Dur réveil encore une fois aujourd’hui pour les Tunisiens, ou du moins pour ceux qui refusent de voir leur pays s’enliser dans la violence. Le pays a été atterré, ce matin, par la nouvelle de l’assassinat de Chokri Belaid opposant de gauche et critique acerbe du gouvernement actuel.
Sous un soleil hivernal, des Tunisiens et des Tunisiennes, en colère, se sont donné, une nouvelle fois, rendez-vous à l’avenue Habib Bourguiba à Tunis pour prendre d’assaut le siège du ministère de l’Intérieur, en démantelant les barrières de sécurité dressés alentour.
Ils défilent, ils crient, ils agitent des slogans, sous le regard vigilant des hommes du ministre de l’Intérieur Ali Lârayedh, qui ont dressé plusieurs cordons pour encadrer la manifestation et empêcher d’éventuels affrontements. «Non à la violence… Lârayedh , démissionne… Ennahdha et alliés, dégagez !… Le pouvoir est au peuple…»
À Sidi Bouzid, berceau de la révolte du printemps arabe, plus de quatre mille manifestants expriment leur colère en brûlant des pneus et en lançant des pierres en direction des forces de l’ordre.
De même, à Béja, des affrontements entre des jeunes du gouvernorat de Béja et des partisans du mouvement Ennahdha ont éclaté, ce mercredi, suite à l’assassinat de Chokri Belaid.
Une marche pacifique dénonçant ce crime a dégénéré, en effet, en un échange de projectiles entre les deux parties. La ville est paralysée et tous les magasins et les administrations ont été fermés.
A Redeyef, le bureau du mouvement Ennahdha a été totalement incendié par des groupes de manifestants. Un groupe d’individus a tenté de prendre d’assaut le siège du gouvernorat de Gafsa, mais l’arrivée de la police a déjoué l’attaque.
A Monastir, et en signe de protestation contre l’assassinat du coordinateur général du parti des patriotes démocrates, Chokri Belaid, le bureau du mouvement Ennahdha dans le gouvernorat, a été incendié par des groupes de manifestants.
Ailleurs en Tunisie, l’armée a replacé ses unités autour des établissements publics et des bâtiments sensibles. Une atmosphère de déjà vu. On se serait cru aux premiers jours suivant la révolution du 14 janvier 2011.
L’affaire prendrait-elle une autre tournure plus sérieuse aujourd’hui et les institutions joueront-elles enfin leur rôle de sanctionner tous ceux qui transgresseraient la loi ?
Nadia Ben Tamansourt








