Mali : Le film des élections, vu par la MINUSMA

Mali : Le film des élections, vu par la MINUSMA

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Bonjour à toutes et à tous, chers confrères et consœurs journalistes, chers auditrices et auditeurs de la radio de la Paix, MIKADO FM, bienvenue une fois de plus, à votre rendez-vous bimensuel et merci pour votre fidélité.

Depuis notre dernière rencontre, l’actualité de la MINUSMA demeure très largement dominée par le processus de l’élection présidentielle.

Ce matin, j’ai le plaisir d’avoir à mes côtés, M. Aboubacar Koulibaly, Directeur Pays du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au Mali, et ensemble, nous allons tenter de vous donner un aperçu global de l’appui des Nations Unies au Processus Electoral en cours au Mali.  La MINUSMA apporte également un appui au processus électoral et je vais vous donner quelques éléments à cet égard.

La veille du scrutin présidentiel du 29 juillet, le Secrétaire général des Nations Unies s’est réjoui du calme qui a prévalu au cours de la campagne électorale, malgré les défis sécuritaires persistants dans le nord et le centre du pays.

Dans une déclaration, António Guterres a appelé les Maliens et les Maliennes à “maintenir ce cap” de manière à ce que l’élection “importante pour la paix et la réconciliation au Mali” soit une “célébration de la démocratie”.

Le Chef de l’ONU a encouragé tous les acteurs politiques maliens à s’engager à faire du scrutin présidentiel, un processus “pacifique, libre et transparent” et à recourir aux institutions prévues en cas de litiges, tel que le prescrit la loi.  “La paix et la réconciliation pour tous les citoyens maliens doivent prévaloir, indépendamment du résultat du scrutin”, a souligné le Secrétaire général, avant de réitérer l’engagement des Nations Unies à soutenir le processus électoral au Mali.

Le Représentant Spécial du Secrétaire Général et Chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif a quant à lui exhorté les Maliennes et les Maliens à exercer pacifiquement leur droit de vote et à respecter les résultats des élections sur les ondes de Mikado FM. Il les a mis en garde contre une crise post-électorale et les appelant à éviter d’ajouter une crise à la crise actuelle.

Sans transition, je vais maintenant vous faire un point des activités de la MINUSMA en appui au premier tour.

Comme évoqué à plusieurs reprises lors de nos rencontres antérieures, le mandat de la MINUSMA lui enjoint de soutenir le processus électoral au Mali, au plan logistique et technique et sécuritaire. Voilà pourquoi, tout au long de la préparation de l’élection présidentielle, la MINUSMA a ainsi transporté plus de 200 tonnes de matériels électoraux dans les régions du Nord et du Centre du pays, formé et déployé 70 agents électoraux et assistants logistiques munis de 49 véhicules.

Du 27 au 30 juillet 2018, la mission a assuré le transport d’environ 300 personnes dont des représentants de la Cour Constitutionnel, des observateurs internationaux, des représentants des partis politiques et des délégués des organes de gestion des élections (CENI, MATD et DGE).

Durant ces dernières années et plus particulièrement ces derniers mois, la MINUSMA et l’équipe électorale intégrée des Nations Unies, ont participé au renforcement des capacités des acteurs de ce processus. Ainsi, plusieurs milliers de Maliens parmi lesquels des membres d’organes de gestion des élections, de la Société civile, des médias, de partis politiques, ou encore des Forces de sécurité maliennes, ont reçu des formations et des initiations dans divers domaines liés aux élections.

Comme prévu dans le dispositif de sécurité, au cours de la journée du dimanche 29 juillet, ainsi que quelques jours avant et après, les Casques bleus de la Police des Nations Unies (UNPOL), ont intensifié leur présence aux côtés des Forces de Défense et de Sécurité du Mali (FDSM) dans leurs zones de déploiement et ont réalisé 381 patrouilles d’appui à la sécurisation des élections. Le nombre d’éléments UNPOL (IPO+FPU) déployés pour l’appui sécuritaire lors du scrutin présidentiel s’élève à 1723 éléments, constituant 11 unités du Bangladesh, du Bénin, du Burkina Faso, de l’Égypte, du Nigeria, du Togo et du Sénégal, et 133 véhicules blindés.

