Economie solidaire : Du concret avant fin 2018, une banque mutuelle dans...

Economie solidaire : Du concret avant fin 2018, une banque mutuelle dans 3 ans

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Le projet de l’économie sociale et solidaire (ESS) qui devrait être prochainement examiné en Conseil ministériel, en tant que nouveau levier pour l’insertion et l’emploi, est au cœur des débats et des rencontres. Ce jeudi 18 octobre 2018, le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi a animé le débat à travers l’organisation sur deux journées d’un colloque international sur le thème ‘L’économie sociale et solidaire en Tunisie : Le temps de l’action”.

Ouvrant les travaux de cette rencontre qui ont commencé ce matin, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Faouzi Abderrahmane, a déclaré que le projet de l’économie sociale et solidaire (ESS) a nécessité un travail de deux ans lequel a donné lieu à plusieurs recommandations reformulées, en collaboration avec toutes les parties prenantes. Il a souligné toutefois que les citoyens n’ont pas attendu que ce projet de loi soit approuvé et lancent déjà des initiatives relevant de l’ESS qui leur ont permis de monter des projets.

Il a par ailleurs indiqué que le projet de l’ESS est venu répondre à un besoin extrêmement important exprimé par la société et qui correspond au climat des affaires en Tunisie. Le ministre a fait remarquer que l’ESS ne contribue au PIB du pays qu’à hauteur de 1% seulement et que l’objectif est d’atteindre 5% à l’horizon 2020. “C’est un objectif très ambitieux et c’est pour cette raison qu’on a besoin de voir des entreprises économiques et solidaires qui font des chiffres d’affaires encore plus importants“, a-t-il soutenu.

Il va falloir aussi qu’on réfléchisse également à des idées innovatrices et qu’on garantisse un climat d’affaires propice et adéquat“, a précisé le ministre, faisant remarquer que le succès de ce projet réside dans le support financier qui sera apporté. “On ne va pas trop avancer si on n’a pas mis l’environnement financier adéquat et préconisé une formation adéquate en la matière“, a-t-il dit.

Il a par ailleurs annoncé la transformation des centres de formation de la femme rurale et qui sont, selon ses dires, au nombre de 13, en centres de formation pour l’économie sociale et solidaire.

Quant à lui, Khelil Ghariani, membre du bureau exécutif de l’Utica, il a tenu à préciser que selon une enquête réalisée en 2016, l’économie sociale et solidaire contribue à hauteur de 1% dans le PIB du pays et emploie seulement 21 mille personnes dans la population active dont 60% dans les associations, un chiffre qu’il a qualifié de très minime, soit 0,6% de la population active.

Il a par ailleurs indiqué que les entreprises qui ont adhérè à l’ESS trouvent des difficultés énormes en matière de financement, plus que les PME : “Les banques ne les financent pas parce qu’elles les considèrent comme vulnérables“, a-t-il expliqué.

Quant à lui, le ministre de l’Agriculture, Samir Bettaieb, a souligné l’intérêt qu’accorde le gouvernement à l’économie sociale et solidaire tout en plaçant ce nouveau mode de gouvernance au coeur du plan du développement 2016/2020. Il a appelé ainsi à mettre en place le cadre juridique le plus adéquat et faire en sorte que ce secteur contribue efficacement à la croissance.

Bettaieb a rappelé à ce propos l’ensemble des mesures annoncées, hier, par le chef du gouvernement, Youssef Chahed et s’inscrivant dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. En effet, lors de sa participation à un séminaire national sur la femme rurale organisé par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la femme rurale, Chahed a ordonné l’augmentation du budget du Fonds de développement du secteur agricole en consacrant un montant de 3,2 millions de dinars sur une ligne de financement des structures professionnelles essentiellement féminines, outre la mise en place d’une ligne de garantie et de bonification des bénéficies pour les crédits destinés aux femmes en milieu rural et au financement des projets lancés dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Composé de 22 articles, le projet de loi relatif à l’ESS devrait être prochainement examiné en Conseil ministériel avant d’être soumis à l’ARP (Assemblée des représentants du peuple) avant la fin de cette année. Le projet de loi sur l’ESS a été mis en ligne pour une consultation publique, du 7 au 28 mai 2018, sur le portail national de l’information juridique et sur le site du ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi. Le document vise à parer à la dispersion des textes juridiques relatifs à cette question, à définir les principes et les objectifs de l’ESS et à la doter d’une structure représentative et fédératrice, avec au programme la création d’un Conseil supérieur de l’économie solidaire et un Observatoire national de l’ESS. Il prévoit, également, un mécanisme d’autofinancement et la création dans trois ans d’une banque mutuelle.

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