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vendredi 26 février 2021
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Chakchouk a trouvé sa perle rare. Mais la mission est presqu’impossible

Le ministre du Transport Moez Chakchouk l’avait dit, le poste de PDG de Tunisair fait peur et personne n’en veut. En fait, comme il a pu le constater, ce poste est couru par les politiques et notamment d’anciens ministres, et boudé par les techniciens et les professionnels, pour des raisons, notamment de rémunération. Le dernier à jeter l’éponge, pour cause de non-contentement des clauses salariales du contrat qui lui a été proposé, a été Wassef Ayadi qui se prévaut  d’une longue expérience professionnelle dans le domaine.

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Moins de deux mois après cette déclaration à Africanmanager, Chakchouk semble avoir trouvé la perle rare qu’il cherchait pour le poste de PDG de Tunisair. La personne qu’il faut au poste qu’il faut et au moment qu’il faut ? Peut-être, et peut-être pas !

–          Un bon CV. Mais le CV qu’il faut ?

36 ans d’âge, originaire de Gafsa et née à Médenine, Olfa Hamdi est diplômée en génie de la construction et gestion de projets de l’Université du Texas et ancienne consultante grands projets. Elle est, également, cofondatrice et CEO de la société « Concord Project Technologies Inc. ». Elle est titulaire d’un master en sciences mécaniques et ingénierie de l’Ecole centrale de Lille, d’un master de management de grands projets industriels de l’université du Texas à Austin, ainsi que d’un diplôme supérieur en règlement extrajudiciaire des différends, obtenu entre le secteur privé et public à la Texas School of Law. Le CV semble intéressant, d’autant que c’est l’une des rares femmes à accéder à un tel poste dans une telle entreprise, et qu’elle est issue du Sud tunisien.

Un CV intéressant, même s’il ne comporte aucune référence managériale directe, de sauvetage d’un grand projet, comme Tunisair ou dans le secteur du transport en général, à l’exception de son Master en management de grands projets, et sa formation d’ingénieur qui lui faciliterait ne la tâche.

Presque tout plaiderait pour un tel cursus, si ce n’est le bémol « politique » qui entacherait un tel parcours, le fait qu’elle s’était déjà proposée, en décembre 2019, pour le poste de ministre des Affaires étrangères, bien qu’elle assure ne revendiquer aucune appartenance politique.

Note importante, la nouvelle PDG de Tunisair, choisie parmi quatre autres candidats, a accepté les conditions salariales de son poste tunisien, et elle a été la première à s’en féliciter par un bref Post sur sa page fb, où elle mettait l’accent sur « l’unité de tous pour protéger la gazelle [ar]».

Pour l’instant, le ministre Chakchouk dont l’objectif était d’insuffler un sang neuf dans la vieille Dame Tunisair, est content de cette recrue, dont il dit « Out- of- the- box ». Sans lui donner carte blanche ou blanc-seing, car conscient de la controverse suscitée par son choix, il semble lui faire confiance d’être effectivement « Out-of-the-box » dans les solutions qu’elle présentera  non pas pour sauver car elle ne serait pas ainsi en danger, mais pour protéger Tunisair comme elle le dit. Mais au fait, contre qui, sinon contre ses créanciers, ses syndicats et ses propriétaires ?

–          Qu’attend Chakchouk de Hamdi ?

De la perle rare qu’il a dénichée et avec laquelle il aurait beaucoup parlé, le ministre du Transport attend beaucoup de choses. « D’abord, qu’elle prenne le train en marche et essaie de trouver les solutions financières immédiates, faire les optimisations nécessaires dans les charges, publier les bilans en retard de l’entreprise, préparer une vision stratégique pour l’entreprise et un nouveau business plan, qui conditionneront l’appui de l’Etat. Il faut qu’elle commence aussi à restructurer les dettes de l’entreprise, trouver des lignes de financement » pour pallier le déficit de financement des banques publiques tunisiennes et dont le comportement vis-à-vis de Tunisair a beaucoup déçu. On apprend de notre côté, à ce propos, que la compagnie aurait fait consultation pour un financement bancaire, et que beaucoup auraient refusé d’y participer, et d’autres auraient posé des conditions très dures pour la compagnie, comme pour d’autres entreprises publiques, manifestant un manque de confiance, parfois malgré la garantie de l’Etat

Le ministre, qui insiste pour dire que « les solutions demandées à la nouvelle PDG, doivent faire la rupture et être Out-of-the-box », est cependant conscient qu’il faudra que l’Etat aide financièrement sa compagnie, mais il reste sur sa position que l’aide financière se fera sur des programmes bien ficelés et concertés, et peut ne pas toujours se faire de manière directe. Le ministre du Transport ne nous a pas paru ainsi chaud pour une aide financière pour rembourser les dettes de Tunisair, telle qu’auprès de l’OACA, de la SNDP ou même de turque TAV, d’où le fait qu’il parlait pour la nouvelle PDG de « restructuration de la dette », contrairement à d’autres telles Tunisair-Technics qui doivent être remboursées.

–          Les travaux Herculéens d’Olfa

Comme on le disait plus haut, cette nouvelle nomination d’une femme à la tête de Tunisair a soulevé une petite polémique. Non, nous semble-t-il à propos de la personnalité de la jeune femme, mais à propos de l’ampleur de la tâche qui est demandée, et d’urgence, à une non professionnelle du secteur. Le ministre reste confiant, tout en ne la quittant pas du regard et du suivi, mais le challenge est énorme. On ne connaît toujours rien des états financiers et des résultats du groupe Tunisair (8 entreprises, dont le Handling, T. Express, le Catering) depuis 2017. A cette date, le déficit de l’année était de 237 MDT (les pertes cumulées sont nettement plus importantes), pour des revenus de 1,447 Milliard DT, des charges d’exploitation de 1,660 Milliard DT, et un endettement de 973 MDT à la fin du 3ème trimestre 2020. A la fin de ce même exercice, les fonds propres de la maison-mère qu’est Tunisair et ses filiales, étaient en deçà de la moitié de leurs capitaux sociaux respectifs en raison des pertes cumulées, et font même peser un doute sur la continuité d’exploitation de Tunisair.

En plus terre-à-terre, et en termes de graves problèmes qui nuisent fortement à l’image de l’entreprise, comme le taux de ponctualité, les retards, et autres vols de bagages, bien que le dernier dont les images ont fait le tour de la toile soit le fait d’une autre société handling d’une compagnie privée tunisienne.

C’est tout cela qui fait que ce qui est demandé à Olfa Hamdi relèvera presque des travaux d’Hercule, même si le ministre Chakchouk reste optimiste en voulant mettre en exergue pour Africanmanager, que la compagnie qui utilise désormais 9 de ses 28 avions, a tout de même enregistré « une belle reprise en décembre, après avoir frôlé le pire en début du mois dernier ». Bon courage donc pour la nouvelle PDG.

1 COMMENTAIRE

  1. MONSIEUR LE MINISTRE, si vous voulez appuyer et consolider votre choix; si vous voulez
    vous et votre candidate ,faire du chemin, faites appel à l’expérience largement positive
    d’une autre femme :Mme SARRA REJEB.

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