RFR : ça avance, mais il y a des ratés… et il...

RFR : ça avance, mais il y a des ratés… et il faut trouver 3 Milliards DT !

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Initialement prévu pour octobre 2018, le projet du Réseau Ferroviaire Rapide de Tunis (RFR) tarde encore à voir le jour. Des difficultés ont été identifiées et plusieurs défaillances ont été relevées. Dans une interview accordée à Africanmanager, le PDG du RFR, Mourad Kassab, a reconnu plusieurs lacunes et des points faibles freinant la mise en oeuvre du projet, dans les délais convenus. En effet, selon ses déclarations, le taux d’avancement du projet est estimé à seulement 40%. Pour la ligne (E) reliant Barcelone-Ezzouhour-Zahrouni-Essijoumi, les travaux ont atteint un taux d’avancement de 70% au niveau du génie civil alors que pour les équipements, le taux de réalisation a atteint 20%.

Un blocage a été toutefois constaté au niveau de la Ligne (D) reliant Moncef Bey-Manouba-Gobâa-Mnihla. Mourad Kassab a fait remarquer dans ce cadre que la société a annulé son accord avec la société italienne Tecnis, désignée pour la réalisation de cette tranche de projet, invoquant des problèmes techniques.

Un autre appel d’offres devrait être annoncé durant le mois de juin prochain. “On est en train de préparer un nouvel appel d’offres dont le lancement officiel est prévu pour ce mois de juin”, a indiqué Kassab. Il a souligné à ce propos qu’une autre partie de la ligne D a été octroyée à la Société générale d’entreprises de matériel et de travaux (SOMATRA), chargée aussi de la réalisation de la ligne E dont le démarrage est prévue pour avril 2019.
On a effacé l’accord qu’on avait signé, en novembre dernier, avec la société italienne chargée du génie civil au niveau de la ligne D parce qu’elle n’a pas honoré ses engagements“, a expliqué le PDG du RFR, faisant remarquer qu’un nouveau cahier de charges  est en cours de préparation. “Nous espérons que les travaux sur la ligne D démarreront de nouveau en octobre ou novembre prochain“.

Mourad Kassab a, dans le même contexte, déclaré que la prochaine période va connaître un avancement des travaux au niveau des équipements. L’étape prochaine va être aussi marquée par la pose des rails au niveau des ponts, le premier à cité Hlel dont les travaux sont achevés à 100%, le deuxième à cité Ezzouhour (90%) et le troisième à Bougatfa dont les travaux ont atteint un taux de réalisation de 40%. Ainsi, les efforts s’accentuent actuellement pour la pose des rails et des équipements nécessaires pour l’entrée en service de la ligne E prévue en avril 2019, selon ses dires.

Il a par ailleurs indiqué que la société RFR est passée à une deuxième étape. Actuellement, elle est en train d’actualiser les études qui ont été faites depuis l’année 2007. “On est en train de coordonner avec les ministères du Transport et des Finances pour nous fournir les financements nécessaires et démarrer l’actualisation des études“, a-t-il dit. “Une fois l’actualisation des études achevée, des travaux sur la ligne Tunis/Bir El Kassââ et Tunis/Bourgel/Ariana démarreront“, a-t-il dit.

S’agissant de la date effective de l’entrée en service, le responsable a exprimé son espoir de voir ce projet entrer en exploitation en 2026, soulignant toutefois que cela dépendra des financements. En effet, le coût du  projet est estimé à 4,3 Milliards de dinars dont 1,4 ont été dépensés ( 1 Milliard en génie civil et équipements et 400 Millions de dinars en matériels roulants. “Cependant, les  besoins en financements sont estimés à près de 3 Milliards DT“, a indiqué Kassab, qualifiant ce chiffre de trop élevé : “C’est pour cette raison qu’on ne peut pas se prononcer sur la date exacte de l’exploitation du projet“, a-t-il dit.

Il a d’autre part ajouté que le projet RFR est géré par une commission de pilotage présidée par le chef du gouvernement. “Il y a une défaillance de la part des entreprises, mais il y a un soutien de la part du ministère du Transport et de la présidence du gouvernement“, a-t-il dit.

 

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