AccueilCe que je croisC’est bien la TMM, et non le Tmm, Messieurs !

C’est bien la TMM, et non le Tmm, Messieurs !

Ce n’est pas du tout une faute d’orthographe ou une erreur élémentaire de syntaxe. C’est bien plus important que cela et personne ou presque n’a voulu la qualifier alors qu’on est bel et bien engagé dans cette voie de financement public. Je parle messieurs de la théorie monétaire moderne (TMM) et non de notre taux de marché monétaire national (Tmm).

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Depuis des mois on se débat comme on peut avec les modestes moyens de bord sur le fond et la forme peu orthodoxe de financement du déficit budgétaire et on s’est uniquement entêtés sur l’ampleur des chiffres dans une démarche purement comptable pour ramener le fameux déficit de 2020 de 13,7 milliards de dinars annoncé précédemment à 11,4 milliards approuvé finalement.

Et surtout d’inviter la Banque centrale malgré elle dans un débat qui n’est pas le sien en tant que banquier de dernier ressort dans le but d’arrondir les chiffres et de retrouver les équilibres arithmétiques classiques (ressources/emplois) autrement introuvables.

Or, il semble malheureusement que notre diagnostic n’est pas allé au-delà des chiffres et s’est contenté comme toujours le cas aux questions évidentes suivantes : comment et par quel mécanisme réglementaire la BCT va combler ce gigantesque déficit de caisse.

Le problème va au-delà de cette question pour nous mettre dans une sorte d’adoption de fait de la nouvelle théorie monétaire moderne (TMM) sans l’annoncer ou même pour certains sans se rendre compte.

Selon ma modeste contribution, la TMM peut être une excellente solution qui pourra nous faire sortir avec le minimum de dégâts possible tout comme un nouveau désastre qui viendra s’ajouter aux échecs innombrables de la conduite de la politique économique depuis dix ans à commencer par le fameux Go and Stop.

Selon les partisans économistes devenus de plus en plus nombreux depuis quelques temps à adopter cette théorie moderne, deux conditions doivent être réunies pour en assurer le succès à savoir la Gouvernance et l’optimisation dans la répartition du budget de l’Etat.

La crise 2008 et la naissance de la TMM

La politique monétaire classique étant dépassée par l’ampleur de la crise de 2008. Elle est de l’avis des spécialistes complètement balayée par la récente pandémie du COVID 19.

Nous sommes donc persuadés que les mesures non conventionnelles révolutionnaires proposées par l’ancien Gouverneur de la Fed Ben BERNANKE en 2008 pour une courte durée afin de juguler la crise financière sont devenus désormais le véritable socle d’une nouvelle recette économique certes controversée par l’école classique et par les conservateurs mais jusque-là défendable.

Selon cette recette devenu une nouvelle théorie monétaire, la limite des dépenses gouvernementales se trouve dans le taux d’utilisation des capacités de production et non dans les limites maastrichtiennes arithmétiques de dettes publiques fixées il y a presque 30 ans dans un contexte complétement différent.

L’utilité de la stimulation de la demande par le biais d’un déficit public dépendra donc des moyens de production non utilisés et à en faire bon usage.

Le raisonnement est très simple, si la quantité de biens générée par la capacité de production disponible n’augmente pas mais que de l’autre côté la quantité de monnaie crée augmente, les prix grimperont alors.

L’inflation qui en résulte est une pénalisation directe et elle déclenchera une nouvelle redistribution. Donc la TMM contrairement à certaines critiques place l’inflation au cœur de son modèle.

L’impôt est plus fort et plus perspicace que le taux d’intérêt

Les promoteurs de la TMM adoptent à ce niveau un raisonnement des plus simplistes. Pour cela imaginons qu’un Etat a malheureusement crée trop de monnaie et a provoqué une hausse précipitée des prix, d’où la nécessité comme à l’accoutumé d’user de l’arme monétaire du fameux taux d’intérêt pour corriger avec un effet décalé de plus de 6 mois minimum la courbe ascendante des prix au risque de geler au passage une partie non négligeable des capacités potentielles de production.

Il y a une façon très simple d’arrêter l’hémorragie de l’inflation et de retirer rapidement ce qui a été créé de trop par l’instrument de l’impôt. C’est donc de l’argent qui disparait et l’inflation qui s’assagit.

Selon la nouvelle théorie TMM c’est la taxe et les impôts qui créent la demande pour la monnaie.

Mieux encore, il suffit d’associer à la TMM la suppression du Cash pour obtenir un système résilient extrêmement efficace ou la fausse ou mauvaise monnaie est systématiquement corrigée par l’impôt.  

L’innovation a jusque-là étouffé l’inflation

Autres facteurs qui rendent cette nouvelle théorie viable contextuellement et largement reprise dans plusieurs programmes gouvernementaux. Elle s’appuie en effet sur le processus microéconomique actuel de formation des prix.

L’innovation, la concurrence et la mutualisation ont avouons-le, fait baisser les prix sans relâche depuis plus de 10 ans.

L’absence de pressions inflationnistes résulte donc de la jonction de deux effets complétement symétriques qui à la longue vont devoir se neutraliser.

D’une part l’effet sans relâche de toute la chaine logistique et de production à faire baisser les coûts, lequel effet est immédiatement transmis dans la structure des prix par le jeu de la concurrence.

D’autre part, une création de monnaie qui compense cette baisse et neutralise l’effet déflation ou gain de pouvoir d’achat de la monnaie

L’enjeu primordial de la Gouvernance

Comment donner de l’argent à un Etat qui par le passé a démontré malgré lui qu’il est un très mauvais gestionnaire du budget ?

Comment s’assurer que les ressources mises à la disposition des pouvoirs publics ont été utilisées de manière productive et optimalement réparties entre les régions, les projets et les secteurs préalablement fixés conformément à un planning de réalisation?

Malheureusement les interrogations et les doutes sont très nombreux et les rapports entre bailleurs de fonds central et Gouvernement ne sont pas toujours au beau fixe.

Et c’est là justement que les questions fondamentales des choix et des orientations dans les domaines retenus comme prioritaires dans le cadre d’un plan de développement ou conformément à une feuille de route bien approuvée de part et d’autre sont la base de succès d’une TMM.

Seule la BCT dans un nouveau rôle est garante d’une bonne TMM

Aujourd’hui le fait est bien là. Nous sommes bien engagés dans une sorte de TMM rien que pour la partie du financement en dinars du budget.

Le problème est donc comment peut-on assurer une bonne utilisation du financement directe du trésor par la BCT et comment doit-on doter notre Banque Centrale des mécanismes et du cadre législatif et réglementaire lui permettant de toujours consacrer son indépendance ainsi que son pouvoir de veiller à la bonne exécution et affectation des ressources.

En d’autres termes comment faire évoluer le rôle de la BCT vers celui semblable d’un FMI domestique capable de suspendre s’il le faut tout nouvel accès au financement en dinars et même en devises si jamais ne il a constaté à travers son audit permanent un quelconque dérapage en matière d’utilisation des ressources ou une réaffectation non prévue par la feuille de route.

Le débat des spécialistes semble aujourd’hui plus que nécessaire pour engager une réforme salvatrice à même de réunir les conditions pour une pareille mutation de forme et de fonds du nouveau rôle de la BCT.

Il faut pour cela avoir une vision et beaucoup de courage et de volontarisme de la part des trois pouvoirs afin d’entamer une véritable révolution dans les esprits pilotés comme c’est toujours le cas par une banque centrale perspicace et omniprésente.

Hatem ZAARA

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