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Quelle que soit la période, les relations «Gouvernements-UGTT» ont été toujours émaillées de dissensions et parfois même de confrontations. Tantôt partenaires, tantôt frères ennemis et parfois mêmes forces contraires, la période 2011-2018 n’a pas dérogé à cette règle. A partir de 2013, le rôle de l’UGTT a cependant dépassé le simple cadre syndical, pour faire de la centrale syndicale une vraie force politique et un élément, important sinon décisif, sur l’échiquier politique et social. La «mayonnaise lui est tellement monté à la tête», qu’elle s’est octroyée un droit de regard de fait sur la politique économique, macro et micro, et même sur la politique en général. L’organisation syndicale tunisienne ne recule désormais devant rien, même à demander la tête de tel ou tel responsable, aussi ministre de la République soit-il ou même chef de gouvernement.

  • Un témoignage-maison

L’UGTT, c’est l’unique organisation syndicale ouvrière aux 500 mille adhérents avec un budget de plus de 14,644 MDT. Héritière du syndicalisme nationaliste de Farhat Hached qui n’a plus cours chez elle depuis quelques années, unique partenaire social du gouvernement, malgré l’existence de 3 autres organisations syndicales, elle use et abuse du droit de grève, inclus dans la Constitution et non balisé par une loi.

Pour ceux qui se demanderaient qui est cette organisation syndicale, plus forte même que la polonaise Solidarnosc, qui dérange et qui intéresse désormais tous ceux, même à l’étranger, attentifs à la réussite de la transition, tant politique qu’économique, de l’unique révolution du monde arabe, il faut lire des deux faces de la page.

«Coup Pour Coup 31» qui se définit comme «collectif anti-impérialiste», écrivait en 2009 sous la plume du militant communiste tunisien Tahar Moez que, «les membres du bureau exécutif [Ndlr : de l’UGTT] viennent souvent du secteur public. Ils étaient fonctionnaires, cadres ou agents de maîtrise, techniciens supérieurs… Ils ont des avantages matériels et financiers, non négligeables (…), ils ont droit à d’énormes facilités pour acquérir des logements dans des quartiers résidentiels, huppés. Chaque membre dispose de deux voitures avec chauffeur, des avancements dans leur métier d’origine (ou ailleurs) les assimilant à des cadres de direction. Ils voyagent beaucoup à l’étranger et ont des frais gonflés et un argent de poche quotidien supérieur à un SMIC mensuel tunisien. Ils distribuent les détachements et les promotions à leurs proches, sur le plan familial, régional ou politique… Ils ont droit à des emprunts (que personne ne rembourse) d’un montant supérieur à 300 fois le salaire minimum mensuel (…). Certains sont permanents depuis des dizaines d’années et n’ont ni l’envie, ni la disponibilité (physique et psychique) de reprendre le travail… Ils se sont éloignés du monde du travail et du salariat. Ils ont d’autres projets personnels… Ceux qui ne sont pas réélus sont casés dans des structures consultatives ou des commissions… ». Fin de citation !

  • Les éléments à charge de «The Economist » et de «Crisis Group»

Le fait est que l’UGTT demande le départ d’un chef de gouvernement, pourtant chargé par le pacte de «Carthage 1» qui regroupait dès 2013 toutes les forces du pays, de mettre en œuvre les grandes réformes économiques et financières pour sortir le pays de la crise. Des réformes que «l’homme aux lignes rouges», Noureddine Taboubi SG de l’UGTT, refuse.

Le fait est que l’UGTT ne discute que les augmentations salariales, si diverses soient leurs autres formes (crédit d’impôt ou crédit CNSS) ou leur origine (plus-value de travail ou dette étrangère pour l’Etat) et sans vouloir comprendre que, plus la masse salariale augmente, plus le pouvoir d’achat est gonflé artificiellement, et plus les prix augmentent plus l’inflation plafonne. Une masse salariale, outrageusement gonflée, qui étonne tous les économistes internationaux, sauf ceux de l’UGTT qui s’opposent à la restructuration des entreprises publiques fortement déficitaires et à la fonction publique, tout aussi outrageusement gonflée et dont le ratio dépasse même ceux de pays développés.

Lorsque l’influent hebdomadaire britannique «The Economist» avait écrit, en décembre 2017, que «Les syndicats tunisiens lauréats du prix Nobel tirent le pays vers l’arrière» et l’accusait d’être «un empêcheur de tourner en rond», le SG de l’UGTT avait accusé un des conseillers du chef du gouvernement d’être le véritable auteur de l’article. «Crisis Group» s’y met aussi. Ce think tank de renommée internationale aurait-il eu, lui aussi, recours à un «nègre» ?

Confirmant le jugement de «The Economist», CG affirme dans sa dernière livraison que, «nombre de diplomates étrangers et d’experts d’organisations internationales considèrent l’UGTT comme la principale responsable du blocage des réformes économiques, de la fragmentation de la chaîne de commandement au sein de l’administration publique et de l’explosion des revendications salariales corporatistes, lesquelles, généralement satisfaites, grèvent le budget de l’Etat».

C’est l’une des conclusions du tout dernier rapport du think tank international «Crisis Group» qui constate aussi que «l’UGTT s’estime injustement mise au banc des accusés de la communauté internationale, alors qu’elle dispose d’un droit de regard sur la stratégie gouvernementale en tant que membre du pacte de Carthage».

Depuis quelques jours, la centrale est entrée, semble-t-il selon des sources syndicales dans le secteur des transports qui ont requis l’anonymat, dans une phase de préparation de la relève. Grèves et préavis de grève font de nouveau florès et menacent des secteurs et des entreprises publiques. Et l’UGTT ne se dispense pas de vouloir remettre sous stress d’instabilité politique. L’UGTT est et restera un composant essentiel du paysage social. Encore faudrait-il, à notre humble avis, qu’elle se recentre sur son main-business, qu’elle se restructure en une véritable force pour la reconstruction économique du pays.

  • L’UGTT, ça a aussi du bon !

Mais on ne trouve pas que The Economist et CG qui parlent du rôle, qui devient ainsi problématique, de l’UGTT. Dans une récente analyse de la situation en Tunisie, «Global Risk Insights» (GRI) qui est un des leaders mondiaux en matière d’analyse du risque politique, a écrit sous le titre «Tunisia New modus operandi» que «l’UGTT peut exercer une influence considérable grâce à sa taille d’environ 56 000 membres dans un pays de 11 millions d’habitants ».

Et tout en mettant en exergue sa dérive, en indiquant que «elle a occasionnellement menacé le gouvernement tunisien de grèves du secteur public ou général si ses revendications n’étaient pas satisfaites», GRI positive et indique que « si l’influence de l’UGTT sur la prise de décision politique ralentit le processus de réforme économique, elle garantit que les réformes incluent des politiques de protection sociale et de protection des travailleurs (…). Les exigences élevées de l’UGTT pourraient aider à compenser les coûts sociaux des réformes auxquelles beaucoup d’autres pays ont été confrontés lorsqu’ils ont suivi le consensus de Washington ».

Et GRI de citer les exemples de la Thaïlande, du Mexique et de la Grèce dont il dit qu’ils ont «suivi les recommandations néolibérales et ouvert leurs marchés, réduit brutalement les services publics et accueilli les investisseurs étrangers. En conséquence, les capitaux étrangers ont afflué tôt ou tard dans leurs pays et ont rétabli la croissance économique. Néanmoins, cette croissance n’a pas nécessairement contribué au niveau de vie des gens ordinaires et les inégalités se sont accentuées. En plus de favoriser une croissance économique inclusive, l’UGTT fait office de force stabilisatrice. Si, par exemple, le parti islamiste Ennahdha remporte les prochaines élections avec la majorité nécessaire pour gouverner, l’UGTT risque de ralentir toute forme d’islamisation de la politique tunisienne et peut même intervenir pour faciliter un dialogue national comme par le passé».

En synthèse, on pourrait dire et l’UGTT devrait le savoir, que «le syndicalisme, c’est bien ; en abuser, ça craint». Cela est aussi valable pour toutes les lignes rouges qu’a fixées la centrale syndicale autour de toute l’économie. On pourrait aussi recommander à cette même UGTT de changer son propre modus operandi en matière de communication et de jouer son véritable rôle de partenaire économique et social et surtout de stabilisateur et non déstabilisateur de toute la scène économique.

  • Après les acerbes critiques de TE et CG, voici les conseils du GRI à l’UGTT

Taboubi est ainsi, même à travers cette dernière publication de GRI, appelé à mettre de l’eau dans son vin et une sourdine à ses vociférations contre tous ceux qui penseraient à changer quelque chose, sauf dans les salaires. Tout comme le FMI, GRI le dit aussi. «Une nouvelle augmentation des salaires publics constitue une forte hémorragie des finances publiques. L’économie de la Tunisie souffre d’un secteur public gonflé qui non seulement fonctionne de manière inefficace et entrave les investissements, mais consomme également de grandes quantités de ressources ».