Les Casques bleus de la Force de la MINUSMA ont également adopté la même posture en intensifiant leurs sorties, qui pouvaient durer jusqu’à six heures chacune. Des hélicoptères ont également été déployés afin de soutenir le dispositif de sécurité mis en place.

Si la journée s’est bien déroulée dans l’ensemble, des incidents sont néanmoins à déplorer, qui ont empêché le scrutin de se dérouler dans certaines zones. Dans la Région de Kidal, le village d’Aguelhok et le camp de la MINUSMA ont essuyé des tirs de mortiers (dix impacts). Un obus est même tombé à quelques dizaines de mètres de l’école qui sert de bureaux de vote, sans toutefois faire de victime. Après un bref moment de panique, le vote a pu reprendre son cours.

Il faut tout de même noter que dans toutes les zones de déploiement où les opérations de vote ont pu avoir lieu, les Maliennes et les Maliens ont accompli leur devoir citoyen dans le calme et la sérénité, sans heurts ni violences. Ceci, en respect aux nombreux appels à l’apaisement lancés par les candidats eux-mêmes, mais aussi, les leaders de la société civile, les leaders communautaires et religieux ainsi que la Communauté internationale, notamment par la voix du Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies, et du Secrétaire général Antonió Guterres comme je l’ai mentionné précédemment.

Rencontre avec la CEDEAO

Je continue sur le même thème pour vous informer, qu’en marge de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Mahamat Saleh Annadif a intensifié ses efforts de bons offices. C’est dans ce cadre qu’il a rencontré le 3 août dernier, le Président de la Commission de la CEDEAO, Monsieur Jean-Claude Brou, en visite au Mali. Il était accompagné du Représentant de la CEDEAO au Mali, l’Ambassadeur Cheaka Aboudou Touré.

La visite du Président de la Commission s’inscrivait dans la démarche d’accompagnement et de suivi du processus électoral par la CEDEAO. Lors de sa visite, il a pris le pouls de la situation et réitéré les messages clés de la CEDEAO et de la communauté internationale pour un processus apaisé et en faveur du respect des principes républicains de la démocratie. Il avait précédemment reçu les chefs de missions internationales d’observation de la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union Européenne et de l’OIF.

Toujours le 3 août, Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, M. Mahamat Saleh Annadif a de nouveau reçu les représentants de la communauté internationale basés dans la capitale malienne. A la faveur de cette réunion le communiqué conjoint suivant a été publié, et je cite :

Le jeudi 02 août le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a publié les résultats provisoires à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle du 29 juillet 2018.

La communauté internationale présente au Mali saisit cette occasion pour adresser ses sincères félicitations aux deux candidats arrivés en tête du scrutin, Messieurs Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé.

Elle exprime également son appréciation aux 21 autres candidats et à la seule femme candidate, qui ont pris part à ce scrutin, confirmant ainsi le pluralisme politique de la démocratie malienne.

La communauté internationale félicite le peuple malien pour sa participation active au scrutin dans le calme et la sérénité, contribuant à des élections apaisées.

Guidée par le sens de responsabilité dont a fait preuve la classe politique malienne tout au long de ce processus électoral, la communauté internationale lance un appel au peuple et aux acteurs politiques maliens pour que la sérénité qui a accompagné le déroulement de l’élection présidentielle continue à prévaloir, pour la consolidation de la démocratie au Mali.

Les représentants de la communauté internationale au Mali, invitent le Gouvernement du Mali à prendre en compte les recommandations pertinentes pour le second tour, formulées par les différentes missions d’observation. Ils encouragent les candidats à l’élection présidentielle à faire, au besoin, usage des voies de recours consacrées par la loi.

