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Elle a enfin parlé. Pas trop mal, et pas pour tout le monde !

L’occasion était la célébration du travailleur exemplaire, et elle a distribué plusieurs distinctions, une semaine après le 1er mai 2022. L’occasion était aussi, pour la 2ème sortie médiatique de la cheffe du gouvernement tunisien, après les Journées de l’entreprise à Sousse l’an dernier, d’un discours télévisé de 27 minutes. Un peu trop long, mais la cheffe du gouvernement sentait certainement qu’elle avait beaucoup de choses à dire à ses concitoyens, pour faire plus court. Bien avant elle, le mathématicien Blaise Pascal avait dit que « je vous écris une longue lettre, parce que je n’ai pas le temps d’en écrire une courte ». Il lui fallait peut-être pour elle, bien calculer son coup, pour que son auditoire la calcule bien !

Francophone, Nejla Bouden s’était courageusement jetée à l’eau, dans une langue arabe qu’elle voulait certainement châtiée, peut-être pour faire comme Kais Saïed. Calmement, elle transpirait le trac, et faisait, dignement- il faut le marquer- des coquilles à répétition. Ce faisant, elle faisait cependant, beaucoup mieux en solennité que plus d’un politicien de la place au langage de facebookistes. Une « arme » certes à double tranchant.

Un discours aussi où  on sentait l’empreinte d’un certain Kais Saïed dont l’ombre planait sur l’auditorium Chedly Klibi à la Cité de la culture, notamment lorsqu’elle évoquait sa « Istichara », ou en parlant de l’économie de rente que déteste et fustige à tout bout de champ, et parfois sans en connaitre les tenants et les aboutissants, son patron de président.

–          L’ombre de K. Saïed planait samedi sur le discours de N. Bouden

En place depuis presque sept mois, la cheffe du gouvernement tunisien, qui n’avait pas le temps de présenter le programme de son gouvernement, était impatiemment attendue, tant par le simple citoyen que par les bailleurs de fonds. Ces derniers semblaient avoir besoin de l’entendre dire ce qu’elle leur présentait en guise de plan de sortie de crise et de relance, en direct devant ses principaux partenaires, et notamment l’UGTT. L’entendre s’engager officiellement dans les réformes qu’elle prêchait devant eux lors des discussions formelles, et attendre les réactions de ses partenaires sociaux, pour juger in vivo du degré d’acceptation de ses réformes, et donc de leur faisabilité et de la possibilité, pour le gouvernement de tenir ses engagements, désormais devenus officiels.

Et c’est en cela que c’était un discours, selon nous, orienté à 90 % vers les partenaires sociaux, et en sous-jacent vers les bailleurs de fonds et plus particulièrement le FMI.

C’est ainsi qu’elle dira qu’elle ne touchera pas aux salaires et à la compensation. Sans pour autant dire qu’elle ne les rationaliserait pas. Mais en spécifiant, pour les hausses salariales, que cela se ferait dans la mesure des capacités des finances publiques et de la pérennité de la dette.

Elle dira qu’elle ne privatiserait pas les entreprises publiques. Sans pour autant oublier de spécifier qu’une liste des entreprises stratégiques sera mise en place, et qu’elle restructurerait le reste après audit, annonçant la prochaine mise en place d’une structure de gestion des participations publiques.

–          Le privé, ce grand oublié du discours de Bouden

On ne manquera pas non plus de  dire qu’à partir de là 13ème minute, la cheffe du gouvernement s’était malheureusement laissée enrôler dans un discours d’autosuffisance, après avoir essayé de faire passer ses devoirs de chef de gouvernement, en faveurs et en réussites, comme le montrent les exemple des salaires ou encore du remboursement de la dette.

On ne manque pas de signaler qu’elle a déroulé succinctement son programme de réforme qont elle disait  qu’il a été préparé par 400 hauts cadres (Ndlr : Les mauvaises langues pourraient dire de cette précision, qu’elle rappelle les mauvais souvenir d’un autre programme d’Ennahdha qui en disait, il y a quelques années, presque pareil !), pour laisser à ses adjoints ministres le soin de les expliquer et en dessiner plus en détail les perspectives et les retombées sociales et économiques. Force est cependant de constater qu’on n’entendait, samedi dernier, aucun message à l’endroit de l’Utica (dont elle a, au passage, écorché le nom, même dans le « Read-Out ») pour tranquilliser les hommes d’affaires, restant presque, à leur propos, dans le même discours que celui  du chef de tout l’Etat, un discours à la « Je t’aime moi non plus ». Un discours, en partie d’éloge du travail, pour les plus méritants distingués à l’occasion, où l’entreprise privée brillait par son absence et semblait avoir été oubliée par Nejla Bouden qui n’avait même pas esquissé une caresse dans le sens du poil à son égard.

Samedi dernier encore, Nejla Bouden donnait certains chiffres, comme les 9,9 Mds pour les entreprises publiques bouffant 20 % du budget de l’Etat, ou la baisse à 15 % de l’investissement public pour créer plus d’emploi. Mais on ne l’a pas entendue parler des 18,5 % de chômage (chiffres du 3ème trimestre … 2021), ni annoncer des mesures pour en endiguer la frénésie galopante, ni encore parler de l’environnement où certaines régions, comme Sfax l’attendaient fébrilement, ni ce qu’elle compte faire pour éteindre la flambée générale des prix.

Samedi dernier donc, Nejla Bouden avait vaincu sa phobie des médias. Son discours, une première depuis 7 mois, était structuré (mieux que son chef, tant dans ses vidéos Home-Made, que devant ses fans), avec plein de messages (comme son chef), avec des clins d’œil à la politique de son chef. Les 300 commentaires et autres 300 partage (Chiffres du dimanche après-midi), ont cependant été plus accueillants et moins critiques que nous !

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