Et la même source, certes plus clémente à l’égard de la Centrale syndicale ouvrière, estime tout de même que «demander à un chef de gouvernement de démissionner en échange d’augmentations de salaires était probablement un test pour améliorer son jeu. Lors du prochain round de négociations, qui devrait avoir lieu après la prochaine élection présidentielle en décembre 2019, on peut s’attendre à ce que l’UGTT fasse monter ses exigences. Après tout, ils n’ont pas beaucoup à perdre en tant qu’organe non élu représentant les intérêts sociaux tangibles de millions de Tunisiens».

Noureddine Taboubi devrait ainsi lire, au moins et après traduction, cette remarque du GRI qui dit que  «la Tunisie n’est pas à même de mettre en œuvre un programme néolibéral axé sur l’austérité, ni de refuser les recommandations du FMI et suivre le modèle de reprise du Portugal ou de l’Espagne». Encore faudrait-il qu’elle arrête les grèves et change son discours pour appeler ses ouailles au travail et les rappeler à l’impératif de la production, avant le droit aux augmentations.

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Illustre inconnu politique avant la révolution de 2011, Youssef Chahed était pourtant l’un des membres fondateurs, en avril 2012, du parti Al Joumhouri dont il ne gardera qu’Iyed Dahmani. Il adhère ensuite à Nidaa Tounes, en tant que membre du bureau exécutif et n’y sera jamais le bienvenu depuis le congrès de Sousse.

Le 6 février 2015, il est nommé secrétaire d’État chargé de la Pêche, dans le gouvernement Essid. Presqu’une année après, à la faveur d’un remaniement du même gouvernement, il devient en janvier 2016, ministre des Affaires locales. A ce poste et bien avant les élections municipales, il présentait déjà un projet de généralisation des municipalités, qui prévoyait la création de 61 nouvelles municipalités.

Le 1er août, il est proposé par le président Béji Caïd Essebssi pour succéder à Habib Essid à la tête d’un gouvernement d’union nationale. Vingt jours plus tard, il forme son gouvernement et le 26 août au soir, l’ARP lui accorde sa confiance avec 167 voix pour, 22 contre et cinq abstentions, sur 194 députés présents, devenant ainsi le plus jeune chef de gouvernement de l’histoire moderne de la Tunisie. Une sorte de Trudeau à la tunisienne, estimait-on alors, avant que ses ennemis ne commencent à avoir peur qu’il ne se prenne carrément pour un Macron. A la fin de sa dernière visite en Tunisie, ce dernier lui aurait tapoté sur l’épaule en lui glissant un «je veux que tu réussisses». Il n’y aurait manifestement pas que Chahed qui ait entendu ces mots.

En août 2017 déjà, lors d’une émission télévisée, le président du parti islamiste tunisien Rached Ghannouchi annonce qu’il ne souhaite pas que Chahed se porte candidat à l’élection présidentielle de 2019. La peur d’un Chahed président n’est cependant pas uniquement celle d’Ennahdha. Nida Tounes et son secrétaire exécutif et fils de son fondateur, l’ont aussi.

  • Chahed et l’amer apprentissage de la politique

Août 2016, c’était en fait un chef de gouvernement, presque néophyte en politique, qui prenait alors les rênes d’un pays devenu pratiquement ingouvernable, dans un système de gouvernance où personne n’avait toutes latitudes de gouverner et tout le monde pouvait aussi le faire. Le tout, dans une sorte de «je te tiens par la barbichette…», entre un chef d’Etat aux pouvoirs constitutionnellement limités, un chef de gouvernement balisé et bridé par le document de Carthage 1, et une ARP qui considère le chef de gouvernement comme son supplétif de service. Une ARP capable de passer à la casse des projets de loi pour des crédits BAD (190 MDT remboursables sur 19 ans dont 7 années de grâce et un taux d’intérêt des plus faibles), ou d’en reporter un autre (71 M€ pour le projet de la Tunisie Numérique), car présentés par des ministres d’Ennahdha.

Poussé, comme un apprenti nageur dans la mer houleuse des 290 partis politiques, Youssef Chahed avait passé sa première année à essayer d’éviter les écueils de chacun, à gérer les crises et les crisettes, d’El Kamour à Kerkennah, entre celles provoquées par les déboutés des législatives de 2014 et celles des partis amis et alliés et entre sociales et politico-sociales.

Entouré de Conseillers qui sont loin de faire l’unanimité ou même simplement d’être aimés ou même encore d’avoir les compétences politiques et politiciennes, Chahed ne réussissait pas toujours à devenir le maître-nageur qu’il lui fallait être pour accomplir son mandat de chef de gouvernement. Et vogue la galère !

C’est alors que commencent les pressions, notamment sur le chef de l’Etat pour se débarrasser d’un chef de gouvernement qui comprenait finalement que la politique du consensus, prônée par le chef de l’Etat et le chef du parti islamiste, et la forte mainmise de la puissante centrale syndicale sur le document de Carthage, ne laisseront jamais se mettre en place les réformes, économiques et financières devenues nécessaire dans un pays dont les ressources propres rétrécissent comme une peau de chagrin.

Un Chahed, sans appui politique de la part du groupe parlementaire de son propre parti qui était fissuré entre anti et pro Hafedh Caïed Essebssi. Un chef de gouvernement qui s’était alors essayé à l’appui sur le principal partenaire social qu’est l’UGTT jusqu’à découvrir que les habitant de la place mohamed Ali (siège de l’UGTT) ne défendent que le droit à de nouvelles augmentations salariales. Et un Chahed qui finit par faire copain-copain avec Ennahdha malgré ses desseins socio-politiques dont il est conscient. On suppose qu’il avait alors finit par comprendre que la vraie crise en Tunisie est politique, son point focal était Nida Tounes qui se prépare à une passation.

Les pressions pour déloger Youssef Chahed de La Kasbah, deviennent plus lancinantes, lorsqu’il entreprend, pour les besoins de ces réformes, de tenir tête à une Centrale syndicale devenue véritable Etat dans l’Etat. Faisant preuve d’une résilience inattendue, tant de l’UGTT que de son propre parti politique qui lui en voulait d’une mauvaise distribution, selon Nidaa Tounes, des sièges dans le gouvernement et dans tout l’appareil de l’Etat. Une résilience qu’il puise, d’abord dans le contact direct avec une population avide de solutions pratiques pour ses problèmes personnels et qui se rendait de plus en plus compte que ce n’est pas Béji Caïed Essebssi qui gouverne, mais réellement le chef du gouvernement.

Une résilience qu’il renforce, lorsqu’en mai 2017, il donne le coup d’envoi d’une grande opération anti-corruption en débutant avec l’arrestation de Chafik Jarraya suivie de celles de plusieurs autres hommes d’affaires tels que Yassine Channoufi et autres. Cette initiative, préparée dans le secret depuis plusieurs mois, provoque une vague de soutien public et d’opinions favorables de la part des Tunisiens. L’idée de Youssef Chahed et de son entourage, était en fait d’arriver à se confectionner, à défaut d’appuis politiques, une ceinture de sécurité populaire qui le rendrait, même temporairement, indéboulonnable et au moins victime de la lutte anticorruption, si son mentor se décidait malgré tout à le chasser de la Kasbah.

Entretemps, les couloirs bruissent de plus en plus des relents, inodores, incolores et invisibles dans les vidéos de leurs rencontres, de relations tendues entre un chef de l’Etat soudé à sa famille et un chef du gouvernement tancé par ses adversaires de tous bords. Fortement irrité, comme lors des fuites de réunions de Nida où il était vilipendé en présence du secrétaire exécutif de son propre parti, Youssef Chahed commençait à se méfier de ses «amis» jusqu’à découvrir que ces «amis» avaient même pénétré certains cercles de pouvoir et arrivaient, selon nos sources, à prendre connaissance de certaines informations confidentielles dites dans des réunions à portes closes. L’homme apprenait assez vite et commençait à réagir, mais résistait.

  • La tentative de «coup d’Etat» politique au sérail BCE et la réplique 

Ses détracteurs passent alors au «Plan B». Naissance est ainsi donnée, au «Document de Carthage 2». Ce dernier devait dessiner une nouvelle feuille de route, économique et politique. Sur les 96 points dudit Document, les parties prenantes buttent sur le 64ème, un point relatif à la gouvernance de cette nouvelle feuille de route et où la tête de Youssef Chahed était demandée sans détour. Les premiers à la revendiquer sont l’UGTT et le Nida Tounes du fils du chef de l’Etat Hafedh Caïed Essebssi. Ce dernier poussera le bouchon jusqu’à le revendiquer dans deux Posts sur sa page fb.

