Tags Posts tagged with "Dette"

Dette

par -

Il y a quelques semaines, la banque publique de référence, STB (Société Tunisienne de Banque), organisait une conférence de presse pour présenter la solution imaginée par la banque, pour sortir du marasme des dettes du secteur touristique. Une dette qui représente un poids de 1,7 Milliard DT pour cette banque qui entame depuis plusieurs mois un plan de restructuration financière.
L’idée, grosso-modo, selon le DG Samir Saïed, c’est de «déterminer la dette supportable par l’hôtel, la capacité de remboursement de chaque hôtel. Cette dette supportable sera divisée en 2 parties. Une petite partie sera classée dette-senior et la dette-junior qui viendra en second rang. La partie de dette non supportable sera ensuite transformée en obligations convertibles. Si l’équipe de gestion concrétise les objectifs, c’est tant mieux. Dans le cas contraire, la banque exerce son option de conversion et transformera la dette en prise de participation dans le capital. On fera appel à une société de gestion extérieure qui sera chargée de la gestion de l’hôtel. A la fin de la période de redressement, l’hôtelier pourra racheter les obligations ou nous vendrons l’hôtel». (Voir notre papier du 12.03.2017).

Nous n’entrerons pas dans le détail de cette offre, dont nous avons pourtant copie. Nous noterons seulement que ce que propose, depuis peu, la banque à ses débiteurs hôteliers, selon le modèle qu’Africanmanager s’est procuré, c’est une offre, selon certains hôteliers que nous avions pu contacter, qui leur rappelle fort le défunt AMC, lancé pendant l’ère de la Troïka. Une structure qui avait alors beaucoup fait peur aux hôteliers qui l’ont toujours refusée. Ils nous font aussi et surtout noter, à propos de l’offre de la STB, cette condition où le promoteur achète à 2 fois le nominal et doit vendre à la banque au 10ème du nominal. Cette dernière condition aurait été changée, sans que la STB n’en parle. Il n’en demeure pas moins que l’offre n’est pas définitive, elle engagerait des conséquences fiscales et ressources qui doivent avoir l’accord du gouvernement et même de l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple).

Le 4 avril 2017, Nous posions la question à la ministre des Finances, Lamia Zribi, autorité de tutelle directe des toutes les banques publiques, la question sur sa position quant à cette proposition en général. Sa réponse, alors que la STB commençait déjà à «commercialiser» cette offre, laisse pour le moins perplexe.
Pour elle en effet, «il y a une réflexion, à commencer à travailler sur une solution pour les dettes du secteur touristique avec la STB. Nous ne reviendrons pas à l’idée de l’AMC (Asset Management Compagny), mais trouver une formule pour assainir le portefeuille de cette banque». A l’entendre donc, la réflexion ne serait même pas encore engagée. De là à parler de solution prête, le pas semble être déjà franchi par la nouvelle direction de la STB.
Et lorsqu’on demande à la ministre des Finances un commentaire à propos de l’offre en elle-même, elle est plus directe : «C’est une proposition de la STB, discutée avec la FTH qui a apprécié cette proposition. Au ministère des finances, on n’a pas encore tranché sur cette question. La proposition n’est donc pas validée, mais peut être discutée et affinée».

On comprend dès lors et sans l’ombre d’un doute que la proposition de la STB n’aurait pas lieu d’être, sans l’aval de l’autorité de tutelle qu’est le ministère des Finances. Même son de cloche d’ailleurs chez l’autorité de régulation qu’est la BCT (Banque Centrale de Tunisie), où une source proche du dossier nous dit que la proposition de la STB n’est pas encore officielle. Les deux s’entendent cependant sur la nécessité de trouver une solution et sur le fait que le problème de la dette a trop duré.

par -

Bonne nouvelle pour les artisans, au terme d’une séance de travail présidée par la ministre du Tourisme, Selma Elloumi, le samedi 07 avril 2017. En effet il a été décidé lors de cette rencontre, consacrée à l’avancement du plan national en faveur de l’artisanat 2017-2021, d’annuler les dettes de 35 mille artisans pour relancer le secteur, en grande difficulté.

5 autres mesures urgentes ont été décidées : l’interdiction de l’importation des produits artisanaux et leur commercialisation en Tunisie, l’intensification des campagnes de contrôle, la sécurisation des circuits d’approvisionnement en matières premières, la facilitation de l’insertion des diplômés dans les ateliers, la signature d’accords entre artisans et commerçants pour la ventilation de produits manuels et l’entrée en vigueur de la stratégie régionale de l’artisanat dans les gouvernorats du sud tunisien (Médenine, Gabès, Kébili et Tataouine), rapporte un communiqué du ministère du Tourisme et de l’Artisanat.

A noter que ce plan cible les activités artisanales domestiques, les artisans privés et les petites entreprises artisanales, estimés à 30 mille, en plus des entreprises artisanales qui ont pignon sur rue, ce qui fait au total 1509 unités.

par -

Noureddine Taboubi, nouveau patron de l’UGTT, a répondu, indirectement, à tous ceux qui doutaient du repositionnement de la centrale syndicale. On ne sait pas encore si ce qu’il a dit jeudi 23 mars 2017, sur Mosaïque FM, est plutôt de nature à rassurer ou inquiéter, mais c’est dit. Et donc il faut l’analyser en tant que tel, pour commencer. Taboubi a fait savoir qu’il sera à la tête d’une délégation de l’UGTT qui prendra la direction de Bruxelles le 15 avril 2017 pour dire ceci à l’Union Européenne : « Nous n’avons plus besoin de prêts. Par contre, nous avons besoin d’un appui concret en termes de matériel et de formations. Cette aide nous permettra d’améliorer notre situation économique »…

Le secrétaire général de l’UGTT a également déclaré qu’il mettra sur la table la question de l’entrée en vigueur de l’accord de partenariat entre la Tunisie et l’UE. Il va tenter de secouer les Européens pour qu’ils accélèrent le pas, a-t-il ajouté…

Par ailleurs il a affirmé qu’il va évoquer dans la capitale européenne le sujet du développement de l’agriculture, les moyens de solutionner l’immigration clandestine et le combat contre le terrorisme. « L’Europe ne peut pas être seule dans cette lutte ».

Voilà, la nouvelle UGTT est arrivée. Cet activisme en dehors des frontières tunisiennes, sur des sujets de ce type, au risque même de marcher sur les plates bandes du gouvernement et du président de la République, est une démarche nouvelle, il faut le reconnaître. Des dossiers de dimension nationale pour le coup, et même d’intérêt national, ça a quand même plus d’allure et de hauteur que cette agitation puérile pour obtenir la tête de Néji Jalloul, ministre de l’Education, plébiscité par les citoyens, selon presque tous les sondages, mais qui donnent des boutons à ses troupes. Là au moins l’UGTT joue dans la cour des grands. Toutefois j’aimerais voir la tête des parlementaires européens quand ils verront la délégation syndicale se pointer à Bruxelles pour évoquer les affaires de la Tunisie, et pas des moindres. Une centrale syndicale, fût-elle du calibre de l’UGTT, qui vient traiter les dossiers qui relèvent de l’exécutif, ça décoiffe pour des Européens qui ont d’autres moeurs politiques. Même en France, qui a une vraie tradition syndicale, une telle chose est tout simplement impensable. Mais entre temps quelqu’un leur aura expliqué, s’ils ne le savent pas déjà, que l’UGTT est prophète dans son pays et que rien ne peut se faire ou se défaire sans elle, et là la pilule passera comme par enchantement chez des Européens pragmatiques et qui se diront qu’après tout les Tunisiens en ont décidé ainsi, et qu’il faut faire avec…

Quant à savoir ce que les patrons de l’exécutif tunisien, Youssef Chahed et Béji Caïd Essebsi, pensent de cette démarche de l’UGTT, très cavalière pour le moins, s’ils ont donné leur agrément, c’est une autre question. Mais ce qu’on peut dire d’ores et déjà, c’est que cette posture sur la dette contraste avec la position officielle du palais de la Kasbah. Pas plus tard qu’hier, Ridha Saïdi, conseiller auprès du chef du gouvernement, chargé du suivi des projets et des programmes publics, a confié à Africanmanager que la Tunisie mise sur le déblocage de la 2ème tranche du prêt du FMI et des crédits de la Banque mondiale et de l’Union européenne pour se refaire une beauté. Il y a donc comme qui dirait une divergence de perceptions sur l’endettement entre l’UGTT et le gouvernement…

Un dangereux mélange des genres

Le moins qu’on puisse dire est que la Tunisie collectionne les singularités depuis sa fameuse Révolution. Voilà un pays qui est gouverné par une coalition de partis aux intérêts, idéologies, orientations politiques et programmes parfois diamétralement opposés, mais tout le monde s’échine à ne pas faire craqueler le vernis de la cohésion au sommet de l’Etat sans laquelle tout l’édifice va s’effondrer. Pour le moment ça tient, mais difficilement. Voilà un pays dont la trajectoire est difficilement lisible pour cause d’interférences de plusieurs forces motrices – Pacte de Carthage, Assemblée des Représentants du peuple (ARP) et bientôt le Conseil national du Dialogue social. Voilà un pays où le chef du gouvernement, de son propre chef, décide de se mettre la corde au cou en convoquant une kyrielle de partis et organisations – les signataires du Document de Carthage – pour juger 6 mois d’actions et lui fixer le cap pour la suite, au lieu de prendre ses responsabilités en tranchant dans le vif, et répondre de ses actes in fine devant la représentation nationale (ARP), comme dans toute démocratie qui se respecte. Voilà un pays où les organisations, syndicale et patronale – UGTT et UTICA -, parlent parfois plus fort que ceux qui ont été élus pour le faire, et mieux, ou pire : s’assoient à la table des tenants de l’exécutif… pour décider. Etc. Etc.

A toutes ces spécificités s’ajoutent les dissonances d’une classe politique immature et irresponsable, qui a découvert cet art dans le tard, fait ses armes en même temps que des citoyens qu’elle est censée guider. Une classe politique qui porte de sérieux coups à la démocratie qu’elle est censée promouvoir, défendre. Vu d’ici on le sait : cette affaire prendra du temps. On ne fabrique pas des hommes d’Etat en un claquement d’un doigt, encore moins des dirigeants politiques éclairés. Mais est-ce que les « amis » et soutiens de la Tunisie vont s’assoir tranquillement en attendant que la longue crise d’adolescence passe ? Rien n’est moins sûr. D’autant plus qu’il y a bien d’autres sujets qui terrifient l’humanité (réchauffement climatique, terrorisme, crise économique mondiale, Donald Trump, Vladimir Poutine, Bachar Al Assad, Kim Jong-un, etc.).

La Tunisie, quoi qu’en disent ses dirigeants, commence à inquiéter ses partenaires. Le fait que le FMI ait gelé la 2ème tranche du prêt de 2,88 milliards de dollars, qu’il était censé verser en décembre 2016, en est l’illustration. Ridha Saïdi a beau monter au front pour démentir Ezzedine Saidane, qui avait déclaré que le FMI aurait décidé d’annuler sa visite en Tunisie pour cause de retard dans l’application des réformes promises, il n’en demeure pas moins qu’il y a un hic. Le FMI était censé débarquer fin mars, on est le 24 du moins et il n’y a toujours aucune date précise. Une machine comme celle-là ne fait pas dans le pilotage à vue, si les choses avaient été au beau fixe en Tunisie, on aurait une date pour ce voyage. A tout le moins il y a quelque chose qui cale au pays du jasmin. Et si ça cale avec le FMI, il y a de fortes de chances que ça le fasse avec la Banque mondiale et l’UE. Il faudra autre chose que des incantations pour ramener à de meilleurs sentiments les bailleurs de fonds de la Tunisie. L’exécutif le sait, mais encore faut-il qu’il ait les moyens, le souffle et surtout la volonté de faire…

par -

Pendant cinq jours, le gouverneur de la BCT Chedly Ayari, la ministre des Finances Lamia Zribi et deux hauts cadres du MF, ont écumé les places financières de 3 pays, la France, l’Allemagne et l’Angleterre, à la recherche de financements pour combler les déficits du budget de l’Etat, à raison de 9 réunions, individuelles ou par groupes, par jour, avec les investisseurs et les bailleurs de fonds. La demande à Londres était tellement importante (70 investisseurs) que le marathon des réunions a dû se faire en groupes de 6 à 7 par membre de délégation. De 8 heures du matin à 20 heures. Même les déjeuners se transformaient en rencontres avec les investisseurs et à 18 heures, on se réunissait avec les organisateurs pour le feed-back des marchés.

  • Dur, dur de s’endetter dans ces conditions !

La discussion n’était pas facile comme en a témoigné l’agence de presse spécialisée Reuters, d’autant que la délégation tunisienne avait, en face d’elle, non des politiciens ou des bailleurs de fonds publics, mais des investisseurs privés, plus soucieux de bénéfices et de délais et conditions de remboursement que de la conjoncture interne de la Tunisie et des perspectives de son processus démocratique. «Nos vis-à-vis dans les discussions pendant le roadshow, sont au courant de tout ce qui se passe en Tunisie dans le détail. Ils ont, par exemple, attiré notre attention que les médecins tunisiens sont en grève et que les pharmaciens aussi, alors que nous discutions. Ils connaissent, par le nom, tous les dirigeants de l’UGTT et suivent leurs déclarations. Tous des signaux négatifs pour la communauté des bailleurs de fonds», nous avouait la ministre tunisienne des Finances Lamia Zribi, lors d’un entretien téléphonique avec Africanmanager.

La délégation tunisienne discutait aussi avec de jeunes loups des finances qui n’avaient cure de notre conjoncture de jeune démocratie et de transition économique. Et la pertinence des questions, face à des réponses dont les membres de la délégation ne maîtrisaient parfois pas toutes les ficelles et imposait un réalisme qui reste incompréhensible pour des vis-à-vis au langage purement technique et financier, rendait leur mission trop dure. «Des techniciens de la finance qui ne comprennent pas qu’on accorde des augmentations salariales alors que le budget ne le permet pas, ou qui ne comprennent pas qu’on ait un déficit commercial élevé alors qu’on refuse toujours de dévaluer notre monnaie», nous disait encore la ministre qui affirme à ce propos que «les investisseurs et les bailleurs de fonds ont été unanimes à poser la question autour de la dévaluation du Dinar». Et Lamia Zribi d’avouer que «la notation de Fitch a beaucoup perturbé le roadshow, beaucoup compliqué les négociations», admettant que «cela rend nécessaire, sinon impérieux, que la Tunisie fasse les efforts nécessaires pour améliorer sa note souveraine, car une autre dégradation nous fermerait les portes des bailleurs de fonds».

Des bailleurs qui ont parfois pressé la délégation tunisienne comme un citron, par des questions, non pas auxquelles ils n’étaient pas préparés, mais pour les réponses qui n’étaient pas parfois logiques pour les techniciens, purs et durs, des finances qu’ils étaient. Mais «on a bien défendu notre dossier et on a même réussi à faire changer d’avis certains par la sincérité des réponses et inspiré assez de confiance», pour arriver à ce taux de 5,625 %, selon le communiqué du ministère des Finances.

  • Les 850 M étaient un choix et suffiraient, si …

Beaucoup d’observateurs et d’analystes se sont par ailleurs demandé pourquoi ne pas avoir pris plus et si la délégation tunisienne, n’avait pas, en fin de compte, échoué dans sa mission. «Nous avions un objectif maximal de 1 Milliard d’euros, selon le mandat qui nous avait été donné par l’ARP. Le montant était en fait un choix, parce que nous avions dû faire le ménage, dans les 206 offres représentant un montant de 1,6 Milliards euros, entre véritables investisseurs, les bonnes banques et les bons fonds d’investissements, pour ne pas tomber dans le spéculatif. Les conditions de certaines offres, comme en matière de taux d’intérêt, de coupon, de maturité et de taux spéculatifs, nous ont finalement fait faire le choix des 850 M pour une maturité de 7 ans, selon les termes du mandat qui nous a été donné par l’ARP et qui était d’une maturité entre 7 et 10 ans. Une plus courte maturité ne nous aurait pas été favorable et une maturité plus longue nous aurait coûté plus cher», a indiqué la ministre tunisienne des Finances à Africanmanager.

Pour la ministre Zribi, «le montant est au-delà des prévisions budgétaires pour l’apport des bailleurs de fonds étrangers et même en-dessous de nos besoins », assure-t-elle, affirmant ne jamais avoir parlé d’un montant d’un Milliard d’euros. Pour elle, «les 850 M devraient être suffisants, à condition de réussir nos discussions avec la BAD, la Banque Mondiale et le FMI dont les autres bailleurs de fonds attendent la réaction, qui devrait normalement arriver en mars prochain, pour se décider de leur côté».

  • A quand un roadshow local des vérités ?

Satisfaite du résultat de la mission, la ministre des Finances insiste pour dire que «le résultat du road-show reste quand même une marque confiance dans le risque Tunisie», dans sa résilience et sa capacité à rebondir. Elle n’en reste pas moins réaliste. «Nous l’avions constaté, l’appréciation externe du risque Tunisie, fait encore peur aux investisseurs, qui ne voient toujours pas les effets des réformes et des améliorations. Le grand hic pour les bailleurs de fonds, reste le déficit budgétaire et courant et l’avancement des réformes qui ont été finalement les deux grands points d’achoppement pour cette sortie sur le marché européen de la dette. Il nous faut nous remettre au travail et avancer plus vite dans les réformes, sinon la prochaine sortie sera encore plus difficile dans de telles conditions», indique-t-elle.

Il reste maintenant, au chef du gouvernement en personne, de faire sa part du travail, celle qui consiste à parler au peuple, à travers un roadshow de réunions populaires et non assis sur un fauteuil derrière les caméras, pour lui dire la gravité de la situation et l’appeler à reprendre le travail et à redoubler d’effort pour remettre son économie en marche et ne pas décevoir tous ceux qui attendent un avenir meilleur de la révolution !

 

par -

2017 démarre sur les chapeaux de roue pour les pays africains qui s’aventurent sur le marché international des capitaux. Rien que ce mois de janvier, 6.58 milliards $ ont été collectés, Etats, institutions et entreprises confondus.

