AccueilLa UNELa situation est-elle remédiable ? Le dialogue moins que jamais la panacée

La situation est-elle remédiable ? Le dialogue moins que jamais la panacée

La rétrospective de l’année faisant traditionnellement la Une du Time magazine a été publiée, samedi 5 décembre. « C’est l’histoire que vous ne voudrez jamais revisiter », voilà comment le magazine américain l’a introduite sous le titre de « la pire année de l’histoire ». On ne sait pas si cet épisode tragique va s’arrêter là ou s’il va continuer sur cette lancée en 2021. Mais ce que l’on sait en Tunisie, c’est  ce qu’il importe logiquement d’appréhender au titre de l’exercice à venir devrait emprunter  beaucoup  de choses à celui qui l’a précédé, avec des comptes de l’Etat si rachitiques que même le parlement, pour autant qu’il soit, à bien des égards, amène envers le gouvernement, va jusqu’à refuser le projet de loi de finances qu’il lui a soumis.

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Il est aisé d’y voir le symptôme irrécusable que le pays est en proie à des difficultés auxquelles il n’a jamais eu à faire face même aux plus exécrables moments de son histoire. Et ce qui ajoute au tragique de la situation, c’est que personne ne semble dans la capacité de trouver une issue à cette foultitude de crises ni en esquisser une perspective, si ténue soit-elle.

Il est vrai que la principale centrale syndicale du pays, l’UGTT,  s’échine à fixer un cap autour duquel pourront s’agréger les bonnes et sincères volontés, au moins pour mettre fin ou pour que décélère cette descente aux enfers. L’intention est manifestement bonne mais sa  mise en œuvre peine à tenir la route. Certes, le président de la République, Kais Saied, affirme approuver l’initiative de l’Organisation ouvrière dans « toutes » ses propositions, mais ne s’empêche pas de dire qu’il  refuse la participation des  » corrompus  » au dialogue auquel a appelé l’UGTT. Au demeurant, il a pris sur lui de mettre  l’accent sur l’impératif de répondre aux réclamations légitimes des Tunisiens, loin des calculs étriqués, des chantages et des tentatives de porter atteinte à l’Etat.

Une foule de griefs

Un mot sur l’initiative de l’UGTT présentée par son secrétaire général Noureddine Tabboubi,  le 30 novembre dernier, au chef de l’Etat.  Elle consiste en la création d’un comité des sages placé sous la tutelle de la présidence de la République et regroupant des personnalités nationales indépendantes dans tous les domaines pour diriger un dialogue national sur les grandes questions économiques et sociales.

En fait, il s’agit de  mettre fin à une série de protestations et de grèves  qui ont secoué le pays ces dernières semaines que l’initiative résume dans on, intitulé : « Une situation délicate et inquiétante qui pose de graves dangers à l’État et à la nation ». C’est que depuis novembre, des juges, des médecins, des ingénieurs, des chauffeurs de taxi et des journalistes, entre autres, ont lancé une action syndicale, en invoquant une foule de griefs. Les manifestants ont organisé des sit-in sur des sites industriels pour le pétrole et les phosphates, deux ressources essentielles à l’économie, et ont arrêté la production.

Taboubi a expliqué au chef de l’Etat que la  Tunisie a besoin d’un « comité des sages » composé d’hommes et de femmes de stature et renommée nationales qui pourraient amener les partis politiques fracturés du pays à un dialogue frappé du sceau de la réconciliation. Ce n’est qu’alors, selon  Taboubi, que la confiance dans le système politique tunisien pourra être restaurée et que l’économie du pays pourra être délivrée des affres qui y sont attachées.

Compter avec Ennahdha !

Quelle que soit la pertinence du plan de l’UGTT, rares sont ceux qui doutent du caractère désastreux de la situation. Le mois dernier, le gouverneur de la banque centrale, Marouane Al Abbassi, a déclaré au Parlement qu’il s’attendait à une contraction du PIB allant jusqu’à 8 % cette année – la plus importante en 62 ans d’histoire du pays. Une grande partie de cette baisse sera le résultat des ravages de la pandémie de coronavirus sur les PME et le secteur du tourisme. Mais les choses allaient déjà mal avant cela. Le taux de chômage atteint presque 20 %.

Tout cela pose un problème au gouvernement dirigé par Hichem Mechichi, choisi par le président de la République l’automne dans le but de dépolitiser un gouvernement déchiré par une polarisation partisane. Il devrait également relancer la demande d’aide de la Tunisie auprès du Fonds monétaire international. Les pourparlers entre le FMI et le gouvernement précédent se sont effondrés en juillet.

Fitch, l’agence de notation mondiale, a révisé les perspectives économiques de la Tunisie de « stable » à « négatif » à la fin du mois de novembre. Elle a cité « un paysage politique fragmenté et des tensions sociales bien ancrées » comme obstacles à une réforme économique bien nécessaire. Il est entendu que la reprise des discussions avec le FMI dépend en partie de l’approbation de ces réformes par les syndicats – notamment l’UGTT.

La réponse de Saied à la proposition de Taboubi a été tiède, relève le site « The National », qui se réfère  à un communiqué du palais de Carthage soulignant  qu' »il ne peut y avoir de dialogue avec les corrompus ». La même source  estime que  Saied a construit toute sa présidence autour de l’éradication de la corruption. Mais cela aussi est un défi difficile, créé en grande partie par le parti islamiste Ennahdha. « Bien que son influence ait diminué lors des dernières élections, le mouvement islamiste  suffisamment considérable pour qu’il soit difficile de voir un véritable dialogue national prendre forme sans sa participation », indique « The National ».

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