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Le président de l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et Etablissements Financiers (A.P.T.B.E.F), Ahmed El Karam, a proposé de signer un mémorandum d’entente entre les banques tunisiennes et italiennes, pour booster les activités commerciales et financières dans les deux pays.
Intervenant au “dialogue euro-méditerranéen sur les services financiers”, organisé vendredi à Tunis, il a estimé que ce mémorandum devrait être signé par le biais de l’APTBEF et la Fédération italienne des banques, des assurances et des finances. Il aura pour objectifs d’informer les banques dans les deux pays, de l’évolution des situations économiques réciproques et d’encadrer les hommes d’affaires tunisiens et italiens dans leurs opérations commerciales et d’investissement, en les orientant et assurant les financements nécessaires.

Cet accord pourrait permettre également aux hommes d’affaires italiens de prendre connaissance des projets qui se font en Tunisie, de régler les litiges entre chefs d’entreprises et de former les banquiers à travers l’organisation de stages dans des banques italiennes et vice versa. Il a encore suggéré de tenir une rencontre annuelle entre les banquiers tunisiens et italiens, pour faire le point de cette collaboration et développer des projets communs.
El Karam a indiqué que les échanges commerciaux entre les deux pays font ressortir un déficit commercial de 1,1 milliard de dinars, au détriment de la Tunisie, appelant à la nécessité d’identifier les moyens de développer les exportations tunisiennes vers l’Italie.
En outre, il y a beaucoup du travail à faire dans le domaine touristique, d’autant que la Tunisie a accusé, au cours de la période 2010-2016, une chute des entrées touristiques de 80% au niveau du marché italien. Le nombre des italiens ayant visité le pays a dégringolé de 350 mille touristes en 2010, à seulement 72 mille en 2016“, a-t-il précisé.
De même, les transferts effectués par les Tunisiens résidents en Italie, dont le nombre s’élève à 120 mille personnes, restent modestes et ne dépassent pas les 54 millions de dinars, d’où la nécessité de prévoir des mécanismes entre les deux pays pour inciter ces derniers à transférer les liquidités et à investir en Tunisie“.

De son côté, Paolo Garonna, président de la Fédération italienne de la banque, de l’assurance et de la finance, a appelé à travailler ensemble pour le développement de deux économies. L’objectif étant de créer des ponts vers l’Afrique et le reste du monde.
Evoquant les évolutions du système financier en Italie, il a relevé que son pays a dépassé la phase très difficile de la crise et connait actuellement une stabilité et un retour de la confiance des investisseurs grâce aux réformes structurelles entreprises, au soutien de l’Union Européenne et à l’ouverture sur le marché mondial.

Pour sa part, le secrétaire général de la BCT, Ahmed Tarchi, a souligné le besoin de la Tunisie de la contribution de ses partenaires pour l’aider dans cette phase transitoire difficile.

De son côté, l’ambassadeur d’Italie à Tunis, Raimondo De Cardona, a assuré que la Tunisie peut compter sur les banques italiennes, pour l’aider à se transformer en un hub bancaire et financier.

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Le Forum d’été du Club des Dirigeants de Banques et Etablissements de Crédit d’Afrique se tiendra pour la première fois à Maurice. Le Groupe MCB (MCBCapitalMarkets.mu), principale institution financière de Maurice et de l’Afrique de l’Est, est la cheville ouvrière derrière l’organisation de ce Forum qui aura lieu les 21 et 22 juillet, à l’hôtel Westin, à Balaclava.

Le Club des Dirigeants de Banques et Etablissements de Crédit d’Afrique regroupe les institutions bancaires et financières d’Afrique francophone. Le Forum d’été verra la participation de 20 dirigeants de 14 institutions financières basées dans dix pays : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cote d’Ivoire, Malawi, Mali, Maroc, Sénégal, Togo et Tunisie.

Cet événement sera l’occasion pour le Groupe MCB, qui est de plus en plus actif sur le continent Africain, de prospecter un marché moins connu que les pays anglophones mais qui a un fort potentiel. De leur côté, les membres du Club souhaitent établir des liens privilégiés avec leurs confrères de Maurice, d’autant plus que l’ouverture vers l’Afrique est un des principaux piliers de la nouvelle architecture de l’économie Mauricienne. De plus, Maurice se profile comme la nouvelle plaque tournante des capitaux internationaux à destination de l’Afrique.

Pour Pierre Guy Noël, Directeur Général du Groupe MCB, « cette invitation tombe à point. C’est un honneur pour nous d’avoir été approchés pour être l’organisateur de cette conférence, qui nous permettra de rencontrer l’ensemble des banques et institutions financières africaines francophones, que nous considérons comme des extensions logiques de notre marché ».

Le Club des Dirigeants de Banques et Etablissements de Crédit d’Afrique est une association sans but lucratif, créée en janvier 1989 à Lomé au Togo. Il a pour mission de « satisfaire les besoins d’information et de formation de ses membres, de susciter et faciliter la réflexion des banquiers africains sur les objectifs à atteindre et sur les moyens à mettre en œuvre ». Il réunit l’état-major des banques africaines: Présidents, Vice-Présidents, Directeurs Généraux, Directeurs Généraux Adjoints, etc.

Thierno Sy, Directeur Général de la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE) du Sénégal et un des dirigeants du Club, estime que le Forum sera l’occasion de faire plus ample connaissance avec Maurice, dont le succès économique est un exemple à suivre. Le Club des Dirigeants, dit-il, s’attend à ce que ses membres et le Groupe MCB puissent discuter et partager ensemble durant ces deux jours de conférence. Le territoire africain, dit-il, offre beaucoup de possibilités en matière de développement du secteur bancaire.

Thierno Sy : « Avec un taux de bancarisation encore faible et un accompagnement insuffisant des acteurs les plus dynamiques de nos économies (PME/PMI), les marges de développement sont énormes. En effet ce segment de clientèle qui représente plus de 80 % du tissu économique est sous accompagné, parce qu’il est jugé come contrepartie à risque malgré le potentiel qu’il offre. Par ailleurs les politiques de développement de nos états font ressortir des besoins de financement énormes pour couvrir les besoins d’investissements stratégiques. Il s’agira pour le secteur financier de trouver les axes d’intervention en partenariat avec les investisseurs, le secteur privé mais aussi avec les états ».

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Dans sa «Revue monétaire » du mois de juin 2017 consacrée au marché obligataire, le Cabinet tunisien AFC (Arab Financial Consultant) attirait l’attention contre la fuite d’argent du secteur réglementaire, sous l’effet de la campagne anticorruption, menée depuis mai par le gouvernement tunisien. AFC commence d’abord par rappeler que «le TMM (Taux du marché monétaire) a connu une hausse sensible durant ces trois derniers mois en raison de deux révisions successives du taux directeur de la BCT. En effet, à fin Avril 2017, le conseil d’administration de la BCT a décidé d’augmenter le taux directeur de 50 points de base à 4,75%. Une deuxième décision d’augmentation du taux, cette fois de 25 points de base, est intervenue à la fin du mois de mai 2017. Ainsi le taux directeur s’est fixé à 5% ». De fait, «la moyenne mensuelle du TMM des douze derniers mois s’est située à 4,385%, soit une hausse de 6 points de base par rapport au mois précèdent ».

Autre conséquence et non des moindres, surtout pour l’Institut d’émission, le «niveau du volume de refinancement des banques qui a atteint de nouveaux records, 06/07/2017 son montant est de 10,2 milliards de dinars». L’intermédiaire boursier filiale de la banque ATB, fait remarquer que «le volume des billets en circulation dépasse les onze milliards de dinars à 11 033 millions de dinars . Ce volume était de 10 510 millions de dinars le 16/6. Cela signifie qu’en 3 semaines 500 millions de dinars ont quitté les dépôts à vue pour se transformer en liquidité en circulation ». Un tel mouvement de retrait avait été observé quelques semaines après la révolution de 2011 et été quelque peu expliqué par la panique des investisseurs et des déposants. Et l’AFC, en connaisseur du marché financier d’attirer l’attention, d’abord du gouvernement et de l’Unité chargée à La Kasbah de la lutte contre la corruption pour qu’elle enquête, que «la coïncidence avec la campagne anti-corruption n’est sans doute pas fortuite».

 

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Une convention a été signée, jeudi 06 juillet 2017, entre le ministère des Finances et 13 banques locales, en vue de la mobilisation de ressources financières en devises pour le financement du budget de l’Etat 2017. Première du genre en Tunisie, cette opération permettra de faire profiter l’Etat d’un crédit regroupé à hauteur de 250 millions d’euros, soit l’équivalent de 695,8 millions de dinars (MD), lequel sera remboursé sur une période de 3 ans.
Certaines de ces banques ont opté pour un remboursement (en devises) par tranches annuelles avec un taux d’intérêt de 2%, alors que d’autres ont préféré un remboursement sous forme d’une tranche unique (en bloc) avec un taux de l’ordre de 2,25%.
A cette occasion, le ministre des Finances par intérim, Fadhel Abdelkefi, a exprimé sa satisfaction quant à l’engagement des banques tunisiennes à soutenir la finance publique de l’Etat.
Il a fait savoir qu’outre ce crédit regroupé, l’Etat fera recours également à la mobilisation de bons du trésor et aussi à l’endettement extérieur afin de boucler le financement du budget de l’Etat 2017, dont les besoins sont estimés à 8,5 milliards de dinars.
Abdelkefi a souligné, par ailleurs, que son département se penche déjà sur la conception du budget de l’Etat 2018 et sur les modalités de son financement.

De son côté, le directeur général de la gestion des réserves et des marchés à la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Béchir Trabelsi, a valorisé cette initiative, qui servira comme alternative au recours aux financements sur le marché international.
C’est une façon de diversifier les ressources de financement du budget de l’Etat, mais surtout cela nous permet d’épargner des fonds supplémentaires en devises, étant donné que le coût global de l’opération sur le marché local est très compétitif et avantageux pour la trésorerie publique, en comparaison avec les opérations similaires effectuées sur le marché international, dont le taux d’intérêt exigé dépasse 4%, voire 5%“, a-t-il ajouté.
Le directeur général a ainsi expliqué que l’action précitée et mobilisée moyennant un taux d’intérêt de l’ordre de 2% permettra d’épargner au moins 15,7 millions d’euros (43,7 MD) par an.

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Très actif en ce moment sur les thèmes tels que le déficit budgétaire, l’endettement extérieur, la croissance molle et le volume des deniers publics injectés dans les banques, l’expert en économie Ezzeddine Saidane a remis ça ce mercredi 5 juillet 2017, sur sa page Facebook. Il s’est encore exclamé à la vue des quantités de sous décaissés par la Banque centrale de Tunisie pour maintenir à flot le tissu bancaire.

Le 04 juillet 2017, le refinancement des banques a affiché le chiffre record de 9,995 milliards de dinars. Saidane a écrit ceci à ce propos : «la planche à billets se déchaine littéralement. Elle semble échapper désormais à tout contrôle. Même tonalité pour l’argent liquide en circulation : “la masse de billets et monnaies en circulation a, elle aussi, atteint un record absolu: 11,054 milliards de Dinars. L’économie parallèle, ou plus exactement l’économie hors la loi basée principalement sur du cash, est en train de dévorer l’économie organisée !!!».

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En vue de permettre le bon déroulement des transactions à l’occasion du congé de la fête de l’Aïd El Fitr, il est décidé que :

  • les Banques assurent au public, le samedi 24 juin 2017, de 9 heures à 12 heures, un service de caisse et de change manuel ;
  • la Banque Centrale de Tunisie assure, le même jour, de 9 heures à 12 heures, un service de paiement à son siège à Tunis et dans ses Succursales.

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L’Etat s’endette. Ce n’est plus un secret, cela devient même une nécessité. Il s’endette, tant de l’extérieur que de l’intérieur. Pour l’exercice 2017, le budget prévoyait de lever un peu plus de 6 Milliards DT sur les marchés financiers internationaux. Mais aussi d’en lever 2,4 Milliards DT sur le marché local. L’outil utilisé dans ce cas est le BTA, ou Bon de Trésor qui sont exclusivement achetés par les banques de la place. Un outil qui ne fait pas que le bonheur du ministère des Finances, mais aussi et surtout celui des banques.           En effet, on retrouve l’effet de ce papier dans les bilans des banques et certaines en font un des moyens les plus prisés de réaliser des bénéfices, presque «le doigt dans le nez».

  • La manne des BT de l’Etat, pour les banques

A bien y regarder en effet, le PNB (produit net bancaire) des banques tunisiennes est essentiellement constitué de taux d’intérêt, «à mon sens encore relativement bas, avec un coût de l’argent qui n’est pas en phase avec sa rareté», commente le gouverneur de la BCT lors d’une précédente interview. Dans cette même rubrique du PNB, il y a cependant l’apport de la manne des bons de trésor.

En effet, aujourd’hui lorsque l’Etat a besoin d’aller sur le marché domestique pour emprunter de l’argent ou pour combler une partie de son déficit commercial, il le fait par le biais des Bons de Trésor (BT). Les seules à les acheter sont les banques.

Il est cependant bon de remarquer qu’elles achètent à 7,5 % et même parfois à 8 % d’intérêt, un risque souverain et hautement garanti qui ne souffrirait presqu’aucune possibilité de non-paiement, celui de l’Etat. Ce qu’on sait moins, c’est qu’une fois acquis, les banques, qui ont par ailleurs ont un accès illimité au crédit de la BCT, présentent les BT comme collatéral ou garantie à la BCT, pour accéder au refinancement de la BCT. Elles empruntent alors au taux de 4 %.

Ce faisant, les banques échangent les BTA en liquide avec 4 points de différence en taux d’intérêt. Dans le langage des économistes, on appelle cela le «Carry Trade». Une manne maintes fois dénoncée par la BCT qui n’y fera pourtant rien, le besoin de l’Etat étant le plus fort.

  • Des dizaines de sanctions et des amendes en MDT contre les banques

Depuis la nouvelle loi bancaire, la BCT a repris en main les banques. Elle contrôle désormais, de manière stricte, tout et rien ne s’y passe en dehors de ses directives et sans son assentiment. La BCT a désormais un droit de regard sur la nomination des directeurs ou même des commissaires aux comptes. Tout y est passé au crible, comme les bilans et les rapports des commissaires aux comptes, sans compter les inspections régulières qui passent tout à la loupe et prennent des sanctions. «Nous prenons des dizaines de sanctions, facilement une quarantaine par an, mais on n’en parle pas». Des sanctions, par exemple, pour une liquidité qui est insuffisante, lorsqu’elles donnent des prêts en dehors des normes fixées par la BCT, si elles sont super-concentrées en matière de crédit, en cas de non-respect du ratio de solvabilité. «J’ai des Cerbères à la BCT et tout le temps nos inspecteurs sont sur le terrain, pour les inspections sur place et sur pièce. Les rapports d’inspection, j’en signe une dizaine par jour et il y a quelques fois de grosses amendes, en millions de dinars, qui leur sont imposées et qui restent conséquentes même par rapport à la taille d’une banque. Des amendes qui vont au Trésor».

Manifestement, la BCT règne et fait régner la loi dans les rangs du secteur bancaire. Les banques ne font pas ce qu’elles veulent et sont sanctionnées chaque fois qu’il le faut.

 

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S’endetter pour un logement, une bagnole, des meubles, de l’électroménager, etc., est monnaie courante en Tunisie. En fait, plus la situation économique se tend, plus le citoyen se fait cigale, au lieu d’être une fourmi. Et bien entendu les sous qu’il n’a pas, il va les cueillir tout bonnement dans les banques. Quand je dis cueillir, c’est un doux euphémisme : en fait il assiège littéralement son banquier pour obtenir les précieux billets, le sésame de la béatitude de consumériste. Les banques au passage se servent généreusement sur les revenus des clients, avec des taux d’intérêt qui expliquent qu’elles se portent si bien alors que l’économie va si mal…

Les crédits accordés par les banques aux familles tunisiennes ont doublé pour passer de 10,7 milliards de dinars en décembre 2010 à 20,8 milliards de dinars fin mars 2017, selon les derniers chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT).
Ces crédits sont destinés à hauteur de 85% (17,7 milliards de dinars) à l’acquisition d’un nouveau logement ou l’amélioration d’une habitation, alors que 12,8% des crédits (2,6 milliards de dinars) sont orientés vers la consommation. Les crédits destinés à l’achat de voitures sont évalués à 2,93 millions de dinars (MD).
Le directeur général de l’institut national de la consommation, Tarek Ben Jazia, a indiqué dans un entretien avec l’Agence TAP, que l’évolution moyenne annuelle de l’encours des crédits a atteint 15% depuis 2010, alors que les crédits destinés à la consommation ont progressé de 7% par an, au cours de cette période.

Ces chiffres montrent le développement exponentiel du phénomène de l’endettement familial en Tunisie , ils reflètent le souci du consommateur tunisien d’améliorer ses conditions de vie en achetant un logement ou en l’aménageant.
D’après Ben Jazia, “une part importante des crédits est désormais consacrée à la consommation quotidienne surtout ces dernières années“. Il explique cela par la fréquence des périodes de consommation et le changement de mode de consommation de tunisien qui devient plus consumériste et plus attaché aux loisirs.
Et de rappeler que la croissance a été portée depuis l’année 2011 par la consommation en Tunisie, en raison du blocage de l’investissement et de l’exportation.

Les voies de l’emprunt se multiplient!

Ben Jazia a évoqué la diversification des sources de l’emprunt familial à l’instar des caisses sociales et des fonds sociaux des entreprises. Le Tunisien achète par facilité dans les grandes surfaces, alors que dans régions intérieures notamment, il achète à crédit chez l’épicier. Il a même recours à ses proches et à ses amis pour emprunter de l’argent.
Afin d’améliorer la qualité des données relatives à l’endettement familial, Ben Jazia a proposé aux services spécialisés de la Banque Centrale de Tunisie de collecter les données liées à ce phénomène, au niveau de la centrale des risques de la banque, notamment celles relatives à la vente par facilité, aux crédits contractés auprès des fonds sociaux et aux facilités bancaires (entrée dans le rouge).

Selon les indicateurs présentés par le DG de l’Institut national de la Consommation, 800 mille familles tunisiennes, sur un total de 2,7 millions de familles (recensement général de la population et de l’habitat 2014), bénéficient d’un crédit bancaire.
Toujours selon lui, une étude réalisée par l’Institut en 2015 sur un échantillon représentatif de 1022 familles a démontré que 36% des familles tunisiennes comptent au moins un membre qui rembourse un crédit.
Il a aussi considéré que l’ampleur de l’endettement familial a négativement impacté le taux de l’épargne familiale, qui a régressé de 11,3% en 2010 à 8,8% en 2014.
Ben Jazia a par ailleurs fait savoir que l’Institut envisage la réalisation d’une étude sur l’endettement familial en Tunisie durant la deuxième moitié de l’année 2017, pour mieux appréhender la réalité de l’endettement dans ses aspects quantitatifs, analyser ses raisons sociales et économiques et proposer les mécanismes juridiques et procédurales à même de traiter ce phénomène.

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L’Allemagne, non contente d’être assise sur le plus gros excédent commercial de l’Europe, ce qui énerve beaucoup ses pairs, songe sérieusement à surfer sur le Brexit. Un collaborateur de la chancelière allemande Angela Merkel a confié à l’agence Reuters que Berlin pourrait faciliter les conditions de recrutement et de licenciement des banquiers pour inciter les institutions financières logées à Londres à atterrir à Francfort une fois que la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne sera consommée.

A souligner que Berlin lorgne les cadres supérieurs des banques internationales qui touchent plus de 250.000 euros. “Nous n’avons pas besoin de la protection de la législation allemande contre les licenciements de cadres supérieurs du secteur bancaire“, a déclaré Volker Bouffier, vice-président de l’Union chrétienne démocrate (CDU), le parti de Merkel. Il a ajouté : “Je vois une possibilité politique de changer cette loi d’ici le milieu de l’année prochaine ou à l’automne (2018), lorsque le nouveau gouvernement sera en place“.

J’ai discuté avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et elle y est favorable, tout comme le ministre des Finances“, Wolfgang Schäuble, a indiqué Bouffier, qui est également ministre-président du Land de Hesse, dont Francfort est la principale ville. Ceci explique peut-être cela…

Berlin rejoint donc la cohorte des villes européennes qui se livrent une guerre féroce – dont Dublin et Paris – pour attirer les grandes banques internationales qui envisagent de déserter Londres…

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Selon un communiqué rendu public par l’UGTT, une réunion relative à la signature d’un nouvel accord pour l’augmentation des salaires dans le secteur bancaire et financier est prévue ce vendredi 14 avril 2017 au siège de la présidence du gouvernement.

Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi, sera présent à cette réunion, a ajouté la même source.

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C’était, vendredi 10 mars, une communication financière, la 1ère du nouveau DG, plutôt inattendue de la STB, avec même des chiffres de ses états financiers 2016, qui n’étaient pas encore validés par les commissaires aux comptes et présentés, comme il est de coutume, lors d’une AG ordinaire.

Au menu, concocté par le chef Samir Saïed, la nouvelle stratégie en 4 points de «la mère de toutes les banques» tunisiennes (créée en 1957, la même année que la BNA) où la priorité sera donnée aux clients d’abord, aux actionnaires, aux collaborateurs et à l’économie ensuite. C’est ensuite, l’état des lieux de cette stratégie, née il faut le dire, de l’audit, dans une vision déclinée en 13 axes, 47 chantiers et plus de 200 initiatives pour une transformation qui devrait s’étaler sur 4 ans (2016-2020).

  • Des chiffres en hausse par l’an I de son redressement

Un menu aussi où le nouveau DG s’est fait plaisir à égrener les 9 premières réalisations des objectifs du business plan à l’horizon 2016, ponctués de chiffres, tous à la hausse. Les dépôts de la clientèle ont été de 5.443 MDT, les crédits de 5.558 MDT, un PNB de 310 MDT, un RBE de 164 MDT et un RN (Résultat net) de 70 MDT. Pour ce dernier, il devra être diminué de 30 MDT qui iront pour la restructuration sociale en départs à la retraite. Il n’en reste pas moins vrai, comme aimait à la dire Samir Saïed, que la banque en est déjà à des pourcentages de réalisation de ses objectifs oscillant entre 98 % et 110 % même, pendant la seule année 2016. Et ce sont déjà ces réalisations qui lui permettent de prévoir des dépôts 7.185 MDT (en hausse de 7,2 %) en 2020, des encours nets des crédits de 7.300 MDT (à la hausse de 7,1 %), un PNB de 575 MDT (à la hausse de 16,7 %), un RBE qui croîtrait de 17,7 % et un résultat net qui bondirait de 46,2 % à 185 MDT en 2020.

Il ne le dira pas et refusera tout commentaire avec un sourire éloquent, mais cette présentation, au moment où on parle de la privatisation des banques publiques et leur mauvaise santé, était sans aucun doute porteuse d’un message de début de rétablissement financier de la plus grande des banques publiques, et aussi de début de réalisation de son plan de redressement, avec déjà des résultats probants.

  • Un montage financier Win-Win pour les hôteliers non récalcitrants

Une assez importante partie de la communication financière de la STB a été consacrée au traitement des créances touristiques. Lourdes de 1.700 MDT sur ses livres comptables, représentant 600 entités, 20 % des créances accrochées de la banque et 25 % du total des engagements de la banque, ces créances ont toujours constitué un handicap pesant tant pour les finances de la banque que le financement d’un secteur hôtelier. Un secteur qui reste incapable de rembourser sa dette et de ce fait, incapable d’accéder au financement pour assurer sa pérennité et sa relance.

Cette dette constitue donc un défi majeur pour la nouvelle direction générale de la STB. Dès sa première sortie médiatique, Samir Saïed n’est pas venu les mains vides. Il propose, en effet, une sorte de plan Marshall pour l’hôtellerie et une fenêtre de sortie de crise hôteliers-banquiers.

«Le point de départ, c’est une démarche macroéconomique de redressement du secteur. Avec la fédération (FTH), nous travaillons à l’heure actuelle sur des solutions à présenter au gouvernement car, relancer le tourisme, c’est relancer toute l’économie tunisienne», commence par indiquer, optimiste, le DG de la STB. Et ce dernier de préciser ensuite que «l’étape suivante sera des business plans individuels, avec l’aide de bureaux d’études spécialisés et de consultants. Nous déterminerons alors la dette supportable par l’hôtel, la capacité de remboursement de chaque hôtel. Cette dette supportable sera divisée en 2 parties. Une petite partie sera classée dette-senior et la dette-junior qui viendra en second rang pour alléger le poids des remboursements pendant les 1ères deux années de la relance. La partie de dette non supportable sera ensuite transformée en obligations convertibles avec peu ou pas d’intérêts et qui pourrait même être abandonnés par la suite. L’option de conversion est cependant liée aux performances de l’entreprise. Si l’équipe de gestion concrétise les objectifs, c’est tant mieux et l’hôtelier ou propriétaire-gestionnaire pourra nous payer l’obligation convertible, même tardivement. Dans le cas contraire, celui où l’équipe de gestion ne pourra pas réaliser les objectifs fixés, la banque exerce son option de conversion et transformera la dette en prise de participation dans le capital. On deviendra alors actionnaires et on fera appel à une société de gestion extérieure qui sera chargée de la gestion de l’hôtel, dont le propriétaire restera membre du conseil d’administration. A la fin de la période de redressement, l’hôtelier pourra racheter les obligations ou nous vendrons l’hôtel car nous n’avons pas vocation à rester dans l’affaire à redresser, mais à accompagner ce redressement et à sortir à la première occasion». C’est, en gros, le montage que propose la STB aux hôteliers endettés pour les aider à redresser leurs unités et à retrouver leurs capacités de remboursement, sans pour autant perdre en performance financière.

  • Que répondra la FTH ?

Et lorsqu’on rappelle au DG de la STB que les hôteliers remettent en cause le volume de la dette et sa composition, entre principal et intérêts divers, Samir Saïed se rebiffe et indique que «il y a beaucoup d’intox dans cette question et on sait que certains hôteliers essaient de gagner du temps. Nous n’avons pas de différends avec la fédération, mais avec certains hôteliers qui refusent de rembourser. Nos dettes sont comptabilisées et il n’y a aucune taxe ou intérêt qui ne soient pas légaux et réglementaires». Et de revenir à sa proposition, en précisant que «le montage que nous proposons, qui représente une partie de la dette, tombera de fait pour les hôtels qui ne vont pas réussir leur plan de redressement. La seule différence, c’est qu’au lieu de l’abandonner aujourd’hui, sans être sûr que l’hôtel réussira à se remettre sur pieds, nous le ferons uniquement plus tard pour les hôtels qui ne redémarreront pas. Pour ceux qui réussiront, ils payeront l’obligation convertible dont on abandonnera les intérêts, ce qui permettra à la banque de récupérer au moins une partie de la dette et rembourser l’Etat pour les 700 MDT injectés à la STB».

Pour l’instant, ce plan de la STB pour désenclaver financièrement l’hôtellerie et remettre de l’ordre dans ses propres finances, aurait déjà trouvé bonnes grâces auprès de la FTH et du FMI et attendrait l’aval de la BCT. La banque aurait aussi enchaîné les réunions avec divers groupes hôteliers et entreprises endettées, qui auraient aussi applaudi à ce plan de sauvetage.

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Malgré un contexte économique morose, l’activité de collecte a fait preuve de résilience. L’encours des dépôts du secteur a enregistré une croissance de 8,6%, profitant d’un 4ème trimestre dynamique (une progression de 4% des dépôts). C’est ce qui ressort d’une analyse faite par l’intermédiaire en bourse Tunisie Valeurs et publiée ce jeudi sur son site Web.

Selon cette étude, les banques ont mis les bouchées doubles en matière de collecte. Toutes les catégories de dépôts ont affiché des évolutions respectables : 9,6% pour les dépôts à vue, +9% pour les dépôts d’épargne et +7% pour les dépôts à terme. Hormis Amen Bank, toutes les banques de la place ont enregistré une évolution positive de leur collecte. Après des années de course aux parts de marché, la banque change de priorités plaçant la maîtrise du coût des ressources au centre de sa nouvelle stratégie (un coût des ressources cible de 4,25% en 2019 contre 4,54% en 2015).

Concernant les dépôts, la BIAT conforte son statut de premier collecteur du pays. Le leader du secteur a réalisé une croissance salutaire de 12% de ses dépôts, franchissant la barre symbolique de 9 milliards de dinars. Grâce à une structure des ressources dominée par les dépôts à vue, la BIAT jouit du coût des ressources le plus faible du secteur (2,3% selon nos estimations contre une moyenne de 3,7% pour le secteur). Attijari Bank continue de surperformer le secteur. Forte du réseau d’agences le plus étendu en Tunisie (plus de 200 agences), la filiale du groupe Attijariwafa bank a réalisé une progression appréciable de sa collecte (+12%). Les efforts déployés pour mobiliser les dépôts à vue (+19,6%) soutiendront davantage la liquidité de la banque. Rappelons qu’Attijari a affiché en 2015 un ratio de liquidité cinq fois supérieur à la norme réglementaire (un niveau minimum de 60%).
La nouvelle politique commerciale continue à payer pour l’UBCI. La filiale du groupe BNP Paribas a pu maintenir sa part de marché au-delà de 4% et, ce malgré sa taille réduite et une concurrence de plus en plus acharnée sur la collecte.

Récoltant les fruits de sa relance commerciale, la BH enregistre une reprise de 12% au niveau de son encours des dépôts. Bon élève, le leader des crédits logement affiche un dépassement de 6% par rapport à ses projections initiales. Aujourd’hui classée 5ème dans le tableau de la collecte, la BH aspire à moyen terme à intégrer le « Top 3» du secteur.

Après une longue période de croissance modérée (+6% en moyenne sur les quatre dernières années), la BNA a affiché une accélération de la collecte. Les encours de dépôts de la banque étatique ont enregistré une hausse de 11.2% à 7 milliards de dinars dépassant, ainsi, ses objectifs (un encours prévisionnel de 6,7 milliards de dinars). Le programme d’expansion du réseau d’agences (25 ouvertures sur la période 2017 -2020) permettrait d’alimenter la collecte de la BNA sur les prochaines années.
S’agissant des crédits, malgré une croissance molle (progression du PIB de 1,3% en 2016), le secteur bancaire a enregistré une accélération des octrois de crédit. Profitant de la consolidation des dépôts, l’encours des engagements du secteur a cru de 9,4% à 52 milliards de dinars. Selon la dernière note de conjoncture publiée par la BCT (février 2017), cette reprise des crédits aurait été boostée par les financements ciblant les particuliers et les professionnels.

 L’atonie du climat des affaires et la levée des réserves obligatoires sur les crédits à la consommation, depuis 2015, semblent détourner les banques du financement de «l’investissement». La BH a connu une année active sur le front des crédits. Les engagements de la banque étatique ont affiché la meilleure progression du secteur (+17,3%), surperformant, ainsi, ses budgets (un dépassement de 8%). Avec un total engagements de 6,3 milliards de dinars, le leader des crédits logements gagne deux places dans le palmarès du secteur (3ème rang contre la 5ème place à la même période de l’année dernière).

La BT confirme sa réactivité commerciale entamée en 2014. Malgré une conjoncture difficile, l’encours des crédits de la banque a enregistré une hausse de 7%. Une prise de risque supplémentaire qui devrait être bien maîtrisée grâce à une culture de risque bien ancrée dans la maison (un taux de créances classées de 9%). L’année 2016 s’est inscrite sous le signe du rebond pour Attijari Bank. La filiale du groupe Attijariwafa Bank a vu le volume de ses engagements augmenter de 17%, dépassant le cap de 4 milliards de dinars. Beau parcours pour l’UIB qui a bouclé l’année 2016 sur un bond de son encours des crédits de 10,8%. Avec une bonne qualité de portefeuille (Taux des créances classées de 10% couvertes à hauteur de 80%) et des fonds propres respectables (Ratio de solvabilité de 11%), la filiale du groupe Société Générale dispose d’une bonne marge de manœuvre pour poursuivre sa politique expansionniste.