Désormais assez bien formé par la pratique quotidienne du pouvoir où il passait plus de temps à parer aux coups qu’à travailler, selon nos sources, il aurait manifestement décidé de défendre ses chances. Youssef Chahed se refuse ainsi à faire le Jésus et sort le 29 mai 2018 sur les écrans pour accuser le fils du président d’avoir détruit Nida et d’être la cause principale de la crise politique en Tunisie. La guerre est ainsi déclarée entre les deux hommes, même si, aguerri et encouragé par le sentiment général qu’il n’a fait que dire tout haut ce que toute la Tunisie pensait tout bas, il entame ensuite de retourner Nida Tounes contre son destructeur. Il commence ainsi par réunir à Dar Dhiafa, le 13 juin 2018, un certain nombre de députés de Nida, dont le chef du groupe parlementaire Soufiene Toubel. Il finira par les retourner, lorsque ce même groupe se réunit en bureau politique, et publie un communiqué de presse en date du 11 juillet 2018, où il se proclame comité exécutif seul responsable de la direction du parti. Exit ainsi, selon le même communiqué, Hafedh Caïed Essebssi. On devra attendre le congrès de Nida Tounes, prévu pour le 29 septembre 2018, pour voir si le «coup d’Etat politique» de Youssef Chahed a réussi. S’il va l’être , Chahed assurera ainsi le retour entre ses mains du parti et s’assurera l’appui inconditionnel au gouvernement du bloc parlementaire de nida Tounes. Entretemps, l’apprenti politicien qu’il était en 2016, sera devenu Maître de son domaine et pourrait ainsi s’assurer l’appui nécessaire à son programme économique et financier.

Tenant toujours bon, il préparerait la réplique qui prendrait la forme d’un remaniement qui pourrait apaiser certains de ses adversaires et lui donner le temps de terminer les réformes économiques qui donneraient une bouffée d’air frais à ses soutiens. Ce remaniement, selon nos sources, devrait d’abord concerner son propre cabinet d’où certains postes devraient disparaître, en plus de la disparition des postes de secrétaires d’Etat, et restructurerait le gouvernement sous forme de pôles, éco-financier et social notamment.

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L’Aleca que discutent actuellement la Tunisie et l’Union Européenne, signifie «Accord de Libre Échange Complet et Approfondi». Une appellation pompeuse et quelque peu hypocrite aussi, le mot approfondi n’ayant pas la même profondeur d’une rive à l’autre de «Mare Nostrum».

Nul doute que la Tunisie y gagnera beaucoup par le cadre de coopération à mettre en place pour une meilleure intégration économique de la Tunisie dans l’espace économique européen, notamment par un accès plus facile de ses produits à un marché de 500 millions d’habitants.

L’accord couvrira 11 domaines qui feront certainement du bien à l’économie tunisienne. Il s’agit de l’établissement et la protection des investissements, du commerce des produits agricoles, des produits agricoles transformés et des produits de la pêche, des marchés publics, des mesures sanitaires et phytosanitaires, de la transparence des réglementations, de la politique de concurrence, des obstacles techniques au commerce la propriété intellectuelle, des mesures anti-dumping et compensatoires, du développement durable et des aspects liés au commerce de l’énergie.

Le même accord comporte aussi et surtout, le commerce des services, un secteur qui fera de tout l’accord sur les 11 autres secteurs, un véritable marché de dupes. Décryptage :

  • Economiquement, c’est bon… mais avec des réserves !

Signalons, d’abord, que l’INS (Institut national de la statistique) a révélé dans sa note sur l’enquête nationale de l’emploi 2017, publiée le 15 août dernier, que le secteur des services inclut l’éducation, la santé et l’administration. Il emploie le plus de Tunisiens, avec un pourcentage de 51,66%. Sa part dans le PIB est de 55,1 %. C’est dire l’importance de ce secteur, proposé à la libéralisation complète dans l’Aleca.

Les services, c’est aussi le tourisme où les marques étrangères sont déjà légion et prennent la majorité de l’activité hôtelière, les banques et les assurances où les enseignes étrangères sont visibles, le commerce de distribution où la présence étrangère est sous forme de franchise car conditionnée, pour les étrangers, par l’obtention de la carte de commerçant. Mais aussi, toutes les activités de transport, aérien avec une petite participation d’Air France dans le capital de Tunisair, maritime, routier et ferroviaire. Mais encore la restauration, depuis quelques années, envahie par les franchises de toutes sortes et notamment dans le Fastfood et même dans la promotion immobilière. Une étude faite, en 2014, par «l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives», conclut certes aux bienfaits de cette ouverture du secteur des services aux étrangers, mais avec beaucoup de nuances.

Toutes, des activités non encore mises à jour et aux normes internationales pour pouvoir supporter la concurrence d’une présence étrangère débridée, pourraient pâtir de cette ouverture s’il n’y avait pas, auparavant, un financement massif de la part de l’Union Européenne, de cette mise à niveau.

  • Voici le marché de dupes !

Restera alors l’épineuse question de la mobilité. Une question demeure cependant tabou chez les Européens, celle de la mobilité des personnes, qui doit impérativement accompagner la libéralisation de l’investissement dans les services. Cité par Jeune Afrique dans sa version électronique en date du 29 novembre 2016, «Antonio Tajani, président du Parlement Européen, précise qu’il souhaite que la question des visas fasse l’objet d’un traitement hors Aleca».

Les discussions entre Tunisiens et Européens passent jusqu’ici tous les aspects de l’Aleca, sauf celle de la mobilité, pourtant clé de voûte de tout partenariat équitable. On imagine néanmoins mal en Tunisie qu’un investisseur français passe les frontières tunisiennes sur simple présentation de sa carte d’identité, alors qu’un investisseur tunisien soit encore astreint aux draconiennes conditions d’un visa qui peut lui être refusé sans aucune explication et par une interface qui n’a rien à voir avec l’Ambassade, la société TLS. On ne comprend pas non plus que le consulat français puisse conclure un accord préférentiel, en matière de visa, avec les avocats et non avec les deux patronats, l’organisation des jeunes dirigeants, pour permettre à tous ceux, parmi les Tunisiens, qui voudraient s’adonner à activité de service en France comme il est déjà permis pour les Français en Tunisie.

  • Le contrat léonin pour les étudiants en recherche de stages !

Se présentant comme ami de la Tunisie où il se balade plus libre qu’un ambassadeur tunisien en France, l’Ambassadeur de France élude la question et dit à Jeune Afrique que «les visas ? Nous avons enregistré 150 000 demandes. Seulement 10 % ont été rejetées en 2016». On lui rappelle, de notre côté, que le visa, même pour un homme d’affaires dont l’organisation patronale bénéficie de quelques légers assouplissements, mais qui restent négligeables par rapport au dernier accord de l’Ambassade de France avec les avocats, n’est pas de tout repos. Un accord, par ailleurs, manifestement discriminatoire .

L’ambassadeur de l’Union Européenne à Tunis, Patrice Bergamini, que cite encore Jeune Afrique, lorsqu’il parle des 1500 bourses d’Erasmus, devrait aussi se déplacer à TLS pour voir le calvaire des Tunisiens et écouter les souffrances des étudiants pour un simple visa de stage dans un établissement privé en France et même pour un simple visa de touriste, pour lequel même un extrait bancaire des deux parents est exigé ! On en demanderait presque l’établissement des visas pour les Français pour qu’ils goûtent au même calvaire que les Tunisiens !

Et c’est en cela que l’Aleca reste jusqu’à présent un véritable marché de dupes, une opération où les Européens ont tous les droits et les Tunisiens, le seul droit de quémander un visa, avec la tonne de paperasses, le coût financier et les conditions avilissantes, s’il veut un jour ouvrir un restaurant tunisien à Paris, un cabinet conseil à Bordeaux ou une pâtisserie tunisienne à Marseille, comme il le sera permis aux Européens. Un partenariat Tunisie-UE, en somme, aux clauses léonines.

Khaled Boumiza

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L’économie tunisienne est en crise. Tout le monde est d’accord sur cet affligeant constat. Quelques 16 Milliards DT de masse salariale qui représentera 14,7 % du PIB, un endettement qui représentera bientôt plus de 70 % du PIB et qui a engendré cette année un peu plus de 5 Milliards DT de service de la dette et plus de 8 Milliards DT pour l’exercice 2018. En face, ce ne sont que quelques 5 Milliards DT d’investissement et une croissance atone, à chaque fois mise à mal par les mouvements sociaux divers et l’instabilité politique qui deviendrait presque une demande populaire. En sept ans de transition, politique et économique, la Tunisie a connu 8 gouvernements, avec un âge moyen d’une année.

Une croissance aussi du budget de l’Etat qui va, à plus des deux tiers, aux salaires et à la compensation des produits de consommation. Des ressources propres qui s’amenuisent, soit par déni de la fiscalité et parfois refus de la payer comme ce fut le cas de quelques professions libérales, soit par la mauvaise utilisation de ces ressources fiscales, comme cela a été dernièrement le cas en concédant à l’UGTT une énième augmentation salariale sous forme de crédit d’impôt.

