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Après son gros chèque de 2 milliards de dollars, pour renflouer un Trésor public exsangue après 3 années de conflit meurtrier (plus de 10 000 morts), l’Arabie saoudite a convaincu ses alliés de remettre la main à la poche. Cette fois il s’agit de décaisser 1,5 milliard de dollars pour l’aide humanitaire. L’annonce a été faite ce lundi 22 janvier 2018, rapporte l’agence Reuters.

La coalition pilotée par Riyad et appuyée par les USA indique dans son communiqué qu’elle aménagera un pont aérien vers Marib et 17 couloirs terrestres pour convoyer l’aide. Il est aussi  question d’étendre les installations des ports du Yémen pour réceptionner ces produits qu’attendent plus de 2 millions de déplacés du fait de cette guerre intestine. “Nous soutenons une mission humanitaire préparée professionnellement avec des moyens militaires afin de faire en sorte que l’aide humanitaire parvienne à la population qui en a besoin”, a affirmé le porte-parole de la coalition, le colonel Turki al-Maliki.

D’après les chiffres des Nations Unies, les populations yéménites font face à la crise humanitaire la plus grave du monde, avec 8,3 millions d’individus qui survivent grâce à l’aide humanitaire et 400.000 enfants affectés par une malnutrition sévère. La coalition a déjà décaissé des milliards de dollars d’aide humanitaire pour le Yémen, mais le conflit empêche que la nourriture soit bien ventilée aux nécessiteux. S’y ajoutent les épidémies de choléra et de diphtérie. Dans le bras fer sanglant qui oppose la coalition soutenant le gouvernement reconnu par la communauté internationale et le mouvement chiite houthi, appuyé par l’Iran, les populations civiles, hélas, ne pèsent pas lourd…

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Les miliciens chiites houthis ont déclaré ce lundi 04 décembre 2017 qu’ils ont écrasé les éléments du Congrès général du peuple (CGP), leurs anciens alliés acquis à la cause de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, rapporte l’agence Reuters. Si cette information était confirmée, cela mettrait l’Arabie saoudite dans tous ses états, elle qui vient de bombarder copieusement les positions des Houthis à Sanaa, la capitale yéménite, pour justement permettre aux troupes de Saleh de prendre le dessus.

Hier dimanche 03 novembre 2017 dans la soirée, l’ancien chef de l’Etat avait créé la stupeur en déclarant qu’il allait briser son union avec les Houthis et retourner contre eux ses armes.
D’après le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les heurts dans la capitale ont fait au moins 125 décès et 238 blessés depuis mercredi.

Avec l’aide et l’approbation de Dieu, les forces de sécurité qui ont bénéficié d’un large soutien populaire ont pu hier soir nettoyer les zones où étaient déployées les milices de la trahison“, a déclaré Mohammed Abdoul Salam, porte-parole des Houthis.
A noter que ces derniers sont appuyés par l’Iran et qu’ils s’étaient coalisés avec le CGP en 2015 pour affronter la coalition pilotée par l’Arabie saoudite dont le but est, officiellement, de remettre sur son fauteuil Abd-Rabbou Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale.

Mais derrière la façade il y a cette féroce bataille confessionnelle chiite-sunnite qui a fait les dégâts que l’on sait au Liban, en Irak, en Syrie où d’ailleurs Riyad vient de perdre la face, lui qui avait armé des milices pour liquider le régime de Bachar Al-Assad. Mais c’était sans compter sur l’appui de l’allié russe, de l’Iran et du Hezbollah libanais. Si l’Arabie saoudite perdait une fois de plus sa guerre par procuration au Yémen, elle le prendrait très mal et sa réaction pourrait déstabiliser un peu plus un monde arabe déjà très mal en point…

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L’UTICA a condamné l’agression perpétrée, jeudi, contre son siège par un groupe d’individus, conduit par la secrétaire générale de la Fédération générale des métiers et services relevant de l’UGTT. “Ces individus ont pénétré par effraction et agressé les gardiens pour observer un sit-in dans le hall et causer un état de chaos”, a indiqué l’UTICA, dans un communiqué.
Le patronat a exprimé “son refus catégorique de ces pratiques barbares”, indiquant qu’il a entamé des procédures judiciaires contre les agresseurs”. L’UTICA a aussi dénoncé la conduite de la responsable syndicale qui a conduit le groupe d’agresseurs, estimant que cet incident pourrait affecter la relation entre les deux organisations partenaires.
L’UTICA a précisé que l’origine du conflit revient à “la grève, à laquelle a appelé l’UGTT, jeudi, dans le secteur du gardiennage pour revendiquer la signature d’un accord complémentaire d’une convention sectorielle, dont la chambre nationale des établissements de gardiennage s’est retirée depuis le 30 septembre 2015”.
L’UTICA a réitéré son respect pour “le droit de la grève dans le cadre du respect de la loi tout en soulignant la nécessité de régulariser les méthodes d’organisation de la grève”

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Nous apprenons, de source concernée par le sujet, qu’un premier administrateur judiciaire avait pu être nommé pour résoudre le conflit entre actionnaires au niveau de la gouvernance, qui avait conduit à la suspension de la cotation de la Société immobilière tuniso-saoudienne (SITS). Cette nomination, par procédure judiciaire, n’avait cependant pas abouti à la réunion de l’assemblée générale qui devait conduire à résoudre le conflit entre actionnaires, l’administrateur judiciaire désigné par la justice ayant refusé l’affaire.

Une seconde procédure judiciaire a ainsi été introduite pour la désignation d’un autre administrateur judiciaire pour une journée.

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L’administration Barack Obama a réaffecté plus de 100 millions de dollars alloués à l’Egypte à d’autres pays suscitant une vive frustration au Caire.

La réallocation non divulguée auparavant est perçue comme un signe  de l’impatience de Washington concernant le refus du gouvernement égyptien de travailler avec les organisations américaines chargées de l’aide, précise le site Al-Monitor. Elle a été opérée à la fin du printemps dériver suite à la requête officielle adressée par des membres de la Chambre des représentants au Département d’Etat lui demandant  de transférer une partie des fonds alloués à  l’Egypte  au profit de  la Tunisie, que certains parlementaires  considèrent comme mieux placée et plus éligible à l’aide des États-Unis eu égard après sa transition vers une sa démocratie de fraîche date.

“Le gouvernement américain a redirigé 108 millions $  de l’enveloppe de l’aide prévue pour  l’Egypte à d’autres pays en raison de la poursuite des retards mis par le gouvernement du Caire dans la mise en œuvre effective de plusieurs programmes,” a expliqué un officiel  du Département d’Etat à Al-Monitor dans un communiqué envoyé par courriel. «Ces fonds ont été réorientés en fonction d’autres priorités et  besoins.”

La réallocation représente plus de deux tiers des 150 millions $ de l’aide économique annuelle  que le Département d’Etat a demandée à l’Egypte au cours des dernières années. Cependant, la plus grande part  de l’enveloppe de l’aide militaire annuelle d’une valeur de 1,3 milliard de dollars n’a pas été remise en question.

L’ambassade d’Egypte à Washington s’est abstenue de tout commentaire à ce sujet.

La décision fait suite à un rapport publié en février 2015 par le  « Goverment Accountability Office » (organisme d’audit, d’évaluation et d’investigation du Congrès  chargé du contrôle des comptes publics du budget fédéral), qui a constaté que 460 millions $ de l’aide économique pour l’ Egypte n’ont pas été utilisés en raison des restrictions américaines et de la lourdeur bureaucratique égyptienne. Depuis lors, Le Caire a continué de refuser les autorisations dont les bénéficiaires de l’aide US  ont besoin pour opérer dans le pays, alors que certains médias ont lancé une campagne de dénigrement contre les organisations  non gouvernementales américaines telles que le Research Triangle Institute basé en Caroline du Nord.

Initiatives insistantes du Congrès

Fin mai, huit membres influents  de la Chambre des représentants appartenant aux deux partis, républicain et démocrate, ont  écrit au secrétaire d’État John Kerry lui demandant de reprogrammer  20 millions $ de l’aide destinée à  l’Egypte pour les réallouer à la Tunisie.

« La Tunisie s’est récemment dotée d’un parlement démocratiquement élu et a accompli le premier transfert pacifique du pouvoir exécutif dans la région », souligne la missive. “A un tel moment critique, les États-Unis devraient déployer de sérieux efforts pour soutenir cette démocratie naissante. »

La lettre a été signée par le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre Ed Royce, un républicain de la Californie, le représentant démocrate haut placé du Congrès Eliot Engel,  la présidente du panel de la commission du Moyen-Orient, Ileana Ros-Lehtinen,  le représentant démocrate haut placé, Ted Deutch, le représentant démocrate haut placé du panel de la commission du terrorisme, Bill Keating, D-Mass , le président de la Commission de  sécurité intérieure,  Michael McCaul, et les deux co-présidents du Caucus Tunisie  David Schweikert, représentant républicain de l’Arizona  et Alcee Hastings, représentant démocrate de la Floride.

Ros-Lehtinen est une critique de longue date  de la façon dont l’aide américaine à l’Egypte est dépensée et a demandé le rapport du « Goverment Accountability Office » l’année dernière  de concert avec le républicain Gerry Connolly. Le démocrate McCaul a, pour sa part, conduit au mois de mai une délégation du Congrès en Tunisie et a promis d’aider la Tunisie dans sa lutte contre l’extrémisme violent après qu’il a été établi que  les Tunisiens sont les plus nombreux à rejoindre  les rangs de Daech.

La lettre du Congrès soutient que l’aide supplémentaire aiderait la Tunisie à ” promouvoir la transparence et le professionnalisme au parlement et dans  d’autres institutions tout en réformant les lois bancaires, le code fiscal et d’autres législations  et réglementations qui découragent les entrepreneurs et les investisseurs.” Elle se borne à émettre des critiques voilées contre l’Egypte, en soulignant  que «même des programmes de longue date sont au point mort. »

Le Département d’Etat a répondu un mois plus tard par une lettre de rejet de la requête des parlementaires  demandant plus d’argent pour la Tunisie. La réponse ne mentionne pas d’autres pays, mais la réaffectation semble avoir été opérée à la même époque.

“A cette époque, nous croyions que nos programmes des Fonds de soutien économique concordent avec les objectifs de la politique américaine et répondent aux besoins du gouvernement tunisien, a écrit le secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires législatives,  Julia Frifield. “Pour nous assurer que nous répondons aux besoins de la Tunisie et que les fonds régionaux de soutien économique sont utilisés de manière plus efficace, nous examinons en permanence les performances de nos portefeuilles d’assistance.”

Une réponse mal accueillie au  Congrès.

«La Tunisie aurait dû être une priorité pour cette réaffectation,”  a déclaré Royce dans un communiqué envoyé par courriel à Al-Monitor. «La Tunisie, premier gouvernement démocratiquement élu de la région, est un partenaire clé dans notre lutte contre le terrorisme islamiste radical et fait face à des menaces graves de Daech  ainsi qu’à de sérieux défis politiques et économiques. »

Le département d’Etat a demandé au Congrès 140 millions $ pour l’exercice qui a commencé le 1er octobre autant que le montant demandé l’année dernière et plus que le double de l’année précédente. L’ambassadeur de Tunisie à Washington, Faycal Gouia, a déclaré à Al-Monitor qu’il se bat pour que l’aide américaine  soit augmentée de 20 millions $ pour stimuler l’aide à la sécurité, dont le montant  est en baisse de 10 M $ par rapport à la demande de l’année dernière.

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Entre Zied Laadhari, ministre de l’Industrie et du Commerce et le secrétaire d’Etat chargé du Commerce, Faycel Hafiane, le courant ne passe pas.
Nous apprenons d’une source bien informée au sein du ministère du Commerce que des tensions émaillent les relations entre ces deux responsables.
Zied Laadhari, du mouvement Ennahdha, voudrait mettre la main sur ce département en essayant de nommer un cabinet entièrement « nahdhaoui ». Chose qui aurait déplu au secrétaire d’Etat, membre de Nidaa Tounes. Par exemple la fièvre est montée d’un cran quand il s’est agi de choisir l’heureux destinataire du bureau cossu légué par l’ex-PDG de la BAD.
Ces informations viennent à un moment où le ministre essaye de donner une autre image en publiant des photos qui réunissent les deux membres de l’équipe de Youssef Chahed, soit disant en bons termes.
Ce climat de tension n’est pas une première, étant donné que le même ministre avait entamé son mandat par un désaccord avec la ministre de l’Energie, Hela Cheikh Rouhou. La cause était la suivante : un problème de logistique. Laadhari aurait refusé d’octroyer un bureau au secrétaire d’Etat aux Mines, Hechmi Hmidi et même de mettre à sa disposition quelques cadres relevant du ministère de l’Industrie.
Il est à rappeler que le syndicat du Commerce a fermement dénoncé les pratiques du ministre, tout en appelant à une réunion d’urgence pour ce vendredi 21 octobre 2016. Cette initiative vient à la suite de la nomination du membre du conseil de la Choura d’Ennahdha, Mohamed Salah Bargaoui, en tant que chef de cabinet.
doc

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D’après un rapport des Nations unies rendu public ce mardi 30 août, au moins 10.000 personnes ont perdu la vie au Yémen depuis le début des hostilités, il y a près de 18 mois. Ce chiffre est deux fois plus élevé que ce qui avait été avancé par les responsables et organisations humanitaires.

Jamie McGoldrick, coordonnateur humanitaire de l’Onu, a indiqué que cette nouvelle évaluation est le produit des chiffres communiqués par les hôpitaux du Yémen. A noter que le bilan pourrait aller à la hausse, certaines parties du Yemen n’ayant pas d’infrastructures médicales et certaines victimes étant enterrées sans avoir été enregistrées, a-t-il précisé.

A signaler que les combats sanglants ont fait fuir trois millions de Yéménites et obligé 200.000 personnes à l’exil. Sur une population globale de 26 millions d’habitants, 14 millions sont en urgence alimentaire, tandis que 7 millions sont affectés par l’insécurité alimentaire…

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Le centre commercial sera proche de Jérusalem, à quelques mètres de la Judée Samarie. Il y aura des Juifs et des Arabes qui pourront faire du shopping ensemble et travailler ensemble.

Selon un article du site israélien Alyaexpress-News.com, le propriétaire de la chaîne de supermarchés discount en Israël, Rami Levy, commence aujourd’hui une nouvelle aventure : le premier centre commercial israélo-palestinien.

« Je vois les choses d’un point de vue social », a déclaré Levy sur le Times d’Israël. « Ce que j’ai construit, je l’ai construit sous l’angle social pour aider le public en pratiquant des prix bas, et vous voyez que les gens veulent venir et acheter dans mes magasins ».

Certains Palestiniens ont été interrogés à propos de l’idée de ce centre commercial, semblaient plus enthousiastes sur le principe d’un centre commercial à proximité de l’endroit où ils vivent, car ils se disent inquiets de faire des achats avec des Juifs (pour rappel, ce sont les Arabes qui jusqu’à aujourd’hui ont commis des attaques contre des Juifs dans les supermarchés israéliens, dont le Rami Levy situé en Judée Samarie en 2015).

Dimanche, le site rapporte que le directeur de la chaîne de magasin Victory a déclaré que Rami Levy est un délinquant et un récidiviste utilisant des méthodes illégales qui trompent les consommateurs.

 

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Nabil Karoui a enterré les derniers espoirs d’une entente cordiale avec Hafedh Caïd Essebsi. L’ancien patron de la chaîne Nessma TV, qui se démène pour se faire une place parmi les caciques de Nidaa Tounes, est passé sur Mosaïque FM hier mardi 21 juin pour dire tout le mal qu’il pense du directeur exécutif du parti. Et il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère !

Karoui a ouvert les hostilités en qualifiant Nidaa Tounes de “One Men Show”. Puis haro sur le fils du président de la République, qu’il a traité de chef du gouvernement, de ministre de l’Intérieur, des Affaires étrangères, des Finances et de l’Education nationale, à la fois. Il a ajouté que Essebsi fils est en train de tout régenter dans le parti et au sein de l’appareil d’Etat.

Bon pour le parti, c’est un secret de polichinelle, l’affaire est même déjà largement consommée. D’ailleurs c’est ce qui avait poussé dans les cordes l’ex-secrétaire générale de Nidaa Tounes, Mohsen Marzouk, qui a finalement préféré prendre le large en créant son propre parti. Donc là pour le coup Karoui se réveille un peu tard, Hafedh Caïd Essebsi est déjà le maitre des lieux. Jusqu’au prochain “putsch”… ou défaite démocratique, même si on ne voit aucun combattant à l’horizon. Le fils du locataire du palais de Carthage a le temps de voir venir.

Quant à sa main mise sur l’appareil d’Etat, ce n’est pas encore fait. Ce n’est pas l’envie qui lui manque, mais les moyens. Cela dépendra beaucoup de l’issue des négociations autour de la personne qui va loger au palais de la Kasbah. Mais le papa y travaille…

Justement en parlant de ce lien de parenté, Karoui a déclaré que c’est un problème d’éthique et que la seule façon de solder ça est que Hafedh Caïd Essebsi lâche le parti, “dignement”. Pas sûr que son appel soit entendu. Pour rappel, le chef de l’Etat avait déclaré qu’il avait demandé la même chose à son fils, qui bien entendu n’avait pas obtempéré. Mais ça c’était au plus fort de la grogne interne contre la personne de Essebsi junior. Les choses se sont tassées depuis et l’intéressé s’est bien requinqué.

Des leaders qui font de la politique à la hache

Si on se détache un moment de ces bisbilles internes, le drame de Hafedh Caïd Essebsi et de Nabel Karoui c’est le drame de toute la classe politique tunisienne : Ils ont découvert la politique dans le tard, il y a à peine 5 ans, quand la chape de plomb de la dictature a sauté, après des dizaines d’années de bourguibisme paternaliste qui ne laissait que peu de place au vrai débat d’idées, au sens noble du terme, avec son esprit de contradiction. Ce qui fait que les dirigeants actuels, même ceux qui semblent être les plus aguerris, font de la politique à la hache, avec des attaques frontales, violentes, sans beaucoup de discernement. Logique, on ne peut pas être un maitre dans une discipline qu’on n’a pas apprise.

Il y a encore quelques jours, Nabil Karoui était plus patron de TV, businessman que politicien. Il s’est fait rapidement une place sur la scène politique en surfant sur sa notoriété, déjà établie, mais aussi parce que, il faut le dire, des ténors, des vrais, il y en a pas beaucoup. Et c’est pareil dans tous les partis. Quant à Essebsi junior, il est sorti du chapeau de son père et a refusé de rentrer ses ailes, même au plus fort de la contestation contre son intrusion. Si on lui reconnait une qualité c’est sa pugnacité, qui a fini par avoir, à l’usure, tous ses adversaires. Mais c’est son seul fait d’armes, et évidemment ça ne suffit pas pour faire de l’homme un monstre de la politique, comme l’est le papa, même si en ce moment il semble avoir perdu ses gammes avec son histoire de gouvernement d’union nationale.

La tragédie de la Tunisie c’est que sa classe politique est à son niveau, c’est-à-dire pas très inspirée quand il s’agit de plancher sur la chose politique. Mais de ce point de vue il ne peut pas y avoir de miracle, les dirigeants étant toujours à l’image du peuple. Les leaders censés piloter le navire apprennent les arcanes de la politique, exactement comme le font les citoyens. Donc il ne faut pas s’attendre à des lumières sur la scène politique, dans l’immédiat. Le temps de la maturation sera long. Très long.

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