La communauté internationale présente ses sincères condoléances au Gouvernement et au peuple malien pour la perte des agents électoraux et des membres des Forces de Défense et de Sécurité maliennes pendant le processus.

Pour le deuxième tour de l’élection présidentielle prévue le 12 août, la mission a poursuivi avec le déploiement du matériel électoral sensible ainsi que du personnel du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. Ainsi ce 07 août, la mission a assuré le transport par voie aérienne des agents du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation ainsi que plus de 06 tonnes des documents électoraux sensibles de Bamako vers les régions du nord et du centre. La MINUSMA se tient prête pour apporter l’appui nécessaire au Gouvernement du Mali dans la limite de ses moyens, afin que cette élection se déroule dans les meilleures conditions.

Le 4 août, une délégation du Bureau régional de la MINUSMA à Gao, conduite par le Chef du Bureau, a effectué une mission intégrée de terrain à Bourem, pour évaluer la sécurité et la situation politique avant le deuxième tour de l’élection présidentielle. La délégation s’est entretenue avec le Maire et le Préfet adjoint de Bourem, les sous-préfets de Bamba et de Temera, ainsi que d’autres notables. Des réunions ont eu lieu avec des représentants des partis politiques, le Président de la Commission électorale locale, le Commandant régional des Forces armées maliennes (FAMA), des organisations non gouvernementales et des représentants de la société civile, notamment des associations de jeunes et de femmes.

Dans la même journée, le Bureau de la Communication Stratégique et de l’Information Publique a appuyé la coordination régionale de l’Union des Radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL) dans l’organisation d’un atelier de partage et d’analyse du Code de bonne conduite des médias au Mali en période électorale. Plus d’une trentaine de professionnels de la presse ont participé à l’atelier, y compris les radios communautaires des cercles de Gao, Ansongo, Bourem et des plateformes web de la région.

La mission a été également l’occasion pour lancer un projet à impact rapide (QIP) bénéficiant directement à 11 radios membres de l’URTEL dans les différentes communes du cercle de Bourem. Ce projet sponsorisé par le Bureau de la Communication Stratégique et de l’Information Publique consiste en l’achat, l’installation et la formation à la maintenance d’émetteurs, de consoles, de dictaphones, pour une valeur de 23 millions 695 000 XOF. La jeunesse de Bourem a également tenu à montrer à la MINUSMA les travaux en cours du projet à impact rapide de réfection de la Maison des Jeunes, lancé le 11 juillet dernier.

Droits de l’homme

Dans le cadre de son mandat de surveillance de la situation des droits de l’homme dans tout le pays, la Division des droits de l’homme et de la protection a surveillé, à travers le centre d’appels, la fin de la campagne électorale et la conduite du premier tour de l’élection présidentielle, le 29 juillet 2018, dans le district de Bamako et les régions de Gao, Kayes, Kidal, Koulikoro, Ménaka, Mopti, Ségou et Tombouctou.

Le jour de l’élection, la Division n’a documenté aucune violation grave des droits de l’homme, néanmoins, les chargés des droits de l’homme ont documenté au moins 49 incidents ayant un impact négatif sur les droits de l’homme dans la région de Mopti et deux à Tombouctou, tous perpétrés par des présumés membres de groupes extrémistes violents. A titre illustratif, le 28 juillet, deux présidents de bureaux de vote auraient été enlevés et tués dans le cercle de Bandiagara.

Dans le cadre de l’élection présidentielle, la DDHP a organisé 26 activités de renforcement des capacités, au bénéfice de 614 personnes, dont des éléments des Forces de défense et de sécurité maliennes (FDSM), des groupes armés signataires, du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), des autorités administratives et traditionnelles locales, des professionnels des médias et des membres de la société civile.

La Force

Je vais maintenant passer aux activités de la composante militaire de la MINUSMA, pour vous informer que l’armée canadienne a officiellement intégré, le 31 juillet dernier, la Mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali. C’était au camp Castor à Gao, au cours d’une cérémonie, marquant le retour du Canada parmi les Casques bleus.