Pour le PNB, l’année 2016 a été un bon cru pour le secteur bancaire qui a vu son PNB croître de 13% à 3 milliards de dinars. Dans la continuité des dernières années, les banques ont focalisé leurs efforts sur les produits de placement et les commissions pour booster leur PNB. L’activité du crédit classique continue à perdre du terrain face aux activités de placement et aux services financiers. Le poids de la marge d’intérêt s’est contracté de 450 points de base au profit des autres sources de revenus. Le contexte difficile sur leur cœur de métier (pression sur le spread de crédit et hausse des risques d’impayés) a amené les banques à développer davantage l’activité SVT pour profiter des taux attractifs des Bons du Trésor et assurer le refinancement et à diversifier leur offre de services.
Rapport de Tunisie Valeurs

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L’éditeur «Targa Consult», vient de publier les performances des banques tunisiennes au 31 décembre 2016. Dans ce tableau, fort édifiant, l’éditeur met en relief le classement des plus importantes banques de la place de Tunis, en matière de PNB (Produit Net Bancaire), d’encours des dépôts ou l’argent déposé par les clients dans les caisses de la banque marocaine de droit tunisien et qui constitue (l’argent) le principal outil de l’établissement, dont l’objet est justement la vente de l’argent. Le tableau établit aussi le classement de chaque banque, en matière de crédit et qui constitue l’argent donné en crédit par la banque pour financer l’économie.

Il est important, d’abord, de constater que c’est la banque privée Biat (Banque Internationale Arabe de Tunisie) qui a enregistré le plus grand PNB de 2016, avec 590 MDT contre 531 MDT en 2015, et donc une évolution de 11 %. C’est aussi la Biat qui a pu engranger le plus important encours de dépôts avec 9,078 Milliards DT à fin 2016, en hausse de 12 % par rapport à 2015. C’est encore cette banque, la Biat, qui a signé le plus important encours de crédit, par l’injection de 7,679 Milliards DT dans l’économie tunisienne en 2016, avec une hausse de 17 % par rapport à 2015.

Juste derrière cette banque privée, celle des frères Mabrouk comme certains l’en accuseraient, c’est la BNA publique (Banque Nationale Agricole) qui se classe 2ème dans les trois ratios et cela, malgré les affres du plan de recapitalisation et de redressement, entamé par le nouveau DG, Habib Ben Haj Gouider. La BNA a ainsi terminé l’exercice 2016 par un PNB de 373 MDT, en hausse de 7 % par rapport aux 348 MDT de 2015, encaissé 6,232 Milliards DT de dépôts, mais donné plus de 7 Milliards DT en financements divers de l’économie. Suivent, dans ce ratio qui donne toute sa valeur à la nomination de banque nationale, la Banque de l’Habitat avec 5,3 Milliards DT, l’Amen Bank avec presque 6 Milliards DT et la STB avec plus de 5,3 Milliards DT d’encours de crédit ou de financement de l’économie tunisienne en 2016.

⦁    Le cas Attijari, 3ème en PNB et 6ème à financer l’économie tunisienne

Un cas attire l’attention dans ce classement. C’est celui d’Attijari Bank qui «se fâche» lorsqu’on dit qu’elle est marocaine en faisant noter qu’elle est de droit tunisien. Cette banque a en effet terminé l’exercice 2016 avec le 3ème meilleur PNB de la place, en hausse même de 15 % et où la 1ère marge sur commission de la place, devant Biat et BNA, des marges en hausse de 28,9 %. Elle est aussi 3ème en matière de dépôts, avec 4,871 Milliards DT engrangés. Des dépôts, certes comme le reste du secteur bancaire, non rémunérés mais objets à commission.

C’est pourtant à la 6ème place qu’on retrouve cette banque, loin derrière les principales banques nationale, lorsqu’il s’agit de financer l’économie tunisienne par les crédits. Son apport à l’économie tunisienne ne faiblit pas, mais reste presque minimal. Elle n’aurait injecté (Ndlr : Sauf autre erreur de Targa qui a effectivement inversé les chiffres de l’encours du crédit) que 4,48 Milliards DT en 2016 dans l’économie du pays où elle exerce. Une année auparavant, en 2015, ce n’était que 3,8 Milliards DT. Il y a certes une hausse de 17 %, mais cette grande banque, internationale et locale il faut le dire, reste quand même au 6ème rang des banques qui financent le plus l’économie tunisienne, avec un encours de crédit, loin, très loin de celui de la Biat (7,6 Milliards DT) ou même de la BNA (7,2 Milliards DT), de la BH (6,2 Milliards DT) ou de la STB (5,5 Milliards DT), toutes banques publiques qui subissent toujours les effets d’une sévère recapitalisation. Un classement donc, celui d’Attijari, qui ne traduit pas ses résultats réelles performances, tant en matière de PNB que de résultat net. Des résultats qui devraient la pousser à participer plus dans l’économie du pays dont elle tire ses ressources.

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L’Agence Française de Développement (AFD) et l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (UBCI), ont signé, mardi 14 février 2017, une ligne de crédit de 15 M€, indique un communiqué de la Banque.

La ligne de crédit SUNREF, le « label finance vert » de l’AFD, a vocation à soutenir l’UBCI dans ses activités de prêteur à moyen et long terme en faveur d’investissements portés par des entreprises tunisiennes en matière de maîtrise de l’énergie, d’efficacité énergétique, de valorisation des déchets et de réduction des pollutions atmosphériques, hydriques et solides.

Le programme SUNREF se donne ainsi pour ambition de soutenir la transition de l’économie tunisienne vers un modèle plus sobre en carbone et moins polluant. Les objectifs spécifiques du programme sont d’accompagner la démarche d’institutions financières et de partenaires tunisiens qui souhaitent financer des investissements de maîtrise de l’énergie et de réduction de la pollution, de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de renforcer la compétitivité du secteur industriel.

Pour Gilles Chausse, directeur de l’AFD Tunisie, ce prêt s’inscrit dans le cadre des engagements pris par le Groupe AFD lors de la conférence Tunisia 2020 de consacrer 200 M€ au soutien de la Tunisie et notamment des acteurs privés tunisiens. Il vient renforcer le partenariat de longue date entre l’UBCI et le Groupe AFD. Il participe au soutien financier de l’AFD à l’axe « Economie verte, pilier du développement durable », promu par le nouveau plan quinquennal tunisien.

Selon Pierre Bérégovoy, Directeur général UBCI, ce financement témoigne de la volonté de l’UBCI de renforcer son accompagnement des entreprises tunisiennes en faveur d’une économie verte et s’inscrit dans le cadre de son engagement fort en faveur du développement du tissu économique tunisien. M. Bérégovoy souligne également que ce type d’opérations s’inscrit dans le cadre d’une politique de partenariats solides entre l’UBCI et les organismes internationaux qui soutiennent le développement de l’économie tunisienne et affirme que d’autres partenariats en faveur des entreprises clientes de l’UBCI, seront annoncés courant les semaines à venir.

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L’expert en immobilier, Faouzi Ayadi a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il évoqué plusieurs sujets dont la situation actuelle du secteur, les prix et la tendance pour les années prochaines. Il a également passé en revue le programme du “premier logement”, l’initiative récemment annoncée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Interview:

Quel état des lieux dressez-vous du  secteur de l’immobilier en Tunisie?

