Tunisie : Après Tabib, Rahoui pointe les mauvais élèves chez Chahed

Tunisie : Après Tabib, Rahoui pointe les mauvais élèves chez Chahed

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Le rapport 2016 de l’Instance Nationale de la Lutte Contre la Corruption (INLUCC) dévoilé hier à Tunis et les déclarations de son président, Chawki Tabib, surtout en ce qui concerne la réticence d’un bon nombre de ministères à dénoncer les cas de corruption, continuent de soulever un tollé. Le président de la commission des finances à l’ARP, Mongi Rahoui, n’a pas hésité, à l’instar de Tabib, à exprimer son étonnement face à un tel comportement de la part de ministères, surtout de souveraineté, comme c’est le cas pour le ministère des Affaires étrangères ou encore de l’Intérieur. Dans une interview accordée ce vendredi 24 novembre 2017 à Africanmanager, il a dit qu’il comprend bien la stupéfaction du président de ladite instance. “Il est vraiment étonnant qu’un grand ministère comme celui des Affaires étrangères ou encore de l’Intérieur ne déposent aucun dossier de corruption auprès de l’instance tout au long de l’année, surtout qu’il s’agit de ministères de souveraineté“, s’est interrogé Rahoui.

Il a par ailleurs tenu à préciser qu’il ne comprend pas la réaction de ces ministères, surtout qu’on bon paquet avait déjà conclu des accords avec cette instance et s’est engagé, en vertu de ces conventions, à multiplier les efforts de lutte contre la corruption, quels que soient les coupables au sein des ministères, ou en aidant cette instance ou celles relevant des autres ministères à dénoncer la corruption.

En vertu de ces accords, les ministères s’engagent aussi, selon ses dires, à garantir plus de transparence et à appuyer la lutte contre la corruption au sein des administrations tunisiennes. “Aucune administration n’échappe à la corruption“, a affirmé le président de la commission des Finances.

Comment des ministères de souveraineté comme celui de l’Intérieur ou encore des Affaires étrangères ne soumettent aucun dossier de corruption à l’instance alors qu’ils se sont engagés à garantir la transparence, que ce soit dans les tâches quotdidiennes ou lors de la conclusion d’un marché public”, a ajouté le député de l’ARP, appelant le gouvernement à mettre en place tout un processus, voire une politique qui engage toutes les parties – ministères, entreprises publiques et administrations – en matière de lutte contre la corruption.

Il est à noter à ce propos que le député Ghazi Chaouachi a posé la question, aujourd’hui, au ministre des Affaires étrangères, Khemais Jhinaoui, sur l’absence de son ministère de la liste de ceux qui ont déposé des dossiers de corruption auprès de l’instance de Chawki Tabib, mais ce dernier ne lui a pas répondu.

Le président de l’Instance de lutte contre la corruption a exprimé son étonnement devant le nombre important de ministères qui n’ont déposé aucun dossier de corruption, auprès de l’instance, tout au long de l’année 2016.

Lors d’une rencontre qui a eu lieu hier à Tunis sur le rapport 2016 de l’INLUCC, Chawki Tabib a dressé une liste des ministères qui n’ont déposé aucun dossier de corruption. Il s’agit des ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de l’Enseignement supérieur, du Transport, des Domaines de l’État et des Affaires foncières et de l’Industrie. “Ce n’est pas normal qu’un ministère ne dépose aucun dossier de corruption durant toute une année“, a indiqué Tabib, qualifiant les efforts de certains ministères en la matière de très minimes et en deçà des attentes.

Le président de l’instance de lutte contre la corruption a tenu par ailleurs à remercier les ministères qui ont déposé des dossiers de corruption, citant les ministères des Affaires sociales (21 dossiers de corruption), de l’Agriculture (13), de la Santé (3), des Finances (8), de l’Éducation (8), de l’Emploi (5).

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