Le Commandant adjoint de la Force de la MINUSMA, le Général Amadou Kane, a souhaité, « la bienvenue au contingent canadien, » avant de rappeler ce qui caractérise le théâtre malien, notamment : « sa complexité et la difficulté de la mission ».

Les canadiens au nombre de 250 soldats, en remplacement des Casques bleus allemands, sont chargés d’assurer un soutien, à la fois logistique et opérationnel, à l’ensemble de la Force onusienne. Parmi les tâches principales qui leur incombent, il y a les évacuations sanitaires, le transport de matériel et du personnel. Ceci, grâce aux trois hélicoptères CF-147F Chinoooks et cinq hélicoptères CH-146 Griffons.

Le 2 août 2018, le bataillon burkinabè a octroyé aux étudiants de l’Institut de formation professionnelle (IFP) de la municipalité de DIABALY, des fournitures scolaires et des kits solaires. Ce bataillon effectue les travaux de réhabilitation de trois salles de classe de l’école de KOUROUMA et la radio DIABALY entamées depuis le 10 juillet dernier.

Le 3 août, les 850 Casques bleus du cinquième bataillon Nigérien de la MINUSMA déployés à Ansongo et Ménaka ont reçu la médaille des Nations Unies. A travers cette décoration, les Nations Unies reconnaissent leur contribution à la stabilisation du Mali, après une année de service.

La cérémonie jumelée à la célébration de l’indépendance de leur pays, a vu la présence de M. Oumar Ba, Chef du bureau régional de la MINUSMA à Gao, du Général de brigade Anusiz Zaman, Commandant du Secteur Est de la MINUSMA, de M. Ibra Boulama Issa, Chef d’Etat-major Général adjoint de l’armée Nigérienne, des autorités administratives, militaires et coutumières du cercle d’Ansongo et de la société civile.

La MINUSMA a rendu hommage, le 7 août 2018, à un casque bleu sénégalais, décédé le 1er août 2018 à Sévaré, dans la région de Mopti où il était déployé au sein de la Force de réaction rapide (QRF). Le casque bleu sénégalais est décédé à la suite d’un malaise pendant qu’il pratiquait une activité physique. Le défunt, âgé de 35 ans, était marié et père d’un enfant. La MINUSMA présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, aux autorités sénégalaises, ainsi qu’à son contingent.

Depuis le début du mois d’août, la Force a effectué plus de 362 patrouilles, tenu 307 check-points et opéré 60 escortes.

UNPOL

Maintenant, je vais passer aux activités de la Police des Nations Unies.

Le 19 juillet vers 06h45, une équipe de UNPOL, de la Force, du Bureau de la Communication Stratégique et de l’Information Publique et de la Division des Affaires civiles de la MINUSMA s’est rendue à Niafounké pour une mission conjointe dans le cadre de la sécurisation des populations et de l’appui au processus électoral. L’équipe a d’abord rencontré les autorités administratives, traditionnelles, politiques et sécuritaires avec lesquelles elle a échangé sur la situation sécuritaire et par la suite, conduit une séance de sensibilisation au profit des jeunes, des femmes et des acteurs politiques sur le thème « L’implication de la MINUSMA dans le Processus Electoral » à l’hôtel de ville. Ladite mission s’est terminée sans aucun incident, après une visite sur le chantier de réparation de la pinasse de la Gendarmerie et du peloton de la Garde Nationale.

Le 25 juillet vers 08h30, le Commandant Régional UNPOL/Tombouctou a procédé à la remise de matériel au Directeur Régional de la Police Nationale. Le don composé de matériel de bureau et de Kits de secours, est destiné au Commissariat de Police de la ville de Tombouctou.