Un territoire national poreux où tout le monde, ou presque, fait contrebande de tout. La dernière mode est l’importation des moutons de Libye ou d’ailleurs. On nous raconte même le cas de ce petit homme d’affaire vivant en France qui revient en Tunisie, une fois l’an, faire commerce transfrontalier de moutons pour l’Aïd et rentrer tout de suite avec son pécule.

Des frontières où d’énormes quantités d’or et de devises sont chaque année saisies. Il va sans dire que ce qui est saisi ne représente que très peu dans le volume de ce qui passe à travers les mailles du filet. Des frontières et un arsenal juridique impuissant qui laisse entrer des flux de marchandises écoulées sur un marché parallèle pléthorique et qui devient même une institution dans plus d’une région du pays.

La demande d’argent frais se fait croissante dans les banques qui font toutes des bénéfices toujours en hausse, avec des injections de la BCT qui ont dépassé parfois les 11 Milliards DT, des banques qui s’enrichissent en investissant le refinancement de la BCT dans l’achat des BTA de l’Etat et des entreprises qui se font plein de sous grâce aux placements. Des banques pourtant vouées à toutes les gémonies par toute la classe politique et quelques «analystes économiques» de bas étages.

La Tunisie de l’après révolution, c’est aussi un consommateur qui ne recule plus devant rien, gonflé à bloc par les augmentations salariales et les rappels incessants dans les allocations de retraite, allant jusqu’à s’endetter pour assouvir ses envies consommatrices de tout et de rien. 20,8 Milliards DT, est le volume d’endettement bancaire de 800 mille familles tunisiennes en 2017, avec 854 MDT d’impayés. Le citoyen moyen s’endette, pour faire des voyages organisés, pour aller passer ses vacances d’été en hôtel et même pour acheter le mouton de l’Aïd qu’il considère comme une impérieuse nécessité «pour ses enfants». L’autre jour, un employé d’une recette de finances nous raconte le nombre important de ceux qui viennent réclamer l’attestation d’impôt «Néant». Et lorsqu’on lui demande pour quoi faire, il répond qu’il vient d’acheter une voiture. Va comprendre comment être capable d’acheter une voiture si on n’a pas de revenus, ce qui est le cas lorsque votre feuille d’impôt comporte la mention Néant.

Au Sud tunisien, un banquier nous raconte que «chez vous les piscines sont remplies d’eau. Chez eux, c’est des Dinars qui se comptent au mètre linéaire et des devises, de quoi vous faire le change, immédiatement et où vous voulez qu’il arrive». Au Sud tunisien, les trafiquants se défendent désormais aux armes à feu et ne reculent devant rien, quitte à écraser des agents de la Garde Nationale, pour sauver leurs petits commerces. Petits trafiquants deviendra grand et quitte généralement les sables du désert pour venir habiter au Lac ou dans les quartiers huppés de la capitale, à Ennasser et autres. Sur certaines grosses artères de la capitale, le commerce parallèle des coffres forts est même florissant.

Au Nord, c’est un marché de voiture, toujours florissant et qui s’ouvre sur toutes les marques, des Françaises jusqu’aux Chinoises et aux Coréennes, en passant par les Allemandes et «tutti quanti». Tout ce qui s’importe, légalement ou illégalement, est vite écoulé, des plus grosses cylindrées aux plus petites et même les plus gourmandes en carburants, comme les «Hummer» qu’on croyait disparues avec Imed Trabelsi. On se demande d’où tout ce monde, qui déclare juste ce qu’il faut au Fisc, apporte les centaines de milliers DT pour acheter ces bolides, parfois sur les stands même d’exposition ?

Encore au Nord et même au Sahel et dans les grandes villes, les consommateurs font la queue devant les Super et Hypermarchés, où ils rentrent avec un simple panier et ressortent aux commandes d’un chariot. Les Mall, hauts lieux de toute société de consommation, poussent comme des champignons. Un nouveau sera bientôt d’ailleurs construit à Tunis et un autre à Sousse. Comment tout ce beau monde peut-il tant acheter et crier au scandale à la moindre hausse des prix ou du taux de l’inflation ? A l’esprit nous vient cette anecdote, réelle, d’un citoyen qui s’arrête devant un boucher, demande le prix du kilo, et lorsque le vendeur le lui annonce, il s’écrie au voleur, mais commande tout de suite deux kilos !

Toujours au Nord, les nouveaux immeubles envahissent les terres agricoles, les uns plus «Haut standing» que les autres, à des prix «défiant toute concurrence» en centaines de milliers de Dinars, sans qu’il y ait même le frémissement d’un quelconque crash immobilier ou bulle immobilière. Les promoteurs sont de toutes professions, du ministre au médecin, en passant par l’avocat. Tous font ou financent des projets de promotion immobilière et tout est vendu, parfois par le biais de crédits bancaires pour mieux cacher l’origine des fonds.

Partout les cafés, les Lounges, les Salons de thé et autres commerces de boissons, les gargotes, et autres restaurants sont pleins à craquer, avec des facturettes où l’addition peut remonter à 56 DT pour quelques boissons et gâteaux, toutes aux origines subventionnées et la Chicha parfois même à plus de 40 DT, et même parfois… 2044 DT comme dans cette facturette en photo. Partout les poubelles regorgent de nourritures gaspillées et des camions qui ramassent des tonnes de pain à donner en nourriture au bétail ! La bière est religieusement prohibée, mais ses ventes et sa consommation augmentent d’année en année et à des prix enivrants !

C’est tout cela la Tunisie, endettée jusqu’à la moelle, consommatrice à satiété et qui crie à qui veut l’entendre qu’elle n’a pas d’argent et qu’elle est pauvre sauf de ses ressources humaines qui ne sont même pas contentes de ce qu’elles ont et migrent clandestinement par dizaines. En définitive, disons- le, c’est l’Etat qui est en banqueroute et pas encore le citoyen !

 

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L’éditeur «Targa Consult», vient de publier les performances des banques tunisiennes au 31 décembre 2016. Dans ce tableau, fort édifiant, l’éditeur met en relief le classement des plus importantes banques de la place de Tunis, en matière de PNB (Produit Net Bancaire), d’encours des dépôts ou l’argent déposé par les clients dans les caisses de la banque marocaine de droit tunisien et qui constitue (l’argent) le principal outil de l’établissement, dont l’objet est justement la vente de l’argent. Le tableau établit aussi le classement de chaque banque, en matière de crédit et qui constitue l’argent donné en crédit par la banque pour financer l’économie.

Il est important, d’abord, de constater que c’est la banque privée Biat (Banque Internationale Arabe de Tunisie) qui a enregistré le plus grand PNB de 2016, avec 590 MDT contre 531 MDT en 2015, et donc une évolution de 11 %. C’est aussi la Biat qui a pu engranger le plus important encours de dépôts avec 9,078 Milliards DT à fin 2016, en hausse de 12 % par rapport à 2015. C’est encore cette banque, la Biat, qui a signé le plus important encours de crédit, par l’injection de 7,679 Milliards DT dans l’économie tunisienne en 2016, avec une hausse de 17 % par rapport à 2015.

Juste derrière cette banque privée, celle des frères Mabrouk comme certains l’en accuseraient, c’est la BNA publique (Banque Nationale Agricole) qui se classe 2ème dans les trois ratios et cela, malgré les affres du plan de recapitalisation et de redressement, entamé par le nouveau DG, Habib Ben Haj Gouider. La BNA a ainsi terminé l’exercice 2016 par un PNB de 373 MDT, en hausse de 7 % par rapport aux 348 MDT de 2015, encaissé 6,232 Milliards DT de dépôts, mais donné plus de 7 Milliards DT en financements divers de l’économie. Suivent, dans ce ratio qui donne toute sa valeur à la nomination de banque nationale, la Banque de l’Habitat avec 5,3 Milliards DT, l’Amen Bank avec presque 6 Milliards DT et la STB avec plus de 5,3 Milliards DT d’encours de crédit ou de financement de l’économie tunisienne en 2016.

⦁    Le cas Attijari, 3ème en PNB et 6ème à financer l’économie tunisienne

Un cas attire l’attention dans ce classement. C’est celui d’Attijari Bank qui «se fâche» lorsqu’on dit qu’elle est marocaine en faisant noter qu’elle est de droit tunisien. Cette banque a en effet terminé l’exercice 2016 avec le 3ème meilleur PNB de la place, en hausse même de 15 % et où la 1ère marge sur commission de la place, devant Biat et BNA, des marges en hausse de 28,9 %. Elle est aussi 3ème en matière de dépôts, avec 4,871 Milliards DT engrangés. Des dépôts, certes comme le reste du secteur bancaire, non rémunérés mais objets à commission.

