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dimanche 27 septembre 2020
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Cherche gouvernement désespérément !

Héritier d’une longue lignée de gouvernements à la petite longévité, Hichem Mechichi entame donc les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement. Sorti de chez Kais Saïed samedi soir, sa lettre de nomination sous le bras, le 3ème chef de gouvernement du second président de la 2ème République tunisienne, n’avait rien dit du profil de gouvernement qu’il comptait s’atteler à sa recherche.

Les 2 indications de Saïed à son poulain

Les seules deux petites indications ont été données par le chef de l’Etat. D’abord lorsqu’il dit en lui remettant sa lettre de mission, que « nous attendons que vous donniez une suite favorable aux demandes légitimes de notre peuple, et nous nous y emploierons, car elles sont légitimes ». On comprendrait alors que c’est là la feuille de route du nouveau chef de gouvernement. Cela d’autant plus que, contrairement à Jemli et Fakhfakh, Mechichi n’aura pas à discuter d’une autre feuille de route avec un quelconque parti politique, puisque candidat libre et qui n’aura pas  à se soucier d’une quelconque ceinture politique qui lui assurerait les 109 voix nécessaires au vote de confiance, dans un mois devant l’ARP. En majorité, les partis politiques ont vite fait de prendre positivement acte

de la nomination de Mechichi, le danger d’un sabordage de l’actuelle ARP avec de possibles législatives anticipées devenant plus que probable après deux fausses-couches gouvernementales.

Deuxième indication de Kais Saïed à celui qu’on nomme déjà « premier ministre », et qui pourrait s‘appliquer au nouveau modus operandi des négociations, c’est lorsque Saïed lève la voix pour dire à Mechichi que « (…) la légitimité, nous la respectons, mais nous devons la remettre en cause ». Cela pourrait vouloir dire que le chef de l’Etat lui demanderait d’exclure l’option d’un gouvernement politique, et de ne choisir que les plus « compétents », remettant ainsi en cause la légitimité d’un gouvernement basé sur le résultat des législatives et sur l’offre des partis en matière de ministres.

Des sources, certes non confirmées, font état de la possibilité que les anciens ministres, de la Défense Imed Hazgui, des Affaires sociales Habib Kchaou, et même des Finances Nizar Yaiche, puissent conserver leurs portefeuilles, à la demande même de Saïed, ce qui confirmerait l’option d‘un gouvernement, dit de compétences.

L’hypothèse d’un gouvernement sans Ennahdha est-elle possible ?

Une telle stratégie ne serait pas trop risquée, et même dans le court terme gérable. En effet, le choix d’un gouvernement de compétences, comme nous pensons que le voudraient le couple Saïed-Mechichi, aurait certainement un effet levée  de boucliers, d’Ennahdha d’abord et de ses satellites ensuite. Mais tous finiront par voter la confiance à Mechichi. Ils pourraient même lui voter le budget 2020 et ses lois de finances, complémentaire 2019 et principale 2020.

Ayant une mémoire de chameau, tous les partis que Mechichi n’inclura pas dans son prochain gouvernement, l’attendront cependant au tournant des projets de lois qu’il devra passer devant l’ARP pour pouvoir gouverner, comme y a attiré l’attention l’agence de notation Fitch Rating, en lien avec les réformes et le soutien du FMI. Des risques financiers que Moody’s avait aussi mis en valeur.

Plus improbable, mais néanmoins envisageable, le fait qu’un possible gouvernement de compétences non politisé puisse faire changer le positive-attitude d’Ennahdha, au cas où il  se verrait exclus du gouvernement Mechichi et que la motion de censure contre Rached Ghannouchi réussirait à le descendre du Perchoir. La déclaration du député Khaled Krichi du « Mouvement du Peuple » [ar] affirmant la possibilité de créer un gouvernement sans Ennahdha, n’est pas pour calmer les peurs du parti Islamiste tunisien.

Ce qui est pour l’instant sûr, c’est que Kais Saïed et son poulain Hichem Mechichi jouent sur une corde raide, et que l’option de « Plan B » se rétrécit comme une peau de chagrin, alors que les ressources de l’Etat s’amenuisent, sans oublier l’avertissement du chef de gouvernement démissionnaire d’en arriver à une situation de Shutdown, où il sera impossible de payer les salaires [ar], comme en avait parlé Elyes Fakhfakh après sa démission. Ajmi Lourimi d’Ennahdha pense que son parti sera dans le gouvernement Mechichi. Que dira ce dernier dans  son prochain premier point de presse ?

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