C’est le statu quo. Il y a une stagnation au niveau des prix et des ventes. Pas de vente importante en termes de volume. La baisse des prix attendue par tout le monde n’a pas eu lieu, et si elle existait, elle est partielle et ne concerne que quelques zones.
Avez-vous des chiffres sur les ventes qui ont eu lieu?
A vrai dire, il n’y a pas beaucoup de ventes presque partout dans le pays. Bien qu’il n’y ait pas d’estimations scientifiques des ventes, on peut noter que les ventes du secteur durant l’année 2016 ont chuté de moitié par rapport à l’année 2015. Mais la différence entre les deux années, c’est qu’en 2016, le prix catalogue est devenu négociable et par rapport à l’année 2015, les prix n’ont pas changé sauf quelques ajustements dans certains endroits.
Une baisse des prix a été toutefois remarquée depuis la fin de l’année 2015 à Sfax. Cette baisse a été également constatée dans certaines régions de Sousse à Hergla et Mrezgua.
À quoi est due cette baisse alors ?
À Sfax, la baisse s’explique par le fait que l’offre est plus importante que la demande, et ce suite au grand nombre de promoteurs immobiliers actifs dans ce gouvernorat. Pour Hergla, c’est une zone touristique caractérisée par une demande importante de la part des expatriés tunisiens ou des étrangers.
Contrairement à ce gouvernorat, d’autres zones ont vu les prix se gonflerpar rapport à l’année 2015, notamment le Lac, Soukra et Choutrana.
Quelle sera la tendance des prix pour les deux prochaines années?
Cela dépend de la situation économique du pays. Si la situation économique s’améliore, les prix vont certainement baisser sinon la tendance du marché va vers l’économique et le social. Il est fort probable aussi de trouver des constructions écologiques, créneau qui doit avoir prochainement du poids sur le marché.
Actuellement, on peut parler de constructions économiques?
Oui, mais la demande est encore plus grande que l’offre. Mais cela n’empêche qu’il existe pas mal de projets économiques lancés par la SPROLS et la SNIT et les projets achevés se vendent en un temps record. Les promoteurs immobiliers sont appelés à lancer des projets qui correspondent au pouvoir d’achat du Tunisien qui ne dépasse pas généralement les 200 mille dinars.
Nombreux sont ceux qui reprochent aux promoteurs immobiliers de ne pas présenter des solutions pour les acheteurs potentiels. Et même le projet du “premier logement”, il servira, selon eux, l’intérêt du promoteur plus que le client, qu’est ce que vous en pensez?
On veut que tout le monde soit satisfait, le client et le promoteur. Le promoteur immobilier est un acteur économique et son opération doit être rentable et l’inverse pour le client. On est à la recherche de cette équilibre promoteur-client.
Et c’est vrai que ce projet va vers l’intérêt du promoteur?
Historiquement, cette initiative du “premier logement” est venue des promoteurs immobiliers, mais cela ne veut pas forcément dire qu’elle est contre le client. Cette action est certes pour le promoteur autant que pour le client. Moi personnellement,  je ne vois pas de contradiction même si je savais que cette initiative provient de la chambre syndicale des promoteurs, mais ce n’est pas un problème.
Il faut comprendre aussi que le promoteur immobilier construit  pour le client,  et sans lui il ne peut rien faire, et même les clients s’il n y a pas de promoteurs,  il ne trouve pas  où acheter. C’est un mariage positif. On ne doit pas anticiper les événements. il faut tout d’abord vivre l’expérience et laisser le jugement pour plus tard. Actuellement, il a près de mille logements disponibles pour les budgets de moins de 200 mille dinars. Ces logements sont concentrés dans la capitale, ou à 20 ou 25 kilomètres.
Quel rôle pour les banques?
Les banques sont toujours trop prudentes à l’exception de deux ou trois banques bien engagées dans le secteur immobilier. Aujourd’hui, pour avoir un crédit bancaire, ce n’est pas facile, il y a beaucoup de conditions à remplir et même le produit offert par la banque demeure encore classique. La marge qu’elle prend est très grande. Si tu prendra 100 mille dinars,  tu payera 150 mille dinars. C’est énorme. Et malgré le coût élevé exigé par les banques, elles demeurent réticentes. De plus,  l’assurance qui pourra jouer le rôle d’un bailleur de fonds n’est pas encore intégrée.
Y-a-il de solutions ou de propositions dans ce sens?
Dans le monde entier, on ne peut pas parler de solutions et d’alternatives dans une crise immobilière.

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Nous croyons savoir, de sources concordantes proches du dossier, que les dernières déclaration du chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, à propos des banques publiques, semblent avoir pris presque tout son monde par surprise.
Ce serait en effet ainsi le cas du ministère des Finances où le chef de cabinet de la ministre était pourtant en charge du dossier de la restructuration et de la recapitalisation des banques publiques.
Au matin de la publication de notre article, le chef de cabinet de la ministre Boujneh, téléphonait aux amis banquiers pour savoir ce qui se serait passé pour amener le chef du gouvernement à court-circuiter la propre tutelle des banques publiques par ses déclarations du samedi dernier. Seul le ministre du développement Fadhel Abdelkefi semblait être bien au courant des intentions de Chahed et les expliquait dès lundi sur les ondes d’une radio privée.

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La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient d’éditer un document où elle énumère les 100 nouvelles mesures qu’apportera la nouvelle loi bancaire, qui est entrée en vigueur depuis le début de janvier 2017.
Et on y apprend un certain nombre de choses, tant pour les banques elles-mêmes que pour le client dans ses relations avec son banquier.
La centaine de mesures, annoncées par la BCT, ne nous semble pourtant pas toutes bonnes. A certains égards, certaines d’entre elles ressemblent plus à un resserrement de la mainmise de l’institut d’émission sur les banques, publiques comme privées. Un coup de vis qui enlèverait presque tout pouvoir aux Assemblées Générales. Des AG dont les décisions, à moins d’être contraires aux lois du pays, sont censées faire la loi et être au-dessus de toute autre autorité. Des AG que certaines mesures de la BCT infantilisent pourtant.

Parmi les mesures, on trouve la «consécration du principe de non cumul entre la fonction de DG, de DGA ou de membre du directoire d’une banque ou d’un établissement financier avec ces mêmes fonctions dans une autre banque, dans un autre établissement financier, dans une entreprise d’assurance, dans une entreprise d’intermédiation en bourse, dans une société de gestion de portefeuille de valeurs mobilières ou dans une société d’investissement». Le délai maximal de conformité pour les banques est Janvier 2017.

⦁ Balayer, d’bord, devant sa porte.      

On retrouve aussi la «consécration du principe de non cumul de la fonction de membre du conseil d’administration ou du conseil de surveillance dans deux banques ou dans deux établissements financiers de même catégorie», avec le mois de Janvier 2017 comme délai maximal de conformité. Même délai pour l’«obligation pour le directeur général, le directeur général adjoint et les membres du directoire d’une banque ou d’un établissement financier de ne pas exercer parallèlement la fonction de dirigeant d’une entreprise économique».
Tout cela est bon, même si on ne sait pas si cela s’applique à la «mère de toutes les banques» : La BCT, dans le conseil d’administration de laquelle on retrouve au moins deux DG d’entreprises privées (Selma Bellagha, DG d’APP et Sadok Attia, patron d’Assray Bank en Libye). Une BCT encore actionnaire et administrateur de la TFBank (cas nous semble-t-il unique dans les annales) et dont les cadres sont encore administrateurs dans des compagnies d’assurances et autres sociétés (exemple de la Star…). Des exemples qui relèvent, à notre sens, du conflit d’intérêt et constituent potentiellement un engagement de responsabilité du régulateur dans la gestion des entités où il est représenté et qu’il est censé contrôlé.

⦁ A quoi sert l’AG ? On se le demande !

Mais là où cela devient de l’infantilisation des AG et des CA des banques, c’est lorsque la BCT décrète
une «obligation d’informer la BCT de toute désignation de dirigeants et de membres de conseils avec possibilité donnée à la BCT de s’opposer dans un délai d’un mois à toute désignation pourvu qu’elle motive sa décision». La BCT connaitrait-elle mieux les intérêts et la responsabilité des banques que ses propres actionnaires et dirigeants comptables de leurs décisions et de leurs résultats devant la seule assemblée souveraine ? Le processus de choix des administrateurs pour les banques publiques a démontré toutes les limites de ces approches directives. Ceux qui ont été choisis sur appel à candidature ne sont pas forcément les meilleurs ni les plus appropriés au contexte de crise que vivent ces entités. C’est le résultat dès qu’on enlève une prérogative essentielle de choix responsable aux organes de gestion de la société.

La BCT fait aussi «obligation pour les banques et les établissements financiers de recueillir l’avis de la BCT sur la désignation d’un ou des commissaire(s) aux comptes et ce, un mois en moins avant l’assemblée générale qui approuvera leur désignation. La BCT peut s’opposer à une telle nomination par une décision motivée avant l’expiration du délai d’un mois». La mesure ne dit pas si la BCT sera elle aussi au moins obligée de justifier son refus, pour les Commissaires aux comptes (CC), de telle ou telle personne et sur quels critères. Probité ? Professionnalisme ? Pourquoi le régulateur engage-t-il sa responsabilité dans une décision qui ne doit relever que de la responsabilité des actionnaires sur proposition du comité permanent d’audit ?
C’est à se demander, pour tous ceux qui sont des actionnaires, grands ou petits, s’ils servent à quelque chose et si les cadres de la BCT n’auront pas ainsi usurpé leur pouvoir. C’est en tout cas une vraie mainmise sur les structures de direction même des banques tunisiennes et sur les entreprises qui se chargeront de l’audit financier des banques. On se demande aussi s’il n’y a pas risque d’apparition de listes noires, tant en dirigeants qu’en commissaires aux comptes et s’il n’y a pas aussi risque de copinage ou de pression pour imposer ou interdire telle ou telle personne ? La BCT est une administration, humaine. Y a-t-elle pensé ? Ce faisant la BCT, malheureusement, prête le flanc à ce genre de questionnement.