C’est pourtant à la 6ème place qu’on retrouve cette banque, loin derrière les principales banques nationale, lorsqu’il s’agit de financer l’économie tunisienne par les crédits. Son apport à l’économie tunisienne ne faiblit pas, mais reste presque minimal. Elle n’aurait injecté (Ndlr : Sauf autre erreur de Targa qui a effectivement inversé les chiffres de l’encours du crédit) que 4,48 Milliards DT en 2016 dans l’économie du pays où elle exerce. Une année auparavant, en 2015, ce n’était que 3,8 Milliards DT. Il y a certes une hausse de 17 %, mais cette grande banque, internationale et locale il faut le dire, reste quand même au 6ème rang des banques qui financent le plus l’économie tunisienne, avec un encours de crédit, loin, très loin de celui de la Biat (7,6 Milliards DT) ou même de la BNA (7,2 Milliards DT), de la BH (6,2 Milliards DT) ou de la STB (5,5 Milliards DT), toutes banques publiques qui subissent toujours les effets d’une sévère recapitalisation. Un classement donc, celui d’Attijari, qui ne traduit pas ses résultats réelles performances, tant en matière de PNB que de résultat net. Des résultats qui devraient la pousser à participer plus dans l’économie du pays dont elle tire ses ressources.

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La digitalisation des entreprises tunisiennes (intégration des technologies numériques dans l’ensemble des activités de l’entreprise) peut générer à l’horizon 2021, 20, 4 milliards de dinars (MD) et ce montant pourraient atteindre un plafond de 37,9 MD, dans le cas d’une digitalisation totale, selon une étude de l’IACE, rendue publique, à l’occasion de la 31ème édition des journées de l’entreprises, tenue les 9 et 10 décembre, à Sousse.
Cette digitalisation permettra de générer, sur la période 2018 -2021, un taux de croissance annuel moyen de 1, 57 % à 2, 31%, avec un potentiel maximum de 2, 80%, estime l’étude, qui évoque, toutefois, un retard de 25% des entreprises en terme de transformation digitale contre 46% d’entreprises en phase de “développement” et 29% sont “matures”.
Dans le même sens, le TT-IACE Digitalisation Index, produit par l’IACE et parrainé par Tunisie Télécom, partenaire officiel de l’IACE, et qui a touché 1177 consommateurs et 400 entreprises de différents secteurs, confirme que le chemin de la transformation est encore long.
Selon la répartition régionale des entreprises engagées dans le processus de digitalisation, le meilleur score est attribué au gouvernorat de Bizerte, avec 4,6 sur 10, suivi de Mahdia, Sfax et Tunis. En queue de peloton se trouve Tozeur, Tataouine et Sousse.
Les participants à la 31 ème édition des journées de l’entreprise, organisée, sous le thème ” La transformation digitale : Mutation et opportunités “, ont voulu passer le message au gouvernement, au secteur public et particulièrement au secteur privé, pour prendre conscience du rôle de la transformation digitale dans le développement de l’économie du pays.

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Les propositions européennes formulées dans le cadre des négociations sur le futur Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca), sont loin de satisfaire la centrale syndicale, a affirmé Kacem Afaya, secrétaire général adjoint de l’Ugtt chargé des relations internationales, arabes et migation, lors d’un atelier de travail, organisé mercredi à Tunis, sur les résultats préliminaires de l’étude sur ” l’Impact de la libéralisation des services dans le cadre de l’Aleca “.
Invité à prendre part au débat sur l’étude élaborée par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), Afaya, a souligné que ” L’UGTT considère que les propositions européennes ne sont pas adaptées à la réalité des difficultés de l’économie tunisienne et ne prennent pas en compte l’asymétrie de développement entre les deux économies, ce qui engendrera inéluctablement la fragilisation des micro et petites entreprises et la destruction des emplois en sus de l’impact sur le déficit de la balance de paiement ” a-il-précisé.
Et d’expliquer ” à titre d’exemple et concernant le volet investissement, l’offre actuelle stipule que la Tunisie ne peut pas pratiquer de limitations concernant le nombre d’entreprises européennes qui désirent s’implanter sur son territoire, ni même procéder à la limitation de la valeur totale des transactions ou des avoirs. La Tunisie ne pourra pas non plus limiter la participation maximale des capitaux étrangers dans une entreprise. De surcroit, vu le système des échanges, des pressions seront exercées pour que le rapatriement des capitaux soit facilité. De plus, la Tunisie se trouvera dans l’impossibilité d’exiger un transfert technologique ce qui représenterait une véritable menace pour l’emploi en cas de retrait des investissements étrangers. ”
Il a, par ailleurs, critiqué et la démarche et le contenu de l’étude présentée affirmant que “si certains pays utilisent le modèle d’équilibre général pour le calcul des impacts de la libéralisation sur l’activité économique, ces modèles demeurent fortement critiqués par plusieurs économistes en raison de leur aspect statique. Secundo, les données utilisées sont celles de l’année 2010, or la situation de l’économie tunisienne notamment certains services comme le tourisme, a fortement changé, ce qui pourrait à notre avis biaiser les résultats ” a-t-il noté.
A cet effet, le responsable syndicale estime ” nécessaire d’emprunter des voies complémentaires à travers l’utilisation d’autres instruments d’analyse afin de parfaire l’étude d’évaluation de l’impact de la libéralisation des services dans le cadre de l’ALECA “. Il a recommandé à ce titre de ” réaliser des études sur certains secteurs comme par exemple les grandes surfaces, les banques, les assurances, le télécom et l’informatique qui sont déjà engagés dans un processus de libéralisation “.
Dans cet ordre d’idées, l’approche proposée par l’UGTT consiste, selon Afaya, ” à commencer par une évaluation nationale et indépendante de l’accord d’association déjà en vigueur depuis 20 ans, sans oublier l’évaluation du Programme de mise à niveau (PNM) et du programme de modernisation industrielle afin de dégager les points forts et les points faibles de cet accord. L’UGTT estime que cette évaluation est une condition préalable à remplir avant d’engager toute négociation avec l’Union Européenne “, a-t-il encore souligné.
Les résultats préliminaires de l’étude sur ” l’impact de la libéralisation des services dans le cadre de l’Aleca ” ont été présentés mercredi, dans le cadre des préparatifs de la poursuite des négociations sur le futur accord avec l’Union européenne lancées officiellement en ocotobre 2015. L’étude donne un aperçu de la compétitivité externe des services en Tunisie via une description de l’évolution des échanges et des parts de marché de la Tunisie dans les différents secteurs des services et une analyse de la compétitivité en termes de demande adressée.
Elle fournit également, une évaluation de l’impact macroéconomique et sectoriel d’une libéralisation des services dans le cadre de l’Aleca via un modèle d’équilibre général calculable qui permet de déduire les conséquences ex-ante de cet accord sur la valeur ajoutée, l’emploi, les échanges internationaux et le pouvoir d’achat.

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IFC

L’impact du chaos libyen sur l’économie tunisienne on en a une idée très vague, à moins d’être un opérateur directement concerné. Pour la plupart des citoyens, happés par la cadence infernale du quotidien et son lot d’événements, il est difficile d’en mesurer réellement l’ampleur, faute d’indicateurs chiffrés. La Banque centrale tunisienne (BCT) s’est livré à l’exercice. Les données sont contenues dans le dernier rapport remis aux autorités tunisiennes au début de ce mois. Et elles sont édifiantes.

Dans ce document il est dit que « l’enlisement de la crise libyenne » est l’un des quatre éléments majeurs qui ont sapé les fondements de l’économie tunisienne l’an dernier. C’est pas peu comme facteur handicapant. Chedly Ayari, le gouverneur de la BCT, est d’avis que la situation libyenne a plombé l’économie tunisienne au même titre que les dégâts du terrorisme, la faible demande européenne et les tensions sociales. C’est tout cela qui explique la chute vertigineuse de la croissance économique, de +2,3 % en 2014 à +0,8 % en 2015, dit-on.

Les touristes libyens se font rares

Les indicateurs du tourisme, qui pèse à peu près 7 % du PIB, ont viré au rouge. En 2015, les entrées de touristes étrangers ont été rognées de -30,8 %. La part des visiteurs libyens a enregistré un repli du même ordre, -30,9 %.
Le recul des nuitées des Libyens a été évalué à -23,9 % en comparaison avec 2014. Cette situation est imputable aux multiples bouclages des postes-frontières de Ras Jedir et de Dehiba l’an dernier et aux obstacles pour les Libyens qui veulent disposer de leur argent dans les banques tunisiennes.

En termes de volume, le tassement du flux de Libyens est presque équivalent à celui des Français (-35,5 %), alors qu’à contrario le taux de touristes maghrébins n’a chuté que de -10,9 % et que le nombre d’Algériens est même en hausse de +15,4 %. Même le segment florissant du tourisme médical a été affecté : Il a perdu -16,9 % à 179 millions de dinars (73,3 millions d’euros).

L’industrie manufacturière a été impactée

Sur le front des exportations des industries manufacturières, la perte est -1,2 %. Certes la première cause est à trouver essentiellement dans les difficultés structurelles du secteur du textile et les ennuis conjoncturels des industries mécaniques et électriques. Mais le rapport de la BCT indique que même avec ces déboires, les exportations auraient pu garder leur niveau si le chaos libyen n’avait pas atteint ces proportions et cette durée.

A part ces deux secteurs cités un peu plus haut, les exportations manufacturières ont évolué de +12,3 %, contre +8,5 % en 2014, grâce au BTP et aux produits hygiéniques. Mais là encore c’est la situation libyenne qui plombe, avec des exportations qui diminuent de -8,3 %. Le document attribue cela à trois facteurs : Les nombreuses fermetures des postes-frontières de Ras Jedir et Dehiba qui ont freiné fortement le transit des camions de marchandise, les risques d’attentats sur la route reliant la frontière à Tripoli et la nette chute du pouvoir d’achat des Libyens avec un dinar libyen qui plonge sur le marché.

« L’amélioration des exportations [hors secteur textile, mécanique et électrique] est tributaire du rétablissement de la situation en Libye », précise le rapport de la BCT. Le secteur du BTP est l’un des grands perdants du contexte actuel, il n’a jamais renoué avec son dynamisme d’avant 2011, une période pendant laquelle la Tunisie exportait vers le voisin libyen une énorme quantité de matériaux de construction, de la céramique et du verre.

La reprise se fait attendre, attendre…

Morosité également pour les revenus tirés des grands travaux et des services techniques du fait de la crise en Libye, ces secteurs ont reculé de -6,9 % à 597 millions de dinars (244,5 millions d’euros) en 2015.

A signaler que la plus grosse part de ces offres est déversée sur les marchés africains. Problème : celles qui prennent la direction de la Libye “se sont, sensiblement, contractées en raison des tensions sécuritaires dans ce pays », dit la BCT. Même la demande étrangère pour la Tunisie pâtit des fortes tensions sécuritaires en Libye, les investisseurs craignant, à tort ou à raison, un effet de contagion.

Pour cette année, la BCT mise sur une reprise économique mais « elle serait essentiellement tributaire de l’apaisement des tensions géopolitiques, notamment en Libye, dont l’instabilité pourrait avoir des incidences sensibles sur l’économie tunisienne ».

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« Après l’accord du gouvernement, la Tunisie abritera le plus grand forum africain qui sera tenu en novembre 2016. Des donneurs d’ordre en Afrique, des ministres, des hommes d’affaires y seront présents .Ce forum sera marqué  par l’organisation  de rencontres B to B entre les hommes d’affaires  tunisiens et africains. Il s’agit d’une manifestation importante afin de dynamiser et renforcer davantage l’économie tunisienne », a déclaré  Mohsen Hassen dans une déclaration exclusive, ce jeudi 12 mai 2016, à Africanamanger.

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Une stratégie innovante sera mise en place visant le renforcement de la contribution du secteur artisanal au développement  économique. Une étape stratégique qui s’inscrit dans le cadre de l’impulsion de cette activité, considérée déterminante pour le secteur de l’artisanat et de l’économie tunisienne. Ce secteur a enregistré depuis 2015 plusieurs réalisations en matière d’emploi, de mise à niveau et aussi la création de nouveaux projets.

Selon des données dévoilées par l’Office Nationale de l’Artisanat (ONA), ce mardi 19 avril 2016 à Africanmanager, le nombre de petites entreprises artisanales enregistrées auprès des délégations régionales en Tunisie a atteint 57 en 2015 contre 56 en 2014, affichant  ainsi une évolution légère de 1.8%, soit un total de 1795 entreprises créées, fin 2015.

D’après la même source, le gouvernorat du Sfax accapare la part du lion avec 15.4% du nombre de petites entreprises artisanales en comparaison alors que celui de  Siliana qui ferme la marche avec  0.1%.

En effet, le nombre des artisans s’est élevé à 350 mille contre 153431 d’artisans enregistrés. Le nombre d’artisans enregistrés pour l’année 2015 est de 2,703 contre 2,606 pour l’année 2014, ce qui correspond à une évolution de 3.71%.

Toujours selon la même source, Kairouan présente le gouvernorat ayant le taux le plus élevé puisque le nombre des filles qui travaillent dans le secteur du tapis est de 71,6% du nombre total des artisans enregistrés au registre national des artisans pour l’année 2015, contre 74,8%durant l’année 2014, 71,2% du total.

Des mesures urgentes pour sauver le secteur artisanal

Des mesures urgentes seront lancées pour faire face aux difficultés de la conjoncture actuelle que vit le secteur artisanal.

Il s’agit à titre d’exemple d’ augmenter la prime mensuelle  accordée aux jeunes qui poursuivent des sessions de formation au sein des entreprises artisanales, la création d’un label national de qualité des produits de l’artisanat, de la mise à niveau des entreprises artisanales et du financement des projets innovants….

Il est à rappeler que le secteur de l’artisanat assure  plus de 7.000 emplois par an, et compte 350.000 artisans opérant dans 76 activités (tapisserie, fabrication de bijoux, poterie et céramique, mosaïque…).

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« Organiser un débat national autour de la question de l’emploi est une manière de passer à côté du problème et de rendre la solution plus compliquée », c’est ce qu’a écrit l’économiste, Ezzedine Saidane dans un statut posté sur sa page Facebook officielle, soulignant que l’économie tunisienne est en situation de récession pour la première fois de son histoire. « Une économie en récession est une économie qui ne crée pas d’emplois, au contraire, elle en perd. C’est pour cela que le taux de chômage augmente », a-t-il dit.

Il a fait savoir en outre qu’une économie en récession est aussi une économie qui ne crée pas de richesses additionnelles, au contraire, elle en perd. D’où la grande question concernant la capacité de la Tunisie à continuer, comme elle l’a fait depuis l’Indépendance, à rembourser normalement sa dette extérieure.

« La vraie question ne consiste-t-elle pas à faire un vrai diagnostic de la situation de l’économie, pour ensuite élaborer un plan de sauvetage. L’étape suivante serait naturellement de débattre des futures grandes orientations de l’économie afin de placer la Tunisie sur une nouvelle orbite de croissance et de développement, pour ne pas parler d’un nouveau modèle de développement », a-t-il ajouté.

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Le taux de croissance de l’économie tunisienne s’est élevé à 2

Le taux de croissance de l’économie tunisienne s’est élevé à 2,6%, pour toute l’année 2013, selon les chiffres de l’institut national de la statistique (INS), alors que le taux du PIB, au cours du 4ème trimestre de l’année dernière, a évolué à prix constants à hauteur de 2,3%, soit 0,3% de mois que durant le 3ème trimestre de la même année.

Par secteur, celui des industries manufacturières a affiché, au titre du 3ème trimestre 2013, une croissance de 3,1%, alors que celui des industries non manufacturières a reculé de -4,2% du fait de la régression de la production dans le secteur du pétrole et du gaz naturel dans une proportion de l’ordre de -12,8%.

En revanche, le secteur des services a contribué dans une large part au taux de croissance, les activités des services marchands ayant progressé de 4,4% grâce à l’évolution de la valeur ajoutée dans les secteurs du transport et des communications respectivement de 3,5% et 10%.

S’agissant de l’agriculture et de la pêche, la production a baissé de -4,1% , du fait notamment de la régression de la récolte céréalière de 43% , atteignant 13 millions de quintaux contre 23 millions de quintaux , lors des deux précédentes campagnes.

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« La reprise solide n’est pas pour demain

« La reprise solide n’est pas pour demain, et comme les tensions inflationnistes pourraient perdurer au-delà de l’épisode actuel, l’hypothèse la plus probable s’avère celle d’un maintien prolongé du statu quo monétaire », a déclaré Moez Labidi, universitaire et expert économique dans une analyse récente publié par l’intermédiaire en bourse Mac.

Il a précisé que la conduite de la politique monétaire en temps de crise est un exercice de haute voltige, soulignant que la BCT n’a pas lésiné sur les moyens et qu’elle a réussi avec brio à éviter le spectre du « credit crunch » qui plane sur l’économie tunisienne, depuis le 14 janvier. « La responsabilité du grippage des canaux de transmission de la politique monétaire incombe au mauvais traitement des dossiers de la transition démocratique, qui a fini par polluer le climat des affaires et plomber l’initiative d’investissement », a-t-il dit.

Moez Labidi a espéré, dans ce cadre, que le cri d’alarme de la BCT trouvera enfin des oreilles attentives : « Si la conduite de la politique monétaire semble rassurer temporairement, les fragilités structurelles du pays (déficit budgétaire, déficit courant), conjuguées au tarissement des sources de financement externe devraient, d’une part, laisser le dinar tunisien sous pressions baissières, et d’autre part, glisser davantage l’économie dans les méandres de l’impasse financière », a-t-il dit. Et de préciser que l’heure n’est plus aux décisions gouvernementales qui dissimulent des placements à terme électoraux : « L’heure n’est plus aux tergiversations politiques, ni aux grèves à répétition qui empestent les calculs politiques. L’heure n’est plus à un accord boiteux mais plutôt à une prise de conscience de toute la classe politique et de toutes les composantes de la société civile sur l’intérêt d’un pacte économique, pour pouvoir réussir les réformes structurelles incontournables afin de débloquer la machine économique », a-t-il expliqué.