Le 26 juillet, s’est déroulée la cérémonie officielle de remise de trois (03) projets à impact rapide sponsorisés par UNPOL, au Gouvernorat de Mopti dans le cadre du renforcement des capacités des Forces de Défense et de Sécurité maliennes et de l’appui au Plan de Sécurisation Intégré des Régions du Centre (PSIRC). L’évènement était co-présidé par la Cheffe de Bureau de la MINUSMA et le Gouverneur de Mopti. Les projets ont été initiés par UNPOL et financés pour un cout total de soixante-onze millions neuf cent vingt mille trois cent quatre-vingts francs CFA (71 920 380), sont constitués de dix-huit (18) motos, du matériel de maintien de l’ordre au profit de l’Escadron de Gendarmerie et de mobiliers de bureau pour la Police Nationale.

Le 4 août, une équipe de la Police des Nations Unies et des Forces de sécurité maliennes, s’est rendue au village de Goundaka situé à environ 20 km de Sévaré dans la Région de Mopti, pour une mission de protection des populations civiles. La patrouille motorisée a été effectuée sur l’axe Sévaré – Bandiagara. L’équipe a ensuite effectué une patrouille pédestre dans le marché de Goundaka et sensibilisé les populations sur l’importance cruciale de la participation de la population au vote pour le second tour de l’élection présidentielle.

Les deux dernières semaines, la Police de la MINUSMA a effectué 847 patrouilles et sécurisé 42 escortes.

Incident :

-A Kidal, le 30 juillet dernier au matin, un véhicule blindé lors d’une patrouille des Casques Bleus a heurté un engin explosif improvisé (EEI) ou une mine, près d’un poste de contrôle à environ 2,5 km au sud du Camp de la MINUSMA. Il n’y a pas eu de victime, mais le véhicule a été endommagé. Plus tard, les soldats de la paix ont arrêté un suspect près du lieu de l’incident.

Je vais maintenant passer la parole à M. Aboubacar Koulibaly, Représentant Pays du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au Mali, qui va vous donner un aperçu global de l’appui des Nations Unies au Processus Electoral en cours au Mali.

Intervention d’Aboubacar Koulibaly, Directeur pays du PNUD au Mali

L’ACCOMPAGNEMENT DU PNUD EN CHIFFRES: 

  • Le Projet Electoral du PNUD (PACE) a aujourd’hui un budget de : 5 457 098 USD
  • PNUD                         1 416 377 USD
  • NORVEGE                1 467 748 USD
  • SUEDE                                   1 694 532 USD
  • USAID                                      624 622 USD
  • LUXEMBOURG                       200 928 USD
  • UNION AFRICAINE       52 891 USD

  • le PAPEM (PROJET D’APPUI AU PROCESSUS ELECTORAL) avait en 2013, un budget de presque 60 millions de USD, car Projet de sortie de crise.

  • Le Projet PACE a accompagné en finançant les activités suivantes :
  • Organisation avec le MATD et la MINUSMA, des ateliers régionaux (sauf Kidal) qui ont tous rassemblé plus de 1000 personnes.
  • C’était des ateliers régionaux pour la mobilisation, la sensibilisation et la formation des autorités administratives locales, les médias, la société civile, les organisations féminines et les Mouvements des jeunes à hauteur de : 30 millions de francs CFA.
  • Formation et déploiement dans tous les Cercles de 67 Agents informaticiens du MATD chargés de la remontée des résultats pour 12 millions de francs CFA.
  • Participation à la formation de 116 délégués de la CENI pour 7 millions de francs CFA
  • Appui du MATD dans la Communication électorale : spots radio/vidéo, banderoles, T-Shirts, casquettes, décoration d’un studio à l’ORTM pour les débats politiques et permettre la pluralité des opinions dans un média public : 50 millions de francs CFA.

