AccueilLa UNEDepuis "Tunisia 2020" pas le moindre sou pour l'appui budgétaire, dit l'OTE!

Depuis « Tunisia 2020 » pas le moindre sou pour l’appui budgétaire, dit l’OTE!

Le dernier billet de l’Observatoire Tunisien de l’Économie (OTE),  intitulé « Où sont les amis de la Tunisie? », est passé inaperçu, ou presque. Vous allez me rétorquer qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat puisque c’est le sort réservé à beaucoup d’autres sujets de premier plan. Il est vrai qu’à côté des sujets qui passionnent, plus que de raison, les citoyens, il y a très peu de place pour d’autres choses, fussent-elles parfois les plus importantes. Les passions dévorent tout. Il y a quelques semaines la classe politique avait entrainé l’opinion publique dans l’agitation du remaniement ministériel. Il n’y avait que ça au menu, tous les jours, toutes les heures, à satiété. Qui en parle maintenant ? Personne. L’affaire est oubliée, enterrée, après avoir grillé beaucoup de temps, trop de temps, du temps d’ailleurs que le pays n’a pas, tant les défis sont nombreux. Les mêmes, ou plutôt les élites – les politiques, organisations nationales, experts… -, s’enflamment en ce moment pour la loi de finances 2018, laquelle d’ailleurs ne satisfait personne, à part peut-être son géniteur, le chef du gouvernement, Youssef Chahed. Mais comme la ferveur autour du remaniement, le tintamarre autour de la LF finira par retomber comme un soufflet… après avoir consommé un temps précieux et une énergie qui aurait pu être investie ailleurs. Mais entre temps des questions de la plus haute importance, comme celle de l’OTE sur le peu d’empressement des « amis » de la Tunisie à tenir les engagements de la Conférence internationale de l’investissement, auront passé à la trappe.

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A cette même place, à Tunis, en novembre 2016, les investisseurs du monde entier avaient rappliqué, avec sous le bras leurs carnets de chèque que les zéros après le chiffre n’effraient pas. Il est vrai que l’événement a été un véritable succès, au moins sur le papier, en termes d’effets d’annonce, jusqu’à monter au chiffre astronomique de 34 milliards de dollars de promesses d’investissement, d’ici 2020, autant dire demain. Alors des mois après cette grand-messe des investisseurs, l’OTE a fait ses comptes, histoire de savoir si les « potes » du pays du jasmin – ou berceau du printemps arabe, c’est selon – ont été au rendez-vous. Et bien le résultat n’est pas fameux, et c’est un doux euphémisme ! D’abord l’appui budgétaire, un sujet vital en ce moment vu le marasme dans les caisses publiques de la 2e République. L’OTE la définit comme « un prêt transféré directement dans le Trésor de la part de créanciers bilatéraux ou multilatéraux« . Et bien l’observatoire a suivi cette affaire jusqu’à juillet 2017. Son verdict : Aucun sou n’a été versé dans ce sens à l’Etat, alors que le déficit budgétaire atteint des sommets.

Aide-toi, le Ciel t’aidera

On pourrait larmoyer encore plus sur le lâchage de la Tunisie par ses amis et soutiens, mais il faut aussi regarder ce qui cloche ici, chez nous et qui rebute les investisseurs. Nous avons tout dit sur la situation économique et sociale du pays, les nombreux trains qui n’arrivent pas à l’heure. Alors nous nous contenterons de parler de ce qui est sous nos yeux : Le raffut autour de la loi de finances 2018. Aux yeux des partenaires de la Tunisie, tout cela ne signifie qu’une seule chose : Les Tunisiens rechignent à la réforme, et encore plus aux efforts et sacrifices pour tirer le pays de ce mauvais pas. La bronca qu’a suscitée la première mouture de la loi de Finances 2018, notamment le volet fiscal, traduit une seule chose, aux yeux des « amis » de la Tunisie : Aucune catégorie socio-professionnelle ne veut payer, toutes veulent passer entre les gouttes, en attendant on ne sait quel miracle qui viendrait faire le geste que personne ne consent à faire. Que voulez-vous que les étrangers, qui par définition ne connaissent pas assez les subtilités locales, pensent d’autre, malgré toute la bonne volonté du monde ?

Quant au reste, ce sont les Tunisiens, ou plutôt ses autorités, qui le disent le mieux : Les citoyens n’ont pas encore vu la couleur des retombées de Tunisia 2020 à cause des lourdeurs administratives. L’ex-ministre de l’Investissement, Fadhel Abdelkefi, avait fini, contraint et forcé par le péril administratif, par devenir un spécialiste de la dénonciation du caractère mortifère des arcanes et écueils de l’administration tunisienne. Les choses n’ont guère évolué dans ce sens. Cela se saurait ! Une administration dont les agents sont tellement « pépères » qu’ils boudent la perche de la retraite anticipée qui leur est tendue. La léthargie et l’immobilisme ont de beaux jours devant eux…

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