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dimanche 17 janvier 2021
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Encore quelques petits trucs à régler pour 2020, en attendant peut-être le blocage pour 2021

On croyait que tout a été réglé entre ministère des Finances et Banque centrale (BCT) pour que le projet de budget complémentaire pour l’exercice 2020 puisse passer sans anicroche. Il n’en est toujours rien. Ledit budget a certes été corrigé, mais il reste encore quelques trucs à régler, avant d’entamer l’aventure du budget 2021, et qui risquerait aussi de se voir refuser par la fameuse commission financière de l’ARP qui en avait déjà fait autant avec la première version de 2020. « Nous vous informons que malgré les amendements introduits dans la nouvelle version du budget complémentaire de 2020, ayant réduit le volume de l’endettement domestique, la mobilisation des ressources demandées reste tributaire de la capacité du système bancaire à injecter ces sommes sans pour autant toucher les équilibres économiques globaux ».

  • Se couvrir, couvrir le gouvernement et appliquer la loi
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C’est ce qu’on pouvait lire dans une lettre envoyée, le 20 novembre 2020, par le gouverneur de la BCT au président de l’ARP, en réponse à une demande d’avis sur les amendements introduits par le super-ministre de l’Economie à sa copie du budget. Et le gouverneur Marouane El Abassi d’ajouter à l’adresse de l’ARP, que « au vu du volume de la dette domestique, il nous semble que l’intervention de la BCT reste indispensable, ce qui nécessite une couverture juridique pour cette intervention, dans le respect des conditions qui tiennent compte des objectifs de la politique monétaire ».

El Abassi ne refuse donc pas de financer le budget, il demande juste le respect des procédures de son intervention pour financer le budget, « le financement du déficit budgétaire à travers des achats fermes de BTA à long terme et dans le cadre de l’Open Market reste contraire au cadre juridique et stratégique de la politique monétaire ». Pratiquement, le gouverneur de la BCT demande « une autorisation législative spéciale de la part de l’ARP ». El Abassi cherche certes à se couvrir pour se mettre et mettre le gouvernement à l’abri de tout recours futur. Mais c’est aussi la loi, et il faut donc l’appliquer.

Et pour faciliter les choses au gouvernement, dont il s’est par ailleurs dit dans la même lettre complètement solidaire, El Abassi propose d’introduire simplement un article dans la loi de finance complémentaire de 2020  qui mette l’accent sur le caractère exceptionnel de l’intervention de la BCT.

  • Les hypothèses de Ali Kooli pour 2021

Une fois tout ceci fait, Ali Kooli et son patron Hichem Mechichi pourront enfin tourner la page du budget complémentaire pour l’exercice déjà clos de 2020. Mais ils ne seront pas pour autant sortis de l’auberge. « Tel qu’il est actuellement présenté, le budget de 2021 aurait de fortes chances de connaître le même sort », indique à Africanmanager une source parlementaire informée.

Pour 2021, en effet, le projet de budget et sa loi de finance (LF) tablent sur une croissance positive, un peu irréaliste, de 4 % jamais réalisée depuis 2014 au moins. Irréaliste car prévue dans une conjoncture de crise, mondiale et locale, économique, financière, sociale et sanitaire. Le super-ministre de l’Economie y table aussi sur une augmentation d’un million de tonnes en phosphate alors que le bassin minier se soulevait de nouveau et perturbait toujours la production. Il y table encore  sur une hausse de 4,7 millions de tonnes en céréales, une autre de 17 mille tonnes en produits de la mer et surtout une hausse de 0,8 million de tonnes en carburant, encouragé certainement par l’ouverture de la vanne d’El Kamour.

Les prévisions pour cette croissance, jamais réalisée depuis ladite révolution, tablent encore sur la fin de la crise du Covid et une relance rapide de l’économie. Ce n’est pas pour décourager le super-ministre ni jouer les Cassandre, mais il semble être le seul au monde à le croire. Ali Kooli table aussi, sur une production, continue et jamais perturbée par les grèves, sit-ins et autres mouvements sociaux, des carburants et du phosphate. Et là aussi, il se pose en devin difficile à croire. Il table aussi sur une pérennité des marchés à l’export pour conforter les exportations. Tout aussi difficile à croire, notamment pour le phosphate.

A tout cela, il faut ajouter le fait que le baril de pétrole reste à 45 USD comme il le prévoit [Ndlr : +1 USD = 142 MDT], que l’Euro reste à 3,35 DT, que le Dollar reste à 2,8 DT [Ndlr : 10 millimes de plus = 71 MDT] que l’importation n’augmente que de 9,9 % dans l’économie de transformation qu’il dirige et alors qu’il prévoit aussi une participation de 92,5 % de la consommation domestique dans la croissance qu’il prévoit. Des hypothèses, toutes jugées non réalistes par la Choura d’Ennahdha, et prévoit déjà des ajustements. De là à ce que Kooli s’entête, le refus comme pour le budget 2020, n’est pas loin !

  • Où trouvera-t-il les 16 Milliards de dettes ?

Et il table aussi, et surtout, sur une mobilisation rapide des ressources de dette. En fait, le budget 2021 est bâti sur des besoins en ressources extérieures de pas moins de 16,608 Milliards DT, dont 10,290 Milliards DT directement sur les marchés internationaux, et 5,253 autres Milliards DT en appuis budgétaires. A fin 2020, la dette publique était de 88 % du PIB selon les derniers chiffres actualisés du ministère des Finances. Il est désormais prévu qu’elle représente 92,7 % du PIB. Cela veut dire que Ali Kooli voudrait faire une croissance de 4 % au moins, avec 7,3 % du PIB d’où il devra payer les plus de 20 Milliards DT de salaires et rémunérations, réaliser des projets de développement, donner à toutes les régions ce qu’il avait donné au Kamour, couvrir les besoins en compensation et rendre tous les Tunisiens heureux des perspectives que leur offre le super-ministre de l’Economie !

Pour l’instant, si les ponts ne sont pas encore complètement coupés avec le FMI (Fonds Monétaire International), le gouvernement ne semble pas pressé d’engager les discussions pour un nouveau plan d’aide financière avec ce bailleur de fonds dont  l’avis déterminera pourtant l’issue même de la prochaine sortie sur les marchés internationaux de la dette. Où trouver donc tout cet argent ? L’ARP le permettra-t-il au gouvernement ? Pas sûr, car voici déjà la Choura d’Ennahdha qui émet un Warning (ar) à propos de l’endettement excessif !

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