  • Appui du MATD à travers la remise de véhicules pick-ups
  • Appui au financement de l’opération de distribution des cartes d’électeur biométriques dans le pays pour un montant de : 160 millions de francs CFA.
  • Appui par le biais de ONUFEMMES des activités de mobilisation, sensibilisation et de participation des femmes comme électrices, candidates, agent électoral pour un montant de presque 50 millions de francs CFA.
  • Appui des activités de terrain de 15 OSC dans et dans toutes les régions même Kidal, activités de formation, d’information et de sensibilisation électorale pour 145 millions de francs CFA.
  • Contrat avec l’ONG Internationale « Search For Common Ground » pour des activités de prévention des conflits et de renforcement du dialogue entre les acteurs pour 325 millions de francs CFA.
  • Appui du MATD pour la prise en charge partielle des deux (2) assesseurs : Majorité et Opposition dans les bureaux de vote à l’intérieur du Mali pour 526 millions de francs CFA.
  • Contrat avec le CNPV pour le recrutement de 22 Conseillers Electoraux, déployés dans les Gouvernorats du Mali, afin d’aider les Gouverneurs dans leurs opérations électorales et pour 20 millions de francs CFA.
  • Mobilisation de 3 grands Mouvements des jeunes à Bamako : Conseil National de la Jeunesse (CNJ), le Réseau des Jeunes des Partis Politiques (RJPPM) et le Mouvement National des Jeunes pour la Culture de l’Excellence (MNJCE) pour animer une Caravane de Sensibilisation Citoyenne des Jeunes pour une participation massive et sans violence à l’élection présidentielle de 2018 pour 30 millions de francs CFA.
  • La Caravane a mobilisé chaque jour et dans chaque Commune de Bamako, des centaines de jeunes de la ville qui ont adhéré à l’idée de se mobiliser pour une élection libre, crédible et apaisée. La fin de la Caravane a été couronnée par un grand concert au Palais de la Culture mobilisant aussi beaucoup de jeunes.

Questions /Réponses

Bram Posthumus, Bloomberg News

Vous avez fait référence à ce débat que vous comptez organiser avant le 2è tour, est ce que vous avez une chance, un pourcentage pour dire oui, çà aura lieu ?

Aboubacar Koulibaly

On a appuyé la mise en place à l’ORTM d’un Studio qui permettra le débat démocratique. Mais le PNUD n’est pas en contact avec les candidats pour organiser un débat entre candidats. De mon point de vue il est important qu’il y ait un cadre approprié de débat sur le plateau de la télévision. Des experts ou des représentants de candidats ou de partis politiques qui souhaiteraient débattre dans des conditions des plus appropriées qu’un plateau qui n’offre pas toutes ces conditions.

Ag Ismaguel, Journal du Mali

Vous appuyez le processus électoral, est ce que vous êtes satisfait du déroulement du scrutin ?

Deuxième question, il y a au moins 18 candidats qui contestaient les résultats avant même leur publication par la Cour constitutionnelle, est ce qu’il y a aujourd’hui de quoi s’inquiéter ?

Aboubacar Koulibaly :

Par rapport à la première question, je voudrais rappeler ici que notre rôle n’est pas de donner un jugement de valeur sur le processus électoral. Nous sommes dans un partenariat. Je rappelle que le PNUD est au Mali depuis plusieurs décennies et que nous apportons au Mali un appui à son développement.  Nous ne portons pas un jugement de valeur au processus électoral. Nous ne sommes pas des missions d’observation. Nous accompagnons le développement du Mali. Notre intervention cadre bien avec les priorités nationales. Et je vous ai présenté l’appui qui a été apporté. Je ne juge pas que cet appui pourrait me permettre de formuler une opinion, satisfait ou pas du processus électoral. La question de la mobilisation d’une partie des candidats pour contester les résultats avant les résultats définitifs ; notre objectif a toujours été avant même le scrutin de maintenir le dialogue entre les différents acteurs politiques maliens et de travailler avec l’ensemble des composantes pour offrir un cadre d’apaisement. Votre question m’offre l’opportunité d’insister sur le besoin d’avoir un cadre apaisé pour suivre ce processus électoral dans la sérénité. Je pense que c’est ce qui a été le leitmotiv du communiqué de la communauté internationale et de toutes les missions d’observation qui ont fourni des rapports à l’issue du scrutin du 29 juillet.

