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Les indicateurs monétaires et financiers journaliers de la Banque centrale de Tunisie (BCT) font état, entre autres, d’un niveau record de refinancement des banques du pays, par la BCT. A la date du 10 novembre 2017, c’est le montant astronomique de 10,585 Milliards de dinars qui a été injecté dans les banques. L’explication est simple : Avec l’envolée des importations, sur lesquelles d’ailleurs le gouvernement a décidé de mettre le holà, les banques se sont ruées vers la BCT pour s’approvisionner en devises afin de répondre aux besoins des opérateurs économiques pour les transactions à l’extérieur.

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L’expert-comptable, Walid Ben Salah a indiqué, dans une interview accordée à Africanmanager, que la privatisation est une solution parmi d’autres qui permettra de drainer des fonds supplémentaires au profit de la trésorerie publique et de redresser la situation de certaines entreprises : “Malheureusement pour le PLF 2018, rien n ‘a été prévu comme recettes provenant de la privatisation”, a-t-il soutenu, faisant savoir toutefois que la privatisation doit être faite d’une manière bien étudiée et réfléchie.” L’État ne doit pas détenir un monopole dans des secteurs où le secteur privé pourra faire mieux comme celui de la RNTA”, a-t-il dit.

“On n’a pas soutenu l’idée se désengager des secteurs stratégiques comme la Steg, l’Étap et la SONEDE. Mais l’État détient plusieurs autres participations dans plusieurs entreprises qui ne lui permettront ni de prendre des décisions ni d’avoir des recettes supplémentaires”, a expliqué Ben Salah avant d’ajouter que pour les entreprises où l’État est majoritaire ou détient le monopole à 100%, il est aussi appelé à étudier certaines participations notamment celles dans les secteurs non stratégiques.

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Lors d’une rencontre qui se tient actuellement à l’académie parlementaire, sur le projet de la loi de finances (PLF) 2018, l’ancien ministre des Finances Hakim Hammouda a appelé le gouvernement à vendre les participations non stratégiques de l’État dans certaines banques afin de renflouer les caisses de l’État avec des ressources supplémentaires.

Il a par ailleurs indiqué que la situation économique et financière est difficile et inconfortable et ce, malgré une légère reprise amorcée par certains secteurs dernièrement.

Hammouda a évoqué trois grands défis, à savoir les finances publiques, la relance de l’investissement et l’accélération des réformes économiques comme le seul moyen pour réaliser de la croissance et créer de la richesse.

Sur le PLF 2018 et la grosse polémique qui en découle, Hammouda a critiqué l’absence de vision économique claire dans laquelle s’inscrit cette loi, appelant à ouvrir le débat sur plusieurs questions dont principalement le nombre important des taxes et impositions instaurées par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution et dont le nombre s’élève aujourd’hui à près de 500 articles, selon ses déclarations. “Il faut revoir toutes ces législations…“, a-t-il dit.

L’ancien ministre a en outre appelé à donner un rôle beaucoup plus important et plus intégré au travail de contrôle et de recouvrement auprès des entreprises qui échappent à l’impôt.

La relance de l’investissement“, a-t-il dit, est aussi primordiale pour assurer le développement économique et social et lutter contre la pauvreté, faisant toutefois remarquer que la croissance doit être basée sur l’investissement réel et l’exportation et non plus sur la consommation.

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L’examen de la situation de la liquidité bancaire jusqu’au mois d’août 2017 fait apparaître une poursuite de l’accentuation des besoins des banques en liquidité. Cette situation est la résultante de la conjonction de plusieurs effets restrictifs dont, notamment, la hausse de l’encours des billets et monnaies en circulation (BMC) suite aux retraits importants occasionnés par les dépenses des ménages au cours de la saison estivale et les préparatifs pour l’Aïd El Idha, à laquelle s’ajoute l’effet des achats nets de devises sur le marché des changes, quoiqu’à un rythme inférieur à celui enregistré un mois auparavant (564 MDT contre 700 MDT en juillet 2017). C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Par conséquent, les opérations de politique monétaire se sont inscrites en hausse pour atteindre 9.766 MDT en moyenne, en août 2017 contre 9.584 MDT en juillet.

La BCT a, à cet  égard, signalé que dans le but de rationaliser le recours au refinancement et d’exhorter les banques à mieux gérer leurs ressources, la Banque centrale a procédé, depuis le mois de juillet 2017, à un resserrement quantitatif, à travers un plafonnement du montant de l’appel d’offres à 7.000 MDT. Cette approche a engendré un recours intensif à la facilité de prêt à 24H (1.263 MDT en moyenne) et une orientation du taux du marché monétaire (TMM) vers le plafond du corridor.

Ainsi, et en dépit d’un taux directeur maintenu inchangé (à 5% depuis fin mai 2017), le TMM est passé de 4,94% en juin 2017 à 5,15% en juillet puis à 5,19% en août 2017.

Les relations houleuses entre le Maroc et l’Algérie, dont les frontières sont bouclées depuis 1994, rappelons-le, viennent de connaitre un nouveau pic. En effet Rabat a fait savoir ce samedi 21 octobre 2017 qu’il va rappeler son ambassadeur en poste à Alger, officiellement pour consultation, rapporte l’AFP. Dans les faits, les autorités marocaines ont très peu apprécié les propos fracassants du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, qui n’a pas hésité à accuser des entreprises marocaines de “blanchir l’argent du haschich” en Afrique.

Le ministère des Affaires étrangères (MAE) marocain a pondu un communiqué hier vendredi où il qualifie de “gravissimes” les allégations de Messahel.
Ce dernier a fait cette sortie la vieille, lors de l’université d’été du Forum des chefs d’entreprise. Pour le chef de la diplomatie algérienne, le gonflement des investissements marocains en Afrique ces dernières années serait la résultante d’une vaste opération de blanchiment d’argent. “Les banques marocaines, c’est le blanchiment de l’argent du haschisch, ça tout le monde le sait. C’est des chefs d’Etats africains qui me le disent“, a asséné Messahel, des morceaux de son discours qui d’ailleurs enflamment la toile ce samedi.
Si c’est ça les banques, je ne sais pas, personne ne nous impressionne. La Royal Air Maroc (la compagnie publique marocaine, ndlr) transporte autre chose que des passagers, et cela tout le monde le sait. On n’est pas le Maroc, On est l’Algérie. On a un potentiel, on a de l’avenir. Nous sommes un pays stable“, a-t-il ajouté, histoire de bien enfoncer le clou.

La réplique de la diplomatie marocaine : ces “propos affabulatoires” sont “d’un niveau d’irresponsabilité sans précédent dans l’histoire des relations bilatérales” et “témoignent d’une ignorance aussi profonde qu’inexcusable des normes élémentaires du fonctionnement du système bancaire et de l’aviation civile“.
Ces déclarations sans fondement ne sauraient porter atteinte à la crédibilité ni au succès de la coopération (…) avec les pays africains“, a ajouté le MAE marocain, avant de tirer sur Alger : “Ces allégations mensongères ne peuvent justifier les échecs ou cacher les véritables problèmes économiques, politiques et sociaux de ce pays“…

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Le Projet de loi de finances pour l’année 2018 prévoit l’instauration d’une taxe conjoncturelle sur les activités financières, qui permettrait de mobiliser au profit du budget de l’Etat 71 millions de dinars (MD) en 2018 et 35,5 MD en 2019.
D’après le document présenté lors du Conseil des Ministres, tenu le 12 octobre 2017, cette taxe concerne les banques et les institutions financières, à l’exception des établissements de paiement et les compagnies d’assurance et de réassurance.
Cette contribution a été fixée à 5% des bénéfices servant de base pour le calcul de l’impôt sur les sociétés dont le délai de déclaration intervient au cours de l’année 2018 avec un minimum de 5000 dinars, et à 2,5% des bénéfices servant de base pour le calcul de l’impôt sur les sociétés dont le délai de déclaration intervient au cours de l’année 2019 avec un minimum de 2500 dinars.
La loi de finances 2017 avait institué une contribution conjoncturelle exceptionnelle de 7,5% sur les bénéfices des sociétés au profit du budget de l’Etat. Cette imposition, qui prévoyait la mobilisation de 950MD, a permis de générer seulement 730 MD.

