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lundi 21 septembre 2020
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Saïed instille le doute sur Mechichi et le fragilise

A quelques heures du vote de confiance pour le 9ème gouvernement tunisien depuis le 17 janvier 2011, sans compter la tentative avortée de Habib Jemli, le pronostic sur son passage reste réservé. Le 1er septembre 2020, date du vote de confiance à l’ARP, les observateurs sont unanimes sur le fait que les députés feront passer un « mauvais quart d’heure » à Hichem Mechichi. Pour le reste, la situation est purement kafkaïenne !
A l’exception de Tahya Tounes de Youssef Chahed et de Qalb Tounes de Nabil Karoui qui n’ont presque pas fait de critique et ont été des soutiens de la 1ère heure de Mechichi, tout le reste de la scène politique, y compris le PDL d’Abir Moussi qui devrait pourtant applaudir ce gouvernement sans Ennahdha et annoncer son vote inconditionnel, a trouvé quelque chose à dire contre la liste des ministres de Mechichi.

Mechichi et Ghannouchi, comme « cul et chemise » ?

Pour l’issue du vote, peu se hasarderaient à se prononcer, surtout que les grands blocs parlementaires, faiseurs de gouvernement, font durer ce lundi 31 août 2020 le suspense sur leurs décisions, à l’exception d’Ettayar de Mohamed Abbou dont le non catégorique a été confirmé. Le Mouvement du Peuple, quant à lui, conditionnerait [ar] son vote à l’acceptation de Mechichi de ne rester que 18 mois à l’issue desquels il reviendrait solliciter le vote de confiance. Le petit bloc d’El Karama avait opposé un non, non définitif, dans l’attente de la position du maître d’Ennahdha.
Ce dernier avait reçu Mechichi, le lendemain du cafouillage sur le nom du prochain ministre de la Culture. Les deux hommes avaient alors donné la nette impression d’être « comme cul et chemise ». Les pas très mauvaises langues diront que l’apparente mésentente Saïed-Mechichi à propos de la composition du prochain gouvernement aura eu pour effet de jeter Mechichi dans les bras de Ghannouchi.
Et beaucoup d’observateurs estiment en Tunisie que le chef de l’Etat a beaucoup fragilisé Hichem Mechichi, qui était pourtant le propre choix de Kais Saïed, en intervenant inopportunément dans la composition du gouvernement de son candidat et en adoptant des positions officielles, qui prennent le contre-pied des décisions de Mechichi, comme dans le cas du ministre proposé à la Culture.

Saïed sème le doute et Ghannouchi récolte la non-dissolution de l’ARP

En attendant, le parti islamiste tunisien retarde encore l’annonce de sa position officielle sur le vote de la confiance, et fait toujours planer le doute sur l’issue de son vote, même si on est sûr à Tunis qu’Ennahdha n’aura aucun intérêt à laisser Elyes Fakhfakh au poste de chef de gouvernement. Un Fakhfakh, dont la vindicte et les représailles contre le parti islamiste tunisien pourraient être du goût d’un Saïed en bisbille connue avec Rached Ghannouchi.
Le doute, concernant l’issue du vote de confiance, est en plus confortée par cette « fuite », organisée par Ennahdha, sur la position du chef de l’Etat en cas de non-vote à Mechichi. En effet, à en croire le porte-parole d’Ennahdha Imed Khémiri [ar], le chef de l’Etat aurait informé Ghannouchi qu’il ne compterait pas dissoudre l’ARP au cas où il refuserait sa confiance à Hichem Mechichi. C’est à comprendre que c’est un feu vert de Kais Saïed à l’ARP d’appliquer le scénario de Jemli à Mechichi, c’est-à-dire faire tomber son gouvernement le jour du vote. Kais Saïed reprendrait alors la main sans que personne ne se préoccupe de son poste de député.

Les audiences du dernier quart d’heure

On ajoutera à ce caractère kafkaïen des heures qui précèdent l’issue du vote de confiance, d’abord cette audience, le lundi 31 août 2020, du chef de l’Etat à Hichem Mechichi, décrit dans le communiqué de la présidence de la République comme étant « ministre de l’intérieur, chargé de former le gouvernement », et non plus « Hichem Mechichi chargé de former le gouvernement », cette autre audience accordée par Saïed aux principaux partis du pays, et celle accordée au ministre partant de la Défense. Le tout, alors que toute l’attention, locale et celle des bailleurs de fonds, est focalisée sur l’issue du vote du 1er septembre et tout ce qui (pour ne pas dire toutes les manigances) tourne autour des trois palais (Carthage, Dar Dhiafa et Le Bardo) !

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