Askia Momoudou, Radio Alfarouk de Tombouctou

Près de 700 bureaux de votes n’ont pas pu fonctionner au premier tour de l’élection présidentielle. Que peut faire la MINUSMA sur le plan politico-sécuritaire pour que l’ensemble des maliens puissent voter au second tour ?

Oumar Baraka, radio Lafia de Tombouctou

Dans le mandat de la MINUSMA, il est inscrit la protection des populations et de leurs biens. En cette période électorale, qu’est-ce que la MINUSMA apporte véritablement en termes de sécurité ?

Almoustapha Traoré, Radio Kalemé Tombouctou

En se référant au premier tour de l’élection présidentielle, on note beaucoup d’irrégularités tels que l’assassinat de certains agents électoraux, la délocalisation de certains bureaux de vote et le bourrage de certaines urnes ; quel dispositif la MINUSMA a mise en place pour que cela ne se reproduise ?

Myriam Dessables

Je vais rapidement répondre aux questions sécuritaires et laisser M. Koulibaly répondre aux questions logistiques.

Je dois vous rappeler que le dispositif sécuritaire qui avait été mis en place pour la sécurisation des élections comportait ce qu’on a appelé un dispositif à trois cercles avec la police du Mali en première position, en deuxième cercle les FAMas et puis un troisième cercle, en appui, la MIINUSMA. Il faut rappeler que le déploiement de la police de la MINUSMA dans ses activités d’appui à la sécurisation aux élections se faisait dans ses zones de déploiement comme prévu par son mandat et comme prévu par le dispositif de sécurité. Et ce que j’avais donné comme chiffres, c’était 1723 éléments de la police constituant 11 unités, 133 véhicules. Ils ont réalisé 381 patrouilles d’appui. Les Casques bleus de la Force ont mobilisé 800 hommes et ils ont également adopté une posture de renforcement de leurs patrouilles en intensifiant leurs sorties.Il faut noter que dans toutes les zones de déploiement de la Police et de la Force, il n’y a eu aucun incident, aucun heurt ni violence. Et je crois savoir qu’il y a déjà une coordination qui a commencé avec la Police Malienne dans le cadre de la Commission qui s’occupe des questions de sécurisation pour justement aborder la question de comment renforcer la sécurisation des bureaux de vote où le vote n’a pas pu avoir lieu, le dispositif étant coordonné et géré par les FDSMs.

Aboubacar Koulibaly

Je voudrais dire que notre appui est un appui vraiment technique. Cet appui logistique est apporté principalement par la Mission de maintien de la paix, mais se limite à un appui technique à transporter ou à escorter du matériel électoral à la demande du gouvernement et des organes chargés d’organiser ces élections. Si les mêmes demandes sont formulées, j’imagine que pour le second tour, le même appui sera apporté. C’est un appui qui est donné sur la base de demande. S’il y a une demande d’accompagnement, les Nations Unies continueront à apporter cet appui. L’expertise qui a été déployé auprès du Ministère de l’administration du territoire demeure jusqu’à la fin du processus électoral en termes de conseils. Donc, le PNUD n’a pas été associé au transport du matériel électoral aussi bien lourd que sensible. Par rapport à la question sécuritaire, il y a eu des incidents sécuritaires par rapport au premier tour qui ont été gérés. Je pense qu’avant le processus électoral, l’inquiétude de tout le monde était très grande. Arrivé à organiser les élections dans le contexte actuel, on devrait se réjouir de ce qu’on a comme résultat même si nous regrettons que des personnes aient perdu leurs vies pendant ce processus électoral. On invite vraiment les acteurs maliens à poursuivre dans le même sens pour assurer que le maximum d’électeurs soient capables d’accomplir leur devoir le 12 août.

