Les céréaliers toujours mécontents. Qu’en dit le ministre du Commerce ?

Les céréaliers toujours mécontents. Qu’en dit le ministre du Commerce ?

par -

Le Syndicat des Agriculteurs de Tunisie (SYNAGRI) a exprimé jeudi sa vive indignation devant les augmentations insignifiantes des prix des céréales et lait à la production au vu des pressions et des crises qui touchent les filières agricoles actuellement.
L’Etat fait preuve d’indifférence systématique” face aux sonnettes d’alarme tirées par les agriculteurs et leurs différentes organisations professionnelles, a estimé le syndicat dans un communiqué publié ce jeudi 25 avril, précisant que ces organisations revendiquent “une protection sérieuse” du secteur et la fin des politiques qui ont échoué.
Il a mis en garde contre l’abandon par l’Etat de son rôle à un moment où le secteur de l’agriculture fait face à des pertes importantes estimées en millions de dinars, soulignant que ces augmentations contribueront forcément à un affaiblissement de la productivité et à l’accumulation des dettes des petits agriculteurs auprès des banques. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, après les efforts consentis en direction du secteur laitier et des producteurs de céréales, ne s’attendait certainement pas à une telle volée de bois vert ! Qu’en dit le ministre du Commerce, Omar Béhi, céréalier de métier et membre du gouvernement que les agriculteurs fustigent ?

Le SYNAGRI a exhorté l’Exécutif, les autorités compétentes et les groupes parlementaires à mettre en œuvre un programme national alternatif pour sauver les filières agricoles, soutenir les éleveurs, impulser le secteur des aliments pour bétail et renforcer le rôle de la profession, appelant à l’application des critères objectifs dans la fixation des prix à la production.
Selon le communiqué, le syndicat compte poursuivre la défense des droits de ses adhérents en recourant à tous les moyens légaux ainsi que son attachement au dialogue et sa détermination à présenter un nouveau modèle de développement lequel mettra fin aux “choix parachutés et fragiles” et garantira les droits des agriculteurs.

Une vraie grogne ou une tactique pour avoir plus ?

Reste à savoir si les agriculteurs vont s’arrêter là ou s’ils vont entamer un bras de fer pour forcer la main au gouvernement, à quelques jours du mois du Ramadan où la consommation atteint son summum.
Hier mercredi, le gouvernement a annoncé l’augmentation à la production des prix des céréales (récolte 2018/2019), à raison de 7 dinars le quintal pour le blé dur, 5 dinars pour le blé tendre et 3 dinars pour l’orge et le triticale, pour atteindre un plafond des prix de réception des céréales y compris la prime exceptionnelle de livraison rapide à 82 dinars le quintal pour le blé dur, 59 dinars pour le blé tendre et 53 dinars pour l’orge et le triticale.
L’exécutif a décidé encore l’augmentation du prix de lait frais à la production à raison de 55 millimes le litre pour atteindre 945 millimes le litre, en tant que prix minimum garanti pour l’agriculteur.
Parallèlement, il a été décidé d’accroître la prime de la collecte de lait destinée aux centres de collecte de lait frais et son transport à raison de 15 millimes le litre pour atteindre 15 millimes le litre collecté, réfrigéré et industrialisé à compter du 1er juin 2019.

Mais tout cela, manifestement, ne suffira pas pour calmer la grogne des agriculteurs. A moins que ce soit une tactique pour préparer le gouvernement à d’autres concessions, financières bien entendu. Une chose est sûre : On n’a pas fini d’entendre parler des agriculteurs. C’est valable pour toutes les autres corporations d’ailleurs, qui ne perdent pas une miette de cette affaire et guettent la capitulation du gouvernement pour elles aussi arracher d’autres morceaux. Un vrai sport national quoi !

SL/TAP

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire