Dans un contexte particulier où l’administration tunisienne demeure incapable d’intégrer un plus grand nombre des diplômés, et le secteur privé n’est pas en forme pour recruter davantage , l’orientation vers l’initiative privée qui encourage les jeunes à créer leurs projets propres , devient de plus en plus un enjeu national , mais exige la promotion de l’esprit entrepreneurial .
Une grande responsabilité incombe donc à l’ensemble des intervenants notamment le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, pour trouver une issue à la crise de l’employabilité , par le biais de la diffusion parmi la jeunesse d’une culture de l’entreprise et de l’initiative privée , dans un pays où l’économie est plus que jamais en berne sous l’effet de l’aggravation de la crise politique.
L’entreprenariat freiné
Faycel Zahhar, Directeur de la promotion des petites entreprises au sein de l’Agence Nationale de l’Emploi et du Travail indépendant (ANETI), reconnait la lenteur de ce processus notamment au regard de la réticence des jeunes à s’engager dans l’initiative privée du fait des obstacles qu’ils rencontrent lors de leur la création de leur propre entreprise , dans les domaines du financement et des procédures administratives .
Dans une déclaration à Africanmanager, il constate que la création d’une nouvelle génération d’entrepreneurs reste tributaire d’une intervention efficace du ministère de tutelle tout au long de système éducationnel.
Comment faire ? Il existe bel et bien une solution. Le directeur suggère non seulement la révision du système éducatif , mais aussi la mise en place de programmes parallèles au niveau régional pour réussir à instaurer cette culture de l’entreprise . « Nous œuvrons à assurer une meilleure intervention au niveau des écoles et des universités. C’est pour cette raison que nous avons renforcé nos partenariats avec les ministères de l’éducation et de l’enseignement supérieur pour mettre en place des programmes parallèles en la matière» explique-t-il.
Un long chemin reste à parcourir ,compte tenu du grand nombre d’obstacles confrontés liés également au manque d’expérience et de financement des candidats à créer leur propre entreprise . A cela s’ajoute une faible culture entrepreneuriale qui n’a cessé de s’aggraver après la révolution à cause de l’augmentation du nombre des concours organisés au profit des chômeurs diplômés dans un souci de permettre à un grand nombre de chômeurs d’accéder au marché de travail public.
Cette nouvelle réalité et le climat général qui détourne les jeunes à s’engager dans l’initiative privée , ont obligé le ministère de l’emploi à consolider ces programmes d’intervention tout en promouvant ses liens avec les autres acteurs à l’instar la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) .
En effet, 4 accords de coopération ont été signés , à cet effet , comportant des clauses de sauvetage de certains projets en difficulté , ainsi que l’adoption de mesures pour motiver l’investissement .
Démarrage de 600 nouvelles petites entreprises
Depuis la signature de ces conventions jusqu’à fin novembre, les résultats sont encourageants, selon Faycel Zahhar. En effet, plus de 600 diplômés ont démarré leurs projets et le ministère a approuvé plus de 5087 projets, a –t-il assuré .Il souligne que 4702 sont en train de réviser les factures avec les fournisseurs parmi lesquels 3565 dossiers ont été achevés et transférés à la BTS afin de recevoir les permissions d’acquisition du matériel , dont 2300 ont déjà reçu ces permissions.
S’agissant du programme de la promotion entrepreneuriale mis en place en collaboration avec les ministères de l’enseignement supérieur et de l’éducation, Faycel Zahhar a noté que le programme de « meilleur business plan » organisé annuellement au profit des étudiants des années terminales de l’enseignement supérieur, fait actuellement l’objet d’un travail de consolidation pour améliorer sa contribution.
Wiem Thebti








