La RDC file vers une cohabitation où Kabila reste incontournable !

La RDC file vers une cohabitation où Kabila reste incontournable !

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Alors que la communauté se réjouissait d’une alternance pacifique en République démocratique du Congo (RDC) et de l’arrivée au pouvoir d’une majorité capable de sortir le pays de la crise politique, les choses se compliquent. En effet le pays file vers un scénario inédit, et très complexe : Une cohabitation entre un président appartenant à l’opposition, Félix Tshisekedi et les partis alliés au pouvoir sortant qui gardent le contrôle de l’Assemblée nationale. Ce qui veut dire que le chef de l’Etat sortant, Joseph Kabila, n’est pas complètement éjecté du jeu politique. C’est ce que laissent entendre les résultats des législatives dévoilés par la Commission électorale (Céni), rapportés par l’AFP et Jeune Afrique ce samedi 12 janvier 2019.

Concrètement le président Tshisekedi devra s’accommoder d’un Premier ministre pioché dans les rangs des forces acquises à la cause de son prédécesseur et qui ont la majorité parlementaire, donc de fait un régime semi-présidentiel. La Céni crédite les formations favorables au président sortant, Kabila, de plus de 250 sièges au Parlement sur 500 au total. L’AFP a pu établir les couleurs politiques de 429 députés parmi les 485 dont on connait les résultats (les 15 restants appartiennent aux trois régions où le scrutin a été reporté, Beni, Butembo et Yumbi) : entre 261 et 288 élus appartiennent au camp de Kabila, le Front commun pour le Congo (FCC).

L’opposant Martin Fayulu, arrivé officiellement 2ème à la présidentielle avec 34,8% des suffrages, mais qui revendique la victoire, dénonce un «putsch électoral » fomenté par Kabila, avec Tshisekedi « totalement complice». « Si Félix Tshisekedi devient le président, c’est sur un strapontin qu’il va s’asseoir. Il sera le faire-valoir de Kabila qui continuera à tirer les ficelles », a déclaré Fayulu, avant d’ajouter que «Félix Tshisekedi et le président discutent depuis 2015 !». En tout cas les propos du nouveau chef de l’Etat corroborent les allégations de Fayulu, et troublent encore plus le jeu politique : « Je rends hommage au président Joseph Kabila. Aujourd’hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais cas plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays », a dit Tshisekedi après son élection. Une chose est sûre : le pays est loin d’être tiré d’affaire avec ce schéma qui a pris tout le monde de court et qui prolonge une dangereuse instabilité politique…

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