AccueilLa UNEHausse affolante des agressions et meurtres en 2018

Hausse affolante des agressions et meurtres en 2018

En Tunisie, la criminalité prend une ampleur considérable, des violences chiffrées. Plusieurs facteurs sont incriminés dans ce fléau qui se doit d’être analysé à la lumière des mutations sociales et économiques et des défis sécuritaires que connait notre pays. Selon des données officielles, les villes tunisiennes les plus frappées par le crime sont, dans l’ordre : Tunis, Sousse, Nabeul et Sfax. La dernière est Tataouine.

La violence ne touche pas seulement les délinquants, mais quasiment tout le monde, prenant un caractère global. Elle touche aussi bien les jeunes que les moins jeunes, les élèves, les enseignants, les responsables, les employés, les gouvernants et les gouvernés.

La directrice de la coordination régionale de la direction générale la sécurité publique, Najet Jawadi, a affirmé dans une déclaration faite sur Mosaïque fm ce jeudi 29 novembre 2018 que la réalité du crime n’a pas changé mais que les réseaux sociaux en ont donné une image plus sombre.
Jawadi a affirmé, dans une étude sécuritaire sur la réalité criminelle, que les chiffres sont alarmants, soulignant que le nombre d’affaires enregistrées dans les différents types de crime ont atteint 174 mille affaires (unités de la garde nationale et la police) pendant les 10 premiers mois de 2018, il est attendu qu’elles atteignent 200 mille d’ici la fin de l’année.

Les crimes de violence ont atteint 40 mille sur le total des crimes enregistrés, soit 93% du total des affaires. L’agression physique et l’homicide volontaire ont atteint 226 crimes, soit une évolution de 39,9% pendant les dix premiers mois de cette année, a-t-elle précisé.

On rappelle que selon une étude réalisée en 2017 par l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES), la criminalité prend une ampleur considérable, des violences quantifiables. Durant ces 6 dernières années, le nombre des plaintes déposées pour crime a atteint 200.000. Ce chiffre n’englobe que des crimes graves et pourrait tripler si on prend en compte les crimes d’agression par violences verbales ou physiques. Il y a aussi le chiffre alarmant des crimes de meurtre avec violence. Entre 2006 et 2010, 1000 procès pour meurtre ont été instruits, alors qu’entre 2011 et 2017 ce chiffre a grimpé pour atteindre 1700 à la fin 2017.

Les remèdes de Jalloul

Le Directeur général de l’ITES, Néji Jalloul, est revenu ce jeudi sur la situation et les données chiffrées, à l’ouverture d’un séminaire sur la prévention du crime en Tunisie. « Ces chiffres sont à la fois inquiétants et alarmants, et menacent la cohésion sociale et la sécurité du pays « , a-t-il alerté.
Il a souligné l’urgence d’identifier des solutions efficaces pour lutter contre ce phénomène qui, a-t-il averti, prend de l’ampleur en raison de plusieurs facteurs dont l’instabilité politique, économique et sociale, la détérioration du pouvoir d’achat, les discours haineux, le chômage, la pauvreté, la démission des parents et l’abandon scolaire (près d’un million d’enfants ont quitté l’école depuis la révolution et sont actuellement sans emploi et sans encadrement).
Dans ce contexte, Néji Jalloul a avancé une série de solutions qui, selon lui, pourraient remédier à cette situation.

A cet effet, il a proposé la création des statuts de conseiller familial et d’éducateur spécialisé dans les quartiers chauds, en plus de la mise en place de cellules de suivi et d’encadrement éducatif dans les établissements scolaires.
Il s’agit également, a-t-il ajouté, de la création de services régionaux de la police judiciaire, du renforcement du système de surveillance par caméras, de la mise en place d’une base de données commune entre le ministère de l’intérieur et de l’éducation et de la création d’un observatoire national de lutte contre le crime.
Tout en réclamant l’ouverture d’un dialogue national sur la prévention du crime en Tunisie, Jalloul a aussi jugé important d’opter pour la réforme du système éducatif et du système de formation professionnelle et de se tourner de plus en plus vers les peines alternatives.

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