L’Egypte est dans le haut du panier avec ses 4 milliards $ injectés par les investisseurs internationaux. La confiance règne ! Le pays des pharaons, au passage, a pulvérisé le record de fonds ramassés sur ce marché par une nation africaine dans une seule sortie. Les autres requérants font pâle figure à côté du Caire : la Banque Africaine de Développement avec 1,07 milliard $, African Finance Corporation 150 millions $ d’emprunts islamiques et le groupe sud-africain Sibanye Gold 1,35 milliard $, par le biais d’un emprunt syndiqué international.

D’autres candidats frappent à la porte du marché international de la dette. C’est le cas de la Tunisie, qui table sur 2 milliards d’euros en 2017. Idem pour le Kenya, qui a missionné des banques pour lui peaufiner un eurobond de 800 millions $ et le Nigeria, qui lorgne un prêt souverain de 1 milliard $. Il y a aussi l’Egypte, qui ne va pas se satisfaire de son pactole et a déjà des vues sur des obligations islamiques. Bref, on est loin de la morosité de 2016, où le marché international de la dette était moins clément.

Certes les pays de la région font face à de grosses difficultés de trésorerie du fait de la fonte des cours mondiaux de matières premières, dont ils dépendent fortement ; certes des vents favorables soufflent sur le marché de la dette, donnant de l’appétit aux pays africains, mais le Fonds Monétaire International (FMI) invite à ne pas en abuser du fait des risques sérieux de volatilité et d’effets de yoyo du change qui accompagnent ce genre de transaction. Les pays africains seraient bien avisés en prêtant l’oreille aux alertes du FMI, pour s’éviter de sévères déconvenues et des gueules de bois après la foire aux emprunts. A bon entendeur…

par -

Tawasol Groupe Holding clôture l’année 2016 avec un chiffre d’affaires consolidé de l’ordre de 141 960 938 DT et ce, contre 84 787 605 DT réalisé au 31/12/2015, soit une croissance de l’ordre de 67%. Par ailleurs, le quatrième trimestre a été marqué par une accentuation du rythme de croissance par rapport au quatrième trimestre 2015 avec un chiffre d’affaires consolidé de 46 725 080 DT contre 28 595 297 DT réalisé au cours du quatrième trimestre 2015, soit une augmentation de 63%.

L’année 2016 a constitué pour le groupe le début de concrétisation de son carnet de commandes pour les pôles Travaux d’Infrastructure. Une croissance qui s’est accompagnée par la continuation de l’effort d’investissement corporel pour consolider les moyens de production, et ce contre une augmentation de la dette à Long et Moyen Terme au titre de l’année de 8 297 307 DT.

L’année 2016 pour le groupe Tawasol de la famille Chabchoub, c’est aussi l’accroissement de 50 % de l’endettement global, provenant essentiellement des dettes d’exploitation à court terme et qui ont doublé, passant de 20,173 MDT à 40,845 MDT, soit une augmentation de 120 % du court terme  contre une augmentation du Chiffres d’Affaires de 67%.

par -

Lamia Zribi, la ministre des Finances a déclaré que le dialogue 5+1 qui a été entamé à Paris Mardi dernier et qui comprend la France, le Portugal, l’Espagne et Malte d’un côté et les pays du Magreb d’un autre côté, a souligné la nécessité de la coopération dans le secteur douanier et fiscal entre ces pays et surtout, le combat contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.

Lors de son intervention, ce jeudi, 26 janvier 2017, sur les ondes d’Express Fm, la ministre a ajouté qu’elle a eu une discussion avec le ministre français de l’économie et des finances autour du sujet de la conversion de la dette tunisienne envers la France en investissements.

par -

La situation économique de la Tunisie est tellement complexe, trouble, instable depuis quelques années que des institutions de la trempe de l’Agence de Notation Moody’s, qui pourtant maitrisent leur affaire sur le bout des doigt, y perdent leur latin et leur boussole. Il faudrait une véritable boule de cristal pour y voir quelque chose. Et encore. Dans un sens c’est pas une mauvaise chose car on peut se dire que ce flou est également la preuve que le contexte peut muter favorablement, à tout moment. C’est une façon de percevoir la situation ; si on la prend par l’autre bout de la lorgnette, cela rend impossible toute prévision à court et moyen terme, ce qui est synonyme d’incertitude, et donc forcément un mauvais signal pour les institutions financières internationales, les investisseurs, locaux comme étrangers et les pays partenaires. Moody’s vient de se prendre les pieds dans le tapis de ses prévisions en direction de la Tunisie, en se contredisant en l’espace de quelques semaines. En effet dans sa dernière mouture publiée dimanche 15 janvier 2017, l’agence place la Tunisie dans le lot des pays à perspective stable pour la solvabilité souveraine (avec la Jordanie, le Liban, le Maroc et l’Egypte), dans son rapport intitulé  » Les perspectives souveraines – Proche Orient et l’Afrique du Nord: Perspectives 2017 – L’impulsion de la réforme appuie les perspectives stables en dépit des défis continus ». Pourtant il y a quelques semaines, la musique était toute autre…

Moody’s justifie cette perspective stable par la chute des prix de l’énergie et la dynamique des réformes – dans le cas de la Tunisie on attend toujours de voir – dans la région.
D’après le même document, lequel est, précisons-le, une photographie des marchés et non un acte de notation, « l’amélioration de l’élan de croissance et l’accès aux sources de financement externes dans les programmes du Fonds monétaire international (…) confirment » les « perspectives de crédit stables », a indiqué Elisa Parisi-Capone, vice-présidente chez Moody’s.
La rapport indique tout de même qu’à l’exception de la Tunisie, tous les pays passés à la loupe dans la région présentent des bases de financement internes leur permettant de desserrer l’étau de la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur, même si les niveaux d’endettement sont hauts et les besoins financiers bruts conséquents : 55,6% du PIB en Egypte, 30,8%, 21,5% en Jordanie, 12,2% au Maroc et 9,4% en Tunisie.

Par ailleurs en Tunisie les perspectives négatives « reflètent également un resserrement des conditions de financement externe lié à l’endettement en devises et à la structure de financement », indique Moody’s, qui situe le déficit de la balance des opérations courantes à 7,5% en 2017 et de 7,3% en 2018, donc un léger repli à venir.
En outre, la fonte des prix de l’énergie a fortement participé au « rééquilibrage externe graduel de la région et a contribué à compenser le recul du secteur touristique, de l’investissement étranger direct et la réduction des transferts financiers des pays du Conseil de coopération du Golfe ».

Le son de cloche a changé !

Il y a quelques semaines, plus précisément le 22 novembre 2016, Moody’s indiquait que la Tunisie risquait gros à cause de la dégradation de ses finances publiques. L’agence de notation Moody’s faisait planer la menace d’une baisse de la note de la dette souveraine tunisienne du fait du glissement inquiétant des finances publiques. Certes le communiqué confirmait le « Ba3 » de la Tunisie, une note attribuée aux émetteurs aptes à honorer leurs engagements, avec des aspects spéculatifs, mais la perspective était passée de « stable » à « négative ». L’agence reprochait à la Tunisie « les retards continus vers la consolidation budgétaire qui mène à l’aggravation du déficit budgétaire et à une trajectoire du niveau de la dette par rapport au PIB qui s’éloigne de plus en plus de la moyenne des pays placés dans la même catégorie ». Elle pointait également du doigt le fait que le gouvernement ait revu à la hausse, dans le projet de la loi de finances 2017, les prévisions de déficit budgétaire pour cette année et l’an prochain à respectivement 5,7% et 5,4% du PIB, et que « la dette du gouvernement atteigne 63,2% du PIB fin 2016 contre 54,9% en 2015″… Bref le dossier à charge était costaud!

Il semble donc que la Tunisie, dans la dernière prévision de Moody’s, soit portée par un contexte régional favorable. Cela ne veut pas dire pour autant que les problèmes domestiques sont réglés, loin de là. Les moteurs de l’économie (phosphate, tourisme…) sont toujours aussi poussifs, le climat social toujours aussi instable (en témoignent les remous dans les régions dernièrement), la consommation, un des relais de la croissance, toujours aussi énigmatique (même les chiffres de l’honorable INS sont maintenant contestés !), quant à l’oxygène qu’on attend de la Conférence internationale de l’investissement, il ne viendra qu’en 2018 à cause de l’épaisse paperasse qui accompagne ces décaissement colossaux, selon le ministre de la Coopération internationale. Tout cela pour dire que les lendemains qui chantent ne sont pas pour maintenant…

par -

On n’en est plus au stade de savoir si l’explosion de la dette tunisienne est un mythe ou une réalité. En effet, les experts admettent presque unanimement que le taux d’endettement du pays est à un niveau record ces dernières années, les gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution, tous sans exception (même si certains sont plus coupables que d’autres, mais là n’est pas notre propos aujourd’hui), préférant le chemin « facile » des robinets du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque Mondiale aux voies tortueuses et périlleuses de la réforme pour faire redémarrer la machine économique et trouver des marges de manoeuvre à l’intérieur. Le jus est tiré, il faut le boire maintenant. Au lieu d’épiloguer sur la pertinence des choix de nos chers gouvernants, une entreprise vorace en énergie, il faut plutôt s’atteler à déterminer si cette dette est soutenable, viable pour un pays aux ressources financières très limitées. L’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), en se fondant sur les projections et hypothèses de travail du FMI, est allé au charbon pour nous aider à y voir plus clair dans cette affaire.

Le moins qu’on puisse dire est que le verdict de l’ITCEQ est à contre-courant, presque révolutionnaire dans un contexte où ce sont plutôt les propos alarmistes sur cette dette qui foisonnent. Pour cette institution, la dette tunisienne demeure viable, malgré certaines faiblesses nées de la part écrasante de la dette extérieure. D’après l’étude de l’ITCEQ, intitulée “Tendances et viabilité de la dette publique tunisienne“, la Tunisie n’est pas à classer dans la catégorie risque majeur pour sa dette extérieure, cette dernière resterait à un niveau soutenable à moyen terme. En fait l’enquête conclut que c’est la nature du remboursement du service de la dette publique 2015-2020, des prêts contractés avant 2015, qui pose problème. La Tunisie va en baver avant 2020 pour décaisser 5,5 milliards de dinars (qui prend en compte le remboursement du placement du Qatar de 500 Millions de dollars américains – à peu près 1125 MD -, versement prévu en 2017 mais finalement différé) et 4,6 milliards de dinars en 2020 (émission garantie par les USA en 2012, d’un montant de 485 Millions de dollars américains).

D’après les prévisions du budget de l’Etat pour l’exercice 2017, la dette publique devrait s’établir à la fin de 2017 à à peu près 62 660 Millions de dinars (MD) , soit 63,8% du PIB contre 63% à la fin de 2016. La hausse n’est pas démesurée, notamment si on tient compte du glissement phénoménal qui s’est produit depuis fin 2015, où la dette tunisienne était à peine de 54,9%. Dans le détail, 42% de cette dette a été contracté en euro, 32,6% en dollar, 11,9% en yen et 3,3 % en d’autres devises, et 10,2% de droits de décaissement.

S’agissant du service de la dette publique, il montera en 2017 à 5825 MD (le remboursement du principal de la dette de l’emprunt obligataire contracté auprès du Qatar n’est pas prix), en progression de 575 MD, soit +11 % en comparaison avec 2016. Quant aux besoins en financement, ils se situent à 8 505 MD, dont 6 045 MD seront ramassés avec les bailleurs de fonds étrangers et 2 460 MD en ayant recours à l’endettement intérieur.

Le rapport de l’ITCEQ n’élude pas la forte progression de la dette publique, notamment  ces deux dernières années (près de 10 points de plus!), mais il la remet dans une perspective plus régionale. En comparaison avec le Maroc, et ses 63% d’endettement, qui a beaucoup moins de pépins en ce moment, le taux d’endettement de la Tunisie est presque honorable. Mais si on compare la Tunisie avec la Grèce – une dette de 176% -, ce que certains analystes ont fait récemment, allant très, trop, vite en besogne, alors là le pays du jasmin mériterait un brevet de satisfecit.

L’épée de Damoclès

D’après les projections de l’ITCEQ, la tendance de la dette extérieure tunisienne n’est pas affolante, sauf si le dinar venait à se déprécier drastiquement. Et là les experts, toujours en s’appuyant sur les hypothèses de travail du FMI, ont élaboré deux scénarios.

D’abord la dette tunisienne, en prenant en compte la conjoncture – nationale et internationale – et les variables macroéconomiques du moment, va continuer à monter, le gouvernement n’ayant pas d’autre choix que de s’endetter. Le ratio dette extérieure rapporté au PIB devrait même atteindre le sommet en 2017, 69,4%, contre 56,2% en 2014.
Ce pic devrait être suivi par une décroissance, progressivement, à moyen terme, pour se situer à 63,8%, en 2020, si l’embellie du compte courant est au rendez-vous.

L’autre scénario c’est sur la base de chocs exogènes, en sachant “que le ratio dette extérieure par rapport au PIB reste tributaire des chocs négatifs”. Là le risque est beaucoup plus élevé car imprévisible, par définition. Toutefois le FMI reste confiant sur la capacité de la Tunisie à faire face et à être résiliente devant des chocs extérieurs et des crises de confiance à la faveur de la texture de la dette extérieure, une dette à long terme et des taux d’intérêt relativement faibles sur les marchés financiers extérieurs. En conclusion, la dette extérieure demeurerait viable, sauf si la dépréciation du taux de change réel devenait très conséquente…

par -
Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé vendredi avoir approuvé un plan d’aide de 1

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé jeudi que le Zimbabwe, en arriérés de paiement à son égard depuis quinze ans, avait réglé toutes ses dettes, ce qui pourrait permettre au pays de redevenir éligible pour une éventuelle aide financière. « Le Zimbabwe est maintenant à jour sur toutes ses obligations financières envers le FMI », a indiqué Gerry Rice, le porte-parole de l’institution, dans un communiqué.

« Le Zimbabwe était en arriérés de manière continue depuis 2001 », a rappelé le fonds. Mais le pays a soldé le 20 octobre ses dettes restantes, qui se montaient à 107,9 millions de dollars, a-t-il précisé. Le FMI avait fait un pas vers la normalisation de ses relations avec le Zimbabwe en 2013, en acceptant d’y envoyer une mission technique. Il avait toutefois encore exclu à l’époque de prêter de l’argent au pays, qui avait frôlé l’expulsion de l’institution en 2006 à cause de ses arriérés de paiement.

L’économie du Zimbabwe est plongée dans la crise depuis plus de dix ans. Pour sortir de l’impasse, Harare a cherché ces derniers mois à négocier un emprunt auprès du FMI, mais les donateurs internationaux restent méfiants vis-à-vis d’une aide qui pourrait maintenir sous perfusion le régime du président Robert Mugabe plutôt qu’encourager des réformes.

Le Zimbabwe, qui a abandonné sa monnaie à la faveur du dollar américain en 2009 pour mettre fin à l’hyperinflation, dépense plus de 80% de ses revenus dans les salaires des fonctionnaires et compte parmi les pays les plus corrompus au monde.

Source : Lefigaro.fr

par -
Le montant des dettes des ménages auprès des banques tunisiennes a atteint 19.5 Milliards de dinars, selon l’Institut National de la Consommation (INC)
Par la voix de son président Tarek Ben Jazia, l’INC a précisé que 8.6 Milliards de dinars du volume global de ces dettes concernent des crédits immobiliers alors que 2.5 Milliards de dinars sont dus à la consommation.
Dans une interview accordée à Africanmanager, le responsable a signalé que ces chiffres ne reflètent pas la réalité de l’endettement des familles tunisiennes.
Ben Jazia a par ailleurs fait remarquer que le taux d’endettement au niveau national a progressé de 17% au cours de ces dernières années.

par -

L’examen des résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat, à fin mai 2016, fait apparaître une aggravation du déficit budgétaire au cours des cinq premiers mois de l’année 2016, par rapport à la même période de l’année précédente (1.823 MDT contre 126 MDT). Dans une récente note, la BCT (Banque Centrale de Tunisie) explique cela par «l’accélération des dépenses hors principal de la dette à un rythme plus élevé que celui des recettes propres». En effet, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 19,9% durant les cinq premiers mois de 2016, alors qu’elles enregistraient une baisse de 1% au cours de la même période de l’année précédente. Un rebond donc de plus de 20 points de base que la BCT explique par «l’accélération des dépenses de rémunération (+18,3% contre +8,6%) et des interventions et transferts (+35,5% contre -29,6%)». En face, les dépenses de subvention se sont établies à un niveau comparable à celui de 2015 et ont concerné exclusivement les produits de base et le transport, fait remarquer la note de la BCT. Rappelons à ce stade le chiffre de 56 milliards de dette donné par le chef du gouvernement tunisien aux députés qui a plus que doublé en 6 ans.

Note positive quand même, cette «nette reprise des dépenses en capital (titre II) est due, principalement, à l’accélération de l’exécution des projets d’investissement » et aux ressources propres de l’Etat qui ont augmenté de 8,5% durant les cinq premiers mois de 2016. Bémol, elles demeurent en deçà du taux de progression prévu dans la loi des finances, soit 12,4% pour l’ensemble de l’année. Il est important de préciser à cet égard, comme le fait la BCT, que «cette évolution émane d’une hausse considérable et exceptionnelle des recettes non fiscales (cession de la licence 4G), alors que les recettes fiscales n’ont progressé que modérément (1,4% à comparer au taux de 11,4% prévu dans la Loi de Finances de 2016)». Résultat, c’est par un recours intensif au financement intérieur que s’est fait le financement du déficit durant les cinq premiers mois de 2016.

grasd

  • Une dépréciation de 5,5 % du DT … en 6 mois

De son côté, le déficit courant s’est établi à 4.682 MDT ou 5,1% du PIB contre 3.945 MDT ou 4,6% du PIB au cours de la même période de 2015. «Cette évolution reflète, principalement, la faible performance du secteur touristique qui peine à se relever, avec des recettes en régression par rapport à l’an dernier (772,7 MDT seulement à fin juin 2016 contre 1.246,4 MDT au cours de la même période en 2015). Les revenus du travail ont aussi connu un repli durant ladite période (1.672,1 MDT contre 1814,5 MDT)», explique encore la BCT. Enfin, et ce n’est pas la fin, les réserves de change se sont établies à 12.076,2 MDT à fin juin, soit l’équivalent de 110 jours d’importations, contre 14.102 MDT et 128 jours, respectivement, à fin 2015.

Et comme pour répondre à tous ceux qui crient haro sur l’immobilisme de la BCT face à  la détérioration de la valeur du Dinar tunisien, la BCT fait remarquer que «la poursuite de la dégradation de la balance courante et les difficultés rencontrées pour la mobilisation des ressources extérieures nécessaires pour combler le gap de financement, ont amené la Banque centrale à poursuivre une gestion plus flexible du taux de change visant à atténuer la baisse des avoirs en devises et leur maintien à un niveau acceptable. La baisse persistante des recettes en devises a amplifié les pressions sur le taux de change, ce qui a engendré une dépréciation importante du dinar vis-à-vis des principales devises». Et de préciser que «durant le premier semestre 2016, le dinar s’est déprécié en moyenne de 5,5% aussi bien face au dollar que vis-à-vis de l’euro comparativement à son niveau une année auparavant».

  • Amélioration de la capacité d’endettement des ménages tunisiens. A suivre !

grads

La note de la BCT fait aussi remarquer que «la masse monétaire, au sens de M3, a poursuivi sa reprise observée depuis le mois de mars 2016. En glissement annuel, cet agrégat a évolué au taux de 7,9% en juin 2016 contre 6,7% au mois précédent et 5,5% en juin 2015». Et d’expliquer ensuite que «cette évolution serait due, à la fois, au regain de dynamisme des crédits à l’économie et à l’accélération des créances nettes sur l’Etat. L’évolution des crédits a profité aux professionnels, et à un moindre degré, aux particuliers. La plus forte progression des crédits aux professionnels a concerné les crédits à moyen et long termes octroyés au secteur des services et les crédits à court terme au secteur industriel. Quant à la progression des crédits aux particuliers, elle affiche une reprise assez vigoureuse des crédits à la consommation, au premier semestre 2016 reflétant, vraisemblablement, l’amélioration de la capacité d’endettement des ménages suite aux augmentations salariales enregistrées depuis la fin de l’année 2015». La BCT tranquillise cependant, en affirmant que «cette évolution [ndlr : de la capacité d’endettement des ménages] ne serait pas inquiétante si elle permettait de booster la demande adressée au marché domestique», mais de concéder quand même que, «elle mérite un suivi rapproché».

  • Hausse, historique des besoins de liquidité «bouffés » au Ramadan et à l’Aïd

Chez les banques tunisiennes, «les pressions sur la liquidité se sont accentuées en juin (…) en relation avec les retraits importants effectués par les ménages pour faire face aux dépenses du mois de Ramadan, de l’Aïd El Fitr et de la période estivale ». Le volume global de refinancement moyen a d’ailleurs atteint en juin son niveau historique le plus élevé de 6.313 MDT et a frôlé, au début d’août la barre des 8 milliards de dinars, pour revenir actuellement à moins de 7,5 milliards de dinars après le versement des salaires.

Communiqué BCT

 

par -

On apprend, sur la page fb de l’UGTT, qu’un accord a pu être signé samedi dernier, entre l’administrateur judiciaire de l’hôtel Al Hana du centre-ville de Tunis et la DG de la Steg (Société d’électricité et de gaz), pour le rééchelonnement des dettes de cet hôtel symbole du tourisme tunisien et ainsi le rétablissement de l’électricité et du gaz pour que l’hôtel puisse reprendre son activité. Le communiqué de la centrale syndicale indique que «c’est le premier pas vers une solution radicale pour le problème de cette unité hôtelière », annonçant une prochaine réunion au siège du ministère des Affaires sociales. Du pain sur la plan pour le nouveau ministre Mohamed Trabelsi, un ancien SG d’une ancienne UGTT.

par -

La Tunisie s’est offert cinq chefs de gouvernement en autant d’années depuis sa révolution, contribuant, chacun à son échelle, à une transition démocratique largement saluée. Pour autant, aucun d’eux n’a été capable de  significatifs progrès pour doter le pays de stabilité économique et répondre aux attentes des jeunes Tunisiens.

Leur sixième successeur, le technocrate formé à la française  Youssef Chahed, se dépense en promesses audacieuses avant même de prendre ses fonctions pour lutter contre les problèmes auxquels fait face la Tunisie.

Mais une imminente crise budgétaire et de remboursement de la dette, jumelée à l’immobilisme  politique, peuvent empêcher  le quarantenaire chef du gouvernement désigné d’échapper au sort qui a été celui des ses prédécesseurs, estime l’agence Reuters.

Depuis le renversement en 2011 de l’autocrate Zine El-Abidine Ben Ali, la Tunisie a tenu  des élections libres, promulgué une nouvelle constitution et instauré une culture de compromis entre les partis laïques et islamistes, jurant avec  la répression, le chaos et la guerre qui se sont abattus sur  d’autres pays dont les soulèvements ressortissent au «Printemps arabe».

Le revers de la médaille est que les mouvements de protestation, la résistance syndicale et les querelles politiques ont compromis les plans visant à réformer les écrasantes dépenses publiques lestées d’une pléthorique fonction publique, et à mettre en œuvre les lois sur les banques et l’investissement.

Le président de la République, Béji Caid Essebsi a chargé la semaine dernière Youssef Chahed de former  un gouvernement d’union nationale capable de faire avancer les réformes économiques exigées par les bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Sacrifices exceptionnels

«Nous sommes dans une situation qui dicte des décisions et des sacrifices exceptionnels », a déclaré aux journalistes Chahed, affirmant que son objectif est  lutter contre la corruption et le terrorisme, pour la promotion de la croissance économique et l’assainissement des finances publiques. «Je vais  dire au peuple tunisien toute la vérité sur la réalité de la situation financière du pays. »

De nombreux Tunisiens se demandent  si Youssef Chahed, un agronome et un allié de Caïd  Essebsi, pourra mobiliser le capital politique nécessaire pour opérer le changement. Certains de ses adversaires voient en lui une marionnette de Caïd Essebsi, choisi pour sa loyauté envers le président plutôt que pour sa capacité à diriger.

Le changement de chef du gouvernement intervient à un moment difficile. La Tunisie a été visée par trois attentas terroristes qui ont durement touché le secteur touristique qui représente 8 pour cent de l’économie. Le chômage est déjà à 15 pour cent, avec un taux beaucoup plus élevé parmi  les jeunes dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 29 ans.

L’année prochaine sera encore plus difficile pour les finances publiques. Environ 3 milliards de dollars  devront être remboursés au titre du service de la dette et l’Etat devra trouver de l’argent  pour ses fonctionnaires, soit  quelque 450 millions $ par mois.

« Les revenus prévus pour 2017 ne seront pas suffisants pour couvrir le montant de 1 milliard de dinars chaque mois pour 700.000 employés du secteur public», a déclaré le  gouverneur de la Banque centrale, Chedli Ayari, la semaine dernière. « Nous allons avoir besoin de financements étrangers dans ce contexte difficile marqué par  la chute des revenus du tourisme et du phosphate. »

Si Youssef Chahed ne va pas être en peine  d’obtenir le vote de confiance du parlement pour le gouvernement d’union nationale, il devra louvoyer entre les difficiles  relations avec les syndicats et les troubles sociaux qui ont fait capoter par le passé les tentatives du gouvernement de faire passer le type de sacrifices financiers, de  réformes  et d’austérité qu’il est en train d’évoquer.

Des réformes essentielles et radicales au point mort, souvent parce que les gouvernements successifs ont manqué de capital politique, d’audace et de volonté de résister aux  pressions populaires contre les réductions des dépenses publiques ou les  mesures d’austérité.

«Le gouvernement Chahed veut restreindre  les  libertés pour imposer les  mesures douloureuses de  son plan économique», a déclaré Hamma Hammami, le chef du parti d’opposition, le  Front populaire. « Mais le gouvernement échouera car il ne propose rien de nouveau, autant que celui d’Essid, », pronostique-t-il, cité par Reuters.

par -

Le ministre égyptien des Finances, Amr el-Garhy, a déclaré, dans une interview télévisée, que la dette extérieure de l’Egypte pourrait atteindre la somme de 53,4 milliards $ si son pays recevait l’appui financier du Fonds monétaire international(FMI), rapporte agence ecofin .

En effet, le gouvernement égyptien avait annoncé, la semaine dernière, dans un communiqué, être proche de conclure un accord portant sur un programme économique et financier triennal avec le Fonds monétaire international (FMI). Le pays cherche à obtenir à travers cet accord un prêt d’un montant de 12 milliards $ du FMI à raison de 4 milliards $ par an, sur une période de 3 ans, pour financer son déficit budgétaire très élevé.

D’après la même source, une mission de l’institution de Bretton Woods est arrivée au Caire ce 30 juillet et y séjournera pendant deux semaines dans le cadre des négociations. Le gouvernement espère finaliser la transaction en août. Le PIB de l’Egypte était de 331 milliards $ en 2015, selon les chiffres de la Banque mondiale. Cette transaction porterait donc sa dette extérieure à 16% du PIB.

par -

L'économie tunisienne a beaucoup souffert par l'instabilité qui a suivi la révolution de janvier 2011 et peine toujours à se relever malgré les dons et les montants faramineux de dette extérieure...

Entre fin 2010 et 2016, de 48% la dette tunisienne a progressé pour atteindre un nouveau record et s’établir aujourd’hui à 54% par rapport au PIB, selon RTCI.

Une évolution qui explique la salve des critiques de la part de l’opposition et de certains experts quant au risques « inéluctables » de la spirale de la dette.

Nabil Abdellatif, expert-comptable et ingénieur financier, a été invité par la radio RTCI, à parler de l’endettement de la Tunisie, comment y faire face, et jusqu’où notre pays peut-il s’endetter ?

En fait, dit expert-comptable, l’on parle toujours du seuil de 50% du PIB, là il faut rappeler tout de même que c’est le seuil édicté par la Commission européenne.

« Il faut rappeler que ce niveau n’est pas un dogme, ni une proportion insoutenable de la dette. On peut citer d’ailleurs des pays qui dépassent largement 140% voire même 150% d’endettement, à l’instar des États-Unis ou de la France… qui sont dans une situation parfaitement soutenable, parce qu’au fait l’affectation des crédits essentiellement dans des activités d’investissements ce qui a forcément un impact sur le taux de croissance et donc par la suite la facilité que le service de la dette soit honoré », poursuit Nabil Abdellatif.

Par contre, fait-il remarquer, pour le cas tunisien, la proportion de 50% pose un problème, parce que si elle est exigée au niveau européen c’est que tout le monde s’endette avec la même monnaie : l’Euro. Pour la Tunisie c’est différent. Il faut rajouter le « risque change » et nous sommes presque à 68% de l’endettement extérieur donc en monnaie étrangère, plutôt en Euro.

« À ce niveau-là, il faut faire très attention parce que le « risque change » n’est pas bien maîtrisé par la gestion actuelle de la dette publique. Et l’on peut ici apporter quelques remarques de taille.

Tout le monde est sûr que la dette publique, surtout extérieure, est très mal gérée. Elle est noyée entre plusieurs ministères pouvant, justement déclencher l’endettement extérieur.

« Je cite, notamment, la Banque centrale de Tunisie, le ministère des finances, le ministère de la Coopération extérieure et dans quelques cas le ministère des Affaires étrangères qui réalisent des opérations d’endettement sans aucune coordination », explique M. Nabil Abdellatif.

par -

Dans une interview accordée ce mercredi à Africanmanager, le ministre des Finances Slim Chaker a annoncé la création d’une agence en charge de  la gestion de la dette, d’ici fin  2016.

Le ministre a  précisé que la préparation du  dossier y afférent est en cours en coordination avec la Banque mondiale. « Notre but est clair. Il s’agit  tout simplement d’assurer le passage d’une gestion passive de la dette à une gestion active et dynamique et ce, à travers une feuille de route actualisée », a-t-il précisé.

Slim Chaker a par ailleurs noté que cette nouvelle agence sera gérée par des compétences spécialisées au sein du ministère des Finances.

Pour plusieurs experts, c’est une démarche stratégique dans la mesure où la dette culmine aujourd’hui à plus de 54% et le plus dur reste à venir. Ceci peut s’expliquer également par le dérapage salarial dans le budget de l’Etat, mais aussi par le délabrement des entreprises publiques qui cumulent des déficits de plus de quatre milliards de dinars.

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Ministre conseiller auprès du chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, chargé des réformes majeures, Taoufik Rajhi est à Washington dans le cadre d’une mission...

AFRIQUE