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lundi 28 septembre 2020
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L’inflation descend à 5,7%. Faut-il pavoiser ?

A défaut de consommation, le taux d’inflation ne peut que baisser. Un postulat dont on repère la nette expression dans les chiffres publiés ce mercredi par l’Institut national de la statistique, annonçant que le taux d’inflation s’est légèrement replié à 5,7% en juillet 2020, après 5,8% le mois précédent et 6,3% le mois d’avant.
Cette légère baisse de l’inflation est due au ralentissement du rythme d’augmentation des prix de l’alimentation (4% contre 4,3% en juin) ainsi que pour les produits et services de transport (1,4% contre 1,6%).
En juillet 2020, les prix de l’alimentation ont augmenté de 4% sur un an contre 4,3% en juin 2020. L’augmentation en juillet est expliquée par la hausse des prix des fruits de 10%, des confitures, miel, chocolat et confiserie de 6,7%, des poissons de 5,8% et des légumes de 5,4%. En revanche, les prix de l’huile d’olive sont en recul 13,6% sur un an.
Sur un an aussi, les prix des produits manufacturés ont évolué de 6,6% en raison de la hausse des prix des produits d’habillement de 7,3% et des produits d’hygiène et de soins personnels de 8,8%.
Quant à l’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie), elle s’est stabilisée à 7,2%. Les prix des produits libres (non administrés) ont connu une hausse de 5,5% contre 6,4% pour les prix encadrés. Les produits alimentaires libres ont connu une augmentation de 4,5% contre 1,7% pour les produits alimentaires encadrés.

Les prix à la consommation augmentent de 0,2%

En juillet 2020, les prix à la consommation ont enregistré une augmentation de 0,2% après une baisse de 0,1% le mois précédent. Cette augmentation est principalement liée à la hausse des prix des services de restauration et d’hôtellerie, ainsi que des biens et services personnels.
En revanche, les prix de l’alimentation et des carburants demeurent orientés à la baisse durant ce mois.
Sur un mois, les prix des produits alimentaires continuent de baisser de 0,2%. Cela est dû à la baisse des prix des œufs (- 6%), des légumes frais (-2,2%), des fromages et dérivés de lait (-1,1%), des poissons frais (-0,8%) et des légumes et fruits secs (-0,6%).
En revanche les prix des viandes ovines ont évolué de +1,2% et les volailles de +1%.
Par ailleurs, les prix du transport sont restés inchangés en juillet 2020, en raison, d’une part, de la hausse des prix des services de transport de 0,5% et, d’autres part, de la baisse des prix des carburants pour véhicules (-1,4%) pour le quatrième mois consécutif.
Sur un mois, les tarifs des services de restauration et d’hôtellerie continuent d’augmenter enregistrant une hausse de 0,7%, en raison de la hausse des prix des services des restaurants et cafés de 0,3% et les services d’hôtelleries de 3,5%.


Est-ce la preuve que l’économie se porte bien ?

Pour autant, faut-il pavoiser face à ce repli de l’inflation et y voir une preuve additionnelle que l’économie se porte mieux ? L’économiste Ezzeddine Saidane ne le pense pas au motif, explique-t-il , que « si le e taux d’inflation baisse dans les conditions actuelles, c’est la preuve que la demande est en train de baisser, car le pouvoir d’achat baisse de manière significative. Après l’investissement et l’exportation, c’est la consommation qui fléchit et qui joue moins bien son rôle de moteur de l’économie ».
Quand bien même l’inflation suivrait une trajectoire baissière qui se confirme et se consolide, son taux demeure élevé, estime, de son côté, le staff de veille de la Biat. Si les instruments de politique monétaire ont favorisé une telle inversion de tendance, il n’en demeure pas moins que l’utilisation de tels instruments pour agir sur l’inflation ne doit pas être durable, souligne-t-il . En effet, il est primordial de diagnostiquer les causes réelles de la hausse des prix et d’impulser les moteurs de production.
Au-delà de l’inflation, l’enjeu central demeure celui de la préservation du pouvoir d’achat du citoyen. En effet, depuis quelques années, et compte tenu de la dégradation de la qualité des services publics (transport, santé, enseignement etc.), les citoyens se sont redéployés sur des services privés et parfois informels plus couteux, ce qui impacte négativement leur pouvoir d’achat. Finalement, la maitrise de l’inflation, n’est pas suffisante pour préserver ce pouvoir d’achat. Le redressement de la qualité des services publics, moyennant notamment une meilleure gouvernance et un ajustement des tarifs qui serait acceptable, conjugué à la maitrise de l’inflation, constituent les clés de réussite, est-il dument jugé.

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