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Quel sort pour Carthage Cement ?

D’un capital social de plus de 343,624 MDT, la plus importante cimenterie en Tunisie a terminé l’exercice 2021 avec un chiffre d’affaires de plus de 341 MDT, un résultat d’exploitation de plus de 71,2 MDT, et un bénéfice net d’un peu plus de 351,5 MDT. Carthage Cement aurait pu faire mieux, si ce n’était les plus de 43,873 MDT de charges financières.

–          Situation financière au 31 décembre 2021

La société Carthage Cement a accumulé des pertes reportées de 362 millions de dinars au 31 décembre 2021. Ces pertes sont essentiellement dues, d’abord au retard dans l’entrée en production de la cimenterie, et ensuite à un surcoût enregistré par rapport au coût de l’investissement initial prévu pour la cimenterie ayant entraîné le recours à des crédits supplémentaires à court terme ainsi qu’à des concours bancaires pour boucler le schéma de financement et à un coût élevé de la sous-traitance de la production de ciment.

La conjoncture économique difficile qu’a connue la Tunisie au cours des dernières années ainsi que la surcapacité de production de ciment en Tunisie ont  entraîné une baisse significative des prix de vente sur le marché local.

Pour faire face à cette situation difficile, la société a entrepris, depuis 2019, une restructuration financière ayant abouti à une augmentation du capital de 171 MDT (en plus d’une prime d’émission de 35 MDT). Cette augmentation du capital a été rémunérée par apport en cash et par la conversion de certaines dettes. Mais aussi, une restructuration des emprunts bancaires avec le pool bancaire (une période de grâce de 18 mois a été accordée, baisse du taux d’intérêt à TMM +1,5%), une restructuration opérationnelle par un plan de départ volontaire ayant contribué à la réduction de l’effectif de la société, la rupture du contrat NLS et la reprise de la production du Clinker par les moyens de la société, ce qui a donné lieu à d’importantes économies de coûts.

Le management de la société a établi un business plan pour la période 2022-2026 et à la faveur duquel il estime que la société serait en mesure d’honorer ses engagements. L’entreprise a pu réaliser une très bonne performance en 2021 en réalisant un excédent brut d’exploitation de 118 MDT en 2021 et un résultat net positif de 31,5 millions de dinars, contre 19 millions de dinars en 2020).

Cette performance est expliquée par l’effet combiné de la hausse considérable des revenus en 2021 comparée à 2020 ayant enregistré une progression significative de 29%, la baisse des charges financières nettes de 13 MDT entre le 31 décembre 2020 et le 31 décembre 2021.

Ainsi et en tenant compte de la performance financière réalisée en 2020 et 2021 et du plan de restructuration, la société a pu surmonter les difficultés d’exploitation et de trésorerie qu’elle a connues durant les années précédentes.

–          Une confisquée sous cabale fiscale

Carthage Cement est aussi une entreprise accablée par le Fisc depuis sa confiscation par l’Etat, au titre des participations de Belhassen Trabelsi. En effet, dès 2011,  elle fait l’objet d’un 1er contrôle fiscal au titre des différents impôts et taxes auxquels elle est soumise et couvrant la période allant du 22 octobre 2008 au 31 décembre 2010. Depuis, l’affaire est toujours en cours aux tribunaux.

Un autre avis de redressement a été notifié en octobre 2010 aux sociétés Carthage Cement et BINA TRADE,  ayant pour effet de réclamer un complément d’impôts et taxes de 916.323 DT, dont 299.478 DT de pénalités. Cette autre affaire court toujours, le Fisc ne répondant pas aux lettres de l’entreprise depuis 2016.

Un troisième contrôle a été notifié à la société Carthage Cement le 27 mars 2013, au titre des différents impôts et taxes auxquels elle est soumise et couvrant la période allant du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012. L’affaire a rebondi en appel et court toujours.

Le tout, sans oublier les affaires, en justice aussi, de la surfacturation, contre NLS qui est sous-traitant du constructeur FLS Smith, et une autre affaire judiciaire en cours sur des commissions illégales. Toutes, des affaires qui ne rendent pas facile la vente de cette entreprise en partie confisquée.

–          Pourquoi la vente de Carthage Cement devient-elle de plus en plus difficile ?

A plus d’une reprise, la cimenterie a été proposée à la vente sur appel d’offres international, sans y arriver. Le dernier appel à manifestation d’intérêt avait été lancé en septembre 2020, et avait fini par être déclaré infructueux, et l’offre de rachat de 58,2 % par un consortium burkinabais a été refusé par l’Etat tunisien. Cette offre aurait été de 265 MUSD, et considérée « bien en-deçà du minimum requis pour la vente d’une entreprise qui  fait déjà un chiffre d’affaire de 350 MDT, qui a sa propre carrière et qui produit son propre clinker et autres agrégats et bétons.

On ne sait pour l’instant pas si un nouvel appel d’offres ou à manifestation d’intérêt seront lancés. On sait cependant que si la vente avait toujours été possible pour l’Etat qui n’est pas actionnaire à hauteur des parts à vendre, c’est grâce à l’accord de l’autre actionnaire, Lazhar Sta, qui avait alors accepté de céder des parties de ses propres actions. Sta étant désormais condamné à la prison suite à une plainte de sa propre entreprise, il est peu probable qu’il accepte de s’associer de nouveau à la vente des 58,2 % de Carthage Cement.

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