Le président de la Chambre syndicale nationale des bijoutiers, Hatem Ben Youssef, a annoncé que les prix de l’or ont connu une hausse record, ces dernières années et qu’aujourd’hui un gramme d’or 18 carats est vendu à 250 dinars ou même plus. Ben Youssef a expliqué dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, que la baisse du taux de change du dinar tunisien par rapport au dollar est au premier rang des raisons qui ont conduit à l’accélération du changement des prix, expliquant que le marché mondial est celui qui qui contrôle les prix. Il a, encore, estimé que la situation difficile de l’économie nationale pèse lourd sur le secteur, qui fournit environ 15.000 emplois de commerçants, artisans. Il a indiqué que la demande tunisienne d’achat de bijoux, principalement en or, a considérablement diminué en raison de la détérioration du pouvoir d’achat et de la hausse des prix des biens de consommation, « au point que de nombreuses familles font face à des difficultés pour subvenir à leurs besoins quotidiens et que l’achat d’or et de bijoux dépasse désormais leurs capacités.
Abordant les difficultés rencontrées par le secteur de la bijouterie, Ben Youssef a appelé à la réouverture du Bureau de garantie pour tous, tout en renforçant les contrôles. Il estime que cette mesure permettrait de protéger le secteur, de réduire la charge pesant sur la Banque centrale, et de soutenir les finances de l’État. Il a ajouté que le secteur connaît une récession sans précédent, même pendant le mois du Ramadan et de l’Aïd al-Fitr, la majorité des magasins étant fermés, selon ses propos. Il a souligné que de nombreux commerçants sont au bord de la faillite, expliquant le manque d’intérêt des familles tunisiennes pour l’achat de l’or, en raison du coût élevé de la vie et de la baisse de leur pouvoir d’achat. D’après une étude faite par un expert international avec les professionnels du secteur de la bijouterie en Tunisie, ce dernier fait face, depuis quelques semaines, à des problèmes. Plusieurs bijoutiers sont menacés de prison et d’amendes allant jusqu’à 20 000dt.
En cause : des soupçons sur un poinçon de garantie qui serait falsifié. Le hic, c’est que personne ne pourrait affirmer l’authenticité de ce poinçon en Tunisie, apprend-on, notamment les artisans du secteur qui ne seraient pas capables de faire la distinction entre un vrai ou un faux poinçon. Hatem Ben Youssef a confirmé que la solution pour redresser le secteur de la bijouterie est de restaurer la valeur du dinar tunisien. Il a également critiqué la loi n° 17, jugeant qu’elle n’est pas adaptée à la profession et qu’elle entrave le secteur, la qualifiant de véritable code de sanctions.
Le secteur de la bijouterie grevé par plusieurs entraves Une étude récente fait le point sur le secteur de la bijouterie en Tunisie, ses défaillances et les réformes à entreprendre. Un secteur qui, depuis quelques années, souffre de plusieurs entraves qui bloquent son développement et sa compétitivité. Ainsi, cette étude relève que les principaux obstacles rencontrés par les professionnels, sont essentiellement d’ordre institutionnel et législatif. Procédant à un diagnostic de la filière, l’étude affirme que le secteur, aujourd’hui en déclin, ne pourra pas dans sa structure actuelle faire face à la concurrence mondiale.
Les contraintes sont nombreuses, ce qui nécessite, selon les professionnels, plusieurs réformes, le secteur ne pouvant s’améliorer que par une simplification et une libéralisation.