Emergence d’un populisme exacerbé !

Moez Labidi a déclaré, dans ce cadre, que sans une prise de conscience de toute la classe politique, les perspectives d’une dégradation de la situation économique laissent craindre l’émergence d’un populisme exacerbés, un créneau porteur pour arracher des voix, lors d’une prochaine échéance électorale, mais aussi fédérateur en temps de crise, estimant qu’une telle dérive risque de bloquer les réformes, et d’imposer des orientations économiques fort déstabilisantes pour les grands équilibres macroéconomiques. Du coup, l’année 2014 serait encore une année ratée, et l’année 2015 serait trop courte pour nous offrir de la marge pour honorer nos engagements de 2016-2017 (emprunt qatari, emprunt américain, emprunt japonais, ..).

Il a affirmé, en outre, que la situation actuelle en Tunisie ne se décante pas : « les derniers chiffres publiés dans le communiqué de la BCT sont inquiétants. Le spectre de l’impasse financière plane sur l’économie tunisienne, et la date du 20 décembre 2013, date de la réunion du conseil d’administration du FMI, est sur toutes les lèvres des responsables chargés des dossiers économiques et financiers en Tunisie. Car, le déblocage de la deuxième tranche du prêt du FMI sera déterminant pour que la Tunisie puisse échapper à l’impasse financière », a-t-il dit.

Plusieurs indicateurs économiques restent plombés dans la zone « rouge », et même ceux qui s’apprêtent à repasser au « feu orange », voire au « feu vert », sont loin d’être réjouissants. Car derrière chaque indicateur, il y a des signes de fragilité. Un certain nombre d’indicateurs présentés par la BCT, sur les dix premiers mois de l’année en cours, confirment la gravité de la situation. Il y a, d’abord, la décélération du rythme des crédits à moyen et long terme et le repli des importations des biens d’équipement qui est un indicateur avancé de l’investissement productif. Puis un déficit courant qui reste à un niveau inquiétant, malgré la légère amélioration observée pour les dix premiers mois de l’année en cours (6,5 % du PIB contre 6,9% une année auparavant) et qui n’arrête pas de grignoter le peu qui nous reste des réserves de change. Du coup, le dinar continue d’encaisser la détérioration des paiements extérieurs.

S’agissant de la politique monétaire, Moez Labidi a reconnu que le manque de dynamisme du marché obligataire prive l’autorité monétaire de recourir à de nouveaux instruments non conventionnels (quantitative leasing, crédit leasing, opération twist, …) qui ont fait leurs preuves ces dernières années. Car le dynamisme du compartiment secondaire du marché obligataire pourrait permettre à la banque centrale d’agir directement sur les taux d’intérêt à long terme à travers des opérations d’achats de bons du Trésor (BTA dans notre cas). Or, tant que le Trésor public et les banques ne s’impliquent pas sérieusement dans l’animation du marché, et tant que les institutionnels n’adhèrent pas à une gestion dynamique de leur portefeuille de titres de créance, alors, le marché secondaire obligataire restera à la marge.

Par contre, les faiblesses du contrôle et de la supervision bancaire alimentent la fragilité des banques et pèsent sur la croissance économique. Sur ce terrain, la BCT devrait montrer plus de fermeté pour respecter la réglementation en vigueur, et plus de réactivité pour répondre aux attentes de la profession. Car, nous observons une focalisation du débat sur la restructuration des banques publiques. Aussi symbolique et sensible soit elle, la question de l’assainissement des établissements bancaires publiques n’est qu’un élément d’une réforme globale du secteur financier (supervision bancaire, régulation macro-prudentielle, marché des actions, marché obligataire, secteur des assurances, régulation macro-prudentielle, ..), qu’elle ne doit ni éclipser ni prendre en otage

Il a ajouté que tout doit se jouer sur le terrain politique et institutionnel pour normaliser le marché monétaire : « L’assèchement de la liquidité puise ses racines dans le recul de l’activité économique et ses répercussions sur les bilans bancaires. Or, il est inimaginable de normaliser l’état de la liquidité bancaire alors que le climat des affaires continue de subir de plein fouet la cacophonie institutionnelle et son cortège d’insécurité et de tiraillement politique », a-t-il précisé.

K.T.

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« La reprise solide n’est pas pour demain

« La reprise solide n’est pas pour demain, et comme les tensions inflationnistes pourraient perdurer au-delà de l’épisode actuel, l’hypothèse la plus probable s’avère celle d’un maintien prolongé du statu quo monétaire », a déclaré Moez Labidi, universitaire et expert économique dans une analyse récente publié par l’intermédiaire en bourse Mac.

Il a précisé que la conduite de la politique monétaire en temps de crise est un exercice de haute voltige, soulignant que la BCT n’a pas lésiné sur les moyens et qu’elle a réussi avec brio à éviter le spectre du « credit crunch » qui plane sur l’économie tunisienne, depuis le 14 janvier. « La responsabilité du grippage des canaux de transmission de la politique monétaire incombe au mauvais traitement des dossiers de la transition démocratique, qui a fini par polluer le climat des affaires et plomber l’initiative d’investissement », a-t-il dit.

Moez Labidi a espéré, dans ce cadre, que le cri d’alarme de la BCT trouvera enfin des oreilles attentives : « Si la conduite de la politique monétaire semble rassurer temporairement, les fragilités structurelles du pays (déficit budgétaire, déficit courant), conjuguées au tarissement des sources de financement externe devraient, d’une part, laisser le dinar tunisien sous pressions baissières, et d’autre part, glisser davantage l’économie dans les méandres de l’impasse financière », a-t-il dit. Et de préciser que l’heure n’est plus aux décisions gouvernementales qui dissimulent des placements à terme électoraux : « L’heure n’est plus aux tergiversations politiques, ni aux grèves à répétition qui empestent les calculs politiques. L’heure n’est plus à un accord boiteux mais plutôt à une prise de conscience de toute la classe politique et de toutes les composantes de la société civile sur l’intérêt d’un pacte économique, pour pouvoir réussir les réformes structurelles incontournables afin de débloquer la machine économique », a-t-il expliqué.

Emergence d’un populisme exacerbé !

Moez Labidi a déclaré, dans ce cadre, que sans une prise de conscience de toute la classe politique, les perspectives d’une dégradation de la situation économique laissent craindre l’émergence d’un populisme exacerbés, un créneau porteur pour arracher des voix, lors d’une prochaine échéance électorale, mais aussi fédérateur en temps de crise, estimant qu’une telle dérive risque de bloquer les réformes, et d’imposer des orientations économiques fort déstabilisantes pour les grands équilibres macroéconomiques. Du coup, l’année 2014 serait encore une année ratée, et l’année 2015 serait trop courte pour nous offrir de la marge pour honorer nos engagements de 2016-2017 (emprunt qatari, emprunt américain, emprunt japonais, ..).

Il a affirmé, en outre, que la situation actuelle en Tunisie ne se décante pas : « les derniers chiffres publiés dans le communiqué de la BCT sont inquiétants. Le spectre de l’impasse financière plane sur l’économie tunisienne, et la date du 20 décembre 2013, date de la réunion du conseil d’administration du FMI, est sur toutes les lèvres des responsables chargés des dossiers économiques et financiers en Tunisie. Car, le déblocage de la deuxième tranche du prêt du FMI sera déterminant pour que la Tunisie puisse échapper à l’impasse financière », a-t-il dit.

Plusieurs indicateurs économiques restent plombés dans la zone « rouge », et même ceux qui s’apprêtent à repasser au « feu orange », voire au « feu vert », sont loin d’être réjouissants. Car derrière chaque indicateur, il y a des signes de fragilité. Un certain nombre d’indicateurs présentés par la BCT, sur les dix premiers mois de l’année en cours, confirment la gravité de la situation. Il y a, d’abord, la décélération du rythme des crédits à moyen et long terme et le repli des importations des biens d’équipement qui est un indicateur avancé de l’investissement productif. Puis un déficit courant qui reste à un niveau inquiétant, malgré la légère amélioration observée pour les dix premiers mois de l’année en cours (6,5 % du PIB contre 6,9% une année auparavant) et qui n’arrête pas de grignoter le peu qui nous reste des réserves de change. Du coup, le dinar continue d’encaisser la détérioration des paiements extérieurs.

