Ghannouchi sur un perchoir éjectable ?

Ghannouchi sur un perchoir éjectable ?

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Le chef du mouvement Ennahdha, et depuis peu président de l’Assemblée des représentants du peuple, Rached Ghannouchi, ne serait pas en odeur de sainteté au perchoir du Parlement. Des voix s’élèvent pour demander qu’il en soit délogé, soit en présentant sa démission, soit en s’exposant à un vote défiance pour avoir notamment pris une position biaisée lors de la séance plénière consacrée au vote de confiance au gouvernement de Habib Jemli.

La tête de gondole de ce mouvement est la présidente du groupe parlementaire du Parti Destourien Libre, Abir Moussi, qui est revenue, ce lundi, à la charge pour exhorter ses pairs des différents blocs à signer une pétition pour le retrait de confiance à Rached Ghannouchi auquel il est fait grief, aussi, d’avoir effectué le samedi 11 janvier une visite en Turquie pour y rencontrer le président turc Erdogan, au lendemain du rejet du gouvernement par le parlement lors de la séance de vote de confiance.

“La demande de retrait de confiance est une question qui dépasse les tiraillements partisans et idéologiques. C’est une question qui touche à la sécurité nationale, étant donné que le président du parlement assiste aux réunions du Conseil de sécurité nationale et en sait suffisamment”, a déclaré Moussi, lors d’une conférence de presse tenue lundi au palais du Bardo. Elle a estimé que cette visite non annoncée du président de l’ARP soulève plusieurs “interrogations sur les liens du mouvement Ennahdha avec des parties étrangères et sa volonté d’impliquer le pays dans la politique des axes étrangers”.

Des explications « risibles » !

La présidente du PDL a estimé que les justifications présentées par le mouvement Ennahdha concernant la visite de Rached Ghannouchi en Turquie “prêtent à rire”. Le mouvement avait indiqué que Rached Ghannouchi s’est rendu en Turquie en sa qualité de président du parti et non en tant que président de l’ARP. “Si le bloc du PDL n’arrive pas à recueillir les 73 signatures nécessaires pour valider la pétition, il prendra acte que les députés ont perdu l’occasion d’améliorer la situation et ont préféré le statu quo et la soumission aux désirs du président du parlement”, a-t-elle fait observer.

La démission de Rached Ghannouchi est également réclamée par le président du mouvement Machroû Tounès, Mohasen Marzouk, qui a contesté la neutralité du président du l’ARP au cours de la prochaine période, marquée par le vote de confiance au « gouvernement du Président » en accord avec la Constitution.

L’article 51 du règlement intérieur de l’ARP stipule que l’Assemblée des représentants du peuple peut retirer sa confiance à son Président ou l’un de ses vice-présidents à la majorité absolue des membres de l’Assemblée, sur la base d’une demande écrite et motivée présentée au Bureau de l’Assemblée par au moins un tiers des membres. La demande est soumise à la séance plénière pour voter le retrait de confiance ou non dans un délai ne dépassant pas trois semaines de son dépôt au bureau d’ordre.

Le porte-parole du mouvement Ennahdha, Imed Khemiri, a réagi à la pétition de retrait de confiance au président du parlement en affirmant, dans une déclaration de presse, que “que tous les mécanismes adoptés sont des mécanismes légaux mais le plus important aujourd’hui c’est de chercher à consolider la stabilité du parlement au lieu d’évoquer ce genre de questions qui risquent d’affaiblir l’institution législative dans ce contexte délicat que traverse le pays”.

AM&TAP

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