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dimanche 28 février 2021
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Vivre avec le Coronavirus

Le Covid-19 ne fait plus peur aux Tunisiens. Ils l’ignorent populairement, le gèrent officiellement, mais ne leur cause pas plus de frayeurs  comme en février ou en mars dernier. Il est pourtant un fait que la fameuse seconde vague annoncée, depuis bien avant le déconfinement, est désormais une réalité chiffrée. Le 14 août 2020, le ministère tunisien de la Santé annonçait 120 nouveaux cas d’une traite, dont 116 locales. Ce nombre de nouvelles contaminations par jour est le plus élevé depuis mars 2020.

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Tout aussi chiffrée, l’évidence que le rebond du Coronavirus était intervenu à partir de l’affluence des opérations de rapatriement organisées par les autorités officielles du pays. Nissaf Ben Alaya, directrice  générale de l’Observatoire national tunisien des maladies nouvelles et émergentes, qui qualifiait la situation de « critique », a déclaré à l’agence Tap que « le nombre de cas importés du nouveau virus Corona depuis l’ouverture des frontières en Tunisie en juin dernier, a atteint 394 cas, ce qui a entraîné 173 infections locales ». En face, le directeur de la santé militaire appelait les citoyens à « ne pas céder à la panique en raison de la situation épidémiologique qui est sous contrôle », a-t-il assuré, ajoutant que « la Tunisie n’est pas entrée dans la deuxième vague de la pandémie ».

On rappelle que le nombre de nouvelles infections par le Coronavirus, depuis le début de sa propagation en Tunisie et jusqu’au 15 août,  a dépassé les deux mille. 2023 cas confirmés, dont 1.327 guéris, désormais 54 décès, 624 cas encore actifs et 24 toujours hospitalisés. Le chiffre des décès, quoique très bas par rapport à d’autres pays, augmente, de peu mais il augmente.

Depuis aussi, la Tunisie a développé ses propres clusters. Des régions entières sont désormais fermées comme à Djerba et El Hamma de Gabès, des lieux publics également , comme à Kairouan. Toujours selon Alaya, qui appelait à boucler les zones infectées, «la plupart des infections locales enregistrées depuis l’ouverture des postes frontaliers, sont principalement liées à des épisodes locaux d’infection dans les gouvernorats de Kairouan, Gabès, Médenine, et Sousse ».

Il est à remarquer au vu de  la courbe du Coronavirus établie par le ministère tunisien de la Santé, que l’évolution du nombre de cas déclarés par jour, était devenue clairement ascendante depuis 12 juillet 2020. Le ministère de la Santé se prépare manifestement déjà au pire, en augmentant le nombre de lits. Il est pourtant, presque certain, qu’il n’y aura plus retour au confinement. Le coût en sera insupportable pour la Tunisie.

  « Ne te pousse à l’amer que ce qui est plus amer », ou « ما يلزك للمر كان اللي امر منو »

Le Coronavirus n’a en effet pas fait que des pertes humaines en Tunisie. L’impact économique et financier a été tout aussi grand, sinon plus. Des entreprises ont fermé, d’autres ont vu leur activité baisser. « Les ressources de l’Etat, et comparativement au premier semestre 2019, les recettes fiscales se sont élevées à 12.760 MDT, à fin juin 2020, en baisse de -11,4% contre une hausse notable de 18%. Cette évolution traduit les retombées économiques de la crise sanitaire de la Covid-19 et les mesures prises pour l’endiguer (en particulier, le confinement général). La régression des revenus fiscaux a touché les recettes d’impôt aussi bien direct (-9% contre une importante hausse de 40,4%), qu’indirect (-13,4% contre +3,9%). Au niveau des impôts directs, l’impôt sur les sociétés a chuté de -18.7% (ou -391 MDT) après avoir augmenté de +40,3% une année auparavant) », a précisé la BCT dans sa toute dernière Note de conjoncture.

Le Covid-19 a aussi accéléré le recours à l’endettement, local et étranger, et fait ainsi baisser les dépenses en capital. Un phénomène « susceptible d’entraver la relance au cours de la phase post-Covid, considérant l’effet d’entraînement de l’investissement public sur l’investissement privé et le partenariat public-privé (PPP), ce qui est de nature à impacter le rythme de l’activité et de l’emploi », fait aussi noter la Note de conjoncture de la BCT ».

Et c’est tout cela qui explique, en grande partie, le déconfinement. Mais explique encore la gestion qui peut sembler chaotique de l’après confinement. Chaotique, par la décision d’ouverture des frontières, notamment pour l’Europe qui est le principal continent émetteur de visiteurs et de touristes, pour ensuite agir par classement, puis reclassement des pays pourvoyeurs de visiteurs pour la Tunisie, par listes dont certaines étaient vertes, puis reclassées en jaune et ainsi de suite.

Mais une gestion qui, quoique chaotique, reste l’unique alternative à un retour à la case confinement, qui plongerait la Tunisie dans les abysses économiques et financières. La 2ème vague est là. Elle pourrait être plus virulente à l’approche de l’automne, saison propice à toute maladie respiratoire.

Tunisie et Tunisiens  seront donc, très probablement, obligés de composer avec, et d’apprendre, dès maintenant à vivre  avec le Coronavirus. Il s’agira, alors, de rétablir les gestes barrières, à commencer par le port du masque et la distanciation sociale.

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