La disparition tragique d’un Subsaharien à Sfax nous interpelle tous

La disparition tragique d’un Subsaharien à Sfax nous interpelle tous

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La Tunisie connaît, ces dernières années, un flux de migrants des pays subsahariens, et bon nombre d’entre eux sont employés illégalement dans des fermes agricoles, des restaurants et les chantiers de construction. De nombreux ouvriers subsahariens subissent des mauvais traitements : Confiscation du passeport, coups, insultes, payes non versées. C’est de l’esclavage moderne.

Même le « marché » des femmes de ménage d’Afrique subsaharienne travaillant essentiellement chez les familles tunisiennes aisées du pays relève d’un véritable régime de traite. Tel est le lot quotidien de ces pauvres migrants…

Dernièrement, un responsable municipal à Sfax a révélé une histoire tragique : un ouvrier de nationalité ivoirienne vient de décéder dans une localité relevant du gouvernorat de  Sfax. Cet homme a rendu l’âme suite à un état d’épuisement, des mauvaises conditions de vie et une surexploitation au travail.

Le responsable a précisé qu’un homme d’affaires dans le gouvernorat en question est suspecté d’avoir séquestré et exploité des ouvriers africains, les faisant travailler plus de 16 heures par jour et les privant de leurs passeports pour qu’ils ne portent pas plainte contre lui. Il les logeait sur les lieux de travail, dans des conditions critiques et inhumaines.

Suite à cette affaire, le porte-parole des tribunaux de Sfax a dénoncé dans une déclaration faite aux médias ce genre de mauvais traitement réservés aux migrants, affirmant qu’il s’agit d’un crime et que ces comportements sont passibles de peines de prison pouvant atteindre la perpétuité.

D’ailleurs, les conditions de travail  des immigrés africains sont souvent pointées du doigt par certaines associations de défense des droits de l’Homme. C’est dans ce contexte que l’organisation « Tunisie terre d’exode et de refuge » a  tiré la sonnette d’alarme quant aux crimes commis contre cette communauté, tout en révélant qu’en 2018, l’association a reçu 410 plaintes de la part de résidents africains, pour mauvais traitements, ajoutant que le quart de ces cas a été signalé dans la région de Sfax.

L’association a appelé le gouvernement et les parties concernées à protéger les employés subsahariens et à poursuivre en justice toute personne ayant exploité ces derniers. Mais malgré le fait que le gouvernement ait adopté une loi pour la « répression » de la « traite des personnes », le démantèlement des réseaux risque d’être compliqué tant le phénomène est enraciné dans la société depuis des décennies.

Aujourd’hui un peu partout dans le monde on reconnaît que le racisme n’a pas d’avenir et que le futur appartient au métissage. La violence, symbolique et physique, contre les Subsahariens en Tunisie est une violation des principes du droit international, il faut le rappeler, et contre la direction dans laquelle évolue notre planète. Il faut le dire à tous ceux qui vivent dans une bulle, avec des pratiques barbares d’un autre temps : Ce que vous faites n’a pas d’avenir !

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