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dimanche 25 octobre 2020
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Tunisie-Valeurs change d’avis sur Euro-Cycles

On croirait presque entendre Yves Montand qui chantait la bicyclette en 1968, lorsqu’on lit la belle success story de la société tunisienne cotée en Bourse «Euro-Cycles». Unique producteur de vélos en Tunisie, Euro-Cycles est en effet devenu en quelques années un opérateur industriel intégré. Grâce à l’internalisation de la production des selles, des jantes et des cadres, le groupe jouit d’un taux d’intégration de 60%.

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Le marché anglais représente le principal client d’Euro-Cycles, contribuant à hauteur de 75% à ses ventes. Conscient de sa dépendance commerciale, le Groupe s’est engagé depuis 2017 dans une démarche de diversification de ses marchés (Allemagne, Europe du Nord et de l’Est, Afrique du Nord et dernièrement les Etats-Unis).

Euro-Cycles a réussi à se tailler une place sur un marché dominé par les producteurs asiatiques. Avec une part de marché de 6,1%, à fin 2018, Euro-Cycles est le sixième exportateur mondial vers le marché européen des vélos. Le groupe compte dans son portefeuille clients les maisons de cycles les plus reconnues au monde.

  • Faits & éléments saillants au 30 juin 2019

Selon T.V (Tunisie Valeurs), l’année 2019 pour Euro-Cycles s’est inscrite sous le signe du rattrapage. «Les ventes ont repris du poil de la bête, après une année 2018 éprouvante, et la rentabilité a retrouvé le chemin de la croissance, malgré un contexte de change pénalisant». Très enthousiaste, TV va jusqu’à affirmer que «les prochaines années s’annoncent sous de meilleurs auspices pour le fabricant de vélos, avec la montée en puissance du vélo électrique et de l’intensification des efforts de prospection». Pour TV, «les investissements lourds sont désormais derrière le groupe. Euro-Cycles devrait entrer dans une phase de retour sur investissement, de génération de cash-flow et d’une croissance à deux chiffres sur la période 2020-2021».

Le marché anglais étant un des principaux pour l’entreprise tunisienne, il pourrait y avoir lieu de s’inquiéter d’un effet Brexit. «Le scellement du sort du Royaume-Uni plus tôt cette année est de nature à dissiper les inquiétudes des ménages et à dégripper la roue de la consommation», estiment le management d’Euro-Cycles, qui a insisté sur le fait que l’accord de continuité commerciale signé entre les autorités tunisiennes et britanniques en octobre dernier protège les intérêts du groupe en Angleterre et prolonge le libre-échange avec ce pays».

De son côté, T.V rassure en indiquant que «Euro-Cycles conservera son accès libre au marché anglais grâce à l’accord sur la continuité du libre-échange entre la Tunisie et le Royaume-Uni signé en octobre dernier».

Et l’analyste boursier d’en conclure que «le groupe affiche aujourd’hui une visibilité appréciable», et pousse son optimisme jusqu’à réviser à la hausse sa recommandation sur Euro-Cycles, passant de «Conserver avec perspectives positives» à «Acheter», pour un «positionnement recommandé pour deux ans, qui reste un délai raisonnable en bourse.

  • 2020 : Quelques constats peu alarmants

Le premier semestre a été un bon millésime pour Euro-Cycles. Le producteur de vélos a remonté la pente, après une année 2018 marquée par d’importantes méventes. Le chiffre d’affaires a rattrapé 13 % à 40 MDT, grâce notamment à l’effort de prospection. Une bonne maîtrise des charges (hausse des frais généraux contenue à 7% sur le premier semestre 2019) a permis à Euro-Cycles d’améliorer sa marge d’EBITDA de 3 points de taux à 20%. Cette dernière est ainsi redevenue supérieure à la concurrence asiatique.

Les analystes de T.V ont aussi fait le constat d’un changement, jugé majeur. « On avait connu Euro-Cycles, par le passé, avec une trésorerie structurellement excédentaire et un bilan sans dettes. Mais le coup dur de l’année 2018 (Forte chute des résultats, de 45% à 8M DT) qui a coïncidé avec le démarrage du programme d’investissement nécessaire pour le lancement des vélos électriques (modernisation des lignes de production existantes), a contraint la société à puiser dans sa réserve de trésorerie». Mais aussi que «la société se retrouve aujourd’hui à recourir à des financements bancaires pour fluidifier sa trésorerie et pour nécessité de relance de l’activité». Au terme des six premiers mois de 2019, l’endettement net s’élevait en effet à 10,5MDT, soit 29% des fonds propres.

T.V relativise cependant, en certifiant que «ces constats nous semblent circonstanciels et peu alarmants, grâce au retour à la croissance, qui fait qu’Euro-Cycles est désormais bien outillée pour rétablir ses cash-flow et son matelas de trésorerie autrefois important». Et de faire remarquer que «malgré le contexte de change pénalisant, le groupe est parvenu à enregistrer une progression appréciable de son bottom line de 10% à 6,4 MDT, revenant ainsi à ses niveaux du premier semestre 2015».

  • Perspectives d’avenir & prévisions

Selon les analystes de T.V, la stratégie du groupe dans les prochaines années s’articulera désormais autour de 3 axes. D’abord, le développement du vélo électrique. Le management compte ainsi faire du vélo électrique son futur cheval de bataille. Après deux années d’investissement, la société est en effet parvenue à développer trois gammes couvrant tous les segments de clientèle (vélo enfant, vélo tout terrain et vélo urbain). La commercialisation du vélo électrique a commencé depuis septembre 2019. Selon le management, la montée en puissance du vélo électrique ira de pair avec la poursuite de la montée en gamme sur les vélos classiques (ciblage accru des vélos urbains).

Second axe stratégique, l’intensification des prospections, pour ancrer son positionnement sur les marchés actuels (Angleterre et Allemagne) et pénétrer de nouveaux marchés (Pays-Bas, Espagne, Danemark, Afrique du Nord et Pologne). Et les analystes d’apprendre que Euro-Cycles aspire de nouveau à conquérir le marché américain, et signale, à ce propos, la réussite de la première commande avec le groupe JB imports (1 000 vélos en 2019).

3ème axe, le partenariat, décrit comme une «alliance» avec Décathlon. Un contrat a déjà été signé pour la production de 35 000 vélos en 2020, et qui devrait lui permettre de se déployer sur les marchés de l’Afrique du Nord, avant de pénétrer le marché français (un marché de 3 millions de vélos).

Tout cela semble définir, selon l’analyste de T.V, de nouvelles perspectives pour l’entreprise. «Après une année 2019 de rattrapage et supérieure aux attentes (un bond du chiffre d’affaires de 30% à 87,5MDt pour la société mère, soit un dépassement de 9% par rapport aux promesses), les exercices 2020 et 2021 s’annoncent porteurs pour le groupe», dit-il.

Et de citer le management qui affirme que «Euro-Cycles devrait entrer dans une phase de retour sur investissement, de génération de cash-flow et d’une croissance à deux chiffres».

À la lumière des prévisions communiquées par le management, T.V table désormais sur une croissance moyenne du chiffre d’affaires de 16 % sur la période 2019-2021 pour dépasser le cap de 100 MDT à partir de 2021. Quant au résultat net part du groupe, il devrait croître à une cadence moyenne de 19 % sur le même intervalle. Des prévisions, qui tiennent même compte d’un relèvement de l’imposition du groupe à 13,5 % à partir de 2021 contre 10 % actuellement.

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