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mercredi 15 juillet 2020
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Le bilan économique de Chahed en 5 tableaux, selon La Kasbah

Le lundi 27 août 2018, Youssef Chahed «fêtait» dans un silence assourdissant sur son bilan sa seconde année à la tête d’un gouvernement dont certains attendent stoïquement la chute et d’autres l’espèrent ardemment. A La Kasbah, il recevait l’ambassadeur hollandais pour une raison inconnue, rencontrait le ministre japonais du Commerce venu demander le soutien de la Tunisie pour la candidature de son pays à l’organisation de l’exposition universelle et s’entretenait avec le père de son pire ennemi sur les questions économiques, sociales et sécuritaires et les préparatifs pour la prochaine rentrée scolaire et universitaire. Circulez, il n’y a rien à voir, pourrait-on ainsi dire.

  • Le bilan économique, vu du côté de La Kasbah

Sans vouloir verser dans l’autoflagellation, ni dans l’autodestruction – comme nous pousseraient à le faire certaines anomalies de gestion de la crise économique et financière que vit la Tunisie depuis 2012, comme le manque de certains médicaments, le retard des pensions de retraite, les nouveaux heurts de Ben Guerdane mécontente du fait que les Libyens ferment leurs propres frontières ou encore les réserves de devises qui fondent comme neige au soleil -, nous avons demandé aux services de communication de la Kasbah de nous éclairer sur le bilan du chef du gouvernement. Il est ici résumé en cinq diapositives assez expressives et qui n’ont presque pas besoin de commentaires.

La réussite, économique, est certes évidente, même si elle n’est encore que très légèrement perceptible par une population aux attentes qui dépassent les moyens de l’Etat et sa capacité à retourner au travail et à décupler d’effort. Elle l’est un peu plus sur le plan sécuritaire et de la lutte contre le terrorisme avec quelques attentats extra-urbains et beaucoup d’autres avortés par un effort d’anticipation. Et force est de dire que ce n’est pas peu. La lutte contre la corruption est menée tambours battants par l’INLCC et n’épargne plus personne. La croissance n’est certes pas encore inclusive, ni créatrice d’assez d’emplois, mais a le mérite d’être là avec ses tangibles signes de redressement, comme le souligne plus d’une instance internationale. Dire que Chahed a réussi son mandat nous semble en conclusion tout aussi aberrant que de dire qu’il a tout raté.

  • Ce qu’il aurait fallu, à Chahed comme à son ou ses remplaçants

Pour réussir, il lui faudrait, comme pour tout autre chef de gouvernement qui prendrait sa place, pêle-mêle une ceinture politique de sécurité et non l’actuelle qu’il a. Il lui fallait de vrais partenaires sociaux et non l’UGTT qu’il se coltine et l’UTICA qui se dandine et promet plus d’investissement qu’elle n’en réalise. Il lui faudrait plus de vrais hommes d’affaires que de lobbyistes ou d’affairistes. Il lui faudrait plus de travail et moins de fonctionnaires, plus de travailleurs que de demandeurs d’aides et de subventions et plus de projets et d’IDE que de grèves. Il lui faudrait une CPG que l’actuelle en perpétuel rêve de plus de salaire et de moins de labeur. Il lui faudrait une ARP qui passe plus de projets qu’elle n’en discute de manière byzantine, des députés autres que ceux qui insultent tous et descendent tout en flammes et qui soient plus portés sur l’effort que sur la critique. Il lui faudrait plus de Musulmans que d’Islamistes, plus de modérés que de «CPRistes» ou de gauchistes.

Il lui faudrait, comme à toute autre personne qui siègerait à La Kasbah, plus de fonds de commerce dans l’industrie que dans le pessimisme et l’autodestruction, plus de Tunisiens qui croient en leur pouvoir de changer les choses par le labeur que dans le seul pouvoir divin, comme colporté par ceux qui disent Le craindre, de leur changer les choses en une nuit. Il lui faudrait plus de défenseurs de l’Etat que de défenseurs de ses citoyens, plus de défenseurs des devoirs que des droits, plus de pensée économique que de simples améliorations des agrégats, plus d’autorité que de mécénat, plus de bons juges que d’excellents avocats. Mais aussi, plus d’hommes d’Etats que de politiciens, plus militants bénévoles que de ceux qui demandent le prix de leurs combats et plus de citoyens qui pensent à ce qu’ils peuvent donner à l’Etat qu’à ce que l’Etat pourrait leur donner.

En un mot, il faudrait à Youssef Chahed comme à son remplaçant tout ce qui n’existe pas actuellement dans la Tunisie de l’après révolution, et que ceux qui croient l’avoir faite ne laisseront pas encore s’y trouver. Le temps, c’est de l’argent. Et la Tunisie les perd tous les deux !

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