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mardi 22 septembre 2020
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Il passerait en août, mais ne passerait pas mars

C’est le gouvernement le moins peuplé depuis 2011, en attendant les conseillers. Hichem Mechichi y a gardé 3 ministres du gouvernement Fakhfakh, a fait notamment trois grandes fusions de ministères, supprimé trois autres dont la formation professionnelle, et créé un nouveau département (Immigration et TRE ajouté aux affaires étrangères).

Autrement, le prochain gouvernement s’il passait, semble être un véritable condensé d’universitaires et plus. Avec 8 femmes ministres, (Un taux de 28,5 % de présence féminine et un très bon classement mondial,et certainement une première tunisienne et arabe), et neuf spécialistes du droit (Juges, des avocats ou des enseignants). Un gouvernement qui tranche par sa construction, même si on peut y trouver à redire. D’autres, ont vu dans la composition du prochain gouvernement, une touche féminine et même familiale, les deux « premières dames » étant des juges.

Sinon, beaucoup sont d’illustres inconnus pour le grand public, certains parce que magistrat, d’autres car universitaires invisibles sur les plateaux TV, et dont on ne trouverait même pas photos sur le Net ou les réseaux sociaux. D’autres, son d’illustres grandes figures de leurs domaines respectifs et qui semblent avoir convaincu par leurs expériences précédentes, comme Fadhel Kraiem aux TIC et à qui on accole injustement une étiquette religieuse, ou comme ce natif de Mahdia, Moez Chakchouk au transport, que les hautes compétences ont amené au poste de d’assistant au SG de l’Unesco, malgré son jeune âge (45 ans en juillet dernier). Ou encore,ce fin connaisseur du tourisme qu’est Habib Ammar qui fait son retour, compétence oblige.

Dans tous les cas, ils ne contenteront presque personnes sur la scène politique tunisienne, tant les aspirations de cette dernière d’un gouvernement politique, où les fauteuils ministériels seront distribués au prorata des sièges à l’ARP, auront été inaboutie auprès de Hichem Mechichi.

  • Qui reproche quoi à qui ?

Ce dernier et son patron Kais Saïed gagnent au passage quelques lauriers de victoire sur Ennahdha et confirment la mise du parti islamiste tunisien, sur le banc de touche du pouvoir. Le parti de Rached Ghannouchi avait déjà vu ses ministres démis par Elyes Fakhfakh, qui poursuit sa « vengeance du serpent à plumes » [Ndlr : Titre d’un film de Gérard Oury sorti en 1984], et vient de se voir renvoyer de façon, inattendue mais publiquement appréciée,du gouvernement qui remplacerait celui d’un Fakhfakh qu’Ennahdha avait fait tomber. La gifle est double, et elle fait mal. Tellement déconfit, un des anciens ministres du parti islamiste renvoyé par Fakhfakh, a dernièrement remis sa barbe (En signe d’austérité politicienne ?).

Descendus de leurs montures politiques, Ennahdha de Rached Ghannouchi, comme Ettayar de Mohamed Abbou, le MP de Ghazi Chaouachi, ou encore Makhlouf d’El Karama, trouvent tous déjà quelque chose à dire contre les choix de Mechichi et lui promettent déchéance.

Ainsi, selon eux, les promus aux ministères de l’intérieur et de la justice, des choix directs de Kais Saïed et qui cristallisent presque toutes les contestations, seraient anti-Ennahdha.Auraient-ils peur qu’ils ne pensent à déterrer de vieux dossiers qui lui feraient mal ? Le préposé aux TIC serait selon d’autres, proche d‘Ennahdha. Et même le syndicat libre « Ijaba » se met de la partie, pour contester la proposée au poste de ministre de l’enseignement supérieur, qui aurait gagné auparavant une bataille contre lui.

  • Quelles sont ses chances ?

Reste maintenant à se demander, quelles sont les chances d’un gouvernement sans ceinture politique, fait de compétences non-partisanes que les politiciens ne voient d’un bon œil, de passer le cap du vote de confiance de la semaine prochaine ?Déjà, l’ARP toujours en vacance malgré l’appel à se réunir d’urgence en session extraordinaire, traîne le pas et ne se réunira pas avant mardi pour décider du sort du nouveau gouvernement. Les observateurs restent cependant unanimes. Mechichi passera. Avec certainement un score étriqué, mais il passera.

La véritable question, ou la question à un million DT, c’est plutôt combien de temps pourrait-il résister aux pressions de ceux qui se croient avoir été élus pour gouverner, et qui feront tout pour le tomber ? On lui votera certainement le budget et sa loi de finances sans problèmes. Mais Ennahdha et compagnie, seront moins coulants pour tout autre projet de loi qui pourrait servir à concrétiser le programme du chef du gouvernement. Les bâtons dans les roues, ce dernier deviendra alors plus facilement attaquable sur le volet des réalisations,Et on lui rappellera alors qu’il s’était appelé « gouvernement de réalisation ».

Dans ce cas, assure plus d’un observateur, le prochain gouvernement ne dépasserait pas le mois de mars 2021, dans une scène politique, désormais habituée aux changements de gouvernement comme un volage habitué aux divorces. Un subterfuge constitutionnel pour lutter contre les élections anticipées, l’amendement de la loi électorale à la manière de Youssef Chahed et à l’amendement de la constitution comme le projette Kais Saïed.

  • Que pourrait-il faire pour éviter l’ARP ?

D’autres experts économiques soutiennent cependant, que Mechichi n’aura pas besoin de nouvelles lois pour faire les réformes nécessaires, et qu’il lui suffirait d’user de l’arsenal juridique existant et d’appliquer les lois déjà votées, pour le faire. Ces experts parlent de « simples mesures de correction à prendre, pour faire redémarrer la croissance, tirer le PIB vers le haut, libérer les entreprises, et mieux se positionner par rapport au FMI ». Un habitué des réunions avec ce bailleur de fonds, met en exergue« la désormais bonne disposition du FMI par rapport à conjoncture économique tunisienne, l’impact Covid-19 local et international qu’elle subit, et qui pourrait faciliter les prochaines négociations avec ce bailleur de fonds », et partant, avec ses followers.

Un autre expert (Ndlr : Tous ont préféré l’anonymat pour cause de conjoncture instable) assure que pour la dette, il suffira au prochain ministre des finances et son équipe, de « structurer la dette selon les clusters, et de la renégocier sur la base de réformes, claires, précises et urgentes ». Pour la relance du PIB, il conseille au prochain détenteur du pôle ministériel financier, de « se positionner au plus vite sur la question de l’impôt, réduire rapidement la pression fiscale pour libérer les entreprises, et élargir l’assiette fiscale ». Il ne resterait alors au prochain chef de gouvernement, et ce n’est pas une mince affaire, que le phosphate de Gafsa, le pétrole du Kamour à Tataouine, et l’UGTT. Ce dernier semble être désormais, selon des sources généralement bien informées,dans de meilleures dispositions vis-à-vis du gouvernement Mechichi s’il passait le guet du vote de l’ARP.

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