–          Rationalisation des salaires des dirigeants… ça, c’est bon !

Il n’y a cependant rien à dire sur la «possibilité donnée à la BCT de charger une fois par an, un ou plusieurs commissaire(s) aux comptes pour effectuer, aux frais de la banque ou de l’établissement financier, toute mission supplémentaire rentrant dans le cadre des missions d’audit externe». Il est vrai que pour certaines, les CC n’avaient pas toujours bien fait leur travail. Mais il existe aussi des cas où c’est la BCT elle-même qui a refusé d’entendre les CC, lorsque certains d’entre eux ont contrarié certaines banques et même certaines structures de la BCT.

Bonne initiative à saluer aussi, à notre avis, que cette mesure prise par la BCT d’un «adossement de la politique de rémunération des dirigeants des banques et des établissements financiers aux indicateurs de solidité, de solvabilité et de rentabilité». Force est ici de faire noter que certaines rémunérations dans le secteur bancaire frisent l’indécence, soit par le haut ou par le bas et n’ont en tout cas aucun lien organique avec les performances de leurs banques.

–          Alléluia ! On s’occupe enfin du client, mais pas assez !

Là aussi où les dernières mesures de la BCT font du bien où elles passent, c’est lorsqu’elles s’occupent enfin de la protection du client, comme par la «consécration de l’obligation pour les banques d’offrir des services bancaires de base». Mais aussi, la «soumission, à une convention écrite entre la banque et son client, de la gestion des comptes de dépôt des personnes physiques et morales pour des besoins non professionnels comportant les conditions générales d’ouverture, de fonctionnement et de clôture du compte et les conditions particulières relatives aux produits, services et moyens de paiement auxquels le compte donne lieu ainsi que la liste et le montant des commissions applicables». La BCT fait aussi «obligation pour les banques et les établissements financiers d’informer préalablement la BCT de la commercialisation de tout produit ou service financier ou de l’institution de toute nouvelle commission».
Mais ce n’est pas, à notre sens, assez, tant est déséquilibrée la relation banquier/client. Les dépôts de ce dernier constituent en effet la grande partie des moyens financiers de la banque. Ces dépôts ne sont cependant en aucun cas rémunérés. Pourquoi, aussi, ne pas faire respecter l’affichage et l’information sur les conditions de banque ? Pourquoi ne pas obliger les banques à informer, périodiquement et par écrit, leurs clients sur les taux d’intérêt et toutes les commissions ponctionnées sur leurs comptes ? Pourquoi ne pas rationnaliser les taux d’intérêts, qui ne cessent d’augmenter alors que la BCT connait très bien les pratiques des banques en matière de répercussion de l’escalade de ces taux en temps de course effrénée à l’achat de l’argent ?

–          Là où ça ne sert à presque rien !

Dans les 100 mesures de la BCT, qui ne nous semblent pas toutes bonnes, on retrouve aussi cette «extension du périmètre d’intervention des banques d’affaires en leur permettant d’accorder, sur leurs fonds propres, des financements spécifiques aux entreprises pour en faire une véritable courroie de transmission entre le marché bancaire et le marché financier».
Elles sont essentiellement deux les banques d’affaires en Tunisie, la BAT (Banque d’affaires de Tunisie) que dirige Habib Karaouli, et qui s’impose comme le leader par excellence du secteur, et l’IMBank (International Maghreb Merchant Bank), que dirige Ahmed Besbes et qui a été un moment mise à la vente sans résultat. C’est dire la difficulté de l’exercice et le peu de candidats à cette activité.
Désormais donc ces institutions financières, jusque-là cantonnées dans les études et l’assistance, pourront donner des crédits, non au large public, mais pour les entreprises. La condition de cet octroi, telle que rapporté dans le document de la BCT, est d’être sur les fonds propres de la banque. Or, ces institutions financières étant généralement d’un capital qui ne dépasse pas les 3 MDT, contre un minimum de 50 MDT pour le reste des banques (était-il d’ailleurs nécessaire de fixer un plancher et laisser l’appréciation à la commission d’attribution de fixer les fonds propres requis en fonction du business plan présenté ?), on ne sait pas s’il leur sera possible de le faire, même si le capital minimal a été porté à 10 MDT.
Et quand bien même pourraient-elles trouver des ressources sur le marché, le coût de ces financements ne devrait pas être attractif par rapport aux autres banques. Des banques dont certaines ont déjà intégré le pôle banque d’affaires et cassent les prix, dans un marché volatile, asymétrique et non normé, où les banques d’affaires sont concurrencées, non seulement par les banques universelles qui en sont parfois actionnaires (exemple de la BAT qui a dans son tour de table Quatre banques de la place), mais aussi par les experts comptables, les bureaux d’études et autres intermédiaires boursiers. Une nouveauté donc, celle de la BCT, qui n’apporte rien… ou presque !

L’autre nouveauté, c’est la «possibilité donnée aux banques et aux établissements financiers conventionnels de s’adonner aux opérations bancaires islamiques sur la base d’une autorisation préalable de la Banque Centrale de Tunisie (BCT)». Il était prévu que cela se fasse sous forme de banques spécialisées, cela ne sera pas possible, sauf sous la forme de guichets, au sein des banques universelles, spécialisées dans la finance islamique. Cela obligera au moins ces banques à tenir deux comptabilités distinctes et ça ne se fera pas sans frais.
En conclusion, il est bon de rappeler que la BCT est l’autorité de régulation et au passage une autorité de contrôle et qu’elle gère un secteur où la liberté est le principe et l’autorité l’exception. Or, ce qu’on retient des mesures citées en exemples, c’est plus ce penchant malsain à traiter les banques en filiales de la BCT et non comme des entreprises commerciales capables de s’autogérer et de prendre de bonnes décisions. Ce penchant aussi d’infantiliser les actionnaires et les AG de ces entreprises. La règle ne devrait-elle pas toujours être « Confiance a priori, contrôle a posteriori » ? On n’a pas inventé mieux.

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Il y a quelques jours, la BCT (Banque Centrale de Tunisie), a rendu publique une étude sur l’évolution des Billets et Monnaies en Circulation en Tunisie, y donnant des informations qui font état de retrait d’argent dans les établissements financiers. La BCT ne le dit pas dans ce document, mais l’indicateur est plutôt signe de perte de confiance du citoyen dans le système financier en Tunisie.

Précisons à ce stade que les BMC (billets et monnaies en circulation) représentent tout l’argent, en billets ou en monnaie, détenus par les ménages pour assurer leurs dépenses courantes mais aussi pour des motifs de précaution.

Selon la BCT, au cours du mois d’août 2016, les billets et monnaies en circulation (BMC) ont franchi le seuil de 10 Milliards DT, passant  de 9,190 Milliards DT à 10,092 Milliards DT entre fin mai et fin août, période qui couvre la saison estivale, le mois de ramadan et l’Aïd el Fitr (mois de juin et juillet). La circulation fiduciaire a poursuivi son accroissement jusqu’à la fête de l’Aïd El Idha pour se situer à 10,392 Milliards DT, le 9 septembre 2016, soit son niveau le plus élevé enregistré jusqu’à maintenant.

  • Les explications de la BCT

Une analyse approfondie de l’évolution des BMC, en termes de moyennes annuelles pour la période 2000-2016, montre qu’elle peut être décomposée en trois phases :

– La première période (2000-2005), au cours de laquelle les BMC ont enregistré une variation moyenne annuelle de 229 MDT, soit un taux d’accroissement moyen de 9,5%.

– La deuxième période (2006-2010), pendant laquelle la moyenne des variations annuelles de la circulation fiduciaire a progressé par rapport à la période précédente de presque 200 MDT pour atteindre 442 MDT, soit un taux d’accroissement moyen de 10,9%.

– Et la troisième période (2011-2016), au cours de laquelle la moyenne des variations des BMC a continué son accroissement annuel moyen de l’ordre de 200 MDT pour s’établir à 645 MDT, soit un taux d’accroissement moyen de 9,6%.