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Plusieurs banques ont participé au rendez-vous annuel des métiers de la banque et de la finance, le Salon Expo Finances, qui a ouvert ses portes depuis le 4 octobre au Centre des Expositions La Charguia, à Tunis.

Cet événement a été organisé par l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers.

Dans le cadre de sa participation à cette septième édition, la Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT) a exposé la gamme de ses multiples produits et services, notamment au profit des visiteurs du salon.

La BIAT a, dans ce contexte, présenté ses diverses offres à travers des démonstrations menées sur place par l’équipe de la banque (l’obtention des crédits, les différentes utilisations de cartes monétiques…).

Quant à l’Union bancaire pour le commerce et l’industrie (UBCI), elle a confirmé en premier lieu son adhésion au programme national «Crédit 1er logement» qui concerne le financement du logement à caractère social destiné à la classe moyenne.

L’UBCI a également profité de cet événement majeur pour présenter ses produits dans le domaine digital, avec sa nouvelle application « Mobile Banking » et à travers le «code internet dynamique» déployé pour la première fois en Tunisie pour renforcer la sécurité des paiements électroniques…

Pour la Banque Nationale Agricole en Tunisie (BNA), elle a réservé deux stands dans ce salon ; des cadres expérimentés et spécialisés ont donné des conseils à leurs clients afin de les orienter vers les solutions de financement les mieux adaptées à leurs besoins.

S’agissant de la Société Tunisienne de Banque (STB), elle a, pour sa part, rappelé lors de cette manifestation la diversification de ses services dont notamment l’intégration de la digitalisation et le lancement des espaces ouverts, dotés de tablettes numériques visant à offrir des moyens de divertissement au profit de sa clientèle et ce, durant les heures d’attente.

La STB a, en outre, affirmé qu’elle a ouvert entre 2016 et 2017 seize agences bancaires et que plusieurs autres sont en cours.

A noter que de nombreuses autres banques ont pris part à ce salon dans le but de promouvoir leurs produits et leurs offres.

On rappelle dans ce contexte que le ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire avait annoncé le démarrage du programme “Premier logement”, pour aider les familles à revenus moyens à financer l’acquisition d’un nouveau logement auprès des promoteurs agréés.

Les familles concernées sont celles qui ne possèdent pas de maison, et dont le revenu familial mensuel brut varie entre 4.5 et 10 fois le SMIG, c’est-à-dire de 1750 dinars à 3750 dinars par mois, à condition que le bénéficiaire soit salarié.

Selon le département de l’Equipement, le logement est financé à travers un autofinancement dans la limite de 20 % de son prix, à condition qu’il ne dépasse pas les 40 mille dinars, accordé au bénéficiaire sous forme de prêt préférentiel de la banque (taux d’intérêt de 2% remboursable sur sept ans après une période de grâce de cinq ans) qui assurera le reste du financement. De même il y a un crédit bancaire dans la limite de 80 % du prix du logement soumis aux conditions en vigueur dans le secteur bancaire.

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L’obtention de financement constitue pour la petite et moyenne entreprise en Afrique et particulièrement en Tunisie, est un parcours de combattant, ceci étant, des solutions existent et d’autres sont en cours d’identification grâce à l’émergence de plusieurs fonds d’investissement privés soutenus par des bailleurs de fonds régionaux et internationaux, ont assuré les participants à l’atelier sur le financement tenue dans le cadre des “Rencontres Africa 2017”
Pour Tarek Cherif président de la Confédération nationale des entreprises citoyennes (CONECT), le financement de l’investissement constitue un vrai problème surtout pour les PME tunisiennes dans les régions. La cherté du crédit et les difficultés d’accès aux fonds font de la quête de ce financement “une souffrance totale ” pour le chef d’entreprise tunisien, compte tenu des démarches administratives complexes et lentes, selon ses propos.

Il a évoqué le rôle joué par les banques de développement dans les années 80, en matière de développement de l’industrie, à travers le financement de la création des pme, ce qui n’est plus le cas, aujourd’hui, avec les banques universelles. En dépit de l’existence de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) et la Banque tunisienne de solidarité (BTS) dont l’offre dans ce domaine demeure insuffisante, un maillon de la chaîne manque toujours et le vide laissé par ses banques de développement se fait sentir.

Le PDG de l’UIB, Mondher Ghazali, conteste ce constat, affirmant que les banques ne doivent plus investir dans les fonds propres et l’expérience a montré que chaque fois qu’elles dérogent à cette règle, cela se solde par un échec. Cette action doit être assurée par les parties qui le font mieux, à savoir les fonds d’investissement, selon ses propos.
Les banques tunisiennes, dont le concours à l’économie est de l’ordre de 10%, sont naturellement attirées par les opérateurs d’excellence (les meilleures signatures) qui offrent une communication financière transparente, a-t-il auparavant indiqué.
L’UIB, filiale partielle du Groupe société générale offre des crédits à 2 ou 2,5%, a-t-il dit, reconnaissant que ce coût demeure peu représentatif et que l’accès au crédit peut être cher, particulièrement pour les entreprises dont la structuration est floue et la certification de leurs informations financières est faible.

Quant à Zied Oueslati, responsable à Africinvest, le problème de la Tunisie se situe au niveau de l’éco-système général lequel doit être mis à niveau, précisant que le système de microfinance tunisien est le seul en Afrique à ne pas être autorisé à collecter des dépôts, sachant que les Tunisiens ne peuvent déposer de l’argent auprès des banques de financement des PME.
Il a, à cet égard, pointé du doigt les restrictions imposées par la Banque centrale de Tunisie (BCT) alors que la PME tunisienne a plus que jamais besoin d’exporter pour vivre compte tenu de la taille limitée du marché local.

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Le directeur général du logement au ministère de l’Équipement, Nejib Snoussi, a déclaré que 15 banques ont déjà signé l’accord pour participer au premier programme de logement, à l’exception de trois banques islamiques.

Lors de son passage mercredi sur Express Fm, il a indiqué qu’aucun personne ayant la propriété d’une maison ou d’un terrain n’a le droit de postuler pour les premiers avantages du logement social.

Il a également souligné parmi les conditions pour l’obtention de ce premier logement social est que le bénéficiaire soit marié et que le revenu mensuel brut de la famille se situe entre 4,5 et 10 fois le salaire professionnel minimum est de répondre aux conditions de la banque financière.

Le DG du logement a sous un autre angle indiqué les prix de l’immobilier en Tunisie ont augmenté ces dernières années à cause du manque de terrains abordables pour la construction à un prix raisonnable engendré par les défaillances du système de configuration ainsi qu’au coût élevé de la construction.

