prise en otage et il est plus qu’Urgent d’agir”.

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En 2016, 13 missions de contrôle sur place ont été effectuées et se répartissent entre une mission générale, sept missions thématiques et cinq missions ponctuelles sur la base d’un programme annuel approuvé par le gouvernement de la BCT et des termes de références documentés. L’activité de supervision sur pièces et sur place a abouti à infliger des sanctions disciplinaires, dont des amendes totalisant 1,4 MD au titre des infractions relatives au non-respect des normes prudentielles. Ces amendes ont concerné 5 banques au titre du non-respect du ratio de liquidité et 2 autres banques au titre du non-respect des normes de concentration.

Les sanctions de la BCT ont aussi porté application d’astreintes pour un montant de 447,7 mille DT, suite au retard accusé dans la communication du Reporting à la BCT, et un avertissement adressé à un établissement financier au titre du non-respect des dispositions règlementaires en matière de Reporting.

Une amende de l’ordre de 1,4 MD a aussi été infligée à l’encontre d’une banque pour non-conformité au barème des conditions de banque communiqué à la BCT. Il s’agit en fait de la rémunération des dépôts à vue, à des taux supérieurs aux plafonds réglementaires. Toutes ces amendes et astreintes sont versées au Trésor tunisien.

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La complexité des procédures administratives, la loi de changes, l’absence d’information sur les marchés africains et de réseaux de transport et de logistique, telles sont les principales difficultés entravant le développement des échanges commerciaux entre les pays africains.
Afin d’éviter ces obstacles, les participants au forum sur “le financement de l’investissement et le commerce en Afrique”, FITA 2018, ont recommandé le renforcement des fonds de financement en Afrique, le développement des services de garantie et des assurances, la consolidation du partenariat entre les secteurs public et privé et la création d’un fonds de garantie au profit des entreprises présentes en Afrique.
Les investisseurs ont appelé à faciliter et renforcer les opérations de paiement courant, à solidifier les liens entre les pays, à travers l’installation des systèmes de transport et de logistique efficients, à revoir le rôle des banques et adopter des mécanismes adaptés à l’internationalisation des entreprises et du commerce en Afrique.

Les intervenants ont mis l’accent sur les potentialités du continent en matière d’investissement et de ressources à même de permettre l’économie de 2000 milliards de dollars, à condition de faciliter les mesures de commerce et d’investissement.
Ils ont affirmé que la Tunisie joue un rôle important dans la concrétisation des potentialités de croissance en Afrique ainsi que dans la préservation du visage humain du continent, à travers le respect des spécificités culturelles et sociales et des valeurs humaines universelles.
Les participants ont appelé les banques à mettre à la disposition des petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique des crédits de court terme, compte tenu de la disparité existant entre les risques réels et leur évaluation, ce qui permet aux banques de privilégier les crédits plus rentables au détriment des crédits à court terme et ne sert que les gros clients, selon le ministre du commerce, Omar Behi.
Selon des donnés présentées par la BAD, les banques financent le 1/3 du commerce en Afrique et seuls 20% de ces financements vont au commerce interafricain.
Les échanges commerciaux de la Tunisie avec l’Afrique subsaharienne ont atteint 646 millions de dinars.

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Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), réuni vendredi, a discuté “des orientations et choix qu’elle envisage d’adopter prochainement, pour permettre aux banques et aux institutions financières de recourir aux produits de la finance islamique, simultanément avec la finance conventionnelle, et ce, en vue de diversifier davantage l’offre de services bancaires et de renforcer les moyens de financement de l’économie“.
Le Conseil a décidé, également, de maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la BCT, et a, par la même occasion, délibéré sur l’émission obligataire que la Banque compte lancer sur le marché financier international, dans un avenir proche, à hauteur d’un milliard de dollars, dans le cadre de la mobilisation de ressources extérieures au profit du budget de l’Etat.
Selon un communiqué, publié par la BCT, le Conseil a passé en revue les évolutions récentes de la conjoncture économique nationale, à la lumière des rapports et des données de la Banque, relatifs aux principaux indicateurs de l’activité économique, des transactions sur les marchés monétaires et des changes, ainsi que la situation de la liquidité et l’activité du secteur bancaire.
A cet égard, le Conseil a examiné le niveau des avoirs en devises, compte tenu de la persistance des pressions sur les paiements extérieurs et ce malgré les prémices du redressement au début de l’année dans certains secteurs exportateurs, ce que requiert la poursuite des efforts afin de soutenir le secteur extérieur, notamment par l’appui aux exportations et la rationalisation des dépenses en devises.
Le Conseil a également arrêté les états financiers de la banque relatifs à l’exercice 2017, conformément aux dispositions de la Loi portant fixation du statut de la BCT.

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Le taux du marché monétaire -TMM – (taux d’intérêt auquel les banques empruntent et se prêtent de l’argent entre elles) est passé de 5,23% depuis septembre 2017, à 5,35% au 2 janvier 2018 et à 5,49% le 3 janvier 2018 pour se situer, deux jours plus tard (le 5 janvier) au niveau de 5,60%, soit le taux le plus élevé depuis 2011.
Selon les chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT), le TMM a enregistré une hausse de 1,31 point par rapport à la même période de l’année écoulée (4,29%).
Ce taux, qui reflète les conditions d’échange à court terme entre les banques, fluctue selon l’offre et la demande de liquidités par les établissements bancaires. Ainsi, s’il y a une forte demande de liquidités, ce taux baisse, et s’il y a un assèchement de liquidités, il augmente, mais, toujours, dans le cadre d’un intervalle bien précis, soit entre 4,75% et 5,50% pour le cas de la Tunisie, avec une moyenne de 5%.
Selon des experts économiques, ce taux sert de moyen d’intervention pour l’institut d’émission pour maîtriser certains indicateurs économiques, notamment l’inflation. C’est dans cette optique que la BCT a révisé, dernièrement, à la hausse le plafond du TMM, fixé depuis la révolution (2011), au niveau de 5,25%, à 5,50%.
En augmentant le TMM, on agit directement sur le volume de liquidités circulant au sein des banques, et par conséquence, diminue l’octroi des crédits, pour freiner la consommation, et partant l’inflation. Une mesure qui répond pleinement à l’une des directives avancées par le Fonds Monétaire International (FMI) à la Tunisie.
” Les pressions inflationnistes croissantes exigent une réponse forte… Ainsi la poursuite par la Banque centrale de Tunisie de la stratégie de resserrement de la politique monétaire, y compris en limitant le refinancement des banques, contribuera à ancrer les anticipations d’inflation et à soutenir le dinar sur le marché des changes “, a précisé le FMI dans le dernier communiqué, publié le 13 décembre 2017, suite à l’achèvement de la deuxième revue de l’accord conclu avec la Tunisie au titre du mécanisme élargi de crédit.

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