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La situation économique de la Tunisie est tellement complexe, trouble, instable depuis quelques années que des institutions de la trempe de l’Agence de Notation Moody’s, qui pourtant maitrisent leur affaire sur le bout des doigt, y perdent leur latin et leur boussole. Il faudrait une véritable boule de cristal pour y voir quelque chose. Et encore. Dans un sens c’est pas une mauvaise chose car on peut se dire que ce flou est également la preuve que le contexte peut muter favorablement, à tout moment. C’est une façon de percevoir la situation ; si on la prend par l’autre bout de la lorgnette, cela rend impossible toute prévision à court et moyen terme, ce qui est synonyme d’incertitude, et donc forcément un mauvais signal pour les institutions financières internationales, les investisseurs, locaux comme étrangers et les pays partenaires. Moody’s vient de se prendre les pieds dans le tapis de ses prévisions en direction de la Tunisie, en se contredisant en l’espace de quelques semaines. En effet dans sa dernière mouture publiée dimanche 15 janvier 2017, l’agence place la Tunisie dans le lot des pays à perspective stable pour la solvabilité souveraine (avec la Jordanie, le Liban, le Maroc et l’Egypte), dans son rapport intitulé  » Les perspectives souveraines – Proche Orient et l’Afrique du Nord: Perspectives 2017 – L’impulsion de la réforme appuie les perspectives stables en dépit des défis continus ». Pourtant il y a quelques semaines, la musique était toute autre…

Moody’s justifie cette perspective stable par la chute des prix de l’énergie et la dynamique des réformes – dans le cas de la Tunisie on attend toujours de voir – dans la région.
D’après le même document, lequel est, précisons-le, une photographie des marchés et non un acte de notation, « l’amélioration de l’élan de croissance et l’accès aux sources de financement externes dans les programmes du Fonds monétaire international (…) confirment » les « perspectives de crédit stables », a indiqué Elisa Parisi-Capone, vice-présidente chez Moody’s.
La rapport indique tout de même qu’à l’exception de la Tunisie, tous les pays passés à la loupe dans la région présentent des bases de financement internes leur permettant de desserrer l’étau de la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur, même si les niveaux d’endettement sont hauts et les besoins financiers bruts conséquents : 55,6% du PIB en Egypte, 30,8%, 21,5% en Jordanie, 12,2% au Maroc et 9,4% en Tunisie.

Par ailleurs en Tunisie les perspectives négatives « reflètent également un resserrement des conditions de financement externe lié à l’endettement en devises et à la structure de financement », indique Moody’s, qui situe le déficit de la balance des opérations courantes à 7,5% en 2017 et de 7,3% en 2018, donc un léger repli à venir.
En outre, la fonte des prix de l’énergie a fortement participé au « rééquilibrage externe graduel de la région et a contribué à compenser le recul du secteur touristique, de l’investissement étranger direct et la réduction des transferts financiers des pays du Conseil de coopération du Golfe ».

Le son de cloche a changé !

Il y a quelques semaines, plus précisément le 22 novembre 2016, Moody’s indiquait que la Tunisie risquait gros à cause de la dégradation de ses finances publiques. L’agence de notation Moody’s faisait planer la menace d’une baisse de la note de la dette souveraine tunisienne du fait du glissement inquiétant des finances publiques. Certes le communiqué confirmait le « Ba3 » de la Tunisie, une note attribuée aux émetteurs aptes à honorer leurs engagements, avec des aspects spéculatifs, mais la perspective était passée de « stable » à « négative ». L’agence reprochait à la Tunisie « les retards continus vers la consolidation budgétaire qui mène à l’aggravation du déficit budgétaire et à une trajectoire du niveau de la dette par rapport au PIB qui s’éloigne de plus en plus de la moyenne des pays placés dans la même catégorie ». Elle pointait également du doigt le fait que le gouvernement ait revu à la hausse, dans le projet de la loi de finances 2017, les prévisions de déficit budgétaire pour cette année et l’an prochain à respectivement 5,7% et 5,4% du PIB, et que « la dette du gouvernement atteigne 63,2% du PIB fin 2016 contre 54,9% en 2015″… Bref le dossier à charge était costaud!

Il semble donc que la Tunisie, dans la dernière prévision de Moody’s, soit portée par un contexte régional favorable. Cela ne veut pas dire pour autant que les problèmes domestiques sont réglés, loin de là. Les moteurs de l’économie (phosphate, tourisme…) sont toujours aussi poussifs, le climat social toujours aussi instable (en témoignent les remous dans les régions dernièrement), la consommation, un des relais de la croissance, toujours aussi énigmatique (même les chiffres de l’honorable INS sont maintenant contestés !), quant à l’oxygène qu’on attend de la Conférence internationale de l’investissement, il ne viendra qu’en 2018 à cause de l’épaisse paperasse qui accompagne ces décaissement colossaux, selon le ministre de la Coopération internationale. Tout cela pour dire que les lendemains qui chantent ne sont pas pour maintenant…

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On n’en est plus au stade de savoir si l’explosion de la dette tunisienne est un mythe ou une réalité. En effet, les experts admettent presque unanimement que le taux d’endettement du pays est à un niveau record ces dernières années, les gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution, tous sans exception (même si certains sont plus coupables que d’autres, mais là n’est pas notre propos aujourd’hui), préférant le chemin « facile » des robinets du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque Mondiale aux voies tortueuses et périlleuses de la réforme pour faire redémarrer la machine économique et trouver des marges de manoeuvre à l’intérieur. Le jus est tiré, il faut le boire maintenant. Au lieu d’épiloguer sur la pertinence des choix de nos chers gouvernants, une entreprise vorace en énergie, il faut plutôt s’atteler à déterminer si cette dette est soutenable, viable pour un pays aux ressources financières très limitées. L’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), en se fondant sur les projections et hypothèses de travail du FMI, est allé au charbon pour nous aider à y voir plus clair dans cette affaire.

Le moins qu’on puisse dire est que le verdict de l’ITCEQ est à contre-courant, presque révolutionnaire dans un contexte où ce sont plutôt les propos alarmistes sur cette dette qui foisonnent. Pour cette institution, la dette tunisienne demeure viable, malgré certaines faiblesses nées de la part écrasante de la dette extérieure. D’après l’étude de l’ITCEQ, intitulée “Tendances et viabilité de la dette publique tunisienne“, la Tunisie n’est pas à classer dans la catégorie risque majeur pour sa dette extérieure, cette dernière resterait à un niveau soutenable à moyen terme. En fait l’enquête conclut que c’est la nature du remboursement du service de la dette publique 2015-2020, des prêts contractés avant 2015, qui pose problème. La Tunisie va en baver avant 2020 pour décaisser 5,5 milliards de dinars (qui prend en compte le remboursement du placement du Qatar de 500 Millions de dollars américains – à peu près 1125 MD -, versement prévu en 2017 mais finalement différé) et 4,6 milliards de dinars en 2020 (émission garantie par les USA en 2012, d’un montant de 485 Millions de dollars américains).

D’après les prévisions du budget de l’Etat pour l’exercice 2017, la dette publique devrait s’établir à la fin de 2017 à à peu près 62 660 Millions de dinars (MD) , soit 63,8% du PIB contre 63% à la fin de 2016. La hausse n’est pas démesurée, notamment si on tient compte du glissement phénoménal qui s’est produit depuis fin 2015, où la dette tunisienne était à peine de 54,9%. Dans le détail, 42% de cette dette a été contracté en euro, 32,6% en dollar, 11,9% en yen et 3,3 % en d’autres devises, et 10,2% de droits de décaissement.

S’agissant du service de la dette publique, il montera en 2017 à 5825 MD (le remboursement du principal de la dette de l’emprunt obligataire contracté auprès du Qatar n’est pas prix), en progression de 575 MD, soit +11 % en comparaison avec 2016. Quant aux besoins en financement, ils se situent à 8 505 MD, dont 6 045 MD seront ramassés avec les bailleurs de fonds étrangers et 2 460 MD en ayant recours à l’endettement intérieur.

Le rapport de l’ITCEQ n’élude pas la forte progression de la dette publique, notamment  ces deux dernières années (près de 10 points de plus!), mais il la remet dans une perspective plus régionale. En comparaison avec le Maroc, et ses 63% d’endettement, qui a beaucoup moins de pépins en ce moment, le taux d’endettement de la Tunisie est presque honorable. Mais si on compare la Tunisie avec la Grèce – une dette de 176% -, ce que certains analystes ont fait récemment, allant très, trop, vite en besogne, alors là le pays du jasmin mériterait un brevet de satisfecit.

L’épée de Damoclès

D’après les projections de l’ITCEQ, la tendance de la dette extérieure tunisienne n’est pas affolante, sauf si le dinar venait à se déprécier drastiquement. Et là les experts, toujours en s’appuyant sur les hypothèses de travail du FMI, ont élaboré deux scénarios.

D’abord la dette tunisienne, en prenant en compte la conjoncture – nationale et internationale – et les variables macroéconomiques du moment, va continuer à monter, le gouvernement n’ayant pas d’autre choix que de s’endetter. Le ratio dette extérieure rapporté au PIB devrait même atteindre le sommet en 2017, 69,4%, contre 56,2% en 2014.
Ce pic devrait être suivi par une décroissance, progressivement, à moyen terme, pour se situer à 63,8%, en 2020, si l’embellie du compte courant est au rendez-vous.

L’autre scénario c’est sur la base de chocs exogènes, en sachant “que le ratio dette extérieure par rapport au PIB reste tributaire des chocs négatifs”. Là le risque est beaucoup plus élevé car imprévisible, par définition. Toutefois le FMI reste confiant sur la capacité de la Tunisie à faire face et à être résiliente devant des chocs extérieurs et des crises de confiance à la faveur de la texture de la dette extérieure, une dette à long terme et des taux d’intérêt relativement faibles sur les marchés financiers extérieurs. En conclusion, la dette extérieure demeurerait viable, sauf si la dépréciation du taux de change réel devenait très conséquente…

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Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé vendredi avoir approuvé un plan d’aide de 1

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé jeudi que le Zimbabwe, en arriérés de paiement à son égard depuis quinze ans, avait réglé toutes ses dettes, ce qui pourrait permettre au pays de redevenir éligible pour une éventuelle aide financière. « Le Zimbabwe est maintenant à jour sur toutes ses obligations financières envers le FMI », a indiqué Gerry Rice, le porte-parole de l’institution, dans un communiqué.

« Le Zimbabwe était en arriérés de manière continue depuis 2001 », a rappelé le fonds. Mais le pays a soldé le 20 octobre ses dettes restantes, qui se montaient à 107,9 millions de dollars, a-t-il précisé. Le FMI avait fait un pas vers la normalisation de ses relations avec le Zimbabwe en 2013, en acceptant d’y envoyer une mission technique. Il avait toutefois encore exclu à l’époque de prêter de l’argent au pays, qui avait frôlé l’expulsion de l’institution en 2006 à cause de ses arriérés de paiement.

L’économie du Zimbabwe est plongée dans la crise depuis plus de dix ans. Pour sortir de l’impasse, Harare a cherché ces derniers mois à négocier un emprunt auprès du FMI, mais les donateurs internationaux restent méfiants vis-à-vis d’une aide qui pourrait maintenir sous perfusion le régime du président Robert Mugabe plutôt qu’encourager des réformes.

Le Zimbabwe, qui a abandonné sa monnaie à la faveur du dollar américain en 2009 pour mettre fin à l’hyperinflation, dépense plus de 80% de ses revenus dans les salaires des fonctionnaires et compte parmi les pays les plus corrompus au monde.

Source : Lefigaro.fr

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Le montant des dettes des ménages auprès des banques tunisiennes a atteint 19.5 Milliards de dinars, selon l’Institut National de la Consommation (INC)
Par la voix de son président Tarek Ben Jazia, l’INC a précisé que 8.6 Milliards de dinars du volume global de ces dettes concernent des crédits immobiliers alors que 2.5 Milliards de dinars sont dus à la consommation.
Dans une interview accordée à Africanmanager, le responsable a signalé que ces chiffres ne reflètent pas la réalité de l’endettement des familles tunisiennes.
Ben Jazia a par ailleurs fait remarquer que le taux d’endettement au niveau national a progressé de 17% au cours de ces dernières années.

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L’examen des résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat, à fin mai 2016, fait apparaître une aggravation du déficit budgétaire au cours des cinq premiers mois de l’année 2016, par rapport à la même période de l’année précédente (1.823 MDT contre 126 MDT). Dans une récente note, la BCT (Banque Centrale de Tunisie) explique cela par «l’accélération des dépenses hors principal de la dette à un rythme plus élevé que celui des recettes propres». En effet, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 19,9% durant les cinq premiers mois de 2016, alors qu’elles enregistraient une baisse de 1% au cours de la même période de l’année précédente. Un rebond donc de plus de 20 points de base que la BCT explique par «l’accélération des dépenses de rémunération (+18,3% contre +8,6%) et des interventions et transferts (+35,5% contre -29,6%)». En face, les dépenses de subvention se sont établies à un niveau comparable à celui de 2015 et ont concerné exclusivement les produits de base et le transport, fait remarquer la note de la BCT. Rappelons à ce stade le chiffre de 56 milliards de dette donné par le chef du gouvernement tunisien aux députés qui a plus que doublé en 6 ans.

Note positive quand même, cette «nette reprise des dépenses en capital (titre II) est due, principalement, à l’accélération de l’exécution des projets d’investissement » et aux ressources propres de l’Etat qui ont augmenté de 8,5% durant les cinq premiers mois de 2016. Bémol, elles demeurent en deçà du taux de progression prévu dans la loi des finances, soit 12,4% pour l’ensemble de l’année. Il est important de préciser à cet égard, comme le fait la BCT, que «cette évolution émane d’une hausse considérable et exceptionnelle des recettes non fiscales (cession de la licence 4G), alors que les recettes fiscales n’ont progressé que modérément (1,4% à comparer au taux de 11,4% prévu dans la Loi de Finances de 2016)». Résultat, c’est par un recours intensif au financement intérieur que s’est fait le financement du déficit durant les cinq premiers mois de 2016.

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  • Une dépréciation de 5,5 % du DT … en 6 mois

De son côté, le déficit courant s’est établi à 4.682 MDT ou 5,1% du PIB contre 3.945 MDT ou 4,6% du PIB au cours de la même période de 2015. «Cette évolution reflète, principalement, la faible performance du secteur touristique qui peine à se relever, avec des recettes en régression par rapport à l’an dernier (772,7 MDT seulement à fin juin 2016 contre 1.246,4 MDT au cours de la même période en 2015). Les revenus du travail ont aussi connu un repli durant ladite période (1.672,1 MDT contre 1814,5 MDT)», explique encore la BCT. Enfin, et ce n’est pas la fin, les réserves de change se sont établies à 12.076,2 MDT à fin juin, soit l’équivalent de 110 jours d’importations, contre 14.102 MDT et 128 jours, respectivement, à fin 2015.

Et comme pour répondre à tous ceux qui crient haro sur l’immobilisme de la BCT face à  la détérioration de la valeur du Dinar tunisien, la BCT fait remarquer que «la poursuite de la dégradation de la balance courante et les difficultés rencontrées pour la mobilisation des ressources extérieures nécessaires pour combler le gap de financement, ont amené la Banque centrale à poursuivre une gestion plus flexible du taux de change visant à atténuer la baisse des avoirs en devises et leur maintien à un niveau acceptable. La baisse persistante des recettes en devises a amplifié les pressions sur le taux de change, ce qui a engendré une dépréciation importante du dinar vis-à-vis des principales devises». Et de préciser que «durant le premier semestre 2016, le dinar s’est déprécié en moyenne de 5,5% aussi bien face au dollar que vis-à-vis de l’euro comparativement à son niveau une année auparavant».

  • Amélioration de la capacité d’endettement des ménages tunisiens. A suivre !

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La note de la BCT fait aussi remarquer que «la masse monétaire, au sens de M3, a poursuivi sa reprise observée depuis le mois de mars 2016. En glissement annuel, cet agrégat a évolué au taux de 7,9% en juin 2016 contre 6,7% au mois précédent et 5,5% en juin 2015». Et d’expliquer ensuite que «cette évolution serait due, à la fois, au regain de dynamisme des crédits à l’économie et à l’accélération des créances nettes sur l’Etat. L’évolution des crédits a profité aux professionnels, et à un moindre degré, aux particuliers. La plus forte progression des crédits aux professionnels a concerné les crédits à moyen et long termes octroyés au secteur des services et les crédits à court terme au secteur industriel. Quant à la progression des crédits aux particuliers, elle affiche une reprise assez vigoureuse des crédits à la consommation, au premier semestre 2016 reflétant, vraisemblablement, l’amélioration de la capacité d’endettement des ménages suite aux augmentations salariales enregistrées depuis la fin de l’année 2015». La BCT tranquillise cependant, en affirmant que «cette évolution [ndlr : de la capacité d’endettement des ménages] ne serait pas inquiétante si elle permettait de booster la demande adressée au marché domestique», mais de concéder quand même que, «elle mérite un suivi rapproché».

  • Hausse, historique des besoins de liquidité «bouffés » au Ramadan et à l’Aïd

Chez les banques tunisiennes, «les pressions sur la liquidité se sont accentuées en juin (…) en relation avec les retraits importants effectués par les ménages pour faire face aux dépenses du mois de Ramadan, de l’Aïd El Fitr et de la période estivale ». Le volume global de refinancement moyen a d’ailleurs atteint en juin son niveau historique le plus élevé de 6.313 MDT et a frôlé, au début d’août la barre des 8 milliards de dinars, pour revenir actuellement à moins de 7,5 milliards de dinars après le versement des salaires.

Communiqué BCT

 

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On apprend, sur la page fb de l’UGTT, qu’un accord a pu être signé samedi dernier, entre l’administrateur judiciaire de l’hôtel Al Hana du centre-ville de Tunis et la DG de la Steg (Société d’électricité et de gaz), pour le rééchelonnement des dettes de cet hôtel symbole du tourisme tunisien et ainsi le rétablissement de l’électricité et du gaz pour que l’hôtel puisse reprendre son activité. Le communiqué de la centrale syndicale indique que «c’est le premier pas vers une solution radicale pour le problème de cette unité hôtelière », annonçant une prochaine réunion au siège du ministère des Affaires sociales. Du pain sur la plan pour le nouveau ministre Mohamed Trabelsi, un ancien SG d’une ancienne UGTT.

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La Tunisie s’est offert cinq chefs de gouvernement en autant d’années depuis sa révolution, contribuant, chacun à son échelle, à une transition démocratique largement saluée. Pour autant, aucun d’eux n’a été capable de  significatifs progrès pour doter le pays de stabilité économique et répondre aux attentes des jeunes Tunisiens.

Leur sixième successeur, le technocrate formé à la française  Youssef Chahed, se dépense en promesses audacieuses avant même de prendre ses fonctions pour lutter contre les problèmes auxquels fait face la Tunisie.

Mais une imminente crise budgétaire et de remboursement de la dette, jumelée à l’immobilisme  politique, peuvent empêcher  le quarantenaire chef du gouvernement désigné d’échapper au sort qui a été celui des ses prédécesseurs, estime l’agence Reuters.

Depuis le renversement en 2011 de l’autocrate Zine El-Abidine Ben Ali, la Tunisie a tenu  des élections libres, promulgué une nouvelle constitution et instauré une culture de compromis entre les partis laïques et islamistes, jurant avec  la répression, le chaos et la guerre qui se sont abattus sur  d’autres pays dont les soulèvements ressortissent au «Printemps arabe».

Le revers de la médaille est que les mouvements de protestation, la résistance syndicale et les querelles politiques ont compromis les plans visant à réformer les écrasantes dépenses publiques lestées d’une pléthorique fonction publique, et à mettre en œuvre les lois sur les banques et l’investissement.

Le président de la République, Béji Caid Essebsi a chargé la semaine dernière Youssef Chahed de former  un gouvernement d’union nationale capable de faire avancer les réformes économiques exigées par les bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Sacrifices exceptionnels

«Nous sommes dans une situation qui dicte des décisions et des sacrifices exceptionnels », a déclaré aux journalistes Chahed, affirmant que son objectif est  lutter contre la corruption et le terrorisme, pour la promotion de la croissance économique et l’assainissement des finances publiques. «Je vais  dire au peuple tunisien toute la vérité sur la réalité de la situation financière du pays. »

De nombreux Tunisiens se demandent  si Youssef Chahed, un agronome et un allié de Caïd  Essebsi, pourra mobiliser le capital politique nécessaire pour opérer le changement. Certains de ses adversaires voient en lui une marionnette de Caïd Essebsi, choisi pour sa loyauté envers le président plutôt que pour sa capacité à diriger.

Le changement de chef du gouvernement intervient à un moment difficile. La Tunisie a été visée par trois attentas terroristes qui ont durement touché le secteur touristique qui représente 8 pour cent de l’économie. Le chômage est déjà à 15 pour cent, avec un taux beaucoup plus élevé parmi  les jeunes dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 29 ans.

L’année prochaine sera encore plus difficile pour les finances publiques. Environ 3 milliards de dollars  devront être remboursés au titre du service de la dette et l’Etat devra trouver de l’argent  pour ses fonctionnaires, soit  quelque 450 millions $ par mois.

« Les revenus prévus pour 2017 ne seront pas suffisants pour couvrir le montant de 1 milliard de dinars chaque mois pour 700.000 employés du secteur public», a déclaré le  gouverneur de la Banque centrale, Chedli Ayari, la semaine dernière. « Nous allons avoir besoin de financements étrangers dans ce contexte difficile marqué par  la chute des revenus du tourisme et du phosphate. »

Si Youssef Chahed ne va pas être en peine  d’obtenir le vote de confiance du parlement pour le gouvernement d’union nationale, il devra louvoyer entre les difficiles  relations avec les syndicats et les troubles sociaux qui ont fait capoter par le passé les tentatives du gouvernement de faire passer le type de sacrifices financiers, de  réformes  et d’austérité qu’il est en train d’évoquer.

Des réformes essentielles et radicales au point mort, souvent parce que les gouvernements successifs ont manqué de capital politique, d’audace et de volonté de résister aux  pressions populaires contre les réductions des dépenses publiques ou les  mesures d’austérité.

«Le gouvernement Chahed veut restreindre  les  libertés pour imposer les  mesures douloureuses de  son plan économique», a déclaré Hamma Hammami, le chef du parti d’opposition, le  Front populaire. « Mais le gouvernement échouera car il ne propose rien de nouveau, autant que celui d’Essid, », pronostique-t-il, cité par Reuters.

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Le ministre égyptien des Finances, Amr el-Garhy, a déclaré, dans une interview télévisée, que la dette extérieure de l’Egypte pourrait atteindre la somme de 53,4 milliards $ si son pays recevait l’appui financier du Fonds monétaire international(FMI), rapporte agence ecofin .

En effet, le gouvernement égyptien avait annoncé, la semaine dernière, dans un communiqué, être proche de conclure un accord portant sur un programme économique et financier triennal avec le Fonds monétaire international (FMI). Le pays cherche à obtenir à travers cet accord un prêt d’un montant de 12 milliards $ du FMI à raison de 4 milliards $ par an, sur une période de 3 ans, pour financer son déficit budgétaire très élevé.

D’après la même source, une mission de l’institution de Bretton Woods est arrivée au Caire ce 30 juillet et y séjournera pendant deux semaines dans le cadre des négociations. Le gouvernement espère finaliser la transaction en août. Le PIB de l’Egypte était de 331 milliards $ en 2015, selon les chiffres de la Banque mondiale. Cette transaction porterait donc sa dette extérieure à 16% du PIB.

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L'économie tunisienne a beaucoup souffert par l'instabilité qui a suivi la révolution de janvier 2011 et peine toujours à se relever malgré les dons et les montants faramineux de dette extérieure...

Entre fin 2010 et 2016, de 48% la dette tunisienne a progressé pour atteindre un nouveau record et s’établir aujourd’hui à 54% par rapport au PIB, selon RTCI.

Une évolution qui explique la salve des critiques de la part de l’opposition et de certains experts quant au risques « inéluctables » de la spirale de la dette.

Nabil Abdellatif, expert-comptable et ingénieur financier, a été invité par la radio RTCI, à parler de l’endettement de la Tunisie, comment y faire face, et jusqu’où notre pays peut-il s’endetter ?

En fait, dit expert-comptable, l’on parle toujours du seuil de 50% du PIB, là il faut rappeler tout de même que c’est le seuil édicté par la Commission européenne.

« Il faut rappeler que ce niveau n’est pas un dogme, ni une proportion insoutenable de la dette. On peut citer d’ailleurs des pays qui dépassent largement 140% voire même 150% d’endettement, à l’instar des États-Unis ou de la France… qui sont dans une situation parfaitement soutenable, parce qu’au fait l’affectation des crédits essentiellement dans des activités d’investissements ce qui a forcément un impact sur le taux de croissance et donc par la suite la facilité que le service de la dette soit honoré », poursuit Nabil Abdellatif.

Par contre, fait-il remarquer, pour le cas tunisien, la proportion de 50% pose un problème, parce que si elle est exigée au niveau européen c’est que tout le monde s’endette avec la même monnaie : l’Euro. Pour la Tunisie c’est différent. Il faut rajouter le « risque change » et nous sommes presque à 68% de l’endettement extérieur donc en monnaie étrangère, plutôt en Euro.

« À ce niveau-là, il faut faire très attention parce que le « risque change » n’est pas bien maîtrisé par la gestion actuelle de la dette publique. Et l’on peut ici apporter quelques remarques de taille.

Tout le monde est sûr que la dette publique, surtout extérieure, est très mal gérée. Elle est noyée entre plusieurs ministères pouvant, justement déclencher l’endettement extérieur.

« Je cite, notamment, la Banque centrale de Tunisie, le ministère des finances, le ministère de la Coopération extérieure et dans quelques cas le ministère des Affaires étrangères qui réalisent des opérations d’endettement sans aucune coordination », explique M. Nabil Abdellatif.

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Dans une interview accordée ce mercredi à Africanmanager, le ministre des Finances Slim Chaker a annoncé la création d’une agence en charge de  la gestion de la dette, d’ici fin  2016.

Le ministre a  précisé que la préparation du  dossier y afférent est en cours en coordination avec la Banque mondiale. « Notre but est clair. Il s’agit  tout simplement d’assurer le passage d’une gestion passive de la dette à une gestion active et dynamique et ce, à travers une feuille de route actualisée », a-t-il précisé.

Slim Chaker a par ailleurs noté que cette nouvelle agence sera gérée par des compétences spécialisées au sein du ministère des Finances.

Pour plusieurs experts, c’est une démarche stratégique dans la mesure où la dette culmine aujourd’hui à plus de 54% et le plus dur reste à venir. Ceci peut s’expliquer également par le dérapage salarial dans le budget de l’Etat, mais aussi par le délabrement des entreprises publiques qui cumulent des déficits de plus de quatre milliards de dinars.

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