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Les créances accrochées sont concentrées en Tunisie dans le secteur des services, et principalement dans le tourisme et le commerce de détail. Le risque lié au crédit bancaire restera élevé, bien que se stabilisant, en 2018“, souligne l’Agence de notation, Moody’s, dans son rapport sur le système bancaire en Tunisie qu’elle vient de publier.

Et de prévoir “que les créances improductives représenteront environ 15% des prêts en 2018, contre 15,6% à la fin de 2016, en raison de la mise en œuvre des nouvelles règles d’amortissement et la croissance élevée des prêts“.

Pour l’agence, “la croissance des prêts reste menacée, si les pressions inflationnistes augmentent et si les autorités décident de resserrer la politique monétaire, soit au moyen de taux directeurs, soit en réduisant l’accès au financement de la banque centrale de Tunisie (BCT)“.

La BCT en surchauffe !

Elle souligne que la dépendance vis-à-vis du financement de la BCT augmente (8,4% du financement total). Les prêts progressent plus rapidement que les dépôts, les déficits commerciaux persistants et l’augmentation des émissions de dette publique ces dernières années ont alimenté les problèmes de liquidité dans l’économie tunisienne, un défi qui devrait se poursuivre en 2018.

Pour 2018, l’agence de rating prévoit “une croissance des crédits d’environ 8% à 10%, contre 15% en 2017, légèrement supérieure à la croissance du PIB nominal. Cette croissance a été principalement soutenue ces dernières années par des prêts personnels et des facilités de fonds de roulement pour les entreprises“.

Les besoins de financement ont augmenté au cours des dernières années en raison de la baisse de l’épargne intérieure, à environ 57% des dépenses nationales en capital en 2017, contre 70% en 2014 et de la faiblesse des flux d’IDE, bien inférieurs aux niveaux d’avant 2011.

Toutefois, Moody’s estime que la reprise de l’activité économique permettra de financer davantage les dépenses du gouvernement, mais que l’accès au financement reste difficile étant donné que le système bancaire est relativement fragmenté.

L’agence se montre néanmoins optimiste : “nous nous attendons à des améliorations d’un certain nombre de réformes planifiées qui soutiendront la croissance du crédit, telles que l’ouverture du premier bureau de crédit, en 2016, en Tunisie, lequel aidera les prêteurs à obtenir des données complètes sur les emprunteurs potentiels“.

A ce niveau, “il faut prévoir d’augmenter le plafond actuel des taux d’intérêt et, plus tard, fixer un seuil en fonction du profil de risque des emprunteurs et renforcer le financement de la microfinance et des PME“, recommande-t-elle.

La réglementation bancaire traine les pieds

Une réglementation faible et une mauvaise gouvernance ont accru les risques du système bancaire tunisien“, souligne Moody’s tout en relevant que “le gouvernement et l’autorité de régulation du système bancaire s’attaquent à ces problèmes“.

Et de rappeler que “la Tunisie accuse un retard par rapport aux pays similaires dans la région, tels que le Maroc et l’Egypte dans l’adoption des normes internationale en matière de capitalisation des banques. Ces dernières continuent de déclarer les ratios de fonds propres en vertu de “Bâle I”, tandis que le régulateur suit un plan quinquennal pour appliquer “Bâle II et III“.

L’Agence estime qu'”une restructuration complète des banques du secteur public sera limitée jusqu’à ce que les problèmes de prêts puissent être considérablement réduits… Les banques publiques devraient être autorisées en 2018 à abandonner les réclamations sur les créances accrochées, à l’instar des banques privées… Les autorités doivent encore trouver une solution pour restructurer complètement les portefeuilles des dettes accrochées, qui représentaient environ 22% du total des prêts des banques publiques en décembre 2016, contre environ 10% pour les banques du secteur privé“.