S’agissant de la politique monétaire, Moez Labidi a reconnu que le manque de dynamisme du marché obligataire prive l’autorité monétaire de recourir à de nouveaux instruments non conventionnels (quantitative leasing, crédit leasing, opération twist, …) qui ont fait leurs preuves ces dernières années. Car le dynamisme du compartiment secondaire du marché obligataire pourrait permettre à la banque centrale d’agir directement sur les taux d’intérêt à long terme à travers des opérations d’achats de bons du Trésor (BTA dans notre cas). Or, tant que le Trésor public et les banques ne s’impliquent pas sérieusement dans l’animation du marché, et tant que les institutionnels n’adhèrent pas à une gestion dynamique de leur portefeuille de titres de créance, alors, le marché secondaire obligataire restera à la marge.

Par contre, les faiblesses du contrôle et de la supervision bancaire alimentent la fragilité des banques et pèsent sur la croissance économique. Sur ce terrain, la BCT devrait montrer plus de fermeté pour respecter la réglementation en vigueur, et plus de réactivité pour répondre aux attentes de la profession. Car, nous observons une focalisation du débat sur la restructuration des banques publiques. Aussi symbolique et sensible soit elle, la question de l’assainissement des établissements bancaires publiques n’est qu’un élément d’une réforme globale du secteur financier (supervision bancaire, régulation macro-prudentielle, marché des actions, marché obligataire, secteur des assurances, régulation macro-prudentielle, ..), qu’elle ne doit ni éclipser ni prendre en otage

Il a ajouté que tout doit se jouer sur le terrain politique et institutionnel pour normaliser le marché monétaire : « L’assèchement de la liquidité puise ses racines dans le recul de l’activité économique et ses répercussions sur les bilans bancaires. Or, il est inimaginable de normaliser l’état de la liquidité bancaire alors que le climat des affaires continue de subir de plein fouet la cacophonie institutionnelle et son cortège d’insécurité et de tiraillement politique », a-t-il précisé.

K.T.

par -
L’économie tunisienne

L’économie tunisienne, confrontée à une succession de problèmes depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi, a fait l’objet d’un séminaire scientifique organisé, ce lundi 28 octobre, par « Economic Research Forum ».

Faisant partie du programme de recherche sur l’économie politique de transition dans les pays arabes, l’objectif de cette rencontre est de comprendre les révolutions dans les pays arabes tout en dévoilant la dynamique du changement et la période de transition afin de discuter les perspectives d’avenir.

L’économie en berne, l’Etat tunisienne a du mal à boucler le budget 2013

Dressant le bilan de l’économie nationale, Sonia Naccache, professeur d’économie, a affirmé que l’activité économique est aux prises avec des difficultés sans précédent. Ceci est expliqué essentiellement par des problèmes budgétaires. Dans ce contexte, elle a précisé que « l’Etat tunisien a du mal à boucler le budget 2013 vu que les sources du financement sur lesquelles il avait compté ne sont plus assurées. De même, le pays a des dépassements dans ses dépenses également, des manques dans les recettes ».

Sonia Naccache considère que la Tunisie est en train de vivre une double difficulté : comment boucler le budget de l’année en cours et comment penser aux financements nécessaires pour 2014 dans ce climat marqué par une crise politique qui est à l’origine de tout le blocage s’agissant des sources du financement ?

La classe politique devrait prendre conscience de la gravité de la situation

Pour elle, la sortie de crise reste tributaire du règlement du conflit politique. « L’horizon politique devrait s’éclaircir et le pays devrait avoir un gouvernement capable de traiter ces dossiers en fixant les échéances électorales », a-t-elle souligné avant d’ajouter que « le climat doit s’apaiser et le dossier sécuritaire pris en main de manière à mettre en place des réformes les plus audacieuses ».

Un long chemin à parcourir étant donné que les politiciens ne sont pas tous conscients que l’économie ne supporte plus la moindre turbulence politique ou sécuritaire. C’est pour cette raison que l’enseignante a appelé la classe politique à prendre en considération le fait que l’économie ne peut pas être un aspect secondaire. Au contraire, elle devra faire partie de la stratégie politique.

Avis partagé par Mustapha Kamel Nabli, ex- gouverneur de la Banque centrale qui a pointé du doigt la gravité de la situation actuelle, précisant que les dangers sont assez nombreux que ce soit sur le plan financier ou économique.

Pour ce faire, il a recommandé le retour à la normale en termes d’économie à travers la création des nouveaux postes d’emploi et l’ajustement des prix, sinon la transition politique sera sans doute menacée.

La multiplication des efforts s’avère une nécessité pour résoudre la crise actuelle et relever les défis de 2014, année jugée très difficile par l’ensemble des experts. Sonia Naccache a, dans ce sens, signalé que l’année prochaine ne pourra pas être meilleure que 2013. « Elle sera au mieux d’une difficulté égale par rapport à l’année précédente sinon plus », a-t-elle fait remarquer notant que 2014 impliquera obligatoirement une dose de réformes « douloureuses » qu’il faut négocier et accepter par le dialogue et le partage équitable des coûts des réformes.

Wiem Thebti

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L’économie tunisienne

L’économie tunisienne, confrontée à une succession de problèmes depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi, a fait l’objet d’un séminaire scientifique organisé, ce lundi 28 octobre, par « Economic Research Forum ».

Faisant partie du programme de recherche sur l’économie politique de transition dans les pays arabes, l’objectif de cette rencontre est de comprendre les révolutions dans les pays arabes tout en dévoilant la dynamique du changement et la période de transition afin de discuter les perspectives d’avenir.

L’économie en berne, l’Etat tunisienne a du mal à boucler le budget 2013

Dressant le bilan de l’économie nationale, Sonia Naccache, professeur d’économie, a affirmé que l’activité économique est aux prises avec des difficultés sans précédent. Ceci est expliqué essentiellement par des problèmes budgétaires. Dans ce contexte, elle a précisé que « l’Etat tunisien a du mal à boucler le budget 2013 vu que les sources du financement sur lesquelles il avait compté ne sont plus assurées. De même, le pays a des dépassements dans ses dépenses également, des manques dans les recettes ».

Sonia Naccache considère que la Tunisie est en train de vivre une double difficulté : comment boucler le budget de l’année en cours et comment penser aux financements nécessaires pour 2014 dans ce climat marqué par une crise politique qui est à l’origine de tout le blocage s’agissant des sources du financement ?

La classe politique devrait prendre conscience de la gravité de la situation

Pour elle, la sortie de crise reste tributaire du règlement du conflit politique. « L’horizon politique devrait s’éclaircir et le pays devrait avoir un gouvernement capable de traiter ces dossiers en fixant les échéances électorales », a-t-elle souligné avant d’ajouter que « le climat doit s’apaiser et le dossier sécuritaire pris en main de manière à mettre en place des réformes les plus audacieuses ».

Un long chemin à parcourir étant donné que les politiciens ne sont pas tous conscients que l’économie ne supporte plus la moindre turbulence politique ou sécuritaire. C’est pour cette raison que l’enseignante a appelé la classe politique à prendre en considération le fait que l’économie ne peut pas être un aspect secondaire. Au contraire, elle devra faire partie de la stratégie politique.

Avis partagé par Mustapha Kamel Nabli, ex- gouverneur de la Banque centrale qui a pointé du doigt la gravité de la situation actuelle, précisant que les dangers sont assez nombreux que ce soit sur le plan financier ou économique.

Pour ce faire, il a recommandé le retour à la normale en termes d’économie à travers la création des nouveaux postes d’emploi et l’ajustement des prix, sinon la transition politique sera sans doute menacée.

La multiplication des efforts s’avère une nécessité pour résoudre la crise actuelle et relever les défis de 2014, année jugée très difficile par l’ensemble des experts. Sonia Naccache a, dans ce sens, signalé que l’année prochaine ne pourra pas être meilleure que 2013. « Elle sera au mieux d’une difficulté égale par rapport à l’année précédente sinon plus », a-t-elle fait remarquer notant que 2014 impliquera obligatoirement une dose de réformes « douloureuses » qu’il faut négocier et accepter par le dialogue et le partage équitable des coûts des réformes.

Wiem Thebti

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Les perspectives économiques sont positives mais incertaines et des risques élevés persistent en Tunisie

Les perspectives économiques sont positives mais incertaines et des risques élevés persistent en Tunisie”, a signalé la Banque Mondiale(BM) dans sa note de suivi de la situation dans le pays-Printemps 2013-,estimant que le PIB devrait croître de 3,8 %, en 2013, reconnaissant que ces projections sont sujettes à d’importantes incertitudes, étant donné que la reprise dépendra de la capacité du gouvernement à gérer les tensions sociales et politiques et à exécuter les mesures de relance budgétaire et le rétablissement de la sécurité .

A court terme, les risques qui concernent la Tunisie sont liés à des facteurs internes, tels que l’incertitude politique et les tensions sociales et d’autres externes concernant la crise et l’évolution de la situation dans la zone Euro et le processus de stabilisation de la Libye”, indique un rapport intitulé “Défis économiques au tournant de la transition politique”, publié par la BM .

Des élections en fin 2013 et une reprise en Europe et en Libye contribueront à augmenter à 5% le PIB tunisien, souligne le rapport .

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