AccueilLa UNETunisie : De Dimassi à Harouni, des sons de cloche différents!

Tunisie : De Dimassi à Harouni, des sons de cloche différents!

La nouvelle équipe gouvernementale annoncée hier mercredi 07 août 2017 par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, ne cesse de susciter une vague de critiques sur les réseaux sociaux. Certains ont critiqué la présence de certains ministres du régime de Ben Ali comme Lotfi Brahem, nommé à la tête du département de l’Intérieur ou encore Abdelkrim Zbidi à la Défense. D’autres n’ont pas aimé le maintien de certains ministres jugés incompétents comme Zied Laâdhari (Coopération internationale), Slim Chaker (Santé) ou encore Majdouline Cherni (Sports). Écarter des ministres et les remplacer par d’autres pour des considérations partisanes a été aussi fortement critiqué. Cette vague de critiques nous a incité à sonder des politiciens et des économistes.

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Dans une déclaration à Africanmanager, l’ancien ministre des Finances Houcine Dimassi a assuré que le remaniement ministériel ne va pas résoudre les problèmes auxquels fait face le pays depuis plusieurs années, mais au contraire il va compliquer les choses, selon lui. « Je ne crois pas que ce gouvernement va réussir et faire les réalisations demandées… au contraire, il sera encore plus mauvais que l’ancien…« , a-t-il expliqué. Un jugement sans appel !

Dimassi a, sur le même sujet, indiqué que ce nouveau gouvernement ne diffère pas des précédents puisque le problème ne réside pas dans les personnes ou les compétences, mais plutôt l’absence de politique, de vision, de programme et de stratégie claire pour les réformes.

Il a en outre assuré que Youssef Chahed, tout comme ses prédécesseurs, a échoué dans la résolution des problèmes du pays et l’ouverture des grands dossiers comme celui des caisses sociales, des banques publiques, la finance publique, le chômage, l’éducation et les entreprises en difficulté…

Lors d’un point de presse tenu ce jeudi à Tunis, l’ancien ministre de la Défense, Farhat Horchani, a tenu à préciser que «les individus n’ont pas d’importance. Les personnes passent, ce qui demeure et ce qui est important c’est l’Etat», avant de conclure : «l’Etat restera !».

Sur le plan politique également, Iyed Dahmani, ministre chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, a déclaré que contrairement à ce qui se dit, il n’existe aucune domination de la part de Nidaa Tounes dans ce remaniement, faisant remarquer que le chef du gouvernement a bien choisi les ministres, comme c’est le cas pour Abdelkrim Zbidi et Ridha Chalghoum, de retour au pouvoir.

Lors de son passage ce jeudi sur Mosaïque Fm, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le pays a besoin de stabilité politique pour atteindre les objectifs tracés. « On ne vit pas dans un système de cohabitation (…) il n’existe aucune rivalité entre la Kasbah et Carthage« , a-t-il martelé.

Il a en outre indiqué que ce remaniement a été décidé pour combler le vide dans les postes vacants et vient suite à une évaluation de l’équipe de Chahed.

Concernant les critiques ayant suivi la nomination de Lotfi Brahem à la tête du ministère de l’Intérieur, Iyed Dahmani a déclaré que Brahem a un nom et qu’il est « le fils de l’Etat« . « Lotfi Brahem fait partie du corps de la Garde Nationale (…), il n’est pas inconnu dans le secteur« .

De son coté, Abdelkrim Harouni, président du Conseil de la choura d’Ennahdha, a affirmé que le parti Ennahdha aurait préféré que le remaniement se limite au pourvoi des postes ministériels vacants, mais qu’il respecte, in fine, la décision du chef du gouvernement de procéder à un remaniement élargi, se trouvant lui-même et le président de la République sous la pression.

Il a par ailleurs estimé que son parti est sorti renforcé dans le sens où il a conservé ses trois membres au sein du gouvernement, en plus de la présence de Taoufik Rajhi, proche d’Ennahdha, à la tête du nouveau département chargé des grandes réformes.

Et d’enchaîner, dans son intervention sur Express Fm, en disant que l’heure est, maintenant, au travail avec l’établissement d’un programme basé sur les orientations contenues dans le Document de Carthage, qu’il faut respecter parce qu’il est à l’origine de l’évènement du gouvernement d’union nationale.

Le président du conseil de la choura a affirmé, également, que le vrai défi actuel est de passer à l’étape des décisions courageuses à prendre. Et c’est dans cet esprit que le chef du mouvement, Rached Ghannouchi, a appelé à un dialogue social et économique afin de relever les vrais défis auxquels fait face la Tunisie.

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