Toutefois, il convient de noter que le comportement des BMC a connu deux variations exceptionnelles. La première en 2011 lorsque les BMC en moyenne ont enregistré une croissance très importante de 1.231 MDT, soit une hausse de 22,4% par rapport à 2010, suite aux retombées de la révolution et l’environnement d’instabilité et d’incertitude qui ont caractérisé la période post-révolution, et la seconde, en 2013, marquée par une baisse de 253 MDT, reflétant une diminution de 3,4% par rapport à 2012, suite à la décision de la BCT de changer certaines coupures de billets de banque.

  • Le Tunisien adore le Cash

Pour mieux analyser l’évolution de la circulation fiduciaire et le comportement des agents économiques vis-à-vis du cash en Tunisie, ce ratio a sensiblement évolué, passant d’une moyenne de 8,8% ou 8,2% sur la période 2005-2010 à 10,4% ou 10,1% après 2011, alors qu’il était de 8% ou 7,7% pendant la période 2000-2004. Cela signifie que la circulation fiduciaire est en train d’augmenter plus vite que le PIB nominal, reflétant probablement un changement du comportement des agents économiques et traduisant une préférence nette pour l’utilisation du cash.

En effet, l’utilisation du cash comme moyen de paiement privilégié pourrait être la résultante, d’un côté, de l’expansion du secteur informel et de l’évasion fiscale, et d’un autre côté, du retard accusé dans le développement des moyens de paiement modernes vu la réticence croissante des commerçants pour l’acceptation de chèques et le nombre encore insuffisant des TPE installés.

Une frange importante de commerçants (mises à part les grandes surfaces) rechigne à adopter la carte bancaire, qui est pourtant un moyen de paiement rapide et sécurisé, en raison notamment des commissions élevées, obligeant les agents économiques dans la plupart des situations à payer en espèce.

Ce constat est confirmé par les statistiques concernant la monétique où le taux de croissance annuel des commerçants affiliés a diminué, passant de 8,3% en 2010 à -2,4% en 2015 et celui du nombre global des transactions qui est passé de 19,4% en 2010 à 6,1% en 2015. De même, le nombre de TPE installés est passé de 11.968 en 2010 à 13.148 en mars 2016, soit un taux d’accroissement ne dépassant pas 10%. Le volume global des transactions en monnaie électronique demeure faible par rapport aux autres moyens de paiement, soit 7.191MDT contre 73.668 MDT pour les chèques et 18.874 MDT pour les effets en 2015.

  • La Poste est l’endroit où on retire le plus de cash.

L’analyse de la décomposition des BMC en Tunisie montre l’interférence de plusieurs phénomènes. D’une part, la répartition par opérateur des mouvements d’entrée et de sortie des billets permet de conclure que l’Office National des Postes (ONP) est celui qui contribue le plus à la hausse des BMC. D’autre part, l’étude des mouvements par succursale, permet une classification de ces dernières entre celles enregistrant traditionnellement des sorties nettes de billets et celles enregistrant des entrées nettes. Des caractéristiques économiques et sociales des différentes régions sont derrière ces phénomènes. De plus, ce constat  a permis de déduire que les BMC retirés de l’ONP en faveur d’une population non bancarisée (principalement des retraités et des ouvriers de chantiers), reviennent en grande partie au système bancaire et au Trésor.

En outre, l’analyse par succursale montre que l’activité économique prédominante détermine la nature des mouvements pour chaque région. Par exemple, une région qui dépend principalement de l’agriculture telle que la région du Nord-ouest (succursale de Jendouba), ou du commerce informel (principalement la succursale de Gafsa) est une région où on a le plus recours au cash pour les transactions commerciales. A l’inverse, dans les régions où les secteurs de l’industrie et/ou des services sont les plus développés, on enregistre des retours de billets plus importants à travers le système bancaire (exemple : les succursales de Sfax et Nabeul).

Un autre facteur commun pour les zones de sorties nettes de billets est l’importance du nombre de bureaux de poste par rapport à celui des agences bancaires (tableau 2) et l’existence d’une frange importante de la population non familiarisée avec les services et produits bancaires. Ce constat est d’ailleurs illustré à travers l’étude détaillée des mouvements des BMC par succursale.

  • L’effet Aïd n’est plus la seule explication !

Comme attendu et à l’instar des années passées, les BMC ont atteint leur niveau le plus élevé au cours de la période qui précède Aïd El Idha. Ainsi, leur niveau, qui a pratiquement doublé au cours des cinq dernières années passant de 5.790 MDT en 2010 à un encours maximum de 10.392 MDT le 9 septembre 2016, ne pourrait baisser significativement en l’absence d’une solution radicale à l’expansion de l’économie informelle et sans le développement adéquat des moyens de paiements modernes.

Au 7 janvier 2017, les BMC étaient de 10,176 Milliards DT selon les chiffres de la BCT, ce qui indique que le niveau des billets et monnaies détenues par les Tunisiens n’a pas baissé depuis cette note de la BCT en date du 7 octobre dernier, et que l’explication des fêtes de l’Aïd n’est peut-être plus suffisante. La hausse des BMC n’est donc plus conjoncturelle, mais systémique

En septembre 2013, lorsque les BMC sont passés de 5,8 milliards en 2010 à plus de 7,6 milliards dinars, entraînant un retrait supplémentaire d’environ 1,8 milliards de dinars des caisses des banques, la BCT avait expliqué cette évolution comme étant «en partie naturelle, dans le sens où elle suit une augmentation des revenus des ménages. Toutefois, elle a été amplifiée par l’incertitude et l’inquiétude qui ont accompagné la transition ». Et l’institut d’émission de rappeler que «l’augmentation des BMC a eu un impact direct négatif non seulement sur la liquidité bancaire mais également sur la capacité des banques à financer l’économie et sur la sécurité des systèmes de paiement, amenant la Banque centrale à intervenir, en injectant la liquidité dans le système bancaire».

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Tarek Ben Jazia, directeur général de l’institut national de la consommation (INC), a déclaré, ce vendredi 30 décembre, que la somme des dettes qu’ont contractées les Tunisiens auprès des banques s’élève à 19500 millions de dinars (MD), dont une grande partie dédiée à l’achat d’un habitat ou à son amélioration. Le chiffre a fait un net bond en avant puisqu’en 2015 on avait enregistré 18500 MD, 17400 MD en 2014 et 16000 MD en 2013, d’après les données de la Banque Centrale de Tunisie.

Lors de son intervention sur Express FM, il a affirmé que la moyenne des montants gaspillés par les ménages – les ordures ménagères – s’élève à 68 dinars par famille, ce qui constitue 10% de la moyenne des salaires en Tunisie. Ce chiffre connait une nette augmentation pendant le mois de Ramadan.

Et d’ajouter que le consommateur tunisien a donné plus d’importance à la rentrée scolaire qu’à l’Aid Al Idh’ha et qu’il y a de plus en plus de familles qui s’abstiennent d’acheter un mouton.

Il a estimé que le taux d’inflation actuel, qui est de 4%, est un taux acceptable, surtout que l’augmentation attendue dans les salaires va aider le consommateur à renforcer son pouvoir d’achat.

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Le rapport annuel sur la supervision bancaire 2015, élaboré par la Banque centrale de Tunisie (BCT), donne la mesure de la participation de l’Etat dans le capital des banques locales (23 au total). D’après le document, le capital global des banques résidentes s’établit à 3,117 milliards de dinars à fin 2015 ; les actionnaires privés tunisiens en détiennent 28,7%, les actionnaires étrangers 32,4% et l’Etat tunisien 38,9%.

En comparaison avec 2014, les deniers injectés par l’Etat dans les banques ont augmenté sensiblement, de 14,5 points de pourcentage, notamment du fait de la recapitalisation de la STB, un des principaux axes du plan de restructuration.

La répartition des actionnaires du secteur bancaire tunisien est la suivante :

– l’Etat tunisien a des parts dans 7 banques

– Des établissements bancaires sont présents dans 10 banques

– Des groupes d’affaires industriels et commerciaux dans 2 banques

– L’actionnariat de référence de 3 autres banques est scindé entre l’Etat tunisien et certains pays arabes.

Par ailleurs pour ce qui est des banques non résidentes (7 au total), elles affichent un capital de 314 millions de dinars à fin 2015. A noter que la structure de l’actionnariat des banques non résidentes n’a pas connu de changement. Comme on pouvait s’y attendre, ce les actionnaires étrangers qui se taillent la part du lion, avec 80,7% du capital de ces banques ; l’Etat tunisien n’est pas complètement absent, puisqu’il a des actions dans une de ces banques.

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