AccueilLa UNELe gouvernement, seul au four. Le moulin est fermé par le Président

Le gouvernement, seul au four. Le moulin est fermé par le Président

Cela ne devrait théoriquement pas se faire avant les prochaines législatives anticipées de décembre prochain, au moins pour cause de stabilité politique et de finalisation de l’accord avec le FMI. Mais les réseaux sociaux pro-Saïed poussent dès à présent le chef de tout l’Etat tunisien à  opérer  un remaniement, et peut-être même de changer de gouvernement. Et on sait, de manière non-officielle, qu’au moins deux ministres s’y voient déjà !

  • « Sauter du coq à l’âne permet à l’autruche de noyer le poisson afin de tromper le pigeon ».

L’alibi des pro-Saïed pour s’en débarrasser, est que le gouvernement de Najla Bouden ne fait rien et n’a pas réussi à redresser la situation économique du pays. Un sentiment que résume le dernier document remis par l’UGTT à la cheffe du gouvernement en réponse au plan discuté avec le FMI, et où il lui reproche d’avoir comme « objectif de maîtriser la crise au lieu de l’en sortir », tout en avouant pourtant que « il faut au pays trois années pour reconstruire la baisse de 9,2 % du PIB en 2021 ».

Et l’UGTT, qui ne sait que défendre les augmentations salariales, d’en vouloir au gouvernement Bouden de « perdre de vue l’élément essentiel qui est la situation de panne dans laquelle se trouve le moteur de la croissance qu’est l’investissement ».

Le Doc des syndicats perdait pourtant de vue que la masse salariale en Tunisie, compte non tenu des entreprises publiques et bien sûr du secteur privé, représentait 54,6 % du total des ressources budgétaires au terme du 1er semestre 2022. Les dépenses d’investissement, pour créer la croissance, n’avaient alors pu accaparer que 7,8 % du total des recettes (Fiscalité directe et indirecte, et dons). Avec les dernières augmentations consenties sans contrepartie, la masse salariale n’en sera que plus grande, ne laissant à l’investissement que la portion congrue.

  • Saïed, le chef de tout, qui fait ce qu’il veut

Il est pourtant un fait que la cheffe, et beaucoup d’autres membres de son gouvernement, ne quittent généralement leurs postes que tard la nuit, à préparer des textes de décrets et de lois à soumettre au chef de tout l’Etat. Et surtout à essayer, chaque jour que le bon Dieu fait, d’éviter le Shutdown, et à trouver des solutions, pour le pain quotidien du Tunisien, l’essence pour sa voiture, son café du matin, son sucre et son lait, et pour payer surtout les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités. Sur ce volet en particulier, le miracle est quotidien. C’est ce qu’on appelle être sur le gril, être au four.

L’autre fait avéré est que, pour sortir de la crise, la Tunisie doit s’endetter. Et pour le faire, son dossier chez ses banquiers doit répondre à quelques conditions. La 1ère est de rester solvable pour se maintenir  en capacité de remboursement. La 2ème est de mettre rapidement en œuvre quelques réformes dont la  1ère est de maîtriser les salaires, et la seconde  de rationaliser les subventions, et notamment celle des carburants, en augmentant les prix.

Toutes, cependant, des conditions inacceptables pour un président qui conduit un programme politique qui ne saurait souffrir le moindre mécontentement populaire. Et c’est ainsi que Kais Saïed renvoie toutes ces mesures aux calendes grecques, tout en interdisant à son gouvernement, à l’exception d’un ou deux têtes durs qui se feront rappeler à l’ordre et qui se reconnaitront, d’en parler. Toutes ces réformes ont été faites par le gouvernement. Mais ce n’est pas constitutionnellement à lui d’en signer la mise en œuvre. C’est ce qu’on appelle mettre le moulin en panne. Cela, sans compter l’absence de tout appel présidentiel pour un retour des plus urgents au travail, avec plus de productivité et plus de production, seuls moulins capables de remettre l’économie tunisienne en marche. Et c’est au contraire, une diabolisation des entrepreneurs, et un miroitage continu avec force complotisme de milliards dits spoliés et faussement crus facilement récupérables.  Demandez au gouvernement philippin et d’autres pays africains, dont le Libye, ils vous le diront !

  • La cheffe, et ses « drôles de Dames » font ce qu’elles peuvent

Depuis le 11 octobre 2021, deux mois et 13 jours après le fameux 25 juillet, le gouvernement de Najla Bouden est en quelque sorte, au four et au moulin. Sauf qu’en réalité, il est plus au four à essayer d’éteindre les feux des tensions sociales et économiques qu’au moulin pour moudre le grain qui ferait le pain, c’est-à-dire faire ce qu’il faut pour créer la valeur ajoutée et les richesses à redistribuer en salaires et investissements.

Seule, dans un bâtiment sous bonne garde présidentielle, dans un bâtiment entouré de herses et maintenu en dehors de tout contact avec la Realpolitik, la politique dans son sens le plus général et le plus ouvert, étant du domaine exclusif du chef de tout l’Etat qui n’a pas présidé de Conseil des ministres depuis juin dernier, Bouden et ses « drôles de Dames » (au sens de la série  éponyme ce sont elles qui font le boulot pour Charlie) se démènent.

Elles répondent, pieds au plancher, aux convocations du chef de tout l’Etat, mais ne parlent pas des « mensonges d’Etat ». Elles écoutent les doléances présidentielles en hochant la tête, et ne le contredisent pas. Elles préparent les mesures, parfois en plusieurs versions et probabilités, mais ne les signent pas. Elles trouvent les solutions, mais n’en décident pas. Elles accusent tous les coups, et subissent toutes les critiques, et ne bronchent pas.

Saïed s’est toujours défendu d’être un dictateur. Peut-être pas en politique, mais ça se discute. Mais sûrement en économie, qui le perdra ainsi que tout le pays qu’il gère en somnambule qui marche à l’aveuglette vers ses projets politiciens sans se soucier de l’économie. L’augmentation des salaires ne résoudra rien. Et c’est le SG de l’UGTT qui la fêtait il y a quelques jours, qui le rappelle à Kais Saïed (ar) sans ambages.

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,015SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -