Ces 200 gamins emprisonnés à l’étranger dont personne ne veut

Ces 200 gamins emprisonnés à l’étranger dont personne ne veut

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L’Observatoire tunisien des droits de l’Homme (OTDH) avait à maintes reprises fait savoir que de nombreux enfants tunisiens innocents sont encore en Libye en attente de leur rapatriement par les autorités tunisiennes.

Les parents de ces petits font l’objet de soupçons d’actes de terrorisme ou de meurtres et ces enfants sont principalement détenus dans les prisons libyennes.

Cette affaire avait scandalisé une bonne partie de l’opinion publique en Tunisie et même ailleurs, alimentant les accusations sur l’incapacité des autorités tunisiennes à protéger leurs ressortissants, notamment les enfants.

Et quand ces horreurs se passent dans la zone de non droit qu’est devenue la Libye, l’affaire devient plus inquiétante. Ce pays voisin est en plein chaos même après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. Les différentes milices armées l’ayant combattu font aujourd’hui la loi dans une nation déchirée, où deux parlements et deux gouvernements se disputent la légitimité politique !

200 enfants tunisiens détenus à l’étranger !

Dans un rapport publié récemment, l’ONG Human Rights Watch( HRW) a affirmé que « environ 200 enfants et 100 femmes se réclamant de la nationalité tunisienne sont détenus à l’étranger sans inculpation, parfois depuis deux ans, en tant que membres de la famille de combattants de l’EI, essentiellement en Syrie et dans la Libye voisine, et pour certains en Irak, a déclaré à Human Rights Watch le ministère tunisien de la Femme et de l’Enfance. De nombreux enfants n’ayant pas plus de six ans, il serait dans leur intérêt de rapatrier également leurs mères ».

Et de confirmer que « les responsables tunisiens ont tardé à faciliter le retour d’enfants tunisiens qui sont actuellement détenus sans inculpation à l’étranger, dans des prisons ou des camps mis en place pour les familles de membres de l’État islamique (EI, ou Daech). La plupart de ces enfants sont détenus avec leur mère, mais au moins six sont orphelins ».

Selon la même source, « la Tunisie n’a autorisé le rapatriement que de trois enfants qui étaient détenus dans une prison libyenne pour familles de membres de l’EI, d’après des responsables du gouvernement, des proches et des défenseurs des droits humains. Les médias libyens ont rapporté que les autorités tunisiennes avaient déclaré qu’elles ramèneraient six orphelins au pays, après que la Société du Croissant-Rouge de Misrata, qui s’occupe de ces enfants, a appelé la Tunisie, le 17 janvier, à les rapatrier dans un délai d’un mois ».

Sur un autre volet, l’ONG a souligné dans son rapport que « l’association de sauvetage des Tunisiens bloqués à l’étranger (RATTA), non gouvernementale, a rassemblé des informations sur 116 détenus tunisiens, 93 enfants et 23 femmes. Selon elle, plus de la moitié sont en Libye, près d’un tiers en Syrie, et le reste en Irak, en Turquie ou ailleurs. Près de la moitié des enfants suivis par la RATTA n’ont pas plus de deux ans et quatre sur cinq n’ont pas plus de six ans » lit-on dans ledit document.

Vers le retour de dizaines d’enfants en Tunisie

Le délégué général à la protection de l’enfance, Mehyar Hamadi, a souligné son soutien au retour des enfants tunisiens actuellement dans les zones de tension et les camps des réfugiés.
La Tunisie a l’obligation de rapatrier ces enfants conformément au droit et à la législation”, a indiqué Hamadi dans une déclaration faite mardi 19 février 2019 à l’agence TAP, précisant que tous les départements compétents en matière de protection de l’enfance œuvrent, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, à assurer le retour de dizaines d’enfants tunisiens dans leur pays.

Pour sa part, le président de la commission nationale de lutte contre le terrorisme, le colonel Mokhtar Ben Nasr, a confirmé le recours au test d’ADN (ou acide désoxyribonucléique) pour identifier les enfants tunisiens actuellement en Libye, dont le nombre est de 35, sur un total de 85 enfants recensés dans les zones de tension.

Les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères s’emploient à identifier les enfants dans les zones de tension afin de vérifier s’ils sont issus de pères de nationalité tunisienne, a-t-il fait savoir, indiquant que la vérification de l’identité de près de 50 enfants en Syrie et en Irak par un test d’ADN exige l’autorisation des deux pays.

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