Oumar Waïgalo, Studio Tamani

Le scrutin a été émaillé par des incidents dans certains bureaux de votes jusqu’à ce que des assesseurs et présidents de bureaux de vote ont été enlevés et maltraités par des individus armés. Pour ce deuxième tour, quels sont les dispositifs sécuritaires pris pour éviter ce genre d’incidents ?

Badou Kaba, Le carrefour

Le PNUD a appuyé la participation des femmes aux élections, est-ce que par hasard vous avez financé la participation de l’unique candidate au scrutin ? Nous savons que le PNUD n’a pas le droit de s’ingérer dans les affaires des Etats, mais est-ce que vous avez imposé un code de bonne conduite aux différents candidats pour éviter une crise poste électorale ?

Moussa S Camara, l’Indépendant

Je vais reformuler mon confrère qui a parlé de la contestation des 18 candidats, c’est de savoir réellement quel peut être votre rôle dans ce genre de situations ?

Hier je suis tombé sur un document de la MINUSMA qui donne les résultats du scrutin du 29 juillet sur les réseaux sociaux, alors qu’à un moment donné, l’opposition avait fortement demandé à ce que ce soit la MINUSMA qui certifie les résultats du scrutin, pouvez-vous confirmer que vous avez publié ces informations, ou est ce que c’est réellement une certification comme l’opposition l’avait demandé ?

Myriam Dessables

Vous étiez là lorsque le Secrétaire général de l’ONU lui-même l’avait dit. Il n’y a absolument pas de mandat de la MINUSMA ni de certifier, ni d’observer, ni de vérifier les résultats des élections. Absolument pas. Donc le mandat n’a pas changé de ce côté-là. Les seules autorités compétentes pour communiquer les résultats des élections, sont le Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation pour les résultats provisoires et la Cour constitutionnelle pour les résultats définitifs. La MINUSMA n’a pas mandat à communiquer ou compter des résultats.

Pour le dispositif sécuritaire, c’est le même. Comme M. Koulibaly vient de l’indiquer, la Police et la Force de la MINUSMA sont en appui, à la demande des autorités maliennes qui dirigent le plan de sécurité des élections.

Aboubacar Koulibaly

Est-ce que le PNUD a financé la seule femme candidate ? Non. Quand on apporte un soutien, on apporte à un groupe. Donc l’appui s’est limité à mobiliser les femmes. Aux élections législatives, ce serait un peu plus orienté vers à susciter des candidatures donc travailler avec les partis politique pour que les questions de quotas soient respectées. Donc nous faisons du plaidoyer politique pour que les femmes jouent un rôle plus déterminant dans le processus politique. Il y a effectivement un code de bonne conduite qui a été élaboré mais pas avec l’appui du PNUD. C’est le NDI sur financement de l’USAID et la signature des candidats était à l’hôtel Radisson.

Quel rôle pour le PNUD avec les tensions si je résume bien des 18 candidats ? C’est un rôle de plaidoyer mais qui se fait à travers le Représentant du Secrétaire général. Si vous avez bien lu le mandat de la mission donné par le Conseil de Sécurité, il est demandé au Représentant spécial au nom des Nations Unies et de la communauté internationale de jouer ses bons offices. Et je pense qu’il l’a fait de la plus belle manière en associant des ambassadeurs des membres du Conseil de Sécurité qui sont au Mali. Toutes les actions qui ont été menées par les Nations Unies l’ont été de manière transparente à destination de l’ensemble des candidats pour créer un environnement apaisé pour ce processus électoral. Ces bons offices continuent jusqu’à la fin du processus électoral. Le PNUD dans l’arrangement des rôles, joue un rôle purement technique, pas politique dans le processus électoral.

Daouda Yari, la radio Voix des jeunes

En cas de crise post-électorale, qu’on ne souhaite pas d’ailleurs, est ce que la MINUSMA a un plan d’urgence ?

Myriam Dessables

Je vais rester à la première partie de votre question. On ne le souhaite vraiment pas.

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