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dimanche 29 novembre 2020
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Dévoué à son président, Fakhfakh ne dit rien sur son programme précis et quantifié. Pour cela, « on reviendra vers vous après »

Contrairement à son mentor, Elyes Fakhfakh qui venait solliciter le vote de confiance pour son gouvernement politique, n’a pas utilisé la langue arabe littéraire dans le discours d’introduction de son gouvernement. Le chef de gouvernement, en attente de confiance, a préféré discourir en dialecte « polissé », malgré quelques petites coquilles et hésitations (comme ce petit «Ahah» avant de prononcer le nom de Slim Choura) et quelques autres couacs de langage, peut-être par souci de paraître policé. On retrouve, en tout cas, ce qui reste de l’apprentissage de la prise de parole en public de l’ancien candidat aux présidentielles.

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Se dandinant, comme pour bien se caler sur ses deux jambes à l’entame du second volet de son allocution, il se lance dans une envolée lyrique à propos de l’histoire de la Tunisie et des hommes et femmes qui l’ont marqué, posant un regard marqué sur son ministre des PME lorsqu’il citait Salah Ben Youssef, sans oublier Bourguiba pour éviter toute polémique.

  • Zorro est arrivé, mais désarmé

Il parle avec la logique révolutionnaire requise par son mentor et ses soutiens, de l’ascenseur social en panne, et de la classe moyenne, de la capacité de résilience et de rebond de la Tunisie, sous le regard amusé de la députée Abir Moussi consciente de la présence de la caméra, et se plaçant en tant que lien souhaité entre « l’instant de la constitution et l’instant du renouveau ». En fait, comme il le dit entre les mots, entre deux moments où l’ancien Ettakattol était présent. Une sorte de « Zorro est arrivé » ! « Nous attendent aujourd’hui des problèmes importants et des sujets brûlants, des questions urgentes, et d’autres presqu’impossibles », dit-il pour affirmer sa capacité à les résoudre, avec un « nous en sommes capables ».

Juste un « je salue ceux qui m’ont précédé »

Citant ses huit priorités, où on ne retrouve aucune donnée chiffrée, ni aucune sorte de calendrier pour la réalisation de ces priorités. Elyes Fakhfakh ne manque pas, à l’occasion, d’évoquer le vœu pieux de son président, parlant de la nécessité d’un prochain transfert des prérogatives et des ressources financières et humaines du central vers le local.

A moins de 8 minutes de la fin d’un discours caractérisé par l’absence de structure économique, et de simples intentions (d’ailleurs il a éliminé le ministère du Développement, ce qui dénote d’une absence d’un souci de planification en matière de politique économique), le prochain chef de gouvernement finit par cloner son président. En effet, comme lui, il fait abstraction de promesses chiffrées et positionnées dans le temps et l’espace. « Nous ne voulons pas faire de promesses creuses et donner des chiffres chimères. C’est pour cela que je n’ai pas donné de chiffres », a ainsi avoué Elyes Fakhfakh. Une manière pour un chef de gouvernement ayant oublié pendant 30 jours la crise économique pour essayer de résoudre la crise politique, de montrer qu’il n’a point de programme économique, en tout cas, pas assez pour esquisser de nouvelles perspectives au pays et dissiper l’attentisme des opérateurs, des investisseurs et des bailleurs de fonds.

  • « Pour le programme, on reviendra après » !

Tous devront ainsi attendre que Fakhfakh prenne ses quartiers à la Kasbah, fasse audit de l’héritage de celui qui l’a nominé à ce poste (Youssef Chahed), prenne connaissance de la réalité chiffrée, de l’étendue de la crise, pour enfin plancher sur les mesures à prendre de manière urgente.

« Dès que nous prendrons possession de nos fonctions, que nous aurons fait audit de la situation, dont celle des finances publiques, des engagements et leur coût, que nous aurions évalué les capacités du pays, nous reviendrons vers vous pour vous présenter les grandes lignes de notre programme ». Ainsi parlait Elyes Fakhfakh devant des députés, plus soucieux d’éviter la dissolution de leur Assemblée que de voter la confiance à la personne la plus capable d’apporter les bonnes solutions, et très rapidement, aux multiples problèmes du pays.

C’est ainsi, clairement dit, que le chef du gouvernement ne connaît rien de la situation du pays qu’il se prépare à gouverner, et ne dispose d’aucun programme pour résoudre toutes ses crises, économique, financière et sociale.

Sinon, à l’applaudimètre, c’est Ayachi Hammami, ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Droits de l’homme, qui a reçu la plus longue ovation.

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