Les banques publiques doivent se couper un bras

Selon Moody’s, “les créances improductives continueraient de baisser légèrement en 2018, principalement en raison de la croissance soutenue des prêts reflétant la reprise économique et en cas d’alignement des politiques d’abandon des créances entre les banques publiques et privées“.
Et de préciser que “cette amélioration sera concrétisera en partie, si les autorités cessent leur politique conciliante concernant les créances accrochées du tourisme“.

L’Agence de notation indique que “les autorités tunisiennes ont abandonné leurs projets de création d’une société de gestion de la dette douteuse. Pourtant, une telle mesure aurait eu un impact positif immédiat sur les risque liés à la gestion des actifs des banques, bien que cela puisse aussi s’avérer coûteux pour les finances publiques“.

Les banques tunisiennes dans la cour des petits

Les banques tunisiennes sont modérément rentables, relève Moody’s, avec un rendement estimé des actifs d’environ 1% et un retour sur les capitaux propres de 11% en 2017, globalement stable depuis 2014.

Les dépôts sont la principale source de financement des banques tunisiennes, représentant 66% du financement non participatif en Novembre 2017.

Les dépôts sont bien diversifiés dans le commerce de détail (53%), les entreprises (24%), l’institutionnel (10%) et les clients non résidents (13%). Les comptes courants contribuent à hauteur de 40% des dépôts, les comptes d’épargne à 30%, les dépôts à terme à 24% et les certificats de dépôt à 6%.
Nous prévoyons une croissance annuelle des dépôts d’environ 10% 2017 (+ 8,6% en 2016 et + 4,6% en 2015), en-dessous de la hausse de 15% des prêts sur la même période“.

Les prêts nets étaient égaux à 122% des dépôts au Novembre 2017 (99% en 2009), d’où une comparaison négative avec les pays similaires de la région MENA. Nous nous attendons à voir les prêts continuer à croître plus rapidement que les dépôts et les besoins de financement des banques rester élevés“, fait savoir l’Agence de notation.

Des difficultés de liquidité croissantes

Les banques nationales ont un accès limité aux marchés internationaux des capitaux et leur recours à la banque centrale a augmenté à cause de leurs besoins de financement croissants, une situation qui ne changera pas à court terme, relève Moody’s qui indique que “le déficit de liquidité du système bancaire a entraîné une hausse des taux du marché monétaire“.

Le recours au financement de la BCT s’est élevé à environ 7,6% du total financement en 2017 contre 5,7% en décembre 2016. Les besoins de financement des banques ont atteint le niveau historique de 11 milliards de dinars en janvier 2018, contre 7 milliards de dinars un an plus tôt, en partie tirés par les besoins en devises dans le contexte d’un déficit du compte courant en hausse et de l’émission des emprunts publics (12,5 milliards de dinars en janvier 2018, contre 11,6 milliards un an, auparavant.
Bien que la BCT ait plafonné son intervention dans le marché monétaire intérieur à 7 milliards de dinars, elle a augmenté d’autres formes d’intervention au moyen de swaps de devises à trois mois nouvellement créés et prêts au jour le jour aux banques.

“Nous prévoyons que le gouvernement soutiendra de grandes banques nationales, au besoin, jusqu’à ce qu’un mécanisme de résolution crédible soit mis en place. Cependant, des contraintes budgétaires croissantes pourraient l’amener à devenir plus sélectif dans son soutien aux petites banques“, affirme l”agence de rating.

Et de souligner que “la récente loi bancaire (…) fournit un certain nombre d’outils permettant à la banque centrale d’intervenir rapidement et de manière décisive lorsque les banques sont en difficulté“.

TAP

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A sign for Moody's rating agency stands in front of the company headquarters in New York, September 18, 2012. AFP PHOTO/Emmanuel Dunand

Mauvaise nouvelle pour le Gabon et la République du Congo, qui viennent de voir leurs notes souveraines chuter d’un cran. La sanction est venue de l’agence de notation américaine Moody’s. Le Gabon s’est retrouvé avec un “B1” et la République du Congo un “B2”. C’est la deuxième punition pour le Congo-Brazzaville en deux mois, un fait rarissime. Le pays paie ainsi le prix de la dégradation des comptes publics et une trop grande sollicitation des caisses de l’Etat.