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L’Agence nationale de la sécurité informatique alerte contre l’hameçonnage à travers lequel, des arnaqueurs usurpent la qualité des opérateurs de téléphonie mobile pour faire croire à leurs victimes qu’ils vont participer à des jeux concours fictifs.

Dans un communiqué rendu public mardi 26 septembre 2017, l’ANSI a informé les utilisateurs du réseau Internet et notamment des réseaux sociaux que l’hameçonnage vise avant tout, à voler les données privées dont les mots de passe et le numéro de carte bancaire, appelant ainsi les citoyens à plus de vigilance.

Dans un statut posté sur sa page Facebook, l’ANSI a également indiqué que ces arnaques n’ont pas seulement visé les opérateurs de téléphonie mobile mais aussi les clients de plusieurs banques.

 

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Emprunter de l’argent à sa banque coûte de plus en plus cher en Tunisie. En effet, selon les derniers chiffres du ministère tunisien relatifs à la conjoncture économique des 8 derniers mois (une fausse appellation puisque les chiffres sont de juillet), le TMM (Taux du marché monétaire) a augmenté de presqu’un point (0,83 point pour être exact), entre juillet 2017 et juillet 2016, ce qui représente une hausse de 19,2 %. Il est ainsi passé de 4,32 % à 5,15 %. Cela, sans compter la marge qui revient à la banque, puisque le TMM est le coût de l’argent pour la banque qui emprunte elle-même auprès des autres, banques et institutions.

En effet, à ce TMM, la banque ajoute sa marges et autres commissions, dans des proportions qui peuvent aller de 1 à 5 points supplémentaires, sans pour autant que le taux global ne dépasse ce que les banquiers appellent le taux excessif de crédit. Ce dernier est mis à jours tous les 6 mois par la banque centrale et la banque est obligée de le mentionner dans le titre de crédit donné au client. Dépasser ce taux global vaut à la banque une forte amende qui pourrait lui être infligée par l’autorité de régulation, lorsque le client s’en rend compte et porte plainte.

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L’économie tunisienne est en crise. Tout le monde est d’accord sur cet affligeant constat. Quelques 16 Milliards DT de masse salariale qui représentera 14,7 % du PIB, un endettement qui représentera bientôt plus de 70 % du PIB et qui a engendré cette année un peu plus de 5 Milliards DT de service de la dette et plus de 8 Milliards DT pour l’exercice 2018. En face, ce ne sont que quelques 5 Milliards DT d’investissement et une croissance atone, à chaque fois mise à mal par les mouvements sociaux divers et l’instabilité politique qui deviendrait presque une demande populaire. En sept ans de transition, politique et économique, la Tunisie a connu 8 gouvernements, avec un âge moyen d’une année.

Une croissance aussi du budget de l’Etat qui va, à plus des deux tiers, aux salaires et à la compensation des produits de consommation. Des ressources propres qui s’amenuisent, soit par déni de la fiscalité et parfois refus de la payer comme ce fut le cas de quelques professions libérales, soit par la mauvaise utilisation de ces ressources fiscales, comme cela a été dernièrement le cas en concédant à l’UGTT une énième augmentation salariale sous forme de crédit d’impôt.

Un territoire national poreux où tout le monde, ou presque, fait contrebande de tout. La dernière mode est l’importation des moutons de Libye ou d’ailleurs. On nous raconte même le cas de ce petit homme d’affaire vivant en France qui revient en Tunisie, une fois l’an, faire commerce transfrontalier de moutons pour l’Aïd et rentrer tout de suite avec son pécule.

Des frontières où d’énormes quantités d’or et de devises sont chaque année saisies. Il va sans dire que ce qui est saisi ne représente que très peu dans le volume de ce qui passe à travers les mailles du filet. Des frontières et un arsenal juridique impuissant qui laisse entrer des flux de marchandises écoulées sur un marché parallèle pléthorique et qui devient même une institution dans plus d’une région du pays.

La demande d’argent frais se fait croissante dans les banques qui font toutes des bénéfices toujours en hausse, avec des injections de la BCT qui ont dépassé parfois les 11 Milliards DT, des banques qui s’enrichissent en investissant le refinancement de la BCT dans l’achat des BTA de l’Etat et des entreprises qui se font plein de sous grâce aux placements. Des banques pourtant vouées à toutes les gémonies par toute la classe politique et quelques «analystes économiques» de bas étages.

La Tunisie de l’après révolution, c’est aussi un consommateur qui ne recule plus devant rien, gonflé à bloc par les augmentations salariales et les rappels incessants dans les allocations de retraite, allant jusqu’à s’endetter pour assouvir ses envies consommatrices de tout et de rien. 20,8 Milliards DT, est le volume d’endettement bancaire de 800 mille familles tunisiennes en 2017, avec 854 MDT d’impayés. Le citoyen moyen s’endette, pour faire des voyages organisés, pour aller passer ses vacances d’été en hôtel et même pour acheter le mouton de l’Aïd qu’il considère comme une impérieuse nécessité «pour ses enfants». L’autre jour, un employé d’une recette de finances nous raconte le nombre important de ceux qui viennent réclamer l’attestation d’impôt «Néant». Et lorsqu’on lui demande pour quoi faire, il répond qu’il vient d’acheter une voiture. Va comprendre comment être capable d’acheter une voiture si on n’a pas de revenus, ce qui est le cas lorsque votre feuille d’impôt comporte la mention Néant.

Au Sud tunisien, un banquier nous raconte que «chez vous les piscines sont remplies d’eau. Chez eux, c’est des Dinars qui se comptent au mètre linéaire et des devises, de quoi vous faire le change, immédiatement et où vous voulez qu’il arrive». Au Sud tunisien, les trafiquants se défendent désormais aux armes à feu et ne reculent devant rien, quitte à écraser des agents de la Garde Nationale, pour sauver leurs petits commerces. Petits trafiquants deviendra grand et quitte généralement les sables du désert pour venir habiter au Lac ou dans les quartiers huppés de la capitale, à Ennasser et autres. Sur certaines grosses artères de la capitale, le commerce parallèle des coffres forts est même florissant.

Au Nord, c’est un marché de voiture, toujours florissant et qui s’ouvre sur toutes les marques, des Françaises jusqu’aux Chinoises et aux Coréennes, en passant par les Allemandes et «tutti quanti». Tout ce qui s’importe, légalement ou illégalement, est vite écoulé, des plus grosses cylindrées aux plus petites et même les plus gourmandes en carburants, comme les «Hummer» qu’on croyait disparues avec Imed Trabelsi. On se demande d’où tout ce monde, qui déclare juste ce qu’il faut au Fisc, apporte les centaines de milliers DT pour acheter ces bolides, parfois sur les stands même d’exposition ?

Encore au Nord et même au Sahel et dans les grandes villes, les consommateurs font la queue devant les Super et Hypermarchés, où ils rentrent avec un simple panier et ressortent aux commandes d’un chariot. Les Mall, hauts lieux de toute société de consommation, poussent comme des champignons. Un nouveau sera bientôt d’ailleurs construit à Tunis et un autre à Sousse. Comment tout ce beau monde peut-il tant acheter et crier au scandale à la moindre hausse des prix ou du taux de l’inflation ? A l’esprit nous vient cette anecdote, réelle, d’un citoyen qui s’arrête devant un boucher, demande le prix du kilo, et lorsque le vendeur le lui annonce, il s’écrie au voleur, mais commande tout de suite deux kilos !

Toujours au Nord, les nouveaux immeubles envahissent les terres agricoles, les uns plus «Haut standing» que les autres, à des prix «défiant toute concurrence» en centaines de milliers de Dinars, sans qu’il y ait même le frémissement d’un quelconque crash immobilier ou bulle immobilière. Les promoteurs sont de toutes professions, du ministre au médecin, en passant par l’avocat. Tous font ou financent des projets de promotion immobilière et tout est vendu, parfois par le biais de crédits bancaires pour mieux cacher l’origine des fonds.

Partout les cafés, les Lounges, les Salons de thé et autres commerces de boissons, les gargotes, et autres restaurants sont pleins à craquer, avec des facturettes où l’addition peut remonter à 56 DT pour quelques boissons et gâteaux, toutes aux origines subventionnées et la Chicha parfois même à plus de 40 DT, et même parfois… 2044 DT comme dans cette facturette en photo. Partout les poubelles regorgent de nourritures gaspillées et des camions qui ramassent des tonnes de pain à donner en nourriture au bétail ! La bière est religieusement prohibée, mais ses ventes et sa consommation augmentent d’année en année et à des prix enivrants !

C’est tout cela la Tunisie, endettée jusqu’à la moelle, consommatrice à satiété et qui crie à qui veut l’entendre qu’elle n’a pas d’argent et qu’elle est pauvre sauf de ses ressources humaines qui ne sont même pas contentes de ce qu’elles ont et migrent clandestinement par dizaines. En définitive, disons- le, c’est l’Etat qui est en banqueroute et pas encore le citoyen !

 

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Le directeur général de l’Institut national de la consommation(INC), Tarek Ben Jazia, a annoncé sur Mosaïque FM que le taux des crédits accordés par les banques tunisiennes aux familles tunisiennes est estimé à 20 800 MD.

Ce chiffre a doublé par rapport à 2010, où le montant des crédits ne dépassait pas les 10 000 MD.

D’après le directeur général de l’INC, le coût des crédits dédiés aux foyers est en inflation d’environ 17% chaque année.

Par ailleurs Ben Jazia a lancé un avertissement concernant le pourcentage en augmentation des crédits impayés ou sujet de litige qui s’élève à 19%, environ 854 MD, alors qu’il n’excédait pas les 586 MD en décembre 2014.

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C’était, vendredi 10 mars, une communication financière, la 1ère du nouveau DG, plutôt inattendue de la STB, avec même des chiffres de ses états financiers 2016, qui n’étaient pas encore validés par les commissaires aux comptes et présentés, comme il est de coutume, lors d’une AG ordinaire.

Au menu, concocté par le chef Samir Saïed, la nouvelle stratégie en 4 points de «la mère de toutes les banques» tunisiennes (créée en 1957, la même année que la BNA) où la priorité sera donnée aux clients d’abord, aux actionnaires, aux collaborateurs et à l’économie ensuite. C’est ensuite, l’état des lieux de cette stratégie, née il faut le dire, de l’audit, dans une vision déclinée en 13 axes, 47 chantiers et plus de 200 initiatives pour une transformation qui devrait s’étaler sur 4 ans (2016-2020).

  • Des chiffres en hausse par l’an I de son redressement

Un menu aussi où le nouveau DG s’est fait plaisir à égrener les 9 premières réalisations des objectifs du business plan à l’horizon 2016, ponctués de chiffres, tous à la hausse. Les dépôts de la clientèle ont été de 5.443 MDT, les crédits de 5.558 MDT, un PNB de 310 MDT, un RBE de 164 MDT et un RN (Résultat net) de 70 MDT. Pour ce dernier, il devra être diminué de 30 MDT qui iront pour la restructuration sociale en départs à la retraite. Il n’en reste pas moins vrai, comme aimait à la dire Samir Saïed, que la banque en est déjà à des pourcentages de réalisation de ses objectifs oscillant entre 98 % et 110 % même, pendant la seule année 2016. Et ce sont déjà ces réalisations qui lui permettent de prévoir des dépôts 7.185 MDT (en hausse de 7,2 %) en 2020, des encours nets des crédits de 7.300 MDT (à la hausse de 7,1 %), un PNB de 575 MDT (à la hausse de 16,7 %), un RBE qui croîtrait de 17,7 % et un résultat net qui bondirait de 46,2 % à 185 MDT en 2020.

Il ne le dira pas et refusera tout commentaire avec un sourire éloquent, mais cette présentation, au moment où on parle de la privatisation des banques publiques et leur mauvaise santé, était sans aucun doute porteuse d’un message de début de rétablissement financier de la plus grande des banques publiques, et aussi de début de réalisation de son plan de redressement, avec déjà des résultats probants.

  • Un montage financier Win-Win pour les hôteliers non récalcitrants

Une assez importante partie de la communication financière de la STB a été consacrée au traitement des créances touristiques. Lourdes de 1.700 MDT sur ses livres comptables, représentant 600 entités, 20 % des créances accrochées de la banque et 25 % du total des engagements de la banque, ces créances ont toujours constitué un handicap pesant tant pour les finances de la banque que le financement d’un secteur hôtelier. Un secteur qui reste incapable de rembourser sa dette et de ce fait, incapable d’accéder au financement pour assurer sa pérennité et sa relance.

Cette dette constitue donc un défi majeur pour la nouvelle direction générale de la STB. Dès sa première sortie médiatique, Samir Saïed n’est pas venu les mains vides. Il propose, en effet, une sorte de plan Marshall pour l’hôtellerie et une fenêtre de sortie de crise hôteliers-banquiers.

«Le point de départ, c’est une démarche macroéconomique de redressement du secteur. Avec la fédération (FTH), nous travaillons à l’heure actuelle sur des solutions à présenter au gouvernement car, relancer le tourisme, c’est relancer toute l’économie tunisienne», commence par indiquer, optimiste, le DG de la STB. Et ce dernier de préciser ensuite que «l’étape suivante sera des business plans individuels, avec l’aide de bureaux d’études spécialisés et de consultants. Nous déterminerons alors la dette supportable par l’hôtel, la capacité de remboursement de chaque hôtel. Cette dette supportable sera divisée en 2 parties. Une petite partie sera classée dette-senior et la dette-junior qui viendra en second rang pour alléger le poids des remboursements pendant les 1ères deux années de la relance. La partie de dette non supportable sera ensuite transformée en obligations convertibles avec peu ou pas d’intérêts et qui pourrait même être abandonnés par la suite. L’option de conversion est cependant liée aux performances de l’entreprise. Si l’équipe de gestion concrétise les objectifs, c’est tant mieux et l’hôtelier ou propriétaire-gestionnaire pourra nous payer l’obligation convertible, même tardivement. Dans le cas contraire, celui où l’équipe de gestion ne pourra pas réaliser les objectifs fixés, la banque exerce son option de conversion et transformera la dette en prise de participation dans le capital. On deviendra alors actionnaires et on fera appel à une société de gestion extérieure qui sera chargée de la gestion de l’hôtel, dont le propriétaire restera membre du conseil d’administration. A la fin de la période de redressement, l’hôtelier pourra racheter les obligations ou nous vendrons l’hôtel car nous n’avons pas vocation à rester dans l’affaire à redresser, mais à accompagner ce redressement et à sortir à la première occasion». C’est, en gros, le montage que propose la STB aux hôteliers endettés pour les aider à redresser leurs unités et à retrouver leurs capacités de remboursement, sans pour autant perdre en performance financière.

  • Que répondra la FTH ?

