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Gaza : Le chef des droits de l’Homme à l’ONU condamne la pire tuerie depuis 2014

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Le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a condamné, mardi 15 mai 2018 à Genève, les violences meurtrières de Gaza qui ont eu lieu lundi au cours desquelles au moins 58 Palestiniens ont été tués.

« Sur les 2.700 blessés, près de 1.360 manifestants l’ont été à la suite de tirs des forces de sécurité israéliennes », a précisé le porte-parole du Haut-Commissariat, lors d’un point de presse ce matin à Genève.

Selon Rupert Colville, parmi les blessés, 155 sont dans un état critique. Six enfants et un agent de santé ont été parmi ceux qui ont perdu la vie et 10 journalistes ont été blessés par balles. Pour l’ONU, ce lundi reste la journée la plus sanglante dans le conflit israélo-palestinien depuis la guerre de Gaza en 2014.

De son côté, le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH) note qu’aucun décès n’a été signalé du côté israélien, mais un soldat israélien a été légèrement blessé et transporté à l’hôpital pour y être soigné hier.

Pour les services du Haut-Commissaire Zeid, une tentative visant à approcher, franchir ou d’endommager la clôture ne constitue pas une menace pour la vie ou une blessure grave et ne constitue pas un motif suffisant pour l’utilisation de munitions réelles. C’est également le cas en ce qui concerne les pierres et les cocktails Molotov lancés par des manifestants à distance des forces de sécurité bien protégées situées derrière des positions défensives.

« Il semble que n’importe qui peut être tué » s’inquiète le Chef des droits de l’ONU

Reste que pour les services du Haut-Commissaire Zeid, les règles relatives au recours à la force répétées à maintes reprises semblent être « ignorées à maintes reprises ». Pour le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, tout Palestinien manifestant à Gaza, qu’il représente une menace imminente ou non, pouvait être tué par les forces israéliennes. « Il semble que n’importe qui peut être tué », a déclaré aux médias Rupert Colville.

Le porte-parole du Bureau des droits de l’homme de l’ONU, Rupert Colville, a indiqué qu’Israël avait le droit de défendre ses frontières, selon les lois internationales, mais que la force létale ne devait être utilisée qu’en dernier recours, et que celle-ci n’était pas justifiée contre les Palestiniens qui approchaient la clôture.

« Ce n’est pas acceptable de dire : il s’agit du Hamas, donc c’est ok », a-t-il ajouté, rejetant la justification présentée par Israël qui accuse le parti contrôlant Gaza, d’être à l’origine de la manifestation et affirme donc qu’il n’a fait que défendre son territoire.

Parmi les personnes tuées par balles hier, figurait notamment un homme doublement amputé, a déclaré M. Colville, avant de lancer : « Quelle menace peut représenter un homme double amputé, depuis l’autre côté d’une barrière large et fortifiée ? »

Un mardi sous tension

Dans ces conditions, Zeid Ra’ad Al Hussein, a déclaré que « ceux qui sont responsables de violations flagrantes des droits de l’homme devront rendre des comptes ».

Dans tous les cas, la communauté internationale a continué d’exprimer son inquiétude devant le risque d’une escalade dans une région sous tension.

En effet, le mouvement de protestation palestinien, qui dure depuis des semaines, doit culminer ce mardi 15 mai, jour que les Palestiniens appellent la « Nakba » (la « Catastrophe »), qui marque l’exode de centaines de milliers d’entre eux, expulsés ou fuyants les combats, lors de la création de l’État d’Israël en 1948.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par ce qui peut arriver aujourd’hui – une journée remplie d’émotion des deux côtés – et dans les semaines à venir », a ajouté le Haut-Commissaire Zeid qui demande aussi Israël à faire preuve de la plus grande retenue ». « Trop c’est trop », a rappelé le Chef des droits de l’homme de l’ONU.

Des blessés soignés dans un système hospitalier en ruines de la bande de Gaza

Pour un système hospitalier en ruines, le défi pour les Palestiniens est de s’efforcer de soigner tant bien que mal tous ces blessés. Les services du Haut-Commissaire Zeid ont d’ailleurs rappelé la situation du système de soins de santé « déjà en ruine à Gaza » qui a été soumis à une pression incroyable. « Ceux qui souffrent de blessures mettant leur vie en danger sont confrontés à un scénario cauchemardesque en l’absence de lits d’hôpitaux et de services médicaux adéquats », a ajouté le porte-parole du Haut-Commissariat. Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU rappelle à cet égard ces situations lors desquelles « des manifestants blessés sont effectivement empêchés par Israël de quitter Gaza pour y être soignés ».

De son côté, le BCAH rappellent que les installations médicales à Gaza luttent pour faire face au nombre de victimes et le Coordonnateur Humanitaire, M. Jamie McGoldrick, a exprimé hier sa profonde préoccupation face à la tragédie qui se déroule à Gaza après avoir visité l’hôpital Shifa à Gaza. « M. McGoldrick a déclaré que les équipes médicales de Shifa sont débordées, qu’elles traitent des centaines de blessés, y compris des femmes et des enfants, et qu’elles manquent de fournitures médicales essentielles », a déclaré Jens Laerke, porte-parole d’OCHA lors d’un point de presse ce mardi à Genève.

Pour l’ONU, les hôpitaux publics de Gaza ont moins d’une semaine de réserves de carburant pour pouvoir poursuivre leurs opérations. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la capacité du secteur de la santé à Gaza est déjà menacée dans le contexte de plus de dix années de blocus, avec des pénuries à long terme de médicaments essentiels et d’équipements médicaux et de produits médicaux à usage unique. « Ce mois-ci, deux médicaments essentiels sur cinq sont complètement épuisés », a fait remarquer le porte-parole de l’OMS, Tarik Jasarevic.

A noter que l’ONU indique que, selon des sources locales, environ 35.000 personnes ont participé aux manifestations d’hier, soit beaucoup plus que les semaines précédentes.

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