Moody’s avait annoncé la couleur dès mars dernier, en mettant sur le grill les notes de long terme du Gabon et du Congo-Brazzaville, deux pays d’Afrique centrale qui produisent du pétrole. Le Gabon a perdu la note « Ba3 » de sa dette souveraine, et passe ainsi de l’échelon des obligations dénommées « non-investment grade speculative » à celui, qualifié de plus périlleux, des obligations hautement spéculatives (« highly speculative »). Dans son document, Moody’s, et ce n’est pas une surprise, pointe du doigt la « détérioration des finances publiques », du fait de la fonte des prix du pétrole, d’où le Gabon tire un tiers de ses revenus publics consolidés et deux tiers de ses exportations.

De grosses dépenses alors qu’il n’y a pas de recettes

Selon Moody’s, les revenus du Gabon en part du PIB ont reculé de 4,5 points entre 2013 et 2015. Le rapport dit que le gouvernement fait ce qu’il peut pour limiter l’impact de la rupture des équilibres financiers, notamment en freinant les dépenses publiques – par exemple la réduction ds subventions -, mais rien n’y fait. Les prévisions situent même le déficit fiscal à 6% du PIB en 2016, contre 5% en 2015 et 1% en 2014. Alors que de l’autre côté les besoins en liquidité du pays – par des mécanismes de prêt – ont monté jusqu’à 10% du PIB en 2015. Cette barre, trop haute, ne devrait pas être abaissée jusqu’en 2017. Et qui dit hausse des emprunts dit augmentation de la pression des intérêts sur les caisses publiques. Moody’s évalue la part des intérêts de la dette à 11% en 2015, plus que le double en 2014 (5%), une très mauvaise affaire pour la confiance des investisseurs et des bailleurs…

Quant au Congo-Brazzaville, Moody’s lui reproche dans son rapport une sérieuse dégradation des comptes publics, lesquels pourraient encore « se détériorer substantiellement en 2015-2016 dans un contexte de choc des prix pétroliers et en raison des capacités limitées [de réaliser] un ajustement fiscal à la mesure du choc ». Début mars 2016, le pays avait déjà perdu son « Ba3 » pour se retrouver avec un « B1 ». Avec son « B2 », il ne lui reste que deux échelons avant la catégorie « C », qui a la particularité d’être le club des pays dont les obligations présentent des « risques substantiels ».

Pire encore : Moody’s table sur un épuisement total des réserves fiscales du Congo-Brazzaville à la fin 2017. Faute de liquidités, le gouvernement a tapé dans ses réserves pour faire face à ses dépenses. Si la tendance n’est pas inversée assez rapidement, l’agence de notation prédit un assèchement des réserves fiscales du Congo-Brazzaville d’ici la fin 2017. L’agence américaine est confortée dans sa prédiction par la fonte des recettes publiques, qui ont chuté de 48% en 2015, par l’envolée des besoins de financements du gouvernement, qui sont montés à 23 % du PIB, malgré des mesures fortes de réduction des dépenses en capital (-52 %).

Le Congo-Brazzaville n’a pas pu compresser ses besoins de financements, ce qui a eu pour effet de creuser le déficit public, qui s’est établi à 16 % du PIB en 2016. La dette du pays a connu le mouvement inverse. Elle était d’à peine 21 % du PIB en 2013, et devrait atteindre 54 % en 2016.

Enfin, pour boucler ce sombre tableau, Moody’s accompagne les notes des deux nations de perspectives négatives. Mais l’agence précise que s’il y a une embellie au niveau des indicateurs fiscaux et des sources de financement externes, elle pourrait réviser ses conclusions sur les perspectives des deux pays.

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