Trump casse le seul outil anti-corruption dans la vente de matières premières

Trump casse le seul outil anti-corruption dans la vente de matières premières

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La transparence financière en Afrique va à coup sûr pâtir de l’arrivée de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, comme ont déjà trinqué des décisions fortes de Barack Obama, que le nouveau président a tout bonnement mises à la poubelle en les abrogeant par décret. Mais puisqu’il l’avait dit lors de sa campagne électorale, on n’est nullement surpris, ce qui déstabilise et terrifie surtout, c’est la vitesse et l’acharnement avec lesquels il détruit ce que Obama a mis des mois et des années à bâtir.

En 2010, l’ex-président avait fait voter un texte, la loi Dodd-Franck, qui avait pour ambition de mettre de l’ordre dans l’économie mondiale, suite à la déferlante des subprimes, laquelle n’a pas fini de causer des dégâts près de 9 ans après. Ce dispositif comportait un point important, l’article 1504, pour tous les pays pétroliers et miniers, mais il l’était encore plus pour le continent africain à cause des énormes montants qui s’évaporent lors des transactions commerciales, aspirés par les réseaux de la corruption, très actifs. Cette loi contraignait les compagnies cotées à la bourse américaine à mentionner, publiquement, toutes les sommes encaissées par les gouvernements des pays producteurs : taxes, royalties, droits de production, primes… Tout y passait. C’est ce dispositif anti-corruption que la nouvelle administration américaine vient de casser, d’un trait.

Gary Cohn, conseiller économique de Trump, et ancien responsable chez Goldman Sachs, défend ce saccage en ces termes : « Il s’agit d’être un acteur sur le marché mondial où nous devons, pouvons avoir et aurons, une position dominante tant que nous ne nous mettrons pas nous-mêmes à l’écart en raison de la réglementation », rapporte Agenceecofin.com. En d’autres mots, pourquoi les USA se brident et se lèsent avec des règles que ses concurrents piétinent.

La loi Dodd-Franck, 6 ans après, n’a certes pas éradiqué la corruption sur le continent, mais elle avait le mérite de fournir un cadre légal aux ONG et bailleurs de fonds pour aller prêcher la bonne gouvernance et une meilleure répartition des richesses auprès des industries extractives, notamment en Afrique où cette affaire est de la plus haute importance à cause des inégalités criantes et du défi colossal du développement. Mais la tornade vient de balayer tout cela, en arguant de sombres mobiles que la morale réprouve. Niveler par le bas n’a jamais fait avancer le monde. Hélas, ce n’est pas la seule chose que Trump va briser…

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