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Tunisie : Pour les cimentiers, l’avenir s’écrit en Afrique

Une étude sera prochainement élaborée afin d’examiner la situation du secteur du ciment et de trouver les solutions appropriées pour les problématiques rencontrées par les professionnels, a annoncé le directeur général des industries manufacturières au ministère de l’Industrie, Brahim Chébili.

Le responsable a précisé que cette étude intervient dans le cadre des travaux de la commission commune récemment créée au sein du ministère de l’Industrie pour suivre et accompagner les producteurs de ciment de manière à assurer le positionnement stratégique de ce produit dans l’avenir.

« Cette étude qui sera réalisée par l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII), en collaboration avec les acteurs intervenant, nous permettra de mieux diagnostiquer la situation tout en trouvant des alternatives pour l’ensemble des problèmes rencontrés par les cimentiers », a dit Brahim Chébili.

Le manque de coke risque d’engendrer un déficit

Dans une interview accordée à Africanmanager, Chébili a passé en revue certaines difficultés dont notamment le manque de coke de pétrole du à des difficultés dans l’importation de ce produit utilisé comme combustible pour la fabrication du ciment.

Ce manque a provoqué l’’inquiétude de la profession, d’autant plus que le port de la société El Fouledh, chargé temporairement de l’importation de cette matière, est incapable d’accueillir les navires et les quantités importées, ce qui risque d’engendrer un déficit de ce produit nécessaire à la fabrication du ciment et par la suite la fermeture des usines de ciment.

C’est pour cette raison que tout sera mis en œuvre en coordination avec le ministère du Transport et l’Office de la marine marchande et des ports pour dépasser «cette difficulté conjoncturelle», a encore indiqué le responsable, faisant savoir qu’il a été décidé de permettre aux cimentiers d’exporter le ciment à partir des ports de Rades, Sousse et Bizerte…

Dans le même ordre d’idée, Brahim Chébili a indiqué que cette étude revêt une importance particulière, surtout qu’elle œuvre à dépasser les principales contraintes du secteur cimentier tunisien liées essentiellement à  la maîtrise de l’énergie et la protection de l’environnement. Car, cette industrie souffre de la lourdeur des coûts de consommation d’énergie. Pour rappel, il a été décidé en janvier 2008 et dans le cadre d’un plan triennal pour la réduction à hauteur de 20% de la consommation d’énergie en Tunisie, de soumettre la réalisation des projets dont la consommation d’énergie dépasse 7 mille TEP par an à une autorisation préalable. Cette décision concerne notamment les industries du secteur des IMCCV (industrie des matériaux de construction, de céramiques et de verreries).

Outre la maitrise de l’énergie, cette étude a pour but de promouvoir l’exportation de ce produit au gros potentiel. « C’est logique étant donné que l’excédent de la production de l’industrie, estimé à 3 millions de tonnes, devrait permettre de couvrir non seulement les besoins de grands projets à réaliser en Tunisie à  l’instar du port financier, mais aussi l’export, notamment vers l’Algérie dans l’attente de l’accalmie de la situation en Libye », a noté le responsable tout en mettant l’accent sur les investissements réalisés dans ce domaine, à savoir l’entrée en production de Carthage Cement.

Grâce aux investissements réalisés par l’ensemble des usines, aussi bien privées que publiques, et avec la libéralisation du secteur, la capacité de production nationale de ciment a enregistré une croissance annuelle portant son volume à plus de 11 millions de tonnes en 2015. Ce chiffre devrait être révisé à la hausse au cours des deux prochaines années grâce à l’entrée en exploitation de la nouvelle usine de ciment à Sidi Bouzid. « D’un cout estimé à 500 millions de dinars, ce nouveau projet verra le jour en 2018 avec une capacité de production d’un million de tonnes », a-t-il expliqué.

Ces investissements ne peuvent que servir l’exportation, qui s’accroit pour atteindre 1.8 millions de tonnes en 2015 avant d’afficher un certain recul durant les 9 premiers mois de l’année en cours pour s’établir à 1.2 millions de tonnes et en générant 200 millions de dinars. Ce recul est dû à la baisse de la quantité exportée vers le marché algérien en raison des grands projets en cours de réalisation dans ce pays, selon le responsable

A la conquête des marchés africains

Pour ce faire, un intérêt accru est accordée à la diversification des partenaires de la Tunisie, et les regards sont tournés vers les marchés africains. Cette orientation est dictée par des considérations économiques et stratégiques, et doit être soutenue par une volonté politique forte.

A ce titre, Brahim Chébili a noté que les études de prospection ont été entamés par certains pays africains désirant nouer des partenariats avec la Tunisie dans ce sens. D’ailleurs, des contrats vont être concrétisés, a annoncé le responsable sans donner plus détails…

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