Et lorsqu’on rappelle au DG de la STB que les hôteliers remettent en cause le volume de la dette et sa composition, entre principal et intérêts divers, Samir Saïed se rebiffe et indique que «il y a beaucoup d’intox dans cette question et on sait que certains hôteliers essaient de gagner du temps. Nous n’avons pas de différends avec la fédération, mais avec certains hôteliers qui refusent de rembourser. Nos dettes sont comptabilisées et il n’y a aucune taxe ou intérêt qui ne soient pas légaux et réglementaires». Et de revenir à sa proposition, en précisant que «le montage que nous proposons, qui représente une partie de la dette, tombera de fait pour les hôtels qui ne vont pas réussir leur plan de redressement. La seule différence, c’est qu’au lieu de l’abandonner aujourd’hui, sans être sûr que l’hôtel réussira à se remettre sur pieds, nous le ferons uniquement plus tard pour les hôtels qui ne redémarreront pas. Pour ceux qui réussiront, ils payeront l’obligation convertible dont on abandonnera les intérêts, ce qui permettra à la banque de récupérer au moins une partie de la dette et rembourser l’Etat pour les 700 MDT injectés à la STB».

Pour l’instant, ce plan de la STB pour désenclaver financièrement l’hôtellerie et remettre de l’ordre dans ses propres finances, aurait déjà trouvé bonnes grâces auprès de la FTH et du FMI et attendrait l’aval de la BCT. La banque aurait aussi enchaîné les réunions avec divers groupes hôteliers et entreprises endettées, qui auraient aussi applaudi à ce plan de sauvetage.

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Malgré un contexte économique morose, l’activité de collecte a fait preuve de résilience. L’encours des dépôts du secteur a enregistré une croissance de 8,6%, profitant d’un 4ème trimestre dynamique (une progression de 4% des dépôts). C’est ce qui ressort d’une analyse faite par l’intermédiaire en bourse Tunisie Valeurs et publiée ce jeudi sur son site Web.

Selon cette étude, les banques ont mis les bouchées doubles en matière de collecte. Toutes les catégories de dépôts ont affiché des évolutions respectables : 9,6% pour les dépôts à vue, +9% pour les dépôts d’épargne et +7% pour les dépôts à terme. Hormis Amen Bank, toutes les banques de la place ont enregistré une évolution positive de leur collecte. Après des années de course aux parts de marché, la banque change de priorités plaçant la maîtrise du coût des ressources au centre de sa nouvelle stratégie (un coût des ressources cible de 4,25% en 2019 contre 4,54% en 2015).

Concernant les dépôts, la BIAT conforte son statut de premier collecteur du pays. Le leader du secteur a réalisé une croissance salutaire de 12% de ses dépôts, franchissant la barre symbolique de 9 milliards de dinars. Grâce à une structure des ressources dominée par les dépôts à vue, la BIAT jouit du coût des ressources le plus faible du secteur (2,3% selon nos estimations contre une moyenne de 3,7% pour le secteur). Attijari Bank continue de surperformer le secteur. Forte du réseau d’agences le plus étendu en Tunisie (plus de 200 agences), la filiale du groupe Attijariwafa bank a réalisé une progression appréciable de sa collecte (+12%). Les efforts déployés pour mobiliser les dépôts à vue (+19,6%) soutiendront davantage la liquidité de la banque. Rappelons qu’Attijari a affiché en 2015 un ratio de liquidité cinq fois supérieur à la norme réglementaire (un niveau minimum de 60%).
La nouvelle politique commerciale continue à payer pour l’UBCI. La filiale du groupe BNP Paribas a pu maintenir sa part de marché au-delà de 4% et, ce malgré sa taille réduite et une concurrence de plus en plus acharnée sur la collecte.

Récoltant les fruits de sa relance commerciale, la BH enregistre une reprise de 12% au niveau de son encours des dépôts. Bon élève, le leader des crédits logement affiche un dépassement de 6% par rapport à ses projections initiales. Aujourd’hui classée 5ème dans le tableau de la collecte, la BH aspire à moyen terme à intégrer le « Top 3» du secteur.

Après une longue période de croissance modérée (+6% en moyenne sur les quatre dernières années), la BNA a affiché une accélération de la collecte. Les encours de dépôts de la banque étatique ont enregistré une hausse de 11.2% à 7 milliards de dinars dépassant, ainsi, ses objectifs (un encours prévisionnel de 6,7 milliards de dinars). Le programme d’expansion du réseau d’agences (25 ouvertures sur la période 2017 -2020) permettrait d’alimenter la collecte de la BNA sur les prochaines années.
S’agissant des crédits, malgré une croissance molle (progression du PIB de 1,3% en 2016), le secteur bancaire a enregistré une accélération des octrois de crédit. Profitant de la consolidation des dépôts, l’encours des engagements du secteur a cru de 9,4% à 52 milliards de dinars. Selon la dernière note de conjoncture publiée par la BCT (février 2017), cette reprise des crédits aurait été boostée par les financements ciblant les particuliers et les professionnels.

 L’atonie du climat des affaires et la levée des réserves obligatoires sur les crédits à la consommation, depuis 2015, semblent détourner les banques du financement de «l’investissement». La BH a connu une année active sur le front des crédits. Les engagements de la banque étatique ont affiché la meilleure progression du secteur (+17,3%), surperformant, ainsi, ses budgets (un dépassement de 8%). Avec un total engagements de 6,3 milliards de dinars, le leader des crédits logements gagne deux places dans le palmarès du secteur (3ème rang contre la 5ème place à la même période de l’année dernière).

La BT confirme sa réactivité commerciale entamée en 2014. Malgré une conjoncture difficile, l’encours des crédits de la banque a enregistré une hausse de 7%. Une prise de risque supplémentaire qui devrait être bien maîtrisée grâce à une culture de risque bien ancrée dans la maison (un taux de créances classées de 9%). L’année 2016 s’est inscrite sous le signe du rebond pour Attijari Bank. La filiale du groupe Attijariwafa Bank a vu le volume de ses engagements augmenter de 17%, dépassant le cap de 4 milliards de dinars. Beau parcours pour l’UIB qui a bouclé l’année 2016 sur un bond de son encours des crédits de 10,8%. Avec une bonne qualité de portefeuille (Taux des créances classées de 10% couvertes à hauteur de 80%) et des fonds propres respectables (Ratio de solvabilité de 11%), la filiale du groupe Société Générale dispose d’une bonne marge de manœuvre pour poursuivre sa politique expansionniste.

Pour le PNB, l’année 2016 a été un bon cru pour le secteur bancaire qui a vu son PNB croître de 13% à 3 milliards de dinars. Dans la continuité des dernières années, les banques ont focalisé leurs efforts sur les produits de placement et les commissions pour booster leur PNB. L’activité du crédit classique continue à perdre du terrain face aux activités de placement et aux services financiers. Le poids de la marge d’intérêt s’est contracté de 450 points de base au profit des autres sources de revenus. Le contexte difficile sur leur cœur de métier (pression sur le spread de crédit et hausse des risques d’impayés) a amené les banques à développer davantage l’activité SVT pour profiter des taux attractifs des Bons du Trésor et assurer le refinancement et à diversifier leur offre de services.
Rapport de Tunisie Valeurs

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L’éditeur «Targa Consult», vient de publier les performances des banques tunisiennes au 31 décembre 2016. Dans ce tableau, fort édifiant, l’éditeur met en relief le classement des plus importantes banques de la place de Tunis, en matière de PNB (Produit Net Bancaire), d’encours des dépôts ou l’argent déposé par les clients dans les caisses de la banque marocaine de droit tunisien et qui constitue (l’argent) le principal outil de l’établissement, dont l’objet est justement la vente de l’argent. Le tableau établit aussi le classement de chaque banque, en matière de crédit et qui constitue l’argent donné en crédit par la banque pour financer l’économie.

