Des chiffres et des lettres, pour corriger l’économiquement inculte député Yamina Zoghlami

Des chiffres et des lettres, pour corriger l’économiquement inculte député Yamina Zoghlami

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Tancée sur la question polémique du dernier voyage du nabab religieux tunisien et président de l’ARP, Rached Ghannouchi en Turquie, qu’il expliquait par un désir de le féliciter pour la nouvelle voiture fabriquée par le pays d’Erdogan, l’élue d’Ennahdha au Parlement, Yamina Zoghlami, a rétorqué par cette phrase qui en dit long sur l’état de ses connaissances sur l’industrie de son propre pays. «La Turquie a fabriqué une voiture moderne, alors que nous ne fabriquons même pas une bicyclette».

Censée connaître son pays, dont elle est député depuis 2011 sur les listes du parti islamiste tunisien Ennahdha, Yamina Zoghlami ne savait pas que son propre pays qu’elle dénigre, fabriquait justement des bicyclettes depuis 1993, date de création de la société Eurocycles (pour ne citer que cet exemple, car cotée sur la bourse de Tunis) dans la zone industrielle de Kalaa Kébira où elle n’a jamais mis les pieds. L’entreprise est à plus de 52 % propriété d’hommes d’affaires tunisiens, dont son concitoyen Habib Essayeh. L’entreprise, où la construction des bicyclettes sous normes européennes pour y être vendus, fait travailler des employés et de hauts cadres tunisiens, exportait en 2019 pour l’équivalent de 69,271 MDT en devises dans des pays européens, et réalisait un bénéfice de plus de 8,6 MDT à la fin juin 2019. Mais cela, le député Nahdhaoui Zoghlami, ne le savait pas.

La parlementaire, fière des performances industrielles du tout premier colonisateur de la Tunisie qu’a été l’empire ottoman, ne savait pas non plus que son propre pays fabriquait déjà des voitures bien avant la Turquie du chef des «Frères Musulmans», ɾɛd͡ʒɛp ˈtaːjip ˈɛɾdoan (En 2004, il se disait d’origine géorgienne) dont le nom est converti en Rejeb Taïeb Erdogan pour s’en approprier l’islamité et l’islamisme.

L’aventure des frères tunisiens, Zied et Omar Guiga, pour construire une voiture à 56 % pur jus tunisien, avait démarré en 2006 et leur entreprise Wallys Car était jusqu’à 2015 totalement exportatrice avec un chiffre d’affaires à l’export de 3 M€ pour une production moyenne annuelle de 416 véhicules. Mais, cela aussi les Nahdhaouis sous administration intellectuelle ottomane, ne le savaient pas. Au pouvoir depuis 2012, ils n’avaient non plus rien imaginé et rien fait pour encourager l’émergence d’un champion national de l’automobile. Au contraire, leur premier chef de gouvernement n’avait alors pensé qu’à importer des Tuktuks, et n’avait même rien fait pour encourager l’industrialisation de ce moyen de transport dans son propre pays.

C’est aussi dans le pays dont le député islamiste dit qu’il ne fabrique même pas une bicyclette que la société Avionav construit des avions légers et en exporte. Quinquagénaire et théoriquement diplômée en histoire contemporaine, elle ne connaissait pas que dans le pays où elle était née, cette entreprise de 140 ingénieurs et techniciens, dirigée par le Tunisien Fouad Kamel, produit cet avion à Borjine et intéresse des avionneurs suédois pour aller encore plus loin dans cette industrie innovante, et qu’elle fabrique déjà des pièces de 9 avions italiens.

Et c’est aussi cette même Tunisie que le député économiquement inculte dénigre, et dont le parti renforce le pouvoir économique des Ottomans dans son propre pays, qui fabrique des bâtiments de guerre par ses propres moyens et compétences humaines.

Elle ne savait pas, alors qu’elle est député, que l’armée tunisienne développe, depuis peu, une stratégie de construction industrielle, en coopération avec le secteur privé tunisien. Elle a déjà fabriqué son 2ème navire militaire baptisé Utique par ses propres moyens, réduisant même le coût de 12 à 5,5 MDT. Avant Utique, il y avait eu Istiklel en 2011, et Kerkouene en 2017. Mais tout cela, Yamina Zoghlami ne le savait pas. Comme son patron, elle préfère les voitures turques, et en fait l’apologie.

Après l’accord sur les véhicules blindés turcs pour la Tunisie pour casser toute velléité industrielle dans ce créneau, la Tunisie aura bientôt un concessionnaire, peut-être proche d’Ennahdha, pour vendre des voitures turques en Tunisie !

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