AccueilLa UNEL’Italie s’invite dans le partenariat stratégique entre la Tunisie et la Chine

L’Italie s’invite dans le partenariat stratégique entre la Tunisie et la Chine

L’établissement du « partenariat stratégique » entre la Chine et la Tunisie a été relancé le X par l’ambassade de Chine à Rome,  histoire sans doute de mettre en relief l’importance du rôle joué par l’Italie dans le contexte nord-africain, ou peut-être comme une invitation à la collaboration ou un défi entre une Italie engagée dans la mise en œuvre du Plan Mattei et la Chine avec sa Route de la Soie (Belt and Road Initiative). Alessandro Politi, analyste politique et stratégique et  directeur de la fondation Born Defense College, n’a pas été avare d’explications sur ce registre, relevant dès l’abord et à juste titre que « l’impact médiatique d’une annonce faite à Rome plutôt qu’à Tunis est complètement différent, compte tenu du contexte politique italien et nord-africain ». S’exprimant dans un entretien avec  Nova Agency, l’expert souligne qu’aujourd’hui, on parle de plus en plus d’« Indoterraneo », révélant que « pendant la fin de la guerre froide, au milieu des années 90, la marine italienne parlait officieusement, au nom des intérêts des forces armées, de la Méditerranée élargie, c’est-à-dire d’une Méditerranée qui allait au-delà des fameux détroits, au-delà du canal de Suez, en considérant qu’une partie importante de l’océan Indien en faisait partie ». En 2006, cinq ans après l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Politi avait déjà parlé et écrit sur « ce qui était le “Cindoterraneo”, c’est-à-dire la Méditerranée, non plus comme Mare Nostrum dans l’exception classique, mais le terminal des marchandises, des capitaux, des personnes et des intérêts qui vont de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique et du Golfe, passant par le détroit de Suez et arrivant jusqu’à récemment dans le port de Gioia Tauro, puis au Pirée, en Grèce ». Aujourd’hui, le geste de la Chine le démontre clairement ».

Une Méditerranée donc, encore plus que par le passé, comme continuum géostratégique et économique de la mer Noire, de l’océan Indien et du golfe Arabo-persique. L’expert explique qu’il est essentiel « de tenir compte d’un scénario malheureusement polarisé ; lorsque nous avons commencé à parler de la Route de la soie (Belt and Road Initiative), malgré la méfiance des États-Unis, tout le monde a compris qu’il s’agissait d’un moyen important de compléter la logistique du commerce mondial. C’est toujours vrai, mais il est clair qu’il y a une réflexion, même si elle n’est pas infondée, lorsqu’elle est menée de manière équilibrée, sur la réévaluation des risques parce qu’il y a des points de fragilité d’un système concentrés en un seul endroit. Ce n’est bon ni pour le système lui-même, ni pour les intérêts partagés par tous les pays », a-t-il dit.

Le directeur de la Fondation du Collège de défense de l’OTAN rappelle que « la mondialisation économique est désormais un fait accepté par tous, y compris par les pays qui militent pour un monde multipolaire comme la Russie et la Chine. Cela n’existait pas pendant la guerre froide, ces deux pays, dans leurs gouvernements ou régimes précédents, avaient une alternative totale en matière de politique et d’économie. Aujourd’hui, ils se disent tous deux démocrates, même si l’on peut discuter de leurs références démocratiques, et tous deux affirment être en faveur de la mondialisation économique, ce qui représente un énorme pas en avant ».

Quel rang atlantiste pour la Tunisie ?

Abordant  la déclaration conjointe et le discours prononcé par le président tunisien, Kais Saied, à Pékin lors de la 10e réunion ministérielle du sommet Chine-États arabes, l’expert estime qu’il est peut être utile d’attirer l’attention de l’opinion publique sur des principes qui ne sont pas abstraits parce qu’ils servent à maintenir la coexistence dans un monde, entre autres, de plus en plus soumis à la pression climatique. « Ce monde ne survivra pas grâce à une astuce technologique, mais seulement si nous changeons nos comportements, non seulement individuels, mais aussi ceux des grands intérêts économiques qui sont essentiellement non durables », a-t-il  expliqué, soulignant que « les Chinois, par exemple, ont parcouru un long chemin pour comprendre qu’un certain type de développement n’est pas durable, bien qu’il y ait un écart entre ce qu’ils disent et ce qu’ils promettent, mais à chaque conférence de presse, nous voyons que les écarts sont de plus en plus importants ».
En ce qui concerne le rôle stratégique de la Tunisie pour l’alliance atlantique, Politici affirme que « l’OTAN a des partenariats, inclus dans le cadre du Dialogue méditerranéen, la Tunisie aussi, comme tout le monde, est incluse sur une base volontaire et strictement adaptée aux demandes des pays individuels, un type de collaboration qui a été négocié avec chaque gouvernement depuis longtemps, sur des menus concrets d’activités qui sont réalisées d’un commun accord ».

Pour le directeur de la Fondation du Collège de Défense de l’OTAN, le secrétariat général actuel a accordé peu d’importance aux partenariats du Sud, « mais heureusement il y a un exercice en cours mené par les Etats-Unis, l’Italie et la France pour les revitaliser sérieusement parce qu’il n’y a pas un seul problème dans le monde, compte tenu aussi du fait que les Russes sont arrivés pacifiquement de la Syrie à la Libye, jusqu’au Sahel, à la République Centrafricaine et risquent d’arriver aussi en République Démocratique du Congo ». Dans ce sens, la Tunisie fait partie d’un groupe de pays auquel s’ajoute l’Initiative de coopération d’Istanbul, une initiative de l’OTAN lancée lors du sommet d’Istanbul en 2004 et qui consiste à proposer d’engager des activités de coopération pratique en matière de sécurité avec les pays du Golfe, a-t-il indiqué.

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