Les choses ne s’arrangent pas entre le gouvernement espagnol et l’exécutif catalan. L’équipe de Mariano Rajoy a vu rouge après la sortie du président catalan, Carles Puigdemont et a fait savoir ce jeudi 19 octobre qu’il irait jusqu’au bout dans le processus de suspension de l’autonomie de la Catalogne, un acte qui pourrait menacerait les fondements même de l’Espagne, avec une probable vague de soulèvements violents dans cette région farouchement attachée à son statut spécial.

Puigdemont a adressé ce jeudi une lettre à Rajoy disant ceci : « Si le gouvernement de l’Etat persiste à empêcher le dialogue et poursuivre la répression, le Parlement de Catalogne pourra procéder, s’il l’estime opportun, au vote d’une déclaration formelle d’indépendance qu’il n’a pas votée le 10 octobre« . Ce n’est pas ce que le chef du gouvernement espagnol attendait, il voulait plutôt que le président catalan dise formellement qu’il stoppe la dynamique d’indépendance qui a été enclenchée avec le référendum (90% des voix en faveur de l’indépendance, disent les autorités catalanes), alors que Puigdemont soutient lui que rien de tel n’a été fait et que la Catalogne s’en tient, pour le moment, au cadre déjà existant et qui accorde une large autonomie à la région. Bref, un dialogue de sourds aux conséquences incalculables.

Puigdemont avait jusqu’à 10H00 (08H00 GMT) pour se plier aux injonctions de Rajoy. Puisque ça n’a pas été fait, « le gouvernement continuera les démarches prévues par l’article 155 de la Constitution pour restaurer la légalité« , c’est-à-dire le gel de l’autonomie, ce qui serait un fait sans précédent depuis 1934. Cette affaire pourrait être actée dès ce samedi, les deux parties ont donc à peine deux jours pour négocier ferme et éviter au pays, et à l’Europe, une aventure très périlleuse…

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