Il est important, d’abord, de constater que c’est la banque privée Biat (Banque Internationale Arabe de Tunisie) qui a enregistré le plus grand PNB de 2016, avec 590 MDT contre 531 MDT en 2015, et donc une évolution de 11 %. C’est aussi la Biat qui a pu engranger le plus important encours de dépôts avec 9,078 Milliards DT à fin 2016, en hausse de 12 % par rapport à 2015. C’est encore cette banque, la Biat, qui a signé le plus important encours de crédit, par l’injection de 7,679 Milliards DT dans l’économie tunisienne en 2016, avec une hausse de 17 % par rapport à 2015.

Juste derrière cette banque privée, celle des frères Mabrouk comme certains l’en accuseraient, c’est la BNA publique (Banque Nationale Agricole) qui se classe 2ème dans les trois ratios et cela, malgré les affres du plan de recapitalisation et de redressement, entamé par le nouveau DG, Habib Ben Haj Gouider. La BNA a ainsi terminé l’exercice 2016 par un PNB de 373 MDT, en hausse de 7 % par rapport aux 348 MDT de 2015, encaissé 6,232 Milliards DT de dépôts, mais donné plus de 7 Milliards DT en financements divers de l’économie. Suivent, dans ce ratio qui donne toute sa valeur à la nomination de banque nationale, la Banque de l’Habitat avec 5,3 Milliards DT, l’Amen Bank avec presque 6 Milliards DT et la STB avec plus de 5,3 Milliards DT d’encours de crédit ou de financement de l’économie tunisienne en 2016.

⦁    Le cas Attijari, 3ème en PNB et 6ème à financer l’économie tunisienne

Un cas attire l’attention dans ce classement. C’est celui d’Attijari Bank qui «se fâche» lorsqu’on dit qu’elle est marocaine en faisant noter qu’elle est de droit tunisien. Cette banque a en effet terminé l’exercice 2016 avec le 3ème meilleur PNB de la place, en hausse même de 15 % et où la 1ère marge sur commission de la place, devant Biat et BNA, des marges en hausse de 28,9 %. Elle est aussi 3ème en matière de dépôts, avec 4,871 Milliards DT engrangés. Des dépôts, certes comme le reste du secteur bancaire, non rémunérés mais objets à commission.

C’est pourtant à la 6ème place qu’on retrouve cette banque, loin derrière les principales banques nationale, lorsqu’il s’agit de financer l’économie tunisienne par les crédits. Son apport à l’économie tunisienne ne faiblit pas, mais reste presque minimal. Elle n’aurait injecté (Ndlr : Sauf autre erreur de Targa qui a effectivement inversé les chiffres de l’encours du crédit) que 4,48 Milliards DT en 2016 dans l’économie du pays où elle exerce. Une année auparavant, en 2015, ce n’était que 3,8 Milliards DT. Il y a certes une hausse de 17 %, mais cette grande banque, internationale et locale il faut le dire, reste quand même au 6ème rang des banques qui financent le plus l’économie tunisienne, avec un encours de crédit, loin, très loin de celui de la Biat (7,6 Milliards DT) ou même de la BNA (7,2 Milliards DT), de la BH (6,2 Milliards DT) ou de la STB (5,5 Milliards DT), toutes banques publiques qui subissent toujours les effets d’une sévère recapitalisation. Un classement donc, celui d’Attijari, qui ne traduit pas ses résultats réelles performances, tant en matière de PNB que de résultat net. Des résultats qui devraient la pousser à participer plus dans l’économie du pays dont elle tire ses ressources.

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L’Agence Française de Développement (AFD) et l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (UBCI), ont signé, mardi 14 février 2017, une ligne de crédit de 15 M€, indique un communiqué de la Banque.

La ligne de crédit SUNREF, le « label finance vert » de l’AFD, a vocation à soutenir l’UBCI dans ses activités de prêteur à moyen et long terme en faveur d’investissements portés par des entreprises tunisiennes en matière de maîtrise de l’énergie, d’efficacité énergétique, de valorisation des déchets et de réduction des pollutions atmosphériques, hydriques et solides.

Le programme SUNREF se donne ainsi pour ambition de soutenir la transition de l’économie tunisienne vers un modèle plus sobre en carbone et moins polluant. Les objectifs spécifiques du programme sont d’accompagner la démarche d’institutions financières et de partenaires tunisiens qui souhaitent financer des investissements de maîtrise de l’énergie et de réduction de la pollution, de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de renforcer la compétitivité du secteur industriel.

Pour Gilles Chausse, directeur de l’AFD Tunisie, ce prêt s’inscrit dans le cadre des engagements pris par le Groupe AFD lors de la conférence Tunisia 2020 de consacrer 200 M€ au soutien de la Tunisie et notamment des acteurs privés tunisiens. Il vient renforcer le partenariat de longue date entre l’UBCI et le Groupe AFD. Il participe au soutien financier de l’AFD à l’axe « Economie verte, pilier du développement durable », promu par le nouveau plan quinquennal tunisien.

Selon Pierre Bérégovoy, Directeur général UBCI, ce financement témoigne de la volonté de l’UBCI de renforcer son accompagnement des entreprises tunisiennes en faveur d’une économie verte et s’inscrit dans le cadre de son engagement fort en faveur du développement du tissu économique tunisien. M. Bérégovoy souligne également que ce type d’opérations s’inscrit dans le cadre d’une politique de partenariats solides entre l’UBCI et les organismes internationaux qui soutiennent le développement de l’économie tunisienne et affirme que d’autres partenariats en faveur des entreprises clientes de l’UBCI, seront annoncés courant les semaines à venir.

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L’expert en immobilier, Faouzi Ayadi a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il évoqué plusieurs sujets dont la situation actuelle du secteur, les prix et la tendance pour les années prochaines. Il a également passé en revue le programme du “premier logement”, l’initiative récemment annoncée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Interview:

Quel état des lieux dressez-vous du  secteur de l’immobilier en Tunisie?

C’est le statu quo. Il y a une stagnation au niveau des prix et des ventes. Pas de vente importante en termes de volume. La baisse des prix attendue par tout le monde n’a pas eu lieu, et si elle existait, elle est partielle et ne concerne que quelques zones.
Avez-vous des chiffres sur les ventes qui ont eu lieu?
A vrai dire, il n’y a pas beaucoup de ventes presque partout dans le pays. Bien qu’il n’y ait pas d’estimations scientifiques des ventes, on peut noter que les ventes du secteur durant l’année 2016 ont chuté de moitié par rapport à l’année 2015. Mais la différence entre les deux années, c’est qu’en 2016, le prix catalogue est devenu négociable et par rapport à l’année 2015, les prix n’ont pas changé sauf quelques ajustements dans certains endroits.
Une baisse des prix a été toutefois remarquée depuis la fin de l’année 2015 à Sfax. Cette baisse a été également constatée dans certaines régions de Sousse à Hergla et Mrezgua.
À quoi est due cette baisse alors ?
À Sfax, la baisse s’explique par le fait que l’offre est plus importante que la demande, et ce suite au grand nombre de promoteurs immobiliers actifs dans ce gouvernorat. Pour Hergla, c’est une zone touristique caractérisée par une demande importante de la part des expatriés tunisiens ou des étrangers.
Contrairement à ce gouvernorat, d’autres zones ont vu les prix se gonflerpar rapport à l’année 2015, notamment le Lac, Soukra et Choutrana.
Quelle sera la tendance des prix pour les deux prochaines années?
Cela dépend de la situation économique du pays. Si la situation économique s’améliore, les prix vont certainement baisser sinon la tendance du marché va vers l’économique et le social. Il est fort probable aussi de trouver des constructions écologiques, créneau qui doit avoir prochainement du poids sur le marché.
Actuellement, on peut parler de constructions économiques?
Oui, mais la demande est encore plus grande que l’offre. Mais cela n’empêche qu’il existe pas mal de projets économiques lancés par la SPROLS et la SNIT et les projets achevés se vendent en un temps record. Les promoteurs immobiliers sont appelés à lancer des projets qui correspondent au pouvoir d’achat du Tunisien qui ne dépasse pas généralement les 200 mille dinars.
Nombreux sont ceux qui reprochent aux promoteurs immobiliers de ne pas présenter des solutions pour les acheteurs potentiels. Et même le projet du “premier logement”, il servira, selon eux, l’intérêt du promoteur plus que le client, qu’est ce que vous en pensez?
On veut que tout le monde soit satisfait, le client et le promoteur. Le promoteur immobilier est un acteur économique et son opération doit être rentable et l’inverse pour le client. On est à la recherche de cette équilibre promoteur-client.
Et c’est vrai que ce projet va vers l’intérêt du promoteur?
Historiquement, cette initiative du “premier logement” est venue des promoteurs immobiliers, mais cela ne veut pas forcément dire qu’elle est contre le client. Cette action est certes pour le promoteur autant que pour le client. Moi personnellement,  je ne vois pas de contradiction même si je savais que cette initiative provient de la chambre syndicale des promoteurs, mais ce n’est pas un problème.
Il faut comprendre aussi que le promoteur immobilier construit  pour le client,  et sans lui il ne peut rien faire, et même les clients s’il n y a pas de promoteurs,  il ne trouve pas  où acheter. C’est un mariage positif. On ne doit pas anticiper les événements. il faut tout d’abord vivre l’expérience et laisser le jugement pour plus tard. Actuellement, il a près de mille logements disponibles pour les budgets de moins de 200 mille dinars. Ces logements sont concentrés dans la capitale, ou à 20 ou 25 kilomètres.
Quel rôle pour les banques?
Les banques sont toujours trop prudentes à l’exception de deux ou trois banques bien engagées dans le secteur immobilier. Aujourd’hui, pour avoir un crédit bancaire, ce n’est pas facile, il y a beaucoup de conditions à remplir et même le produit offert par la banque demeure encore classique. La marge qu’elle prend est très grande. Si tu prendra 100 mille dinars,  tu payera 150 mille dinars. C’est énorme. Et malgré le coût élevé exigé par les banques, elles demeurent réticentes. De plus,  l’assurance qui pourra jouer le rôle d’un bailleur de fonds n’est pas encore intégrée.
Y-a-il de solutions ou de propositions dans ce sens?
Dans le monde entier, on ne peut pas parler de solutions et d’alternatives dans une crise immobilière.

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Nous croyons savoir, de sources concordantes proches du dossier, que les dernières déclaration du chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, à propos des banques publiques, semblent avoir pris presque tout son monde par surprise.
Ce serait en effet ainsi le cas du ministère des Finances où le chef de cabinet de la ministre était pourtant en charge du dossier de la restructuration et de la recapitalisation des banques publiques.
Au matin de la publication de notre article, le chef de cabinet de la ministre Boujneh, téléphonait aux amis banquiers pour savoir ce qui se serait passé pour amener le chef du gouvernement à court-circuiter la propre tutelle des banques publiques par ses déclarations du samedi dernier. Seul le ministre du développement Fadhel Abdelkefi semblait être bien au courant des intentions de Chahed et les expliquait dès lundi sur les ondes d’une radio privée.

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La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient d’éditer un document où elle énumère les 100 nouvelles mesures qu’apportera la nouvelle loi bancaire, qui est entrée en vigueur depuis le début de janvier 2017.
Et on y apprend un certain nombre de choses, tant pour les banques elles-mêmes que pour le client dans ses relations avec son banquier.
La centaine de mesures, annoncées par la BCT, ne nous semble pourtant pas toutes bonnes. A certains égards, certaines d’entre elles ressemblent plus à un resserrement de la mainmise de l’institut d’émission sur les banques, publiques comme privées. Un coup de vis qui enlèverait presque tout pouvoir aux Assemblées Générales. Des AG dont les décisions, à moins d’être contraires aux lois du pays, sont censées faire la loi et être au-dessus de toute autre autorité. Des AG que certaines mesures de la BCT infantilisent pourtant.

Parmi les mesures, on trouve la «consécration du principe de non cumul entre la fonction de DG, de DGA ou de membre du directoire d’une banque ou d’un établissement financier avec ces mêmes fonctions dans une autre banque, dans un autre établissement financier, dans une entreprise d’assurance, dans une entreprise d’intermédiation en bourse, dans une société de gestion de portefeuille de valeurs mobilières ou dans une société d’investissement». Le délai maximal de conformité pour les banques est Janvier 2017.

⦁ Balayer, d’bord, devant sa porte.      

On retrouve aussi la «consécration du principe de non cumul de la fonction de membre du conseil d’administration ou du conseil de surveillance dans deux banques ou dans deux établissements financiers de même catégorie», avec le mois de Janvier 2017 comme délai maximal de conformité. Même délai pour l’«obligation pour le directeur général, le directeur général adjoint et les membres du directoire d’une banque ou d’un établissement financier de ne pas exercer parallèlement la fonction de dirigeant d’une entreprise économique».
Tout cela est bon, même si on ne sait pas si cela s’applique à la «mère de toutes les banques» : La BCT, dans le conseil d’administration de laquelle on retrouve au moins deux DG d’entreprises privées (Selma Bellagha, DG d’APP et Sadok Attia, patron d’Assray Bank en Libye). Une BCT encore actionnaire et administrateur de la TFBank (cas nous semble-t-il unique dans les annales) et dont les cadres sont encore administrateurs dans des compagnies d’assurances et autres sociétés (exemple de la Star…). Des exemples qui relèvent, à notre sens, du conflit d’intérêt et constituent potentiellement un engagement de responsabilité du régulateur dans la gestion des entités où il est représenté et qu’il est censé contrôlé.

⦁ A quoi sert l’AG ? On se le demande !

Mais là où cela devient de l’infantilisation des AG et des CA des banques, c’est lorsque la BCT décrète
une «obligation d’informer la BCT de toute désignation de dirigeants et de membres de conseils avec possibilité donnée à la BCT de s’opposer dans un délai d’un mois à toute désignation pourvu qu’elle motive sa décision». La BCT connaitrait-elle mieux les intérêts et la responsabilité des banques que ses propres actionnaires et dirigeants comptables de leurs décisions et de leurs résultats devant la seule assemblée souveraine ? Le processus de choix des administrateurs pour les banques publiques a démontré toutes les limites de ces approches directives. Ceux qui ont été choisis sur appel à candidature ne sont pas forcément les meilleurs ni les plus appropriés au contexte de crise que vivent ces entités. C’est le résultat dès qu’on enlève une prérogative essentielle de choix responsable aux organes de gestion de la société.

La BCT fait aussi «obligation pour les banques et les établissements financiers de recueillir l’avis de la BCT sur la désignation d’un ou des commissaire(s) aux comptes et ce, un mois en moins avant l’assemblée générale qui approuvera leur désignation. La BCT peut s’opposer à une telle nomination par une décision motivée avant l’expiration du délai d’un mois». La mesure ne dit pas si la BCT sera elle aussi au moins obligée de justifier son refus, pour les Commissaires aux comptes (CC), de telle ou telle personne et sur quels critères. Probité ? Professionnalisme ? Pourquoi le régulateur engage-t-il sa responsabilité dans une décision qui ne doit relever que de la responsabilité des actionnaires sur proposition du comité permanent d’audit ?
C’est à se demander, pour tous ceux qui sont des actionnaires, grands ou petits, s’ils servent à quelque chose et si les cadres de la BCT n’auront pas ainsi usurpé leur pouvoir. C’est en tout cas une vraie mainmise sur les structures de direction même des banques tunisiennes et sur les entreprises qui se chargeront de l’audit financier des banques. On se demande aussi s’il n’y a pas risque d’apparition de listes noires, tant en dirigeants qu’en commissaires aux comptes et s’il n’y a pas aussi risque de copinage ou de pression pour imposer ou interdire telle ou telle personne ? La BCT est une administration, humaine. Y a-t-elle pensé ? Ce faisant la BCT, malheureusement, prête le flanc à ce genre de questionnement.

–          Rationalisation des salaires des dirigeants… ça, c’est bon !

Il n’y a cependant rien à dire sur la «possibilité donnée à la BCT de charger une fois par an, un ou plusieurs commissaire(s) aux comptes pour effectuer, aux frais de la banque ou de l’établissement financier, toute mission supplémentaire rentrant dans le cadre des missions d’audit externe». Il est vrai que pour certaines, les CC n’avaient pas toujours bien fait leur travail. Mais il existe aussi des cas où c’est la BCT elle-même qui a refusé d’entendre les CC, lorsque certains d’entre eux ont contrarié certaines banques et même certaines structures de la BCT.

Bonne initiative à saluer aussi, à notre avis, que cette mesure prise par la BCT d’un «adossement de la politique de rémunération des dirigeants des banques et des établissements financiers aux indicateurs de solidité, de solvabilité et de rentabilité». Force est ici de faire noter que certaines rémunérations dans le secteur bancaire frisent l’indécence, soit par le haut ou par le bas et n’ont en tout cas aucun lien organique avec les performances de leurs banques.

–          Alléluia ! On s’occupe enfin du client, mais pas assez !

Là aussi où les dernières mesures de la BCT font du bien où elles passent, c’est lorsqu’elles s’occupent enfin de la protection du client, comme par la «consécration de l’obligation pour les banques d’offrir des services bancaires de base». Mais aussi, la «soumission, à une convention écrite entre la banque et son client, de la gestion des comptes de dépôt des personnes physiques et morales pour des besoins non professionnels comportant les conditions générales d’ouverture, de fonctionnement et de clôture du compte et les conditions particulières relatives aux produits, services et moyens de paiement auxquels le compte donne lieu ainsi que la liste et le montant des commissions applicables». La BCT fait aussi «obligation pour les banques et les établissements financiers d’informer préalablement la BCT de la commercialisation de tout produit ou service financier ou de l’institution de toute nouvelle commission».
Mais ce n’est pas, à notre sens, assez, tant est déséquilibrée la relation banquier/client. Les dépôts de ce dernier constituent en effet la grande partie des moyens financiers de la banque. Ces dépôts ne sont cependant en aucun cas rémunérés. Pourquoi, aussi, ne pas faire respecter l’affichage et l’information sur les conditions de banque ? Pourquoi ne pas obliger les banques à informer, périodiquement et par écrit, leurs clients sur les taux d’intérêt et toutes les commissions ponctionnées sur leurs comptes ? Pourquoi ne pas rationnaliser les taux d’intérêts, qui ne cessent d’augmenter alors que la BCT connait très bien les pratiques des banques en matière de répercussion de l’escalade de ces taux en temps de course effrénée à l’achat de l’argent ?

–          Là où ça ne sert à presque rien !

Dans les 100 mesures de la BCT, qui ne nous semblent pas toutes bonnes, on retrouve aussi cette «extension du périmètre d’intervention des banques d’affaires en leur permettant d’accorder, sur leurs fonds propres, des financements spécifiques aux entreprises pour en faire une véritable courroie de transmission entre le marché bancaire et le marché financier».
Elles sont essentiellement deux les banques d’affaires en Tunisie, la BAT (Banque d’affaires de Tunisie) que dirige Habib Karaouli, et qui s’impose comme le leader par excellence du secteur, et l’IMBank (International Maghreb Merchant Bank), que dirige Ahmed Besbes et qui a été un moment mise à la vente sans résultat. C’est dire la difficulté de l’exercice et le peu de candidats à cette activité.
Désormais donc ces institutions financières, jusque-là cantonnées dans les études et l’assistance, pourront donner des crédits, non au large public, mais pour les entreprises. La condition de cet octroi, telle que rapporté dans le document de la BCT, est d’être sur les fonds propres de la banque. Or, ces institutions financières étant généralement d’un capital qui ne dépasse pas les 3 MDT, contre un minimum de 50 MDT pour le reste des banques (était-il d’ailleurs nécessaire de fixer un plancher et laisser l’appréciation à la commission d’attribution de fixer les fonds propres requis en fonction du business plan présenté ?), on ne sait pas s’il leur sera possible de le faire, même si le capital minimal a été porté à 10 MDT.
Et quand bien même pourraient-elles trouver des ressources sur le marché, le coût de ces financements ne devrait pas être attractif par rapport aux autres banques. Des banques dont certaines ont déjà intégré le pôle banque d’affaires et cassent les prix, dans un marché volatile, asymétrique et non normé, où les banques d’affaires sont concurrencées, non seulement par les banques universelles qui en sont parfois actionnaires (exemple de la BAT qui a dans son tour de table Quatre banques de la place), mais aussi par les experts comptables, les bureaux d’études et autres intermédiaires boursiers. Une nouveauté donc, celle de la BCT, qui n’apporte rien… ou presque !

L’autre nouveauté, c’est la «possibilité donnée aux banques et aux établissements financiers conventionnels de s’adonner aux opérations bancaires islamiques sur la base d’une autorisation préalable de la Banque Centrale de Tunisie (BCT)». Il était prévu que cela se fasse sous forme de banques spécialisées, cela ne sera pas possible, sauf sous la forme de guichets, au sein des banques universelles, spécialisées dans la finance islamique. Cela obligera au moins ces banques à tenir deux comptabilités distinctes et ça ne se fera pas sans frais.
En conclusion, il est bon de rappeler que la BCT est l’autorité de régulation et au passage une autorité de contrôle et qu’elle gère un secteur où la liberté est le principe et l’autorité l’exception. Or, ce qu’on retient des mesures citées en exemples, c’est plus ce penchant malsain à traiter les banques en filiales de la BCT et non comme des entreprises commerciales capables de s’autogérer et de prendre de bonnes décisions. Ce penchant aussi d’infantiliser les actionnaires et les AG de ces entreprises. La règle ne devrait-elle pas toujours être « Confiance a priori, contrôle a posteriori » ? On n’a pas inventé mieux.

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