Ce que je crois : Les menteurs ont voté. Ennahdha contrôlera le...

Ce que je crois : Les menteurs ont voté. Ennahdha contrôlera le législatif !

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Comme du temps de l’avant «accord du Bristol», Ennahdha et Nida s’étaient dits deux parallèles qui ne se rencontrent jamais, et leurs électeurs les avaient crus. Ces derniers avaient oublié le dicton tunisien qui disait que «les hommes se rencontrent, les montagnes non». On mettra, pour l’occasion, le mot Hommes entre guillemets !

  • Les menteurs

Comme Nida, Qalb Tounes avait juré ses grands dieux, qu’il ne mettra jamais la main dans celle d’Ennahdha. La scène où Nabil Karoui cherchait des yeux la caméra devant Meryem Belkadhi pour dire qu’il ne fera jamais affaire avec Ennahdha, refait depuis hier soir surface sur les réseaux sociaux pour le prouver, et beaucoup n’auraient jamais voté pour lui, n’eut été cette promesse.

Celle aussi de Rached Ghannouchi répondant aux questions de ses supporters, et assurant la même chose et accusant son adversaire de trainer des casseroles dont les Islamistes d’Ennahdha ne voudraient pas. S’il est vrai que les promesses n’engagent que ceux qui les croient, les électeurs de Qalb Tounes en seront désormais pour leurs frais, et ceux d’Ennahdha, peut-être moins, car étant déjà habitués aux retournements de leur leader religieux.

Comme Nida de Feu Béji Caïed Essebssi, Qalb Tounes de Nabil Karoui, avait fini par mentir à ses électeurs. Il est vrai que Karoui, jadis chez Nida Tounes, avait été un des organisateurs de l’accord du Bristol, qui avait scellé le mariage, pour cinq ans, entre Ennahdha et Nida Tounes. Les deux, comme le plus absentéiste des députés qu’est Ridha Charfeddine sur une radio privée et Rached Kheriji, se draperont de «l’intérêt supérieur du pays» pour expliquer leurs mensonges, faire bonne mesure ou encore sauver la face.

Robert Surcouf, Corsaire et militaire, disait à l’adresse des Français «Vous, Français, vous vous battez pour de l’argent, et nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur. Chacun se bat pour ce qui lui manque !». Il suffit de changer le mot «se battre», par celui de «voter», mais le combat est le même, et toujours pour les butins.

  • Un vote sous contrat

Posant pour la photo des journalistes en balcon, et parfois pour les femmes, avec un dernier ajustement de la coiffure pour la photo et les caméras dans la salle de l’ARP, les nouveaux députés ont voté, comme des moutons de panurge, après accord secret entre Ennahdha et Qalb Tounes.

Le premier à claquer la porte du parti Qalb Tounes, a été l’un des premiers défenseurs de Nabil Karoui. «Suite au choix de plusieurs députés de 9alb Tounes de voter pour Rached Ghannouchi, chef de l’organisation secrète et principal responsable de tous les maux de la Tunisie, je ne me considère plus lié, de quelque sorte que ce soit, envers ce parti. Je m’excuse platement envers ceux qui ont été influencés par mon engagement », écrivait hier soir Abdelaziz Belkhodja sur sa page des réseaux sociaux. Sera-t-il le seul ? Beaucoup estiment que le vote du mercredi soir, sera le début d’un scénario à la Nida Tounes qui s’est effiloché depuis sa coalition avec Ennahdha et disparu, pour Qalb Tounes.

Après des jours et des nuits de négociations et de marchandages, les différents partis semblaient ce mercredi 13 novembre 2019, avoir déjà trouvé les consensus et signé les transactions nécessaires au vote pour le Perchoir. Le décompte des votes, ferait apercevoir que sur les 123 votants en faveur de Rached Ghannouchi, 38 étaient de Qalb Tounes, c’est-à-dire la totalité du bloc, 21 d’El Karama et une partie de la coalition du «Réforme nationale» de Hassouna Nasfi notamment, et qui le dément. Reste à savoir la contrepartie de cet accord, ou de ce contrat !

Mais, si El Karama avait tenu ses principes d’un parti associé d’Ennahdha, Qalb Tounes notamment avait menti à ses électeurs, alors que partie au moins du groupe de Hassouna Nasfi, auraient des visées sur le prochain gouvernement qui expliqueraient leur vote.

  • Les Pro-Saïed sur le qui-vive

Ennahdha avait manifestement bien négocié, miroitant l’acceptation d’un chef de gouvernement qui ne serait pas issu de ses rangs, contre l’élection de Rached au poste de président de l’ARP, pour qu’Ennahdha puisse contrôler le législatif, et du même coup, installer son chef dans un statut de président, au même titre et au même rang que président de la république et président du gouvernement, sans oublier l’immunité, l’escorte présidentielle, le prestige et la notoriété qui en découlent.

La nouvelle donne politique en Tunisie, du vote de Rached Ghannouchi en tant que président de l’ARP, n’a pas non plus laissé de marbre les soutiens du président Kais Saïed. Dans un Post datant d’hier mercredi aussi, Kais Karoui qui avait managé la campagne électorale de Saïed sur les réseaux sociaux s’en alarmait, dans des termes qui dépassent sa pensée. «Si les 3 millions qui ont voté Kais Saïed, ne descendaient pas dans la rue, je peux vous assurer qu’ils vont l’isoler à travers l’ARP, et s’ils ne pouvaient pas, ils le tueraient», écrivait-il dans ce Post où il prenait soin que ces propos n’engageaient que sa propre personne. Certains mots, sont sans doute disproportionnés, mais traduisent de toute évidence une certaine fébrilité dans les rangs de la jeunesse du nouveau chef de l’Etat.

Il reste à signaler que, pendant que toute la classe politique tunisienne négociait les sièges à l’ARP, personne ne discutait de la stratégie du vainqueur et de ses amis, pour remettre l’économie sur les rails. Et même pour la personnalité du prochain chef de gouvernement, on discutera, plus des hommes, que de comment il va financer le budget, ce qu’il fera des entreprises publiques déficitaires dans un pays qui s’endette pour payer les salaires, ce qu’il compte faire pour le phosphate ou avec l’UGTT. Tout cela donne la nette impression, qu’on prendre d’autres personnes et on recommencera une nouvelles Troïka autrement composée. Cinq nouvelles années à perdre !

1 COMMENTAIRE

  1. En langage marin il ne peu y avoir plusieurs capitaines à bord. Un seul défini le cap à suivre. Leur excès et c’est le bateau qui coule.
    Alors avec un trio, une troika, nous pouvons envisager la suite, chacun indiquant une route.

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