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mercredi 30 septembre 2020
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Le Sphinx décoche quelques flèches

Le Sphinx a encore parlé à la veille de l’Aïd El Fitr, fête de la fin du jeûne du mois du Ramadan en Tunisie. Une « petite » allocution solennelle de 17 minutes, droit comme un balai derrière le pupitre de la présidence de la République à Carthage, où le Coronavirus l’a enfin obligé à habiter, où ses vœux pour le peuple tunisien ont vite dégénéré en un règlement de compte.
D’abord, avec ceux qui demandent depuis quelques semaines à changer le régime en place dans le pays. Ensuite avec le chef du parti islamiste tunisien Ennahdha, qui recommence à empiéter sur ses plates-bandes, notamment en matière de diplomatie qui est au cœur même des prérogatives présidentielles, et à se prendre pour un président en Tunisie.

Pour une large part, les téléspectateurs tunisiens n’y ont vu que du feu et n’y ont compris que dalle. Et si « Robocop » est de plus en plus assimilé par l’auditoire, le chef de l’Etat reste toujours le sphinx énigmatique, dont chaque discours nécessiterait presqu’un interprète et de l’exégèse.

Beaucoup n’ont retenu des 17 minutes que les quelques flèches décochées au mouvement Ennahdha, que le chef de l’Etat tunisien n’a jamais cité, ni même son chef qui se prend de plus en plus pour un chef d’Etat, et met surtout les pieds, sans ménagements pour son « rival » Kais Saïed, dans le plat de la crise libyenne. Toujours aussi « conspirophobe », cette fois contre ceux qui auraient profité du confinement pour s’y adonner, Kais Saïed a accusé presque tout le monde et n’a presqu’accusé personne, de tout et de rien, et même de responsabilité des quelques incendies qui avaient ravagé quelques entreprises dans quelques régions du pays, et même menacé de représailles « plus dures que ce qu’ils attendraient ».

Et si, comme tout le monde, on s’attardait sur les flèches décochées à Ennahdha, on pourrait rappeler que son « premier ministre » Elyes Fakhfakh est le partenaire du parti islamiste tunisien, avec lequel le chef du gouvernement tunisien a même fait deal qu’il paie cash en postes ministériels et conseillers pour l’aider à bien cohabiter. En direction de Fakhfakh, Saïed aurait tout de même fait indirectement allusion, lorsqu’il s’était exprimé contre des accords qui auraient été conclus avec ceux qui auraient spolié les biens du peuple [ar], et promis [Ndlr : en représailles ?] de faire ses propres propositions de lois qui reprendraient les siennes propres , faites il y a quelques années.

D’autres enfin ont interprété les messages du sphinx, chacun selon ses attentes et son degré de confiance, et ont scandé des « Bravo », ou « belle prestation » à l’adresse du chef de l’Etat sur les réseaux sociaux.

Sinon, après une première parabole entre masques sanitaires, en parlant de la gestion du Covid-19, et masques qui empêcherait les non-spécialistes comme lui, de faire la différence entre légalité et légitimité [ar]. Les téléspectateurs n’auront cependant pas droit à un cours sur le sujet, et ne comprendront donc pas, comme toujours, ce que leur président voulait dire. Lui, il le sait et cela lui suffisait.

Robocop se double, depuis quelques mois, d’un sphinx. Pris dans l’étau du Coronavirus et focalisé sur le confinement sanitaire, le peuple attend toujours qui le sortira de la crise économique qui menace, de plus